L’été 2025 encore beaucoup trop chaud

Selon le service européen Copernicus, l’été 2025 a été le troisième plus chaud dans le monde depuis le début des relevés de températures. Il est intéressant d’apporter quelques précisions concernant chaque mois estival.

Copernicus indique que dans le monde, le mois de juin 2025 a été le 3ème mois de juin le plus chaud, juste derrière juin 2024 (qui était 0,2°C plus chaud) et quasiment à égalité (0,06°C) avec juin 2023. En Europe de l’Ouest, juin 2025 a été le plus chaud jamais enregistré.

Juillet 2025 se classe au troisième rang des mois de juillet les plus chauds jamais mesurés sur Terre. Les mois de juillet des trois dernières années restent les trois plus chauds jamais enregistrés

Août 2025 a été le troisième mois d’août le plus chaud au monde, avec une température moyenne de l’air de 16,60 °C, soit 0,49 °C de plus que la moyenne d’août de 1991 à 2020.
L’Europe a connu sa quatrième saison estivale la plus chaude, avec 0,90 °C de plus que la moyenne de 1991 à 2020.
La température moyenne de la surface de la mer en août 2025 entre 60 °S et 60 °N a été de 20,82 °C, soit la troisième valeur la plus élevée jamais enregistrée pour le mois, et 0,16 °C de moins que le record d’août 2023.
L’étendue moyenne de la banquise arctique en août 2025 a été inférieure de 12 % à la moyenne de 1991 à 2020. C’est la 8ème plus faible étendue jamais enregistrée pour un mois d’août.
L’étendue de la banquise antarctique a été inférieure de 7 % à la moyenne. C’est la troisième plus faible étendue jamais enregistrée pour le mois.

Températures de surface et étendue de la banquise arctique en août 2025 (Source : Copernicus)

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L’été 2025 en France.

Le Ministère de l’Écologie et des Territoires a fourni des détails sur l’été 2025 en France qui est le 3ème plus chaud jamais enregistré avec une anomalie de +1,9°C par rapport à la normale. On peut lire que notre pays a enregistré 27 jours de canicule avec des températures dépassant souvent 40°C, et deux vagues de chaleur en juin et en août. Météo-France a relevé un excès d’ensoleillement de 10% et un déficit de pluie de 15%. Avec la sécheresse, 35 000 hectares sont partis en fumée en 2025. Le Ministère explique quelles seraient les conséquences (vagues de chaleur, sécheresse, incendies, entre autres) d’une hausse de 4°C des températures en 2100. C’est la trajectoire prévue par les climatologues si nous ne réduisons pas nos émissions de gaz à effet de serre.

Comme je l’ai indiqué précédemment, la tendance au réchauffement va forcément continuer car les concentrations de CO2 et autres gaz polluants – comme le méthane – dans l’atmosphère ne cessent de battre des records. Il faut donc s’attendre à une intensification des événements extrêmes (canicules, sécheresses, tempêtes, etc) avec tous les désagréments qui les accompagnent.

Pendant ce temps, nos gouvernants pratiquent la politique de l’autruche et de la patate chaude et donnent la priorité à la politique politicienne qui, comme chacun sait, ne résoudra jamais le problème du réchauffement climatique.

Mauvaise humeur

À l’attention ce ceux qui ne l’auraient pas encore compris, voici deux graphiques qui montrent les conséquences de la hausse des concentrations de CO2 dans l’atmosphère sur les températures de notre planète.

On se rend parfaitement compte de l’accélération des canicules en France et il en va, malheureusement de même dans les autres pays où des records de chaleur ne cessent d’être battus. Les concentrations de CO2 battent, elles aussi des records. Avec près de 425 ppm, elles n’ont jamais été aussi élevées et rien ne semble devoir arrêter cette progression. En extrapolant – si rien n’est fait pour freiner la tendance – on se retrouvera avec 437 ppm en 2030 et 610 ppm en 2100, une situation totalement ingérable à la fin de ce siècle !

Ce ne sont sûrement pas les pays producteurs de pétrole qui freineront cette hausse. Les énergies fossiles sont pourtant au cœur du problème. On a vu la position de l’OPEP à propos de la pollution de notre planète par le plastique. Aucun pays producteur, pas plus les États Unis que la Chine ou la Russie, n’a intérêt à baisser sa production. Le pétrole fait rentrer trop d’argent. La partie est donc perdue de ce côté-là.

