Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

Dans un bulletin émis le 7 février 2023 à 18h40, l’INGV indiquait qu’au vu des images du réseau de vidéosurveillance, l’activité effusive commencée le 27 novembre 2022 au pied du Cratère SE de l’Etna (Sicile) montrait des signes de déclin et n’était plus alimentée. L’arrêt officiel de l’éruption a été décrété le 14 février 2023 à 19h15, heure locale (18h15 UTC).

Aujourd’hui, le champ de lave dans le secteur de la Valle del Leone et sur la paroi ouest de la Valle del Bove, ne montre plus d’incandescence. L’éruption est bel et bien terminée.

Source : INGV.

Cette image de la webcam fait désormais partie des souvenirs

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La capture d’écran de la webcam ci-dessous montre l’activité actuelle dans le cratère de l’Halema’uma’u au sommet du Kilauea (Hawaii). L’émission de lave se poursuit en trois endroits du plancher du cratère. 1) Le lac dans la partie Est reste actif avec une superficie d’une dizaine d’hectares, avec une petite fontaine de lave active dans la partie sud du lac. 2) Le plus petit lac de lave dans la partie centrale du cratère possède également une petite fontaine active. Des chenaux partent de ce lac et la lave s’écoule vers le lac dans la partie E du cratère. 3) Le lac de lave à l’Ouest, là où se trouvait déjà un lac de lave en 2021-2022, reste actif.
Source : HVO.

A noter qu’un séisme de M 4,8 a secoué la Grande Ile dans la soirée du 14 février 2023. .
L’épicentre se trouvait à une douzaine de km au sud-est de Pāhala, au large de la côte de Ka’ū, à une profondeur d’environ 32 km.
La secousse n’a eu aucun impact apparent sur les volcans Mauna Loa ou Kilauea. Le séisme fait partie de l’essaim sismique sous la région de Pāhala, observé depuis 2019. Des séismes sont observés dans cette région ont été observés depuis les années 1960. Des répliques sont possibles.
Source : USGS, HVO.

 

Image webcam le 14 février 2023

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L’éruption du Sabancaya (Pérou) se poursuit sans changement significatif. Elle conserve un niveau modéré. On observe une cinquantaines d’explosions quotidiennes. Elles génèrent des panaches de cendre qui montent en moyenne à 1,8 km au-dessus du sommet du volcan.

Source : IGP.

Source: IGP

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L’activité éruptive se poursuit sur le Sakurajima (Japon) avec une incandescence nocturne au niveau du cratère. Trois événements éruptifs et deux explosions ont été enregistrés sur le cratère Minamidake. La première explosion s’est produite le 9 novembre 2022, avec un panache de cendres qui s’est élevé à 2 km au-dessus du cratère et de gros blocs qui ont été éjectés jusqu’à 600-900 m. La deuxième explosion a été enregistrée le 11 février 2023, avec un panache de cendres qui s’est élevé de 1,7 km et de gros blocs qui ont été éjectés à 600-900 m du cratère. Un panache de cendres généré par un événement éruptif a également été observé le 12 février.
Une petite éruption du Showa Crater le 8 février a produit un panache de cendres qui s’est élevé à 800 m au-dessus du cratère. Il s’agissait de la première éruption du Showa Crater depuis le 3 avril 2018.
Le niveau d’alerte du Sakurajima reste à 3 (sur une échelle de 5 niveaux), et il est demandé à la population de rester à 2 km du cratère.
Source : JMA.

Episode éruptif sur le Sakurajima (Crédit photo: JMA)

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L’éruption continue dan le cratère principal (cratère sud) du Karangetang (Indonésie). Les images de la webcam montrent trois coulées de lave incandescente de différentes longueurs le long des flancs S, SO et O du volcan. L’incandescence est particulièrement intense au sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 2,5 km du cratère principal, avec un prolongement à 3,5 km sur les versants S et SE.
Source : PVMBG.

