Fonte rapide des glaciers du Mt Rainier (Etats Unis) // Rapid melting of Mt Rainier glaciers (United States)

Les glaciers du monde entier fondent à une vitesse hallucinante en raison du réchauffement climatique d’origine anthropique, et le Mont Rainier (4392 m) ne fait pas exception à la règle. La masse totale des glaciers sur le volcan, situé à 90 km au sud-est de Seattle, a chuté de moitié par rapport à 1896 ; c’est ce que révèlent les dernières estimations du National Park Service.

Les glaciers du Mont Rainier alimentent cinq grands bassins hydrographiques du nord-ouest du Pacifique. Ils fournissent de l’eau potable, alimentent les torrents en eau froide où vivent les saumons et font tourner les turbines qui produisent de l’électricité dans le Nord-Ouest des Etats Unis. La réduction de la surface glaciaire du Mont Rainier pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l’environnement. Elle réduira par exemple l’habitat de poissons tels que l’omble à tête plate, qui a été classé parmi les espèces menacées. Le recul des glaciers a déjà provoqué un léger déplacement du refuge du Camp Muir, en raison de la déstabilisation du sol. Par ailleurs, le recul des glaciers pourrait provoquer davantage de coulées de débris et de glissements de terrain et remodeler le paysage du parc national. Avec moins de glaciers, le Mont Rainier va devenir une montagne à l’aspect plus sombre.

Le Mont Rainier est loin d’être un cas isolé. Une étude publiée en 2023 dans la revue Science avertit que les glaciers de montagne perdront entre 26 % et 41 % de leur masse, par rapport à 2015, d’ici la fin du siècle, en cause du réchauffement de la Terre.
Le Mont Rainier attire chaque année plus de 2 millions de visiteurs. Pendant une grande partie de l’année, ses glaciers sont recouverts de neige et la glace apparaît en été lorsque la neige fond.
Les glaciers du parc sont cartographiés depuis 125 ans, le premier inventaire ayant été réalisé en 1896. Le dernier rapport de 2021 révèle que leur masse a diminué de près de 52 % depuis 1896. La surface du Mont Rainier couverte par les glaciers est passée de près de 130 kilomètres carrés à un peu plus de 75 kilomètres carrés, soit une diminution de près de 42 %.

Le Service des parcs nationaux a officiellement retiré le glacier Stevens de son inventaire parce qu’il est devenu trop petit et qu’il n’y a plus de preuves, telles que des crevasses, que la glace continue d’avancer. Le dernier rapport indique que deux autres glaciers – Pyramid et Van Trump – ont perdu respectivement 34% et 43% de leur volume entre 2015 et 2021. Les chercheurs ont conclu qu’ils étaient « en grand péril ». Des données satellitaires récentes datant de 2022 ont révélé que les glaciers Pyramid et Van Trump étaient trop fragmentés et trop petits pour être considérés comme des glaciers. Il s’agit d’un « changement spectaculaire » par rapport à 2015.
Avec la fonte, le Parc national du Mont Rainier ne compte plus que 26 glaciers. Les trois glaciers déclarés morts s’ajoutent à une liste de caractéristiques géologiques qui n’existent plus aujourd’hui, notamment les grottes de glace de Paradise qui ont disparu dans les années 1980, et le glacier Williwakas, qui a été déclaré mort dans les années 1930.
Source : Yahoo Actualités.

Dans une note rédigée sur ce blog le 7 mars 2016, j’écrivais que le principal danger redouté par les autorités réside dans les lahars, à savoir les coulées de boue qui pourraient être déclenchées par la fonte des glaciers sous l’effet de la chaleur du volcan en cas d’éruption.

Cependant, avec le réchauffement climatique, les glaciers du Mont Rainier ont connu un fort recul au cours des dernières décennies, de sorte que leur volume est moins impressionnant que dans le passé. Si une éruption devait se produire, les coulées de boue seraient probablement moins destructrices, même si elles causeraient de gros dégâts aux localités situées sur leur trajectoire. Des villes comme Orting sur les rives de la rivière Puyallup seraient certainement affectées. Des voies d’évacuation ont été mises en place pour permettre à la population de fuir vers des endroits plus sûrs.

Plusieurs sentiers permettent aux visiteurs de gravir les pentes du Mont Rainier. Comme pour le Mt St Helens, il est intéressant de faire une halte dans les centres d’accueil où des maquettes montrent le danger des coulées de boue.