Nos dirigeants politiques ? Ils sont bien trop préoccupés par leurs intérêts personnels (financiers surtout) pour s’intéresser à ceux de leurs concitoyens ! Cela fait des décennies qu’ils jouent à la patate chaude et refilent plus ou moins élégamment le problème du réchauffement climatique à leurs successeurs. Il ne faudra donc pas compter sur eux pour trouver des solutions. Comme l’a dit Nicolas Hulot en claquant la porte du gouvernement : « De toute façon, tout le monde s’en fiche. »

Au final, c’est la Terre qui aura le dernier mot et la solution définitive : elle s’autodétruira. Approchant de la fin du temps de vie qui m’a été accordé, je ne verrai pas ce triste moment et je souhaite bien du plaisir aux prochaines générations qui vont devoir trouver des solutions, non pas pour vivre, mais pour survivre. Avec les événements extrêmes à la répétition de plus en plus rapide, les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas sortis de l’auberge.

On va, bien sûr, dire que je suis un grand pessimiste. Je suis avant tout réaliste. J’ai eu la chance de parcourir des terres arctiques ces dernières années – oui, je sais, j’ai pris l’avion et contribué à polluer la planète – et ce que j’y ai vu, ainsi que dans les Alpes, a profondément modifié mon approche de notre monde… Les volcans n’ont plus la priorité.

Mes alertes se perdent probablement dans l’océan de j’menfoutisme qui caractérise notre société actuelle, mais en tant que simple citoyen, je n’aurai fait que mon devoir.

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Les images de la NASA et mes photos prises sur le terrain en 2009 et 2013 montrent le recul incroyable du glacier Columbia en Alaska. Au train où vont les choses, il ne sera bientôt plus en mesure de vêler dans la baie du Prince William.

Nouveau site climatique aux États Unis // New climate website in the U.S.

Limogés par l’Administration Trump, d’anciens membres de l’équipe du site américain climate.gov, l’une des références mondiales sur le réchauffement climatique, ont décidé de faire perdurer les anciennes données au sein d’une organisation «  indépendante, à but non lucratif et apolitique, avec une mission élargie. »

L’historique site dédié au climat redirige désormais vers un autre site web de la NOAA contrôlé par des responsables politiques. En conséquence, la bibliothèque d’informations à laquelle le public avait auparavant accès n’est plus disponible.

Le nouveau site climate.us entend proposer différents services aux collectivités locales, comme la cartographie des risques d’inondations liés au changement climatique. Mais cela doit impérativement s’accompagner d’une démarche visant à préserver ce qui a été produit pour éviter que l’administration Trump ne cherche à cacher, effacer ou transformer les savoirs établis.

Le nouveau site climate.us se veut particulièrement agressif. Sa page d’accueil commence en ces termes : « Ils cachent la vérité. Nous ripostons. […] Des informations climatiques fiables sont dissimulées, effacées et remplacées par de la désinformation. Nous ne laisserons pas faire. »

S’agissant de la mission de climate.us, on peut lire que c’est « un organisme à but non lucratif qui fournira des données et des informations climatiques afin de promouvoir la sensibilisation du public au climat et donner aux citoyens les moyens de transformer leurs connaissances en discussions constructives et en actions respectueuses du climat. À l’heure où des informations climatiques cruciales sont supprimées ou déformées, nous nous engageons à sauvegarder des ressources climatiques clés et à garantir au public un accès continu et facile aux faits. Notre objectif est de construire une plateforme durable, indépendante et scientifiquement rigoureuse sur laquelle le monde peut compter pour la communication, l’éducation et l’engagement sur le climat. »

Les auteurs du site font appel à la générosité du public pour assurer son bon fonctionnement.

Reste à savoir pendant combien de temps ce nouveau site sera toléré par l’Administration Trump…

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Dismissed by the Trump administration, former members of the team at the US website climate.gov, one of the world’s leading sources of information on global warming, have decided to preserve the old data within an organization whuch is « independent, nonprofit, and immune to politics with an expanded mission. »
The historic climate website now redirects to another NOAA website controlled by political leaders. As a result, the library of information previously accessible to the public is no longer available.
The new climate.us website intends to offer various services to local communities, such as mapping flood risks linked to climate change. But this must be accompanied by an approach aimed at preserving what has been produced to prevent the Trump administration from seeking to hide, erase, or transform established knowledge.