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour le Sheveluch, l’Ebeko et le Chikurachki. Il est maintenue au Jaune pour le Bezymianny.
La croissance du dôme de lave se poursuit sur le Sheveluch, avec une forte activité fumerollienne et une incandescence au niveau du dôme de lave. Des explosions et des avalanches pyroclastiques accompagnent parfois cette activité.
Source : KVERT.

Incandescence sur le dôme de lave du Sheveluch (Crédit photo: KVERT)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

J’ai dressé un bilan de l’année volcanique 2022. Vous le trouverez en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/bilan-dactivite-volcanique-2022/

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

In a bulletin issued on February 7th, 2023 at 6:40 p.m., INGV indicated that the images of the video surveillance network showed that the effusive activity that started on November 27th, 2022 at the foot of Mt Etna‘s SE Crater (Sicily) showed signs of decline and was no longer fed. The official end of the eruption was declated on February 14th, 2023 at 19:15 (local time).
Today, the lava field in the Valle del Leone area and on the western wall of Valle del Bove no longer shows incandescence. The eruption is definitely over.
Source: INGV.

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The screenshot of the webcam (see above) shows the current activity within Kilauea‘s Halema’uma’u Crater (Hawaii). The lava emission continues in three locations of the crater floor. 1) The eastern lake remains active with an area of about 10 hectares, with the small southern lava fountain still being active. 2) The smaller lava pond in the central portion of the crater floor also has an active small lava fountain. Channels from this lava pond flow to the eastern lake. 3) The western lake in the basin of the 2021–2022 lava lake remains active.

Source : HVO.

It should be noted that an M 4.8 earthquake shook the Big Island in the evening of February 14th, 2023. .

The epicenter was about 12 km southeast of Pāhala, off the Ka‘ū Coast, at a depth of about 32 km.

The earthquake had no apparent impact on either Mauna Loa or Kilauea volcanoes. It is part of the seismic swarm under the Pāhala area, which has been going on since 2019. Earthquakes in this region have been observed at least as far back as the 1960s. Aftershocks are possible.

Source : USGS, HVO.

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The eruption of Sabancaya (Peru) continues without significant changes. It maintains a moderate level. About fifty explosions are observed daily. They generate ash plumes that rise an average of 1.8 km above the summit of the volcano.
Source: IGP.

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Eruptive activity continues at Sakurajima (Japan) with nightly crater incandescence. Three eruptive events and two explosions were recorded at Minamidake Crater. The first explosion occurred on November 9th, 2022, with an ash plume that rose 2 km above the crater and large blocks that were ejected as far as 600-900 m. The second explosion was recorded on February 11th, 2023, with an ash plume that rose 1.7 km and large blocks that were ejected 600-900 m from the crater. An ash plume from an eruptive event was also observed on February 12th.
A very small eruption at Showa Crater on February 8th produced an ash plume that rose 800 m above the crater rim. This was the first eruption at Showa Crater since April 3rd 2018.

The Alert Level for Sakurajima remains at 3 (on a 5-level scale), and residents are asked to stay 2 km away from the crater.

Source : JMA.

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The eruption at Karangetang’s Main Crater (Indonesia) continues. Webcam images show three main incandescent lava flows of different lengths descending the S, SW, and W flanks. Incandescence was most intense at the summit. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 2.5 km away from Main Crater with an extension to 3.5 km on the S and SE flanks.

Source : PVMBG.

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In Kamchatka, the aviation color code remains Orange for Sheveluch, Ebeko and Chikurachki. It is kept at Yellow for Bezymianny.

A growth of the lava dome continues at Sheveluch, together with a strong fumarolic activit and an incandescence of the lava dome. Explosions and hot avalanches sometimes accompany this activity.