——————————————-

Glaciers around the world are melting at an unprecedented rate because of human-caused global warming and Mount Rainier (4,392 m) is no exception. The total mass of glacier ice on the volcano, located 90 km southeast of Seattle, is less than half what it was in 1896, according to the latest estimates from the National Park Service.

Mount Rainier’s glaciers are flowing rivers of ice at the headwater of five major watersheds in the Pacific Northwest. They provide drinking water downstream, feed mountain streams with cold water for salmon and spin hydropower turbines to generate electricity in the Northwest. Declines in the ice stored around Rainier’s cap could reduce habitat for fish like bull trout, which has been categorized as a threatened species. The retreat of glaciers has already caused structures at Camp Muir, a camp for climbers, to shift slightly as the ground destabilizes. Further declines could cause more debris flows and landslides as the retreat of glaciers reshapes the park’s landscape. With fewer glaciers, Mount Rainier is going to turn into a darker-looking mountain.

Mount Rainier is by no means an isolated case. A study published in 2023 in the journal Science predicts mountain glaciers will lose 26% to 41% percent of their mass, as measured in 2015, by the end of this century depending on how much more the Earth warms.

Mount Rainier draws more than 2 million visitors every year. For much of the year, its glaciers are blanketed in fresh snow. Glacier ice is exposed in the summer as the snow melts away.

The park’s glaciers have been mapped for 125 years, with a first inventory completed in 1896, The latest report, which listed 28 glaciers for 2021, found their mass decreased by nearly 52% since 1896. The area of Mount Rainier covered by glaciers fell from nearly 130 square kilometers to just more than 75 square kilometers a nearly 42% decline.

The National Park Service has officially removed the Stevens Glacier from its inventory because it has grown too small and there is a lack of evidence, such as crevassing, that ice is still flowing. The latest report says that two other glaciers — the Pyramid and Van Trump glaciers — lost 34% and 43% of their volume from 2015 to 2021. Park researchers concluded they were “in serious peril.” Recent satellite data from 2022 found both the Pyramid and Van Trump glaciers were too fragmented and small to be considered glaciers. This is a “dramatic change” compared with 2015.

The melt-out leaves the park with just 26 glaciers. The three dead glaciers join a list of icy features now gone from Mount Rainier, including the Paradise ice caves, which disappeared in the 1980s, and the Williwakas Glacier, which was considered dead in the 1930s.

Source : Yahoo News.

In a posr written on this blog on March 7th, 2016, I wrote that the main danger feared by the authorities lies with the lahars, namely mudflows that could be triggered by the melting of the glaciers on the flanks of the volcano in case of an eruption. However, with global warming, glaciers have been receding in the past decades so that their volume is less impressive than in the past. Should an eruption occur, mudflows would likely be less destructive, even though they would cause severe damage to the communities on their way. Cities like Orting on the shores of the Puyallup River would certainly be affected. Evacuation routes have been set up to allow the population to flee to safe places.
Several footpaths allow visitors to climb on the slopes of Mt Rainier. Like for Mt St Helens, it is interesting to make a stop at the visitor centers where models show the danger of possible mudflows.

Fausse alerte volcanique sur l’Iliamna (Alaska) // False volcanic alert on Iliamna (Alaska)

