Les enfants perdus d’Armero (Colombie) // Armero’s lost children (Colombia)

Le 13 novembre 1985, l’éruption du Nevado del Ruiz, en Colombie, a déclenché des coulées de boue à l’origine de ce que l’on appelle ‘la tragédie d’Armero’. Après 69 ans de sommeil, le volcan s’est réveillé et a surpris les villes voisines, malgré les mises en garde des volcanologues (Haroun Tazieff et Franco Barberi, en particulier) qui avaient alerté le gouvernement et demandé l’évacuation de la zone suite à la détection d’une activité volcanique deux mois auparavant.
La chaleur intense des coulées pyroclastiques qui se sont échappées du cratère, a fait fondre les glaciers, provoquant quatre énormes coulées de boue qui ont dévalé les pentes à 50 km/h. Ces lahars, s’engouffrant dans les ravines, ont englouti la ville d’Armero, tuant plus de 20 000 de ses quelque 29 000 habitants. Les victimes dans d’autres villes, notamment à Chinchiná, ont porté le bilan total à 23 000 morts.

Aujourd’hui, certains survivants de l’éruption de 1985 recherchent encore des enfants portés disparus. Après la catastrophe, la ville s’est retrouvée désertée. Le chaos qui a suivi a séparé de nombreux enfants de leurs familles qui continuent de les rechercher 40 ans plus tard.
Le Washington Times rapporte le témoignage de parents qui, la nuit de l’éruption, ont entendu des bruits étranges et sont sortis de chez eux pour voir ce qui se passait. Ils avaient appris aux informations que le volcan était en éruption, mais ils ont laissé leur fils, alors âgé de 5 ans, dormir à l’intérieur de la maison, pensant être suffisamment éloignés du Nevado del Ruiz pour être en sécurité.
Mais bientôt, la lave a fait fondre la calotte glaciaire au sommet du volcan et des coulées de boue ont dévalé les lits des rivières, provoquant une avalanche qui a tout dévasté sur son passage. Emportés par le lahar, les parents ont vu leur voiture être renversée et ont dû se réfugier dans un arbre, puis dans une maison voisine. La leur a été détruite et ils n’ont jamais revu leur fils.
Des années plus tard, ils ont appris que le nom de leur fils avait été diffusé dans une publicité télévisée et, selon une information, il se trouvait à l’Institut colombien de protection de l’enfance (ICBF). Ils ont tenté de le retrouver au siège de l’Institut à Bogota, mais l’accès leur a été refusé. On leur a demandé d’apporter des vêtements et des photos prouvant qu’ils étaient de la famille du garçon.
Des années plus tard, une sœur de la mère du garçon leur a raconté qu’à La Nouvelle-Orléans, un homme l’avait abordée et lui avait dit que son frère avait adopté un enfant victime de la tragédie d’Armero. Elle lui a montré une photo de son neveu, sans succès, et la personne en question n’a jamais pu être recontactée.
La Fondation Armando Armero, une organisation de la société civile, a recensé 580 enfants disparus, dont 71 auraient été adoptés. À ce jour, quatre d’entre eux ont été retrouvés vivants grâce à des prélèvements d’ADN. Selon cette fondation, « il n’y a pas de mode opératoire précis. Il est exagéré d’affirmer que les enfants ont été volés uniquement par l’ICBF ; il existe de nombreuses autres possibilités. Des personnes de la société civile se sont rendues à Armero juste après la tragédie, ont vu des enfants en perdition, les ont emmenés chez eux où ont été accueillis et élevés avec affection. »
Il y a quarante ans, il n’existait pas le même accès à l’information qu’aujourd’hui. Les familles effectuaient des recherches en personne dans les centres d’accueil et les bureaux de l’ICBF. Après la tragédie, ces structures ont accueilli au moins 170 enfants d’Armero, selon les documents retrouvés. Ces services indiquent avoir enquêté sur le nombre d’enfants placés en vue d’une adoption, car à l’époque, cette décision relevait des tribunaux.
Pendant de nombreuses années, les espoirs des familles reposaient sur le « livre rouge » de l’ICBF – ainsi nommé en raison de sa couverture rouge – qui contient des informations sur certains enfants d’Armero. Ce livre a été déclassifié en octobre 2025 mais, de toute façon, il ne recense pas tous les enfants portés disparus.
Malgré les difficultés, quatre décennies plus tard, les familles refusent d’abandonner leurs recherches.