Source : KVERT.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

You will find a report of volcanic activity in 2022 by clicking on this link :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/volcanic-activity-report-2022/

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Le dioxyde de soufre du Mauna Loa (Hawaii) // Mauna Loa’s sulphur dioxide (Hawaii)

Lorsque le Mauna Loa est entré en éruption en novembre 2022, l’une des principales préoccupations des scientifiques du HVO a été de savoir quelle direction prendrait la lave. Les gaz émis ont été un autre souci pour les scientifiques. Comme cela se passa au cours de toutes les éruptions, des tonnes de gaz ont été émises par les bouches actives pendant l’éruption du Mauna Loa.
En général, les gaz volcaniques émis lors des éruptions comprennent de la vapeur d’eau, du dioxyde de carbone (CO2) et du dioxyde de soufre (SO2). Les quantités de SO2 émis par un volcan sont un paramètre important car elles peuvent donner une idée du débit effusif et de la quantité de vog – brouillard volcanique – susceptible d’affecter les zones sous le vent. Les scientifiques du HVO mesurent les émissions de dioxyde de soufre à l’aide d’un spectromètre ultraviolet monté sur un véhicule qu’ils conduisent jusque sous le panache volcanique.
Sur le Kilauea, les alizés ont tendance à envoyer le panache du sommet dans une seule direction. C’est pourquoi un réseau permanent de spectromètres a été mis en place pour mesurer le SO2 sur le volcan, et il n’est pas nécessaire de beaucoup se déplacer dans un véhicule. Malgré tout, le déplacement avec un véhicule sur la Chain of Craters Road pour l’éruption du Pu’uO’o et sur la route 130 pour l’éruption dans la Lower East Rift Zone en 2018 a permis à l’Observatoire de mesurer le panache émis par les sites éruptifs du Kilauea et poussé par les alizés.
Le Mauna Loa culmine à une altitude beaucoup plus élevée que le Kilauea et connaît des régimes de vent différents. Les vents ont été très variables lors de la dernière éruption. Parfois, les mesures des panaches à haute altitude peuvent être effectuées relativement facilement en dirigeant un avion ou un hélicoptère sous le panache. S’agissant du Mauna Loa, le panache contenait non seulement de fortes concentrations de gaz, mais également des particules, comme les cheveux de Pelé, qui pourraient nuire à un avion volant en dessous.
Au cours de l’éruption de deux semaines du Mauna Loa, les vents ont emporté le panache dans de nombreuses directions, notamment vers la Saddle Road, Ocean View, Pāhala, Puna, Hilo, Kailua-Kona et Captain Cook. Il a donc fallu que l’équipe scientifique parcoure environ 4 800 km ! En fin de compte, tous ces trajets ont porté leurs fruits car les scientifiques ont réussi à obtenir des mesures sur 10 jours. Cela a permis au HVO d’informer le public et aux prévisionnistes d’alerter sur la présence de vog pendant l’éruption.
Le traitement préliminaire des données montre que le Mauna Loa a émis plus de deux millions de tonnes de dioxyde de soufre entre le 28 novembre et le 12 décembre. Cela ne prend pas en compte un important volume de SO2 émis lors l’ouverture de la fissure dans la caldeira sommitale pendant la nuit entre le 27 et le 28 novembre, phénomène montré par les images satellitaires. La lumière ultraviolette est nécessaire pour effectuer ces mesures à partir d’un véhicule, ce qui signifie qu’elles ne peuvent être réalisées que pendant la journée.
On estime que les émissions quotidiennes de SO2 ont varié de 200 000 à 500 000 tonnes par jour au début de l’éruption et ont été légèrement supérieures à 100 000 t/j les jours suivants. Le 8 décembre, les émissions ont chuté de manière significative avec seulement 30 000 t/j. Environ 2 000 t/j étaient émises le 10 décembre et, le 12 décembre les émissions n’étaient pratiquement pas détectables, même au sol, près du cône de la Fissure 3.
Ces valeurs sont semblables à celles enregistrées lors de l’éruption dans la Lower East Rift Zone du Kilauea en 2018, qui a également émis du dioxyde de soufre à raison d’environ 200 000 t/j pendant une partie de l’éruption. Le total de SO2 émis par l’éruption de 2018 était environ cinq fois supérieur à celui émis pendant la dernière éruption du Mauna Loa, en partie à cause de la durée plus longue de l’éruption.
Les émissions de dioxyde de soufre pendant l’éruption du Mauna Loa en 1984 atteignaient environ 100 000 à 200 000 t/j, comme l’ont révélé les données satellitaires. Cependant, la technologie utilisée à l’époque n’était pas aussi performante que les spectromètres modernes et a probablement sous-estimé les émissions. En 1984, elles étaient vraisemblablement semblables à celles de 2022.
Source : USGS / HVO.