Dans plusieurs notes publiées sur ce blog en mai 2012 et mai 2016, j’ai indiqué que la sismicité augmentait sur l’Iliamna (3 053), un stratovolcan recouvert de glaciers sur la rive ouest de Cook Inlet, à environ 225 km au sud-ouest d’Anchorage.
L’Observatoire Volcanologique d’Alaska m’a envoyé un e-mail le 5 juin 2023 indiquant qu’une nouvelle hausse de la sismicité avait été observée sur l’Iliamna, à partir de 20h00 (UTC). En conséquence, l’Observatoire a relevé la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et le niveau d’alerte volcanique à Advisory (surveillance conseillée)
Les événements sismiques ont d’abord été enregistrés à des intervalles d’une minute et sont devenus plus rapprochés. L’Observatoire a pensé que la sismicité pourrait être liée au mouvement de magma ou de fluides hydrothermaux sous le volcan. L’activité sismique a atteint son maximum au moment où une avalanche de glace et de roches s’est déclenchée un peu avant 01h14 (UTC) le 6 juin. Il ne s’agissait donc pas d’un événement d’origine volcanique. Les signaux sismiques correspondaient à l’une des avalanches qui se produisent périodiquement sur le Red Glacier, sur le flanc est de l’Iliamna. La sismicité a ensuite décliné et retrouvé son niveau normal. L’AVO a logiquement abaissé les niveaux d’alerte mentionnés ci-dessus.
Contrairement au volcan Redoubt qui se dresse à proximité, l’Iliamna n’a pas une histoire d’éruptions majeuress. Selon la Smithsonian Institution, seules quelques éruptions explosives se sont produites pendant l’Holocène sur le volcan qui n’a pas de cratère bien défini. La plupart des rapports d’éruptions historiques font état de puissants panaches de fumerolles à l’est et au sud-est du sommet, souvent confondus avec des colonnes éruptives. Des éruptions avec coulées pyroclastiques remontent à 300 et 140 ans. Une sismicité élevée accompagnant la mise en place de dikes sous le volcan a été enregistrée en 1996.
Source : AVO, Smithsonian Institution.

———————————————

In several posts released in May 2012 and May 2016, I indicated that seismicity was increasing at Mt Iliamna (3 053) a glacier-covered stratovolcano on the western side of Cook Inlet, about 225 km SW of Anchorage.

The Alaska Volcano Observatory sent me an e-mail on June 5th, 2023 indicating that a new increase in seismicity had been observed at Iliamna, beginning at 20:00 UTC. As a result, the Observatory raised the Aviation Color Code and the Volcano Alert level for Iliamna to Yellow and Advisory.

The rate of earthquakes initially occurred in 1-minute intervals and became more closely spaced. The Observatory thought the seismicity might be related to magmatic movement or hydrothermal fluids beneath the volcano. The seismic activity culminated in an ice-rock avalanche slightly before 01:14 UTC on June 6th. The seismic signals matched historic observations of avalanches associated with Red Glacier on Iliamna Volcano’s eastern flank. Seismicity later declined to background levels and the Aviation Color Code and Volcano Alert Level were lowered to Green and Normal.

Contrary to neighbouring Mount Redoubt, Iliamna does not have a history of powerful eruptions. According to the Smithsonian Institution, only a few Holocene explosive eruptions have occurred at the volcano, which lacks a distinct crater. Most of the reports of historical eruptions include plumes from vigorous fumaroles east and SE of the summit, which have often been mistaken for eruption columns. Eruptions producing pyroclastic flows have been dated at about 300 and 140 years ago and elevated seismicity accompanying dike emplacement beneath the volcano was recorded in 1996.

Source : AVO, Smithsonian Institution.

Source: AVO

Photo: C. Grandpey

Glissements de terrain et avalanches sont fréquents sur les versants pentus de l’Iliamna (Source: AVO)

 