Source : The Washington Times.

Crédit photo : USGS

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On November 13, 1985, an eruption of the Columbia volcano Nevado del Ruiz triggered mud flows that caused what is often called the Armero tragedy on November 13, 1985. The volcano’s eruption after 69 years of dormancy caught nearby towns unprepared, even though volcanological organizations had warned the government to evacuate the area after they detected volcanic activity two months earlier.

As pyroclastic flows erupted from the volcano’s crater, the heat melted the mountain’s glaciers, sending four enormous lahars down the slopes at 50 km/h. The lahars picked up speed in gullies and engulfed the town of Armero, killing more than 20,000 of its almost 29,000 inhabitants. Casualties in other towns, particularly Chinchiná, brought the overall death toll to 23,000.

Today, some survivors of the 1985 eruption are still searching for children that were reported missing. After the eruption, the town was left uninhabited. The ensuing chaos led many children to be separated from their families, who keep searching for them 40 years later.

The Washington Times gives the testimony of parents who, on the night of the eruption, heard strange noises and left the house to see if something was wrong. They had heard on the news that the volcano was erupting, but they left their son, 5 years old at the time, sleeping at home because they thought they were far enough away from Nevado del Ruiz.

But soon the lava melted the volcano’s snow-cap and mudflows rushed down the riverbeds, generating an avalanche that rushed down the mountains. The lahar overcame the parents, overturning their car and causing them to take refuge in a tree and then a nearby house.

Theirs was destroyed, and they never saw their son again.

Years later, they learned their son’s name had been shared in an ad on TV, and received information that he was at the Colombian Institute of Family Welfare (ICBF), the agency responsible for protecting children in the country. They tried to find him at the institute’s headquarters in Bogotá but were not allowed to enter. They were asked to bring clothes and photos proving they were the boy’s family.

Years later, a friend of the parents told them that in New Orleans, a man approached her and said that his brother had adopted a child who was a victim of the Armero tragedy. They showed him a photo of their son with no result and were never able to contact this person again.

The Armando Armero Foundation, a civil society organization, has documented 580 missing children, 71 of whom were reportedly adopted. So far, they have found four of them alive after collecting DNA samples. According to this foundation, “there is no single modus operandi. You can’t just say, ‘the children were stolen solely by the ICBF,’ there are many ways. Civilians even went to Armero right after the tragedy and saw children, took them home, and welcomed them with affection.”

Forty years ago, without the same access to information as today, families searched in person at shelters and ICBF offices. After the tragedy the offices received at least 170 children from Armero, according to the records they have found. They say that they are investigating how many were given up for adoption, since at that time it was a decision made by the courts.

For many years, the families’ hopes rested on the ICBF’s “red book,” named for its red cover, which contains records of some of the children from Armero. This book was declassified in October 2025, but is not a complete record of all the children reported missing or disappeared.

Despite the challenges, after four decades, families refuse to abandon their search.

Source : The Washington Times.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Suite au shutdown aux États Unis (qui a pris fin le 12 novembre), la Smithsonian Institution n’est pas en mesure de diffuser son bulletin hebdomadaire habituel sur l’activité volcanique dans le monde. Mes informations concernent donc un nombre limité de sites éruptifs.