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When Mauna Loa erupted in November 2022, one of the main concerns for HVO scientists was the lava and to know where it would flow. Another concern was the gases. As with all other volcanic eruptions, many tonnes of volcanic gases were emitted from the active vents during the Mauna Loa eruption.

Volcanic gases emitted during eruptions include water vapor, carbon dioxide (CO2) and sulfur dioxide (SO2). SO2 emission rates are a key parameter to measure because they can be used as a proxy for lava effusion rate and they dictate how much vog, or volcanic smog, there is downwind. HVO scientists measure sulfur dioxide emission rates using a vehicle-mounted ultraviolet spectrometer, which they drive beneath the plume.

At Kilauea, the trade winds tend to blow the summit plume in a single direction. This why a permanent array of spectrometers has been set up to measure SO2 on the volcano, and there is no need to drive a lot. Driving on Chain of Craters Road for the Pu’uO’o eruption and on Highway 130 for the 2018 Lower East Rift Zone eruption were the Observatory’s common means of measuring the plume in the trade wind direction for the Kilauea eruptive sites.

Mauna Loa, however, is at a much higher altitude than Kilauea and experiences different wind patterns. Winds were very variable during the eruption. Sometimes measurements of high-altitude plumes can be made relatively easily by flying an airplane or a helicopter beneath the plume instead of driving. But the Mauna Loa plume had not only high concentrations of gases, but also contained particles, like Pele’s hair, which could adversely affect an aircraft flying under it.

Over the course of the two-week eruption, the winds took the plume in many directions, including over Saddle Road, Ocean View, Pāhala, Puna, Hilo, Kailua-Kona and Captain Cook. This meant that the gas team had to drive about 4,800 km ! Ultimately, all the driving paid off and the scientists succeeded in measuring emission rates on 10 days. This allowed HVO to report these emission rates to the public and to vog forecasters during the eruption.

Preliminary data processing suggests that Mauna Loa emitted more than two million tonnes of sulfur dioxide between November 28th and December 12th. This does nott include a large volume of SO2 that satellite images show was emitted with the initial fissure opening between Nov.ember 27th and 28th. Ultraviolet light is needed to make these driving measurements, which means they can only be conducted during daylight hours.

Daily SO2 emission rates are estimated to have ranged from 200,000 to 500,000 tonnes per day early in the eruption and were just over 100,000 t/d lin the following days. By December 8th, emissions dropped significantly to only about 30,000 t/d. Only about 2,000 t/d were emitted on December 10th, and by December 12th emissions were essentially not detectable, even on the ground near the Fissure 3 cone.

These emission rates are very similar to those measured during the 2018 Lower East Rift Zone eruption of Kilauea, which also emitted sulfur dioxide at a rate of nearly 200,000 t/d for a portion of the eruption. The total SO2 emitted by the 2018 eruption was roughly five times more than Mauna Loa’s total, owing in part to the longer eruption duration.

Sulfur dioxide emission rates reported for the 1984 eruption of Mauna Loa were roughly 100,000 to 200,000 t/d, as revealed by satellite data. However, the technology used at the time was not as sophisticated as our modern spectrometers and likely underestimated those emission rates. So Mauna Loa’s 1984 SO2 emissions were probably similar to those in 2022.

Source : USGS / HVO.