The new climate.us website is particularly aggressive. Its homepage begins: « They’re hiding the truth. We’re fighting back. » […] Reliable climate information is being hidden, erased, and replaced with misinformation. We’re not letting that happen. »

The mission of climate.us is stated to be « a nonprofit successor to Climate.gov, delivering climate data and information to promote public climate literacy and to equip people to turn knowledge into meaningful conversations and climate-conscious actions. At a moment when critical climate information is being deleted or distorted, we are stepping up to rescue key climate ressources and to ensure the public has continued easy access to the facts. Our goal is to to build an enduring, independent, and scientifically rigorous platform that the world can rely on for climate communication, education, and engagement. »

The site’s authors are appealing to the public’s generosity to ensure its continued operation.

It remains to be seen how long this new site will be tolerated by the Trump administration…

Camp Century (Groenland) : une bombe à retardement // Camp Century (Greenland ) : a time bomb

Dans une note rédigée le 9 août 2016 sur ce blog, je faisais référence à une étude de l’Université York à Toronto (Canada), menée en collaboration avec l’Université de Zurich, à propos d’une base militaire ultra secrète installée sous la glace du Groenland par les Américains durant la Guerre Froide.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/08/09/groenland-les-secrets-de-la-banquise-greenland-the-secrets-of-the-ice/

Les chercheurs expliquent que la base militaire a été abandonnée dans les années 1960, mais aujourd’hui le réchauffement climatique pourrait faire remonter à la surface des déchets toxiques qui étaient censés être enterrés à jamais sous la calotte glaciaire.
La base militaire ultra secrète de « Camp Century, » construite à l’intérieur de la calotte glaciaire du Groenland en 1959, a servi de site pour tester la faisabilité de bases de lancement de missiles nucléaires dans l’Arctique pendant la Guerre Froide. Quand la base a été désaffectée en 1967, son infrastructure et les déchets qui s’y trouvaient ont été abandonnés avec l’idée qu’ils seraient enfouis à jamais dans la neige et la glace de cette région du monde. Malheureusement, le réchauffement climatique est passé par là…

Aujourd’hui, l’ancienne base et sa radioactivité pourraient devenir un sacré casse-tête pour Donald Trump si le président américain s’obstine à vouloir prendre le contrôle du Groenland. En 1967, les Américains ont laissé derrière eux des milliers de tonnes de déchets et de débris, dont des résidus radioactifs, qu’ils pensaient enfouis à jamais sous la calotte glaciaire. Avec le réchauffement climatique, ce qui devait rester top secret pourrait sortir au grand jour plus tôt que prévu.
Alors que la planète se réchauffe, Camp Century, situé à environ 1 500 kilomètres au nord de Nuuk, la capitale du Groenland, est un sujet d »inquiétude, car personne ne sait combien de temps la base restera enfouie. L’étude de 2016 à laquelle j’ai fait référence indiquait que les vestiges de la base abandonnée pourraient être mis au jour par la fonte de la glace et de la neige vers la fin du 21ème siècle.
Cette révélation a provoqué une tempête politique au Groenland, où le ministre des Affaires étrangères a exigé que le Danemark prenne en charge le nettoyage des installations militaires américaines abandonnées au Groenland. Le pays, ancienne colonie danoise, n’a jamais consenti à les accueillir. Nuuk et Copenhague ont signé un accord en 2017 prévoyant environ 30 millions de dollars pour le nettoyage des déchets, mais Camp Century n’était pas inclus dans l’accord.

Camp Century était une véritable ville souterraine, avec une chapelle, un salon de coiffure et des dortoirs qui abritaient des centaines de personnes. Tout cela était, jusqu’à présent, enfoui sous une épaisse couche de glace. Aujourd’hui, Camp Century pourrait contaminer l’environnement de différentes manières. D’une part, la fonte de la glace et de la neige pourrait entraîner des déchets toxiques – comme les 200 000 litres de diesel – dans l’océan. D’autre part, on peut craindre que la glace dans laquelle est construite la base se détache et forme un iceberg. Cependant, les scientifiques estiment que ni l’une ni l’autre de ces hypothèses ne se produira avant la fin de ce siècle.