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L’Épisode 36 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) s’est brutalement achevé le 9 novembre 2025 à 16h16 (heure locale), après un peu moins de 5 heures de fontaines de lave. Les fontaines ont atteint une hauteur maximale de 300 à 330 mètres durant cet épisode, produisant environ 8 à 9 millions de mètres cubes de lave. Le débit éruptif moyen des deux fontaines a dépassé 500 mètres cubes par seconde ; c’est le débit le plus élevé enregistré lors de cette éruption. Les coulées de lave ont recouvert environ 60 à 80 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu. La fin de l’éruption a coïncidé avec une déflation sommitale et une diminution de l’intensité du trémor éruptif. L’inclinomètre sommital a enregistré une déflation de 23,5 microradians lors de l’Épisode 36 et une inflation de 3 microradians le matin du 10 novembre. Selon le HVO, il se pourrait que l’Épisode 37 se déclenche entre le 22 et le 30 novembre 2025.
Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 36

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Un débordement de lave est apparu dans la zone cratèrique nord du Stromboli (Sicile) dans la matinée du 9 novembre 2025, alimentant une coulée dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. Cette activité s’est accompagnée de projections de lave modérées mais continues depuis au moins deux bouches dans la zone cratèrique nord. Ces projections et l’effondrement de matériaux instables ont provoqué le roulement de blocs incandescents le long de la Sciara del Fuoco. Aucun changement significatif n’a été observé dans les paramètres volcaniques.
Le 10 novembre, INGV indiquait que les images des caméras de surveillance montraient que la coulée de lave avait cessé et que la lave était en train de refroidir. Une activité explosive ordinaire avec des projections de lave modérées persistait dans la zone cratèrique nord, avec des intensités variables. Le 13 novembre, un nouveau bulletin précise que l’écoulement de lave a repris.
Source : INGV.
Voici une vue de la coulée de lave telle qu’elle apparaît dans une vidéo diffusée sur le réseau social X :

https://x.com/i/status/1987557916371792220

Image d’un débordement de lave sur le Stromboli (Source: INGV)

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Un effondrement partiel s’est produit sur le Merapi (Java, Indonésie) le 10 novembre 2025, provoquant des coulées de lave sur ses flancs.
https://youtu.be/sqAchXkFvnE

Cet événement fait suite à une activité volcanique continue observée ces derniers jours, avec notamment une coulée pyroclastique qui a parcouru environ 1 500 mètres sur le flanc sud-ouest le 9 novembre.
https://twitter.com/i/status/1987459738339291614

Cette activité accompagne assez fréquemment la formation du dôme de lave. Le volcan demeure au niveau d’alerte III (Siaga) et il est conseillé à la population de suivre les consignes de sécurité officielles.
Source : CVGHM.

Image extraite de la vidéo ci-dessus

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Une période de reprise d’activité éruptive a été observée sur le complexe volcanique du Planchón-Peteroa (frontière Chili-Argentine) entre fin octobre et début novembre 2025. Une nouvelle séquence éruptive a débuté le 25 octobre, avec des émissions soutenues de gaz et de cendres visibles des deux côtés de la frontière. Les émissions de cendres ont atteint une altitude de 4 600 m. L’activité sismique avait commencé à augmenter plusieurs mois avant la séquence éruptive. Les réseaux de surveillance locaux ont signalé un dégazage persistant et des explosions de faible intensité. Les paramètres thermiques ont indiqué des points chauds intermittents au niveau du cratère, correspondant probablement à une interaction magmatique superficielle et hydrothermale. Cependant, aucune mesure de déformation n’a révélé une intrusion magmatique à grande échelle dans la partie supérieure du conduit d’alimentation volcanique. Aucun rapport ne fait état de coulées de lave, d’une activité pyroclastique significative ou d’un effondrement structural majeur. Le comportement observé correspond à une activité éruptive de faible intensité, caractéristique du profil éruptif récent du volcan depuis la séquence éruptive de 2018-2019. Le niveau d’alerte volcanique reste à la couleur Jaune. Le SERNAGEOMIN recommande d’éviter de s’approcher de la zone du cratère en raison du risque d’explosions mineures et de retombées de cendres. La dernière phase éruptive de ce volcan s’est déroulée de novembre 2018 à mai 2019, avec un indice d’explosivité volcanique (VEI) estimé à 2.
Source : SERNAGEOMIN.

Image satellite du panache de cendre du Planchón-Peteroa le 8 novembre 2025. (Source : Copernicus EU/Sentinel-2, The Watchers)

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En Islande, le soulèvement du sol et l’accumulation de magma sous Svartsengi se poursuivent, bien qu’à un rythme plus lent. C’est ce que vient d’expliquer le Met Office islandais. L’activité sismique reste faible dans la région. Fin octobre, environ 14 millions de mètres cubes de magma s’étaient accumulés sous Svartsengi depuis la fin de la dernière éruption le 5 août 2025. En comparant les éruptions depuis mars 2024, la quantité de magma émise par le réservoir stocké sous Svartsengi a varié entre 12 et 31 millions de mètres cubes à chaque fois.
Selon le Met Office, le ralentissement de l’inflation signifie que certains apports magmatiques profonds diminuent progressivement. « Cela laisse supposer que la situation approche probablement de son terme, même si nous ignorons encore quand. Plus l’inflation est lente, plus l’incertitude est grande. »
Au début de l’activité éruptive, le soulèvement du sol était rapide, ce qui permettait de prévoir plus facilement l’imminence d’une nouvelle éruption. « À présent, rien n’est certain. Il se peut que le soulèvement du sol se termine par une éruption — ou non — et il peut s’écouler des semaines, voire des mois, avant que quoi que ce soit ne se produise. Nous sommes dans l’expectative.» Autrement dit, la prévision éruptive est actuellement proche de zéro.
Le 10 novembre 2025, il y avait exactement deux ans que les habitants de Grindavík avaient été contraints d’évacuer leurs maisons. De puissants séismes avaient frappé le port de pêche et causé d’importants dégâts.
Source : Met Office.

Grindavik il y a deux ans (Crédit photo: Iceland Monitor)

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L’éruption du Nyamulagira (également appelé Nyamuragira) en République Démocratique du Congo reste effusive. Elle est marquée par une activité continue du lac de lave et un fort dégazage. L’image fournie par le satellite Sentinel-2 le12 novembre 2025 (voir ci-dessous) montre que la lave du lac actif a débordé de la lèvre nord de la caldeira sommitale et a progressé le long du flanc nord-ouest, sur une longueur d’environ 6,5 km. Aucune activité explosive ni émission de cendres significative n’ont été observées, confirmant que l’éruption reste principalement effusive.
Source : The Watchers.

Image du Nyamulagira aqcquise le 12 novembre 2025 par la satellite Copernicus EU/Sentinel-2 / The Watchers.

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Due to the shutdown in the United States (that came to an end on November 12), the Smithsonian Institution is unable to release its usual weekly bulletin on global volcanic activity. My information therefore concerns a limited number of eruption sites.

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Episode 36 of the Kilauea eruption (Hawaii) ended abruptly at 4:16 p.m. (local time) on November 9 2025 after just under 5 hours of lava fountaining. Lava fountains reached a maximum height of 300-330 m during this episode which produced an estimated 8-9 million cubic meters of lava. The average eruption rate was over 500 cubic meters per second from the dual fountains, which is the highest effusion rate recorded during this eruption. Lava flows from the fountains covered about 60- 80% of the floor of Halemaʻumaʻu crater. The end of the eruption was coincident with a flattening of summit tilt and a decrease in seismic tremor intensity. The summit tiltmeter recorded 23.5 microradians of deflationary tilt during episode 36 and had recorded 3 microradians of inflationary tilt on the morning of November 10. Very preliminary results for the forecast window suggest that Episode 37 could occur between November 22 to November 30.

Source : HVO.

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A lava overflow started from Stromboli’s North Crater area (Sicily) at around in the morning of November 9, 2025, feeding a lava flow on the upper slope of the Sciara del Fuoco. The activity was accompanied by modest but continuous spattering from at least two vents in the North Crater area. The spattering and collapse of unstable material are producing the rolling of incandescent blocks down the Sciara del Fuoco. No significant changes have been observed in the volcano’s parameters.

INGV indicated that the surveillance camera images showed that the lava overflow had ceased and was cooling. Ordinary explosive activity and moderate spattering activity in the North Crater area persisted, at varying intensities. A new bulletin released on November 13 specified that lava was again flowing along the Sciara del Fuoco.

Source : INGV.

Here is a view of the lava overflow as shown on a video released on the X social network :

https://x.com/i/status/1987557916371792220

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A partial collapse occurred at Mount Merapi (Java / Indonesia) on November 10, 2025, producing lava flows on its slopes.

https://youtu.be/sqAchXkFvnE

The event follows continuous volcanic activity observed in recent days, including a pyroclastic flow that traveled about 1 500 m on the southwest flank on November 9.

https://twitter.com/i/status/1987459738339291614

This activity is consistent with its ongoing dome-building. The volcano remains at Alert Level III (Siaga), and residents are advised to follow official safety recommendations.

Source : CVGHM.

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A period of renewed eruptive activity occurred at Planchón-Peteroa volcanic complex (Chile–Argentina border) between late October and early November 2025. A new eruption began on October 25, producing sustained gas and ash emissions visible from both sides of the border. Ash emissions reached altitudes of up to 4 600 m. Seismic activity began increasing several months before the eruption. Local monitoring networks reported persistent degassing and minor explosions. Thermal observations indicated intermittent hotspots at the crater consistent with shallow magma–hydrothermal interaction. However, no deformation measurements suggested large-scale magma intrusion into the upper conduit. No reports of lava flows, significant pyroclastic activity, or major structural collapse were issued. The observed behaviour corresponded to low-intensity eruptive activity typical of the volcano’s recent pattern since its 2018–2019 eruption sequence. The volcanic alert level remains at Yellow. SERNAGEOMIN advises avoiding approaches to the crater area due to the risk of minor explosions and ashfall. The last eruptive phase at this volcano lasted from November 2018 to May 2019, with Volcanic Explosivity Index (VEI) estimated at 2.

Source : SERNAGEOMIN.

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Land inflation and magma accumulation beneath Svartsengi (Iceland) continue, though at a slower pace, according to the Icelandic Meteorological Office. There’s still little seismic activity in the area. By the end of October, roughly 14 million cubic meters of magma had accumulated beneath Svartsengi since the last eruption ended on August 5, 2025. Comparing eruptions since March 2024, the amount of magma released from Svartsengi in each event has varied between 12 and 31 million cubic meters.

According to the Met Office, the slowdown in land inflation means that some deep-seated inflow is decreasing over time and has probably been doing so gradually. « This suggests we’re approaching some kind of endpoint — though we don’t know what that means in terms of timing. The slower the inflation, the greater the uncertainty. »

When the activity first began, land inflation was rapid, making it easier to predict that another eruption was near. “Now, nothing is certain. This could end with an eruption — or without one — and it could take weeks or even months before anything happens. We’re simply waiting.” In other words, eruptive prediction currently amounts to zero.

On Novemver 10, 2025, it was exactly two years since residents of Grindavík were forced to evacuate their homes after strong earthquakes struck the fishing port and caused widespread damage.

Source : Met Office.

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The eruption at Nyamulagira (also known as Nyamuragira) in the Democratic Republic of the Congo remains effusive, characterized by continuous lava lake activity and strong degassing. Sentinel-2 imagery from November 12 2025 shows that lava from the active lake overflowed the northern rim of the summit caldera and advanced downslope along the northwestern flank, reaching a length of approximately 6.5 km..No explosive activity or significant ash emissions have been observed, confirming the eruption remains dominantly effusive.

Source : The Watchers.

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Vortex volcanique pendant l’Épisode 36 du Kilauea (Hawaï) // Volcanic vortex during Kilauea’s Episode 36 (Hawaii)

Lors du 36ème épisode éruptif du Kilauea, les fontaines de lave ont atteint une hauteur de 300 à 330 mètres. Le volcan a émis 8 à 9 millions de mètres cubes de lave. Le débit éruptif moyen des fontaines était supérieur à 500 mètres cubes par seconde, soit le débit d’effusion le plus élevé enregistré depuis le début de cette éruption.
Un autre phénomène a été observé au plus fort de l’activité volcanique. Un vortex, semblable à une tornade, s’est formé au-dessus des fontaines de lave vers midi le 9 novembre 2025. Ce phénomène, causé par un fort réchauffement et un cisaillement du vent localisé, a été filmé par plusieurs personnes :
https://youtu.be/4ZlbTiVUuak

Le vortex a parfois été appelé « volnado », un terme parfois utilisé familièrement pour décrire de petits vortex éphémères générés par la chaleur d’un volcan. Selon le HVO, la formation de ce type de vortex se produit lorsque l’intense chaleur de surface générée par l’éruption donne naissance à de puissants courants ascendants convectifs qui se mettent à tourner. Si cette rotation s’organise, on peut voir une colonne tourbillonnante, transportant des cendres, des gaz et de fines particules. Ces vortex sont généralement éphémères ; ils ne durent que quelques secondes à quelques minutes, et sont beaucoup moins puissants que les tornades associées aux orages. On les appelle parfois ‘tourbillons de lave’ ou ‘tourbillons de feu’. Bien que visuellement impressionnants, ces phénomènes ne présentent généralement qu’un danger minime au-delà de la zone éruptive.

Un événement similaire a été observé par l’USGS lors d’une phase précédente de l’éruption du Kilauea (Épisode 32) le 2 septembre 2025, lorsqu’on a pu voir des panaches rotatifs comparables au-dessus du plancher du cratère.

https://youtu.be/MMCaoXTZW6g

De tels phénomènes ont également été observés ailleurs dans le monde, notamment sur l’Etna en Italie et le Fuego au Guatemala, bien qu’ils restent relativement rares en raison des conditions spécifiques requises pour leur formation.

Source : USGS / HVO.

Sur cette capture d’écran on voit parfaitement à gauche le vortex généré par l’activité volcanique intense.

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During Kilauea’s 36th eruptive episode, lava fountains reached a height of 300-330 m. The volcano produced an estimated 8-9 million cubic meters of lava. The average eruption rate was over 500 cubic meters per second from the fountains. This is the highest effusion rate recorded during this eruption.

Another phenomenon was observed while activity was the most intense. A tornado-like vortex formed above the lava fountains around noon on November 9, 2025. The phenomenon, caused by intense heating and localized wind shear, was captured on video :

https://youtu.be/4ZlbTiVUuak

The vortex was observed and recorded by multiple observers who sometimes described it as a “volnado” — a term sometimes used informally to describe small, transient vortices generated by volcanic heat.

According to the Hawaiian Volcano Observatory (HVO), vortex formation of this type occurs when the intense surface heating from erupting lava produces strong convective updrafts that begin to rotate. If the rotation becomes organized, a visible vortex column can develop, carrying ash, gas, and small particles. Such vortices are typically short-lived, lasting only a few seconds to a few minutes, and are much weaker than tornadoes associated with thunderstorms. They are sometimes referred to as lava whirlwinds or fire whirls in volcanological observations. While visually striking, these features usually pose minimal hazard beyond the immediate eruptive area.

A similar event was noted by the USGS during a previous phase of Kīlauea’s eruption in September 2025, when observers described comparable rotating plumes over the crater floor.

https://youtu.be/MMCaoXTZW6g

Similar features have been documented at volcanoes worldwide, including Mount Etna in Italy and Fuego in Guatemala, though they remain relatively rare due to the specific conditions required for formation.

Source : USGS / HVO.

Une histoire de lacs de lave sur Io, la lune de Jupiter // A story of lava lakes on Io, Jupiter’s moon

J’ai rédigé plusieurs notes sur Io, la lune de Jupiter, sur ce blog. Dans l’une d’elles parue le 23 avril 2024, j’expliquais qu’une nouvelle animation réalisée à partir des données de la sonde Juno de la NASA révélait un immense lac de lave à la surface d’Io. Juno a survolé la surface d’Io à moins de 1 500 kilomètres de distance entre décembre 2023 et janvier 2024. Ces survols ont permis d’observer la lune de Jupiter qui héberge des centaines de volcans actifs.

Selon la NASA, les éruptions de ces volcans sont parfois si puissantes qu’elles sont visibles avec des télescopes depuis la Terre. Les images fournies par Juno montrent Loki Patera, un lac de lave de 200 km de diamètre à la surface d’Io. Les scientifiques observent ce lac de lave depuis des décennies. Il se situe au-dessus des réservoirs de magma situés sous la surface d’Io. La lave en cours de refroidissement au centre du lac est entourée d’un cercle de magma possiblement en fusion sur les bords. Les données de la sonde Juno ont permis de créer une animation du lac de lave Loki Patera :
https://youtu.be/GsbEpYNVTFc

 

Image du lac de lave extraite de l’animation

Un article paru récemment sur le site space.com nous apprend que grâce aux données fournies par la sonde Juno, des scientifiques ont découvert que Io, le corps le plus volcanique du système solaire, est encore plus chaud qu’on le pensait. En effet, la lune de Jupiter semble émettre depuis sa surface une quantité de chaleur des centaines de fois supérieure aux estimations précédentes.
Cette sous-estimation n’est pas due à un manque de données, mais à une erreur d’interprétation des données transmises par la sonde Juno. De plus, on apprend qu’environ la moitié de la chaleur rayonnée par Io provient de seulement 17 des 266 sources volcaniques connues sur la lune.

Au vu de cette concentration apparente de chaleur, les chercheurs pensent qu’il n’existerait pas un immense lac de lave sous la surface de Io, contrairement aux hypothèses émises antérieurement. Le chef de l’équipe scientifique à l’Institut national d’astrophysique (INAF) a déclaré : « Ces dernières années, plusieurs études ont suggéré que la distribution de la chaleur émise par Io, mesurée dans le spectre infrarouge, pourrait nous permettre de savoir si un océan de magma existe sous la surface de Io. Cependant, en comparant ces résultats avec d’autres données fournies par Juno et des modèles thermiques plus détaillés, nous avons constaté une anomalie : les valeurs de la chaleur émise semblent trop faibles par rapport aux caractéristiques physiques des lacs de lave connus. »

Le chef de l’équipe scientifique a également expliqué que, jusqu’à présent, les études d’Io s’étaient principalement concentrées sur une bande spécifique de lumière infrarouge la bande M. Les données de la bande M recueillies par le JIRAM (Jovian InfraRed Auroral Mapper) à bord de Juno ont permis d’identifier les régions les plus chaudes d’Io et, par conséquent, de comprendre son volcanisme. Cependant, les mesures effectuées dans cette bande spectrale ont pu avoir influencé les estimations de chaleur précédentes. « Le problème est que cette bande n’est sensible qu’aux températures les plus élevées et tend donc à privilégier les zones les plus incandescentes des volcans, tout en négligeant les zones plus froides mais beaucoup plus étendues. »
En repensant leur approche des données fournies par le JIRAM de Juno, l’équipe scientifique a modifié sa vision de la structure des lacs de lave d’Io. Il en ressort que la plupart des volcans d’Io ne sont pas uniformément chauds, mais possèdent plutôt un anneau extérieur chaud et brillant avec une croûte centrale plus froide et solide (voir image ci-dessus). Cette dernière région est moins brillante dans la bande M de la lumière infrarouge, mais couvre une plus grande surface, ce qui lui permet d’émettre une quantité de chaleur considérable.

Source : space.com

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I have written several posts about Io, Jupiter’s moon, on this blog. In an article published on April 23rd, 2024, I explained that a new animation performed with NASA Juno spacecraft data revealed an enormous lava lake on the surface of Io. Juno swept within 1,500 kilometers of the volcanic surface of Io in December 2023 and January 2024. These flybys provided the closest look ever at Jupiter’s moon. Io hosts hundreds of active volcanoes. According to NASA, their eruptions are sometimes so powerful that they can be seen with telescopes on Earth. The new images showes Loki Patera, a 200