Panaches de gaz pendant l’éruption du Mauna Loa en 2022 (Photos: HVO)

Hawaii, le roi des points chauds // Hawaii, the king of hot spots

Sur Terre, la plupart des volcans se forment au-dessus des limites de plaques tectoniques, là où les collisions et les accrétions peuvent créer des zones de fragilité dans la croûte et le manteau supérieur, ce qui permet à la roche en fusion de remonter vers la surface. L’archipel hawaiien se trouve à 3 200 km de la frontière tectonique la plus proche, et son existence a intrigué les géologues pendant des siècles.
En 1963, John Tuzo Wilson, un géophysicien, a émis l’hypothèse que les îles hawaiiennes reposent au-dessus d’un panache magmatique qui se forme lorsque la roche dans le manteau profond « bouillonne et s’accumule sous la croûte. » Ce «point chaud» pousse continuellement vers la surface et perce parfois la plaque tectonique, faisant fondre la roche environnante. La plaque se déplace au cours de millions d’années tandis que le panache magmatique reste relativement immobile. Le phénomène crée de nouveaux volcans à la surface de la plaque tandis que d’autres deviennent inactifs. Au final, on obtient des archipels tels que la chaîne sous-marine Hawaii-Empereur.
La théorie du point chaud a fait l’objet d’un large consensus au cours des décennies suivantes. Certaines observations ont confirmé cette théorie relativement récemment, dans les années 2000, quand les scientifiques ont commencé à placer des sismomètres au fond de l’océan. Les instruments ont fourni une radiographie du panache magmatique sous l’île d’Hawaii. Ils ont montré avec précision la direction et la vitesse du flux magmatique; les résultats confirment clairement la présence d’un point chaud.
Ce point chaud a probablement généré une activité volcanique pendant des dizaines de millions d’années, bien qu’il soit arrivé à sa position actuelle sous le Mauna Loa il y a seulement environ 600 000 ans. Tant qu’il y restera, il produira une activité volcanique. Plus près de la surface, il est encore très difficile de prévoir quand, où et quelle sera l’intensité des éruptions, malgré la profusion de sismomètres et de capteurs satellitaires.
Le panache magmatique qui alimente le Mauna Loa est principalement composé de basalte en fusion qui est moins visqueux que le magma que l’on rencontre sous des stratovolcans tels que le mont St. Helens et le Vésuve. Cela rend les éruptions du Mauna Loa moins explosives et contribue au long profil qui a donné son nom à la montagne et au type bien connu de volcan bouclier. Le Mauna Loa mesure environ 16 km de la base au sommet et couvre 5 180 kilomètres carrés.
Les satellites, bien qu’en constante amélioration, ne sont pas assez sensibles dans des conditions normales pour voir en profondeur à l’intérieur du Mauna Loa. Ils ne peuvent que déceler le réservoir magmatique peu profond à environ 3 kilomètres sous le sommet.
Les choses changent, cependant, lorsque le volcan commence à montrer des signes de réveil. Le magma pousse vers la surface plus rapidement; il fracture la roche et fait gonfler la surface du volcan. De telles déformations peuvent être captées par des sismomètres et les inclinomètres. À partir de ces données, ainsi que de celles sur les gaz et les cristaux émis lors de l’éruption, et de minuscules inflexions de la force gravitationnelle, une image de la situation commence à se faire jour.
Le Mauna Loa était entré en éruption pour la dernière fois en 1984, et dans les années qui ont suivi, il est resté inactif, même si son voisin, le Kilauea, est resté en éruption de manière quasi continue. Les premiers signes annonciateurs d’une éruption ont commencé à augmenter en fréquence et en intensité vers 2013, et les sismomètres ont détecté des essaims sismiques de faible magnitude. Un géophysicien de l’Université de Columbia a expliqué que certains séismes ont été causés par le poids du volcan sur le plancher océanique, mais la plupart résultent de la montée du magma qui fracture les roches et emprunte des chemins de moindre résistance.
La dernière éruption a commencé en décembre 2022 au sommet du Mauna Loa. Le magma a jailli de plusieurs fractures et a rempli la caldeira. Les éruptions précédentes avaient commencé au sommet et se sont déplacées vers une zone de rift, mais les scientifiques ne savaient pas quelle zone de rift choisirait le magma cette fois. Le rift nord-est signifiait la sécurité tandis que le rift sud-ouest pouvait mettre des milliers de personnes en danger.
A partir du début de l’éruption, la coulée de lave a ralenti sa progression, bien que manaçant de traverser la Saddle Road. Les fontaines de lave ont continué de jaillir de la zone de rift nord-est, mais les scientifiques étaient incapables de prévoir la suite des événements. Les volcanologues et les sismologues ont tenté d’analyser la situation en plaçant de nouveaux instruments autour des zones actives et en collectant des images satellites de la surface du volcan.
On ne sait pas quand la prochaine éruption se produira. Certains jeunes volcanologues de la Grande Île n’avaient jamais assisté à une éruption du Mauna Loa. Mais, comme l’a noté un géologue, « à l’échelle des temps géologiques, 38 ans, c’est très court. C’est juste quelque chose qui s’est produit pendant des milliers, voire des millions d’années, et ça ne va pas s’arrêter. »
Source : Big Island Now.

