Séisme sur le Grimsvötn (Islande) // An earthquake on Grimsvötn (Iceland)

Un séisme de M 3,6 a été enregistré à 6h16 le 6 décembre 2021 dans le secteur du Grímsvötn, à 1,2 km au NNE de Grímsfjall, sous la calotte glaciaire du Vatnajökull. L’événement était superficiel, à une profondeur de seulement 0,1 km. Quelques répliques d’une magnitude supérieure à M 1,0 ont suivi le séisme initial. A la suite de cet événement, de nombreuses personnes se sont demandé si c’était le signe d’une éruption imminente, comme cela arrive parfois après une crue glaciaire. La crue actuelle a connu son pic le 5 décembre au matin avec un débit maximum d’environ 2 800 m3/sec., soit 28 fois le débit moyen de la rivière à cette période de l’année. Ce débit maximal était toutefois inférieur à celui initialement prévu par les scientifiques qui l’avaient estimé à 5 000 m3/sec.
La calotte glaciaire au-dessus du lac sous-glaciaire du Grímsvötn s’est affaissée de 77 mètres ces derniers temps. Au cours des dernières heures, elle s’est affaissée très lentement, ce qui signifie que le lac avait pratiquement évacué toute l’eau de fonte.
Aucune sismicité n’annonce une éruption en ce momentune éruption. La secousse d’aujourd’hui est très peu profonde et peu susceptible d’être liée à une activité volcanique. De plus, aucun gaz n’a été détecté. Avec une affirmation de Normand, les scientifiques locaux estiment qu’il y a cinquante pour cent de chances pour qu’une éruption se produise. Ils ajoutent que si une éruption devait faire suite à la sismicité actuelle, elle ne se produirait pas nécessairement tout de suite. En 2010, six mois se sont écoulés avant qu’une éruption ne commence, alors qu’en 2004, elle s’est produite alors que le jökulhlaup était sur le point d’atteindre son débit maximum. Pour le moment, rien n’indique qu’une éruption est imminente, mais cela pourrait changer soudainement. En d’autres termes, personne ne sait…
Source : Iceland Monitor.

———————————————–

An M 3.6 earthquake was recorded at 6:16 am on December 6th, 2021 in the Grímsvötn volcanic area, 1.2 km NNE of Grímsfjall, under the ice cap of Vatnajökull glacier.. The event was shallow, at a depth of 0,1 km. A few aftershocks with magnitudes above M 1.0 followed the initial quake. Following the erathquake, many people wondered whether it was the sign of an impending eruption, as may happen afer a glacial outburst flood. The current one peaked on December 5th in the morning witha maximum discharge of about 2,800 m3/sec., which is 28 times the river’s average discharge at this time of year. Still, the maximum discharge is considerably less than originally expected when scientists put the figure at 5,000 m3/sec.

The ice cap over Grímsvötn lakes has subsided a total of 77 meters, and for the past hours, it has been subsiding very slowly, meaning that the lakes have almost completely drained of meltwater.

There are no signs these days of volcanic tremor that might precede an eruption. Today’s quake was very shallowand unlikely to be connected to any volcanic activity. Moreover, no gases have been detected. Local scientists estimate there is a fifty-fifty chance of eruption in Grímsvötn. They say thta if an eruption should fowllow the current seismicity, it would not necessarily occur right away. In 2010, half a year went by before an eruption began, whereas in 2004, it occurred when the jökulhlaup was about to peak. At the moment, there is no data available to sugggest an eruption is imminent, but that could suddenly change. In other words, nobody knows….

Source : Iceland Monitor.