L’avenir de Camp Century dépendra du réchauffement climatique au cours des prochaines décennies. Bien que les projections diffèrent, un rapport des Nations Unies publié en octobre 2024 indique que la planète se réchauffera de 2,6 °C à 3,1 °C au cours de ce siècle, et que l’objectif symbolique de 1,5 °C convenu à Paris en 2015 ne sera jamais atteint. Cette forte hausse des températures pourrait porter un coup fatal à Camp Century, avec des conséquences désastreuses pour l’environnement..

Aujourd’hui, Camp Century joue un rôle important pour les scientifiques qui étudient et tentent de comprendre le réchauffement climatique. Dans les années 1960, ils ont extrait une carotte de glace, toujours étudiée aujourd’hui, afin de mieux comprendre les schémas climatiques d’il y a des centaines de milliers d’années. De ce fait, la base demeure un « supersite » scientifique.

Si Donald Trump continue de vouloir acquérir le Groenland, il héritera des séquelles des activités polluantes de son propre pays à l’époque de la Guerre Froide. Un cadeau empoisonné !

Voici une vidéo qui explique en anglais sous-titré l’histoire de Camp Century :

https://www.youtube.com/watch?v=C2aNAxXMkq0

Cette photo de l’armée américaine montre les tunnels de l’entrée NE de Camp Century au moment de sa construction en 1959.

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On August 9th, 2026, I wrote on the blog a post referring to a study performed at York University in Canada. Conducted in collaboration with the University of Zurich, it reveals that a military camp situated beneath the ice in Greenland was abandoned in the 1960s and that climate change could remobilize the abandoned hazardous waste believed to be buried forever beneath the Greenland Ice Sheet.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/08/09/groenland-les-secrets-de-la-banquise-greenland-the-secrets-of-the-ice/

The U.S. military base “Camp Century,” built in the Greenland Ice Sheet in 1959, served as a top-secret site for testing the feasibility of nuclear missile launch sites in the Arctic during the Cold War. When the camp was decommissioned in 1967, its infrastructure and waste were abandoned under the assumption they would be entombed forever by perpetual snow and ice.

Unfortunately,the Arctic has unexpectedly warmed…

Today, the radioactive secret could become a headache for Donald Trump if he keeps his desire to take control of the Arctic island.

Although the Americans dismantled the reactor and took its nuclear reaction chamber with them when they departed in 1967, they left behind thousands of tonnes of waste and debris, including radioactive residue, to be buried under the icecap forever.But because of global warming, forever might come sooner than planned.

As the world warms, Camp Century, which is located about 1,500 kilometers north of Nuuk, Greenland’s capital city, is becming the focus of anxiety as noboby knows how long it will remain entombed. The study I referred to in 2016 said the remains of the abandoned base could be exposed by melting ice and snow toward the end of the 21st century.

The revelation caused a political storm in Greenland whose Foreign Minister demanded Denmark take responsibility for cleaning up the debris from abandoned U.S. military installations in Greenland. The country formerly a colony of Denmark, never consented to hosting them. Nuuk and Copenhagen signed a deal in 2017 earmarking about $30 million to clean up the debris and waste, but Camp Century was not included in the agreement.

Camp Century has been described as a subterranean city, complete with a chapel, a barbershop and dormitories that once housed hundreds of people. All that is now buried under thick layers of ice. There are different ways Camp Century could contaminate the environment. One is if melting ice and snow carry toxic waste – such as the 200,000 liters of diesel fuel beneath the ice – out into the ocean. Another is if the ice containing the base breaks off and forms an iceberg. However, scientists think neither are likely anytime this century.

The future of the base will depend on how much the world warms in the coming decades. While there are different projections, a United Nations report published in October 2024 found the planet will heat up by 2.6°C to 3.1°C this century, with no chance of limiting the temperature increase to the totemic 1.5° C target agreed in Paris in 2015. The sharp increase in temperature might deal a deadly blow to Camp Century, with disastrous consequences for the environment.

Today, Camp Century plays an important part to scientists to study and try to understand global warming. In the 1960s, they extracted an ice core that is still studied to this day for insights into climate patterns hundreds of thousands of years ago. As such, the base remains a scientific “supersite.”

If Donald Trump were to lay claim to Greenland, it would also inherit the legacy of its own Cold War-era polluting activities. A poisoned chalice !

Here is a video in English (with subtitles) that clearly explains the history of Camp Century :

https://www.youtube.com/watch?v=C2aNAxXMkq0