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Most volcanoes form above the boundaries of Earth’s tectonic plates, where collisions and separations can create anomalous areas in the crust and the upper mantle through which rock can push through to the surface. But the Hawaiian Islands are 3,200 km from the nearest tectonic boundary, and their existence puzzled geologists for centuries.

In 1963, a geophysicist named John Tuzo Wilson proposed that the islands, which are covered with layers of volcanic stone, sit above a magma plume, which forms when rock from the deep mantle « bubbles up and pools below the crust. » This “hot spot” continually pushes toward the surface, sometimes bursting through the tectonic plate, melting and deforming the surrounding rock as it goes. The plate shifts over millions of years while the magma plume stays relatively still, creating new volcanoes atop the plate and leaving inactive ones in their wake. The results are archipelagoes such as the Hawaiian-Emperor seamount chain.

The hot spot theory gained broad consensus in the subsequent decades. Some confirming observations came relatively recently, in the 2000s, after scientists began placing seismometers on the ocean floor. Tthe seismometers provided an X-ray of the magma plume rising beneath Hawaii. The instruments were able to accurately read the direction and speed of the magma’s flow; the results pointed resoundingly toward the presence of a hot spot.

This hot spot has probably been fomenting volcanic activity for tens of millions of years, although it arrived in its current position under Mauna Loa only about 600,000 years ago. And as long as it remains there, it will reliably produce volcanic activity.

Closer to the surface, predicting when, where and how intense these eruptions will be becomes more difficult, despite the profusion of seismometers and satellite sensors.

The magma plume fueling Mauna Loa is made primarily of molten basalt, which is less viscous than the magma beneath steeper stratovolcanoes such as Mount St. Helens and Mount Vesuvius. This makes the average Mauna Loa eruption less explosive and contributes to the mountain’s long profile: about 16 km from base to summit and covering 5,180 square kilometers.

Satellites, while ever improving, are not sensitive enough under normal conditions to see deeper into Mauna Loa than the shallow magma reservoir about 3 kilometers below the summit.

Things change, though, when the volcano starts showing unrest. Magma pushes upward more quickly, cracking rock below ground and causing the surface of the volcano to swell. Such deformations can be picked up by seismometers. From this, together with data about the gases and crystals emitted during the eruption and tiny inflections in gravitational force, a picture begins to emerge from the chaos.

Mauna Loa last erupted in 1984, and in the years afterward, it stayed mostly silent, even as the smaller neighboring volcano, Kilauea, erupted continuously. Rumblings in the ground beneath the volcano started increasing in frequency and intensity around 2013, and seismometers detected clusters of low-magnitude earthquakes deep underground. A geophysicist at Columbia University, said some earthquakes were caused by the volcano’s weight pushing down on the seafloor, but most result from rising magma, which presses up incessantly, fracturing rocks and forming paths of less resistance.

The last eruption began in December 2022 at the summit of the mountain, when magma spurted through fissures in the rock and filled the bowllike caldera. Previous eruptions had started in the summit and moved to a rift zone, but scientists did not know which of the two it would choose this time. The northeast flank would mean safety; the southwest could put thousands of people in danger.

Then, the lava flow slowed in its progression down the sides of the mountain, although it threatened to cross Saddle Road. Magma continued to erupt from the northeast rift zone, spurting upward in red fountains, and scientists were unsure what might come next.