Source : IMO

Le tremor a bien réagi à l’augmentation du débit de la rivière Gígjukvísl pendant la crue glaciaire. Il a atteint un pic le 5 décembre en début de matinée avant de décroître et retrouver des valeurs plus raisonnables par la suite:

Crue glaciaire du Grimsvötn (Islande) [suite] // Grimsvötn’s glacial outburst flood (Iceland) [continued]

La crue glaciaire, ou jökulhlaup, qui a commencé lorsque la calotte glaciaire au-dessus du Grímsvötn a commencé à fondre il y a 11 jours, devrait atteindre son maximum le dimanche 5 décembre 2021. Les autorités islandaises ne croient pas que cette crue affectera la circulation sur la route n°1, ni que des routes devront être fermées.
Le 3 décembre au matin, la calotte glaciaire du Grímsvötn s’était affaissée de plus de 27 mètres et le débit de la rivière Gígjukvísl atteignait 1600 m3/s. La conductivité électrique de la rivière a également augmenté, avec plus de 464 µS/cm ce même jour. Les concentrations de gaz autour du glacier ont révélé des niveaux supérieurs à la normale, mais ne posent actuellement aucun danger.
La question est de savoir si la crue glaciaire sera suivie d’une éruption volcanique, mais personne n’est en mesure de répondre. Nous savons juste que dans le passé, les éruptions du Grímsvötn ont commencé dans le sillage d’une crue glaciaire. En effet, l’évacuation de l’eau réduit la pression au sommet du volcan et cela peut favoriser le déclenchement d’une éruption. Un tel événement s’est produit en 1922, 1934, et plus tard, en 2004. Les scientifiques ont remarqué qu’il y avait eu un accroissement de la sismicité avant l’éruption. Pour le moment, aucun événement de ce type n’a été détectée autour du volcan.
Source : Iceland Review.

——————————————

The glacial outburst flood, or jökulhlaup, which started when the ice sheet in Grímsvötn beneath Vatnajökull glacier began to melt 11 days ago, is predicted to reach its peak on Sunday, December 5th, 2021. .Icelandic authorities do not believe that the runoff will affect traffic on Route 1, nor that roads will need to be closed.

On DEcember 3rd in the morning, the Grímsvötn ice sheet had sunk over 27 meters and was flooding the Gígjukvísl river at a rate of 1600 m3/s. The electrical conductivity of the river has also been increasing and was measured above 464 µS/cm on that same day. The gas concentrations along the perimeter of the glacier have been measured at higher than normal levels, but do not currently pose a danger.

The question is to know whether the glacial outburst flood will be followed by a volcanic eruption, but nobody is able to answer the question. We just know that in the past eruptions at Grímsvötn have begun following a glacial outburst flood. Indeed, the evacuation of the water reduces the pressure on top of the volcano and this can allow an eruption to begin. It happened in 1922, 1934, and later, in 2004. Scientists have noticed that there was a series of earthquakes before the eruption. For the moment, no such seismicity has been detected around the volcano.

Source: Iceland Review.

Source: IMO / Wikipedia

Fonte des glaciers : des chiffres qui donnent le tournis // Glacier melting : figures that make you dizzy

Dans son numéro du mois de décembre 2021, le National Geographic France consacre une rubrique à la fonte des glaciers et, sans surprise, communique des chiffres qui montrent parfaitement la catastrophe qui menace notre planète.

267 milliards de tonnes : c’est la masse d’eau perdue en moyenne chaque année par les glaciers autres que les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique entre 2000 et 2019. Les glaciologues dont l’étude a été publiée dans la revue Nature se donnent une marge d’erreur de 16 milliards de tonnes. Au cours de la période en question, la fonte des glaciers s’est accélérée, passant de 227 milliards de tonnes par an dans les années 2000 à 292 milliards de tonnes entre 2015 et 2018.

Le National Geographic rapproche ces chiffres des populations dont la vie dépend de l’eau des glaciers. Au cours de ma conférence « Glaciers en péril », je m’attarde sur la situation au Pérou dont l’économie dépend en grande partie de l’eau de fonte des glaciers de la Cordillère des Andes. Or, ces glaciers sont en train de fondre à une vitesse impressionnante, avec des conséquences désastreuses pour les populations. Si les glaciers disparaissent, il n’y aura plus d’eau potable pour la population, plus d’électricité dans les maisons, plus d’eau pour les systèmes d’irrigation des cultures. Faute d’une ressource essentielle, la population rurale devra migrer et aller s’entasser dans des villes dont les réseaux d’alimentation en eau dépendent eux aussi en grande partie des glaciers de la Cordillère.

Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont indispensables au tourisme et à l’alpinisme. Sans oublier que si les chutes de neige diminuent, l’industrie du ski sera impactée et les stations devront se diversifier si elles veulent survivre.

Comme on peut le lire dans le magazine, « les langues glaciaires aident aussi les humains à définir leur sentiment d’appartenance à la Terre ». On s’en rend compte en lisant les légendes qui accompagnent certains glaciers. En Nouvelle Zélande, le Franz-Josef serait né des larmes déversées par une jeune femme après la mort de son amant. A noter que l’approche de ce glacier et celle de son voisin Fox est désormais interdite à cause du risque d’effondrement de l’encaissant des glaciers suite à leur fonte rapide.

Glaciers Franz-Josef and Fox (Photos: C. Grandpey)

Dans les prochaines décennies, peut-être même les prochaines années, des populations littorales devront partir car l’eau de fonte des glaciers et des banquises fera s’élever le niveau des océans. Il a déjà augmenté de 1,5 cm depuis l’an 2000 suite à la seule fonte des glaciers. Les données satellitaires permettent de savoir à quelle vitesse fondent les glaciers. On peut modéliser tous les glaciers, même les plus inaccessibles. Par exemple, en Alaska, les images fournies par la NASA permettent de se rendre compte du recul ultra-rapide du Columbia Glacier. Elles ont également permis de se rendre compte que les glaciers de Patagonie reculent aujourd’hui plus vite qu’ils ne l’ont fait en onze mille ans. En cliquant sur ce lien, vous verrez une vidéo en accéléré montrant le recul rapide et impressionnant du Columbia Glacier :

https://earthobservatory.nasa.gov/world-of-change/ColumbiaGlacier

En théorie, la solution du problème de la fonte des glaciers et de la banquise est facile: il suffit de fermer le robinet des gaz à effet de serre produits par les activités humaines. C’est, bien sûr, plus facile à dire qu’à faire car notre mode de vie dépend encore largement des énergies fossiles. A supposer que l’on puisse arrêter par un coup de baguette magique ces émissions nocives, le problème du réchauffement climatique ne se résoudra pas du jour au lendemain. Par un effet de latence, il persistera encore pendant plusieurs décennies avant de s’estomper.

Au vu de la faillite de la dernière COP 26 de Glasgow, ce n’est pas demain que ceux qui nous gouvernent décideront de prendre des mesures permettant de sauver l’avenir des prochaines générations et celui de la planète Terre.

——————————————-

In its December 2021 issue, National Geographic France devotes a chapter to the melting of glaciers and, unsurprisingly, communicates figures which perfectly show the catastrophe which threatens our planet.
267 billion tonnes: this is the mass of water lost on average each year by glaciers other than the ice caps of Greenland and Antarctica between 2000 and 2019. The glaciologists whose study was published in the journal Nature give themselves a margin of error of 16 billion tonnes. During this period, the melting of glaciers accelerated from 227 billion tonnes per year in the 2000s to 292 billion tonnes between 2015 and 2018.
National Geographic compares these numbers with populations whose lives depend on water from the glaciers. During my conference « Glaciers at Risk », I explain the situation in Peru whose economy depends largely on glacier meltwater in the Andes. However, these glaciers are melting at an impressive rate, with disastrous consequences for the populations. If the glaciers disappear, there will be no more drinking water for the population, no more electricity in the houses, no more water for the irrigation systems of the crops. For lack of an essential resource, the rural population will have to migrate and crowd into towns whose water supply networks also depend largely on the glaciers of the Andes.
Closer to home, in the Alps, glaciers are essential to tourism and mountaineering. Not to mention that if the snowfall decreases, the ski industry will be impacted and the resorts will have to diversify if they are to survive.
As one can read in the National Geographic magazine, « glacial tongues also help humans define their sense of belonging to the Earth ». We realize this by reading the legends that accompany certain glaciers. In New Zealand, the Franz-Josef is said to have been created by the tears shed by a young woman after the death of her lover. It should be noted that the approach to this glacier and that of its neighbor Fox is now prohibited because of the risk of collapse of their valleys following their rapid melting.
In the coming decades, perhaps even the next few years, coastal populations will have to leave as the meltwater of glaciers and ice caps will cause the level of the oceans to rise; it has already risen by 1.5 cm since the year 2000 following the only melting of the glaciers. Satellite data makes it possible to know how fast glaciers are melting. Scientists can model all glaciers, even the most inaccessible. For example, in Alaska, the images provided by NASA mak eus realize the ultra-rapid retreat of the Columbia Glacier. They also make us realize that the glaciers of Patagonia are retreating faster today than they have done in eleven thousand years.
By clicking on this link, you’ll see a NASA time lapse video showing the retreat of the Columbia Glacier between 1986 and 2019. It’s impressive!

https://earthobservatory.nasa.gov/world-of-change/ColumbiaGlacier

In theory, the solution to the problem of melting glaciers and sea ice is easy: just turn off the tap on greenhouse gases produced by human activities. This is, of course, easier said than done because our way of life still depends heavily on fossil fuels. Assuming that we can stop these noxious emissions with a magic wand, the problem of global warming will not be resolved overnight. By a latency effect, it will persist for several decades before fading.
In view of the total failure of the last COP 26 in Glasgow, those who govern us will not soon decide to take measures to save the future of the next generations and that of planet Earth.

Recul des glaciers dans les Alpes françaises (Photo: C. Grandpey)

Signes d’inflation sur la péninsule de Reykjanes (Islande) // Signs of inflation on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Les volcanologues islandais indiquent que des signes d’inflation ont été détectés sur la péninsule de Reykjanes. Le phénomène a été observé au nord du mont Keilir et au sud du site de l’éruption de Fagradalsfjall. Le sol autour de Fagradalsfjall a connu une déflation pendant l’éruption proprement dite, très probablement à cause de l’évacuation du magma vers la surface.
D’après les mesures GPS, le processus de déflation a commencé à s’atténuer fin août, puis à se transformer en inflation vers la mi-septembre. Cette dernière est cependant minime, avec un maximum de seulement un à deux centimètres.
Selon les modèles du Met Office, l’accumulation de magma dans les profondeurs de la terre est la cause la plus probable de l’inflation, bien que les scientifiques pensent également qu’elle peut être liée à une période d’activité sismique d’un mois à l’extrémité sud de ma montagne de Keilir à la fin septembre.
L’accumulation de magma sous les systèmes volcaniques se produit parfois après des éruptions. En tant que telle, l’inflation actuelle n’indique pas forcément que le magma se déplacera vers la surface dans un proche avenir. Ce processus peut prendre des années, voire des décennies, et il est difficile pour les scientifiques de faire des prévisions avec beaucoup de précision.
Aucune coulée de lave n’a été observée sur le site de Fagradalsfjall depuis le 18 septembre 2021. Des émissions de gaz sont toujours détectées, mais en très faible quantité.
Source : Iceland Review.

—————————————

Icelandic volcanologists indicate that land has started rising again on the Reykjanes peninsula. The inflation has been detected north of Mt. Keilir and south of the Fagradalsfjall eruption site. The land around Fagradalsfjall fell during the eruption itself, most likely because of the magma streaming out of the chamber beneath the surface.

According to GPS measurements, the deflation process began to subside at the end of August and then turn again into inflation around the middle of September. The uplift is, however, minimal, with only one to two centimetres at the highest points.

According to the Met Office’s models, the magma accumulation deep within the earth is the most likely cause of the inflation, although scientists also believe that it is connected to a month-long wave of seismic activity that began at the southern end of Keilir at the end of September.

Magma accumulation under volcanic systems sometimes occurs after eruptions. As such, the current inflation is not necessarily an indication that magma will move toward the surface in the near future. This process may instead take years or even decades, and it is difficult for scientists to make predictions with much accuracy.

There has been no lava flow at Fagradalsfjall since September 18th, 2021. Gas emissions are still being detected at the eruption site, but only in very small quantities.

Source: Iceland Review.

Calme plat sur le site de Fagradalsfjall (Capture écran webcam)