L’Everest et le réchauffement climatique // Mount Everest and global warming

Il y a 70 ans, le 29 mai 1953, le Néo-Zélandais Edmund Hillary et son sherpa Tenzing Norgay parvenaient au sommet de l’Everest.
Depuis, des milliers d’alpinistes ont atteint le toit du monde. 2023 marque un nouveau record de candidats à l’escalade, mais aussi un record nombre d’accidents mortels…et de déchets abandonnés aux camps de base.
Sur les quelque 300 personnes qui ont perdu la vie lors de l’ascension de l’Everest, la majorité sont décédées dans ou autour de la zone de la mort, une zone située au-dessus de 7 900 mètres d’altitude. Ici, les alpinistes sont tués par des avalanches ou des chutes de pierres, par des blessures subies suite lors de chutes, ou encore par une exposition aux éléments (très nombreuses gelures en 2023). Sans oublier l’épuisement ou le mal aigu des montagnes (AMS).
Lorsqu’une personne meurt sur l’Everest, le cadavre est momifié par le vent et les basses températures ; il se fige rapidement sur place. Les sauveteurs doivent extraire le corps de la glace. Une fois gelé, son poids peut avoir doublé à cause de la glace. Il faut parfois une équipe de huit personnes pour gérer un seul corps. La récupération d’un corps est aussi très dangereuse. En 1984, un sherpa et un inspecteur de police népalais ont été tués alors qu’ils tentaient de récupérer le corps d’un alpiniste allemand mort sur la montagne cinq ans plus tôt.
On estime qu’il reste entre 200 et 250 corps sur l’Everest, gelés le long des voies d’escalade, ou enterrés dans les champs de neige et les glaciers. Généralement, les personnes mortes sur les glaciers restent emprisonnées dans la glace pendant des décennies voire des siècles. Les corps progressent avec la glace, depuis le site de l’accident jusqu’à la zone d’ablation du glacier, où la perte de glace dépasse la masse de glace accumulée.
Selon des sources chinoises et népalaises, la découverte de nombreux cadavres au cours des dernières années montre à quel point la hausse des températures fait fondre la couverture de neige et de glace sur l’Everest. Comme je l’expliquais dans une note précédente, le plus haut glacier de la montagne, le glacier du Col Sud (South Col Glacier) a perdu plus de 54 mètres d’épaisseur au cours des 25 dernières années.
Des victimes tuées par des avalanches ou tombées dans une crevasse glaciaire ressurgissent aujourd’hui avec la fonte des glaces. De nombreux corps ont également été retrouvés près du camp IV, le camp le plus élevé situé à plus de 7 900 mètres d’altitude. Dix corps y ont été retrouvés au cours des quatre dernières années.
La hausse de la température sur la chaîne himalayenne est supérieure à la moyenne mondiale. Lorsque la couverture neigeuse rétrécit, elle n’est plus en mesure de réfléchir la lumière du soleil. Le paysage rocheux et aride absorbe alors davantage de rayonnement solaire, ce qui réchauffe l’environnement. Avec la hausse des températures qui ajoute de l’énergie à l’atmosphère, la météo sur l’Everest devient plus imprévisible. Cela raccourcit la saison d’escalade et augmente le risque de tempêtes soudaines dans la région. Les températures plus élevées peuvent faire couler l’eau de fonte sous les glaciers,ce qui favorise le déclenchement d’avalanches et déstabilise les parois rocheuses, provoquant des chutes de pierres.
Le réchauffement climatique augmente également le risque pour les alpinistes qui se trouvent sous la zone de la mort. En juin 2022, le ministère du Tourisme népalais a annoncé son intention de déplacer le camp de base de l’Everest, car la fonte rapide du glacier de Khumbu augmentait le risque de chutes de pierres et de crues glaciaires soudaines sur le site. Cependant, ce plan a finalement été abandonné en raison du refus des sherpas qui ont fait valoir que cela ajouterait jusqu’à trois heures au trajet jusqu’au sommet et le rendrait encore plus traître. Une étude réalisée en 2018 par des chercheurs de l’Université de Leeds a montré que la glace du glacier près du camp de base fondait à raison de 1 mètre par an. L’eau de fonte glaciaire alimentait une série de lacs glaciaires. Ces lacs,retenus par des barrages de moraines instables, peuvent libérer leur eau lors de crues soudaines, avec des coulées de débris dévastatrices menaçant les vallées en aval.
Avec la fonte des glaciers himalayens, les sherpas doivent souvent trouver de nouvelles voies plus sures pour gravir la montagne. Les itinéraires sont entretenus par un groupe de sherpas, les « icefall doctors », qui constatent que leurs cordes ne sont plus maintenues sur les parois à cause de la fonte des glaces et doivent être repositionnées tous les quelques jours.
Source : Forbes.

——————————————–

70 years ago, on May 29th , 1953, New Zealander Edmund Hillary and his Sherpa guide Tenzing Norgay managed to reach the summit of Mount Everest.

Since that time, thousands of climbers have reached the peak, with this year marking a new record for mountaineers expected on Mount Everest and also the number of deadly incidents.

Of the almost 300 people that have lost their lives in the attempt or reaching the summit, the majority of them have died in or around the Death Zone, the region above 7,900 meters. Here climbers are killed by avalanches or rockfall, by injuries sustained from a fall, from exposure to the elements, from exhaustion or from acute mountain sickness.

When a person dies on Mount Everest, the corpse is mummified by the strong wind and low temperatures and quickly gets frozen into place. Rescuers need to hack the body out of the ice. The frozen body may also have doubled in weight due to the ice. It can take a team of eight people to handle just one body. The recovery of a body is also very dangerous. In 1984, a Sherpa and a Nepalese police inspector were killed when they tried to retrieve the body of a German mountaineer who died on the mountain five years earlier.

An estimated 200 to 250 bodies still remain on Mount Everest, either frozen solid along the climbing routes or buried in the snowfields and glaciers. Generally, fatal casualties on glaciers remain immersed in the ice for decades or even centuries. They are moved together with the ice from the site of the accident to the ablation area, where the loss surpasses the accumulated ice mass.

According to Chinese and Nepalese sources, the discovery of many corpses in the last years shows how rising temperatures are melting the snow and ice cover of the mountain. As I explained in a previous post, the highest glacier on the mountain, the South Col glacier, has lost more than 54 meters of thickness in the past 25 years.

Victims killed by avalanches or lost in a glacier crevasse are now reemerging from the thinning ice. Many bodies were also recovered near Camp IV, the highest camp located at an elevation of over 7,900 meters. Ten bodies were recovered here in the last four years.

The rising temperature of the Himalayan area is more than the global average. When the reflecting snow cover shrinks, the barren rocky landscape adsorbs more solar radiation and heat up the environment. With rising temperatures adding energy to the atmosphere, the weather is becoming more unpredictable, shortening the climbing season and increasing the risk of sudden storms in the area. Higher temperatures can cause meltwater to flow beneath the glaciers, triggering avalanches, and destabilize rocky cliffs, triggering rockfalls.

Climate change is also increasing the risk for climbers beneath the Death Zone. In June 2022, Nepal’s tourism ministry announced plans to move the Everest base camp as the rapidly thinning Khumbu Glacier increased the risk of rockfall and flash-floods at the site. However, that plan was ultimately abandoned due to pushback from sherpas, who argued that it would add up to three hours to the journey to the summit and make it even more treacherous. A 2018 study by researchers from Leeds University showed that the ice of the glacier close to the base camp was melting at a rate of 1 meter per year, with the glacial meltwater feeding a series of glacial lakes. Such lakes, dammed up by unstable dams of ice and loose rocks, can release their water in sudden outburst floods triggering deadly debris flows in the valley beneath them.

With the melting of the Himalayan glaciers, the sherpas often have to find new, safer paths up the mountain. Routes are forged and maintained by a group of sherpas called « icefall doctors », who find that their ropes are now falling out of the melting ice and need to be replaced every few days.

Source : Forbes.

Crédit photo : Wikipedia

Arctique : c’est foutu ! // Arctic : it’s screwed!

Selon une étude publiée début juin 2023 dans Nature Communications, la calotte glaciaire de l’océan Arctique disparaîtra en été dès les années 2030, soit une décennie plus tôt que prévu, quels que soient les moyens mis en œuvre par notre planète pour absorber la pollution par le carbone, cause du réchauffement climatique. Même la limite du réchauffement climatique à 1,5 degrés Celsius prévue par le traité de Paris sur le climat (la fameuse COP 21) n’empêchera pas la vaste étendue de glace de mer du pôle Nord de fondre en septembre. On peut lire dans le rapport : « Il est trop tard pour continuer à protéger la glace de mer estivale de l’Arctique, que ce soit en tant que paysage et en tant qu’habitat. La glace de mer sera le premier élément majeur de notre système climatique que nous perdrons à cause de nos émissions de gaz à effet de serre. »
Nous savons depuis de nombreuses années que la diminution de la couverture de glace a de graves répercussions sur les conditions météorologiques, les personnes et les écosystèmes, non seulement dans l’Arctique, mais à l’échelle mondiale. Un co-auteur de l’étude explique que la fonte de la glace arctique peut accélérer le réchauffement climatique en faisant dégeler le pergélisol riche en gaz à effet de serre, et faire s’élever le niveau de la mer en faisant fondre la calotte glaciaire du Groenland.
La couche de glace de plusieurs kilomètres d’épaisseur au Groenland contient suffisamment d’eau pour provoquer une hausse de six mètres du niveau des océans. En revanche, la fonte de la glace de mer n’a pas d’impact perceptible sur le niveau de la mer car la glace est déjà dans l’eau, comme des glaçons dans un verre. Malgré tout, la disparition de la glace de mer alimente un cercle vicieux de réchauffement.
Environ 90 % de l’énergie solaire qui frappe la blancheur de la banquise est renvoyée dans l’espace à travers l’albédo. Le problème, c’est que lorsque la lumière du soleil frappe l’eau sombre – car dépourvue de glace – de l’océan, quasiment la même quantité de cette énergie est absorbée par l’océan et répartie à travers le globe.
Les régions des pôles Nord et Sud se sont réchauffées de trois degrés Celsius par rapport à la fin du 19ème siècle, soit près de trois fois la moyenne mondiale.
La dernière étude explique qu’un mois de septembre sans glace dans les années 2030, c’est  » une décennie plus tôt que dans les récentes projections du GIEC. Dans son rapport historique de 2021, le GIEC prévoyait avec une « confiance élevée » que l’océan Arctique deviendrait pratiquement libre de glace au moins une fois d’ici le milieu du siècle, et ceci dans les scénarios d’émissions de gaz à effet de serre les plus extrêmes.
La nouvelle étude – qui s’appuie sur des données d’observation couvrant la période 1979-2019 pour s’ajuster aux modèles du GIEC – conclut que ce seuil sera très probablement franchi dans les années 2040. Les chercheurs ont également conclu que les activités humaines étaient responsables jusqu’à 90% du rétrécissement de la calotte glaciaire ; les facteurs naturels comme l’activité solaire et volcanique n’ont qu’un impact mineur.
L’étendue de glace de mer la plus faible jamais enregistrée dans l’Arctique (3,4 millions de kilomètres carrés) a eu lieu en 2012, suivie des années 2020 et 2019. Pour les scientifiques, l’océan Arctique est « libre de glace » si la zone couverte par la glace est inférieure à un million de kilomètres carrés, soit environ sept pour cent de la superficie totale de l’océan.
La glace de mer en Antarctique, quant à elle, est tombée à 1,92 million de kilomètres carrés en février 2023, le niveau le plus bas jamais enregistré, et près d’un million de kilomètres carrés en dessous de la moyenne de 1991-2020.
Source : médias d’information internationaux.

—————————————————

According to a stuty published early June 2023 in Nature Communications, the Arctic Ocean’s ice cap will disappear in summer as soon as the 2030s and a decade earlier than thought, no matter how aggressively humanity draws down the carbon pollution that drives global warming. Even capping global warming at 1.5 degrees Celsius in line with the Paris climate treaty will not prevent the north pole’s vast expanse of floating ice from melting away in September. « It is too late to still protect the Arctic summer sea ice as a landscape and as a habitat. This will be the first major component of our climate system that we lose because of our emission of greenhouse gases. »

We have known for many years that decreased ice cover has serious impacts over time on weather, people and ecosystems, not just within the region, but globally. A co-author of the study explains that it can accelerate global warming by melting permafrost laden with greenhouse gases, and sea level rise by melting the Greenland ice sheet.

Greenland’s kilometres-thick blanket of ice contains enough frozen water to lift oceans six metres.

By contrast, melting sea ice has no discernible impact on sea levels because the ice is already in ocean water, like ice cubes in a glass. But it does feed into a vicious circle of warming.

About 90 percent of the Sun’s energy that hits white sea ice is reflected back into space through the albedo. But when sunlight hits dark, unfrozen ocean water instead, nearly the same amount of that energy is absorbed by the ocean and spread across the globe.

Both the North and South Pole regions have warmed by three degrees Celsius compared to late 19th-century levels, nearly three times the global average.

The latest study warns that an ice-free September in the 2030s « is a decade faster than in recent projections of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC). In its landmark 2021 report, the IPCC forecast with « high confidence » that the Arctic Ocean would become virtually ice-free at least once by mid-century, and even then only under more extreme greenhouse gas emissions scenarios.

The new study – which draws from observational data covering the period 1979-2019 to adjust the IPCC models – finds that threshold will most likely be crossed in the 2040s. The researchers have also calculated that human activity was responsible for up to 90 percent of the ice cap’s shrinking, with only minor impacts from natural factors such as solar and volcanic activity.

The record minimum sea ice extent in the Arctic (3.4 million square kilometres) occurred in 2012, with the second- and third-lowest ice-covered areas in 2020 and 2019, respectively. Scientists describe the Arctic Ocean as « ice-free » if the area covered by ice is less than one million square kilometres, about seven percent of the ocean’s total area.

Sea ice in Antarctica, meanwhile, dropped to 1.92 million square kilometres in February 2023 the lowest level on record and almost one million square kilometres below the 1991-2020 mean.

Source : International news media.

La glace de mer arctique : une espèce en voie de disparition (Photo: C. Grandpey)