In the meantime, volcanologists and seismologists tried to decipher the incoming data by placing more monitoring instruments around active zones and collecting more satellite images of the mountain’s surface.

There’s no knowing when the next eruption will occur. For some volcanologists on the Big Island, this is the first Mauna Loa eruption of their lifetimes. But, as one geologist noted, “on geological time scales, 38 years is pretty short. It’s just something that’s happened for thousands to millions of years, and it’s not going to stop doing that. You can’t hold back the magma forever.”

Source: Big Island Now.

Source: Wikipedia

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

Une éruption a débuté dans la soirée du 8 février 2023 sur le Karangetang (Indonésie). Le niveau d’alerte a été porté à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public a été invité à rester à 2,5 km du cratère principal avec une extension à 3,5 km sur les flancs S et SE. Les photos montraient des matériaux incandescents au niveau cratère principal, avec de possibles fontaines de lave. On pouvait voir des panaches de cendre s’élever du sommet.
Source : CVGHM.

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L’éruption sommitale du Kilauea (Hawaii) se poursuit dans le cratère de l’Halema’uma’u. La lave est émise en quatre endroits du fond du cratère. Le lac le plus à l’Est reste stable avec une superficie d’une dizaine d’hectares. Une petite fontaine de lave est active dans la partie sud de ce lac et jaillit jusqu’à 1-2 m de hauteur. Le plus petit lac dans la partie Ouest du cratère ainsi que les deux petites mares de lave dans les parties centrale et sud du fond du cratère restent actifs, sans débordements.
Une vidéo en direct du lac de lave est disponible à cette adresse :

https://www.youtube.com/usgs/live

Aucune activité particulière n’a été observée le long de la zone de rift est ou de la zone de rift sud-ouest.
Source : HVO.

 

Image de la webcam en direct

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L’activité du Bromo (Indonésie) a augmenté le 3 février 2023 et a été marquée par une incandescence au niveau du cratère, des grondements et une forte odeur de dioxyde de soufre. Des panaches de vapeur denses s’élèvent parfois jusqu’à 900 m au-dessus du sommet. La végétation sur la paroi orientale de la caldeira est jaune et flétrie. Le réseau sismique enregistre un tremor continu et des événements volcaniques à la fois profonds et superficiels. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et les visiteurs sont priés de rester à l’extérieur d’un rayon de 1 km autour du cratère.
Source : CVGHM.

Bouche éruptive dans le cratère du Bromo (Photo: C. Grandpey)

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Un survol effectué dans l’après-midi du 31 janvier 2023 a révélé que de la vapeur montait de la surface de l’océan au-dessus d’Epi B (Vanuatu). L’eau autour du site de l’éruption était décolorée. Plusieurs bancs de pierre ponce étaient visibles sur les images du satellite Sentinel B le 2 février. Les 7 et 8 février, les habitants ont observé une légère formation de vapeur au-dessus d’Epi B. Le réseau sismique avait enregistré une hausse de la sismicité les jours précédents.
Source : Vanuatu GeoHazards.

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Une structure en forme de dôme est visible sur le plancher du cratère sommital du Lascar (Chili) sur les images satellites. La structure mesure 81 m sur 93 m et couvre une superficie de 6 290 mètres carrés, avec un agrandissement estimée à 308 mètres carrés par jour . La sismicité était faible du 1er au 7 février, avec une hausse vers la fin de la semaine. Le niveau d’alerte reste à Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs). Le public est prié de rester à au moins 10 km du cratère.
Source : SERNAGEOMIN.

Crédit photo: SERNAGEOMIN

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L’éruption du Cotopaxi (Équateur) se poursuit avec des émissions quotidiennes de gaz, de vapeur et de cendres qui s’élèvent jusqu’à 2,5 km au-dessus du sommet. Des retombées de cendres sont signalées dans de nombreuses régions. Le niveau d’alerte est maintenu au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Instituto Geofisico.

