Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Poursuite de l’éruption // The eruption is going on

L’éruption débutée le 14 juillet se poursuit avec une augmentation du tremor au cours des dernières 72 heures. Selon l’OVPF, son intensité atteint désormais 50% de la valeur observée en début d’éruption, après avoir culminé à 60%. L’Observatoire a tout d’abord attribué la hausse du tremor aux mauvaises conditions météo sur la zone, mais il se pourrait aussi que la cause soit autre, d’autant que l’on observe une légère inflation de la zone sommitale du volcan. Le Piton de la Fournaise n’a peut-être pas dit son dernier mot et une réactivation de l’éruption n’est pas impossible. Sur le site de l’éruption, le cône continue son édification et il est désormais complètement fermé. On observe deux bouches actives à l’intérieur. L’essentiel de l’écoulement de la lave s’effectue en tunnels.

Voici deux photos prises le 29 juillet 2017. Elles montrent de belles petites coulées issues d’une résurgence en sortie de tunnel. Encore merci à Christian Holveck de me les avoir adressées.

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The eruption that began on 14 July continues with an increase in tremor over the past 72 hours. According to OVPF, its intensity now reaches 50% of the value observed at the beginning of the eruption, after peaking at 60%. The Observatory first attributed the rise of the tremor to the bad weather conditions in the area, but the cause could also be different, especially since there is a slight inflation of the summit area of ​​the volcano. A reactivation of the eruption is not impossible. At the site of the eruption, the cone is still being built and is now completely closed. Two active vents are observed inside. The main part of the lava flows in tunnels.
Here are two photos taken on July 29th, 2017. They show nice little flows coming from a resurgence out of a tunnel. Many thanks to Christian Holveck for sending them to me.

Photos: Christian Holveck

Des « réseaux fantômes » à l’ombre du Tungurahua (Equateur) // « Shadow networks » around Tungurahua Volcano (Ecuador)

Une nouvelle étude conduite par des chercheurs de l’Université d’East Anglia (UEA) montre que des «réseaux fantômes» mettant en relation des bénévoles avec les autorités peuvent contribuer à la sécurité de certaines populations parmi les millions de personnes vivant à proximité de volcans actifs et potentiellement dangereux. Ces réseaux non officiels ont dans leurs rangs de simples citoyens qui travaillent en étroite collaboration avec des scientifiques et des représentants du gouvernement sur les processus de surveillance, de communication, de formation et d’évacuation.
L’étude – publiée dans la revue Global Environmental Change – se concentre sur le Tungurahua en Équateur, volcan entouré de plusieurs villes et quelque 30 000 habitants. Les chercheurs ont étudié comment le système officiel de gestion des risques, le suivi scientifique et l’apport des connaissances des habitants ont pu cohabiter pendant une quinzaine d’années pour faire face à une activité volcanique qui s’est prolongée sur le long terme. L’étude montre que le « réseau fantôme » a contribué à améliorer le suivi, la prise de décisions, les systèmes de communication et les évacuations autour du Tungurahua.
L’équipe interdisciplinaire de chercheurs indique que la réussite de cette cohabitation constitue un modèle pour la participation de la population à des projets de réduction des risques ailleurs dans le monde où plus de 600 millions de personnes vivent à proximité de volcans actifs et environ deux millions ont été déplacées à la suite d’éruptions volcaniques au cours des 30 dernières années.
Plus particulièrement, le « réseau fantôme » qui opère autour du Tungurahua a joué un rôle clé dans l’amélioration des réactions de la population face au risque volcanique. Il a permis aux gens de continuer à cultiver leurs champs et de maintenir leurs moyens de subsistance en sécurité relative pendant une période d’activité volcanique accrue. Ce réseau a également permis de minimiser la nécessité d’évacuations forcées, toujours très traumatisantes pour les habitants.

Les auteurs de l’étude ont organisé 130 rencontres avec des représentants du gouvernement, des scientifiques, des responsables d’administrations locales et des personnes vivant près du Tungurahua. Des tensions existent souvent entre le public et les scientifiques quand il s’agit de l’évaluation des risques et de la communication. Dans le cas du Tungurahua, grâce aux « réseaux fantômes », les autorités et les scientifiques ont établi un climat de confiance qui a permis une meilleure communication entre les différents groupes, avec le soutien des autorités militaires et locales pour déplacer les personnes vivant dans les zones à haut risque pendant les périodes d’activité volcanique accrue.
Un autre élément clé de ce « réseau fantôme » a été son rôle dans la diffusion en temps quasi réel d’observations sur l’activité volcanique et leur communication aux scientifiques. Une confiance s’est développée et s’exprime aujourd’hui entre les bénévoles de ce réseau et les scientifiques. Elle est maintenue grâce à des communications radio quotidiennes et un travail en commun sur le terrain.
L’étude insiste sur les stratégies de communication et les réponses sociales pendant deux périodes de forte activité volcanique sur le Tungurahua en 2006 et 2014. En 2006, une éruption a tué six personnes et détruit plus de 50 maisons. Pendant les années qui ont précédé et suivi cette éruption, d’importantes retombées de cendre ont détruit les cultures, tué des animaux et endommagé des routes et autres infrastructures. Malgré cela, des centaines de familles continuent de vivre et de travailler sur les pentes du volcan pour maintenir leurs moyens de subsistance.
L’étude conclut en indiquant qu’il faut tirer des leçons de la situation en Équateur, en particulier sur la possibilité de réduction des risques pour les populations vivant dans d’autres contextes. À la suite des leçons apprises auprès du Tungurahua, l’Institut Geofisico Escuela Politecnica Nacional (IG-EPN) s’est déjà impliqué dans deux autres « réseaux fantômes «  de bénévoles sur des volcans actifs : le Cotopaxi et le Cerro Negro-Chiles sur la frontière entre l’Équateur et la Colombie.
Source: Université d’East Anglia.

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New research by the University of East Anglia (UEA) shows that ‘shadow networks’ linking volunteers with authorities can contribute to the safety of some of the millions of people living near dangerous volcanoes. These informal networks include community members working in close collaboration with scientists and government officials on monitoring, communications, training and evacuation processes.

The study – published in the journal Global Environmental Change – focuses on Tungurahua volcano in Ecuador which is surrounded by several towns, with around 30,000 people living close by. The researchers examined how the official disaster risk management system, scientific monitoring and community knowledge have adapted and evolved over 15 years to be able to cope with long-term volcanic activity. The research shows that the network has helped make improvements in monitoring, decision-making, communication systems and evacuations in Tungurahua.

The team of interdisciplinary researchers suggest the success story there forms a blueprint for best practice community engagement in disaster risk reduction projects around the world where more than 600 million people live close to active volcanoes, and around two million have been displaced as a result of volcanic activity over the last 30 years.

More particularly, the shadow network around Tungurahua volcano has played a key role in improving collective responses to volcanic risk, allowing people to continue farming and maintain their livelihoods in relative safety during heightened volcanic activity, and minimising the need for forced evacuations, which are highly disruptive.

The authors of the study conducted 130 interviews with government officials, scientists, community leaders and people living close to the Tungurahua volcano. Tensions between public and experts are common in hazard assessment and communication. In this case, however, and as a result of the shadow networks, there has been increased trust in the authorities and scientists, enabling better communication between the different groups, with ad-hoc support from the military and local government to move people in and out of high-risk areas during periods of heightened volcanic activity.

Another key element of this shadow network has been its role in generating observations of the volcano in near real-time and communicating these with scientists. A trust has developed and is expressed between the volunteers and the monitoring scientists. This trust is maintained by having daily radio calls and also by working together in the field.

The study insists on communication strategies and social responses during two periods of escalating volcanic activity in Tungurahua in 2006 and 2014. In 2006, an eruption killed six people and destroyed more than 50 homes. In the years before and after this eruption, intense ashfall destroyed crops, killed animals, and damaged roads and other infrastructure. Despite this, hundreds of families continue to live and work on the slopes of the volcano to sustain their livelihoods.

The study concludes by saying that examining cases like Ecuador, one can learn lessons about the potential of community-based disaster risk reduction in other contexts. As a result of the lessons learned at Tungurahua, the Instituto Geofisico Escuela Politecnica Nacional (IG-EPN) is already involved in two other volunteer networks at active volcanoes, Cotopaxi and Cerro Negro-Chiles on the Ecuador-Colombia border.

Source: University of East Anglia.

Vue de l’activité strombolienne du Tungurahua en avril 2011 (Crédit photo : Wikipedia).

Volcans actifs : Informations diverses // Active volcanoes : Miscellaneous news

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Poursuite de l’éruption. Tremor stable.

Sheveluch (Kamchatka) : Forte activité explosive le 24 juillet. Niveau d’alerte élevé au Rouge, avant d’être ramené à l’Orange.

Bezymianny (Kamchatka) : Présence d’une coulée de lave sur le flanc ouest. Niveau d’alerte Orange.

Karymsky (Kamchatka) : Explosions sporadiques. Niveau d’alerte Orange.

Klyuchevskoy (Kamchatka) : Anomalie thermique et panaches de cendre. Niveau d’alerte Orange.

Bogoslof (Alaska) : Pas d’activité significative au cours de la semaine écoulée.

Cleveland (Alaska) : Présence d’un nouveau dôme de lave au fond du cratère.

Kilauea (Hawaii) : Situation stable. Voir ma dernière note sur les points chauds.

Nishinoshima (Japon) : Poursuite de l’éruption. Activité strombolienne dans le cône éruptif. Une coulée de lave avance sur le flanc ouest et atteint la mer.

Poas (Costa Rica) : Emissions gazeuses jusqu’à 300 – 500 mètres au-dessus des bouches.

Sabancaya (Pérou) : Recrudescence d’activité. Panaches de cendre jusqu’à 3 – 5 km de hauteur.

Source: Global Volcanism Network.

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Piton de la Fournaise (Reunion Island): The eruption continues. The tremor is stable.
Sheveluch (Kamchatka): High explosive activity on July 24th. Alert level raised Red, before being brought back to Orange.
Bezymianny (Kamchatka): Lava flow on the western flank. Alert level is Orange.
Karymsky (Kamchatka): Sporadic explosions. Alert level at Orange.
Klyuchevskoy (Kamchatka): Thermal anomaly and ash plumes. Alert level et Orange.
Bogoslof (Alaska): No significant activity during the past week.
Cleveland (Alaska): Presence of a new lava dome on the crater floor.
Kilauea (Hawaii): Stable situation. See my last note on hotspots.
Nishinoshima (Japan): The eruption continues. Strombolian activity on the eruptive cone. A lava flow advances on the western flank and reaches the sea.
Poas (Costa Rica): Gaseous emissions up to 300 – 500 meters above the vents.
Sabancaya (Peru): Increased activity. Ash plumes up to 3 – 5 km.

Source: Global Volcanism Network.

Le plus haut volcan du monde (suite) // The highest volcano in the world (continued)

Une foule de 3 000 personnes s’est rassemblée dimanche après-midi à Portland (Oregon) sur le parvis de l’OMSI pour assister à l’éruption d’un volcan de 10,2 mètres de hauteur dans le cadre de la tentative de battre le record du monde Guinness du plus grand volcan réalisé avec du bicarbonate de soude et du vinaigre. Un liquide rougeâtre a giclé au sommet de la structure recouverte d’une bâche (voir photo ci-dessous).
Il faudra plusieurs mois pour avoir la confirmation du record mais les autorités du musée sont «confiantes à 100%» que la tentative de dimanche a bien établi un nouveau record du monde. Le record précédent pour un tel volcan était de 8,40 mètres de hauteur avec une éruption de 1,20 mètres, établi par l’École Elmfield Rudolf Steiner au Royaume-Uni en 2015.
Le volcan de OMSI aura battu le record précédent avec une structure autonome qui atteignait 10,20 mètres de hauteur et une éruption qui atteignait environ 1,80-2,40 mètres. L’OMSI ne saura pas avant 2 ou 3 mois si le record du monde est validé par Guinness.
Un employé de l’OMSI a filmé l’éruption depuis le toit du musée pour que Guinness puisse se avoir une bonne idée de l’éruption.
L’événement de dimanche faisait partie de l’ouverture au public d’une exposition sur Pompéi. (voir ma note précédente à ce sujet).
Source: The Oregonian.

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A crowd of 3,000 people gathered on Sunday afternoon around the OMSI Front Plaza as the science museum’s 10.2-metre-high volcano erupted in an attempt to break a Guinness World Record for the largest baking soda and vinegar volcano. A reddish liquid sprayed from the top of the tarp-covered structure.

Though it will take months to confirm it, the museum authorities are « 100 percent confident » that Sunday’s attempt indeed set a new world record. The previous record for a vinegar-baking soda volcano was 8.4 metres tall with a 1.20-metre eruption, set by the Elmfield Rudolf Steiner School in the United Kingdom in 2015.

OMSI’s baking soda-vinegar volcano appears to have beaten the previous record handily, with a freestanding structure that reached 10.20 metres and an eruption that hit around 1.80-2.40 metres beyond that. OMSI will not know for sure that they have set the Guinness World Record for at least 2-3 months.

An OMSI employee recorded the eruption from the museum’s rooftop so Guinness would be able to confirm how high the eruption went.

Sunday’s event was part of a celebration of this summer’s opening of « Pompeii: The exhibition.”

Source: The Oregonian.

Crédit photo: OMSI