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Les bouches qui se sont ouvertes à la base NE du cratère SE de l’Etna (Sicile), à environ 2 800 m d’altitude, continuent d’alimenter les coulées de lave. Le débit est très variable avec une augmentation le 1er février 2023, une diminution progressive les heures suivantes, et un arrêt complet le matin du 2 février. Plus tard, la lave est réapparue et a recouvert les anciennes coulées. Dans son dernier bulletin du 7 février, l’INGV indique que la lave ne coule plus. Des émissions de gaz intenses sont observées dans la Bocca Nuova, mais elles sont très faibles au niveau du Cratère NE et de la Voragine. L’activité du Cratère SE est essentiellement fumerollienne.
Source : INGV.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

J’ai dressé un bilan de l’année volcanique 2022. Vous le trouverez en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/bilan-dactivite-volcanique-2022/

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

An eruption began during the evening on February 8th, 2023 at Karangetang (Indonesia). The Alert Level was raised to 3 (on a scale of 1-4) and the public was asked to stay 2.5 km away from the Main Crater with an extension to 3.5 km on the S and SE flanks. Photos showed incandescent material at the Main Crater and possible lava fountaining. Eruption plumes could be seen rising from the summit.

Source : CVGHM.

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The summit eruption of Kilauea (Hawaii) continues within Halemaʻumaʻu crater. Lava is emitted in four locations of the crater floor. The eastern lake remains stable with an area of about 10 hectares.  The small southern lava fountain within this lake is active and remains about 1-2 m high. The smaller western lake, as well as the two smaller lava ponds in the central and south portions of the crater floor, remain active and unchanged, with no overflows.

A live-stream video of the lava lake is available at: https://www.youtube.com/usgs/live.

No unusual activity has been noted along the East Rift Zone or Southwest Rift Zone.

Source : HVO.

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Activity at Mount Bromo (Indonesia) increased on February 3rd, 2023 and was characterized by crater incandescence, rumbling sounds, and a strong sulfur dioxide odour. Dense white plumes sometimes rise as high as 900 m above the summit. Vegetation on the E caldera wall is yellow and withered. The seismic network is recording continuous tremor and deep and shallow volcanic earthquakes. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and visitors are asked to stay outside a 1-km radius from the crater.

Source : CVGHM.

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An overflight during the afternoon of January 31st, 2023 revealed that steam was rising from the ocean’s surface above Epi B (Vanuatu). Water around the eruption site was discolored. Several pumice rafts were visible in Sentinel B satellite images on February 2nd. On February 7th and 8th, residents observed minor steaming above Epi B. The seismic network recorded elevated seismicity during the previous few days.

Source : Vanuatu GeoHazards.

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A dome-like structure is visible on the floor of Lascar’s summit crater (Chile) in satellite images. The structure is 81 m by 93 m in dimension and covers an area of 6,290 square meters, with an estimated extrusion rate of 308 square meters per day. Seismicity was low during 1-7 February, though levels increased towards the end of the week. The Alert Level remains at Orange (level 2 on a four-color scale). The public is asked to stay at least 10 km away from the crater.

Source : SERNAGEOMIN.

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The eruption of Cotopaxi (Ecuador) continues with daily emissions of gas, steam, and ash emissions that rise as high as 2.5 km above the summit. Ashfall is reported in many areas. The Alert Level is keptat Yellow (level 2 on a four-color scale).

Source : Instituto Geofisico.

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The vents at the NE base of Mt Etna’s SE Crater (Sicily), at about 2,800 m elevation, continue to feed lava flows. The flow rate is highly variable with an increase on February 1st, 2023, a gradual decrease in the following hours, and a complete cessation on the morning of February. 2nd. Later, lava again effused from the vent and traveled over pre-existing flows. In its latest update of February 7th, INGV indicates that lava is no longer flowing.
Intense gas emissions can be seen rising from Bocca Nuova while they are very low at Northeast Crater (NEC) and Voragine. Activity at Southeast Crater is characterized by fumarolic activity.

Source : INGV.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

You will find a report of volcanic activity in 2022 by clicking on this link :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/volcanic-activity-report-2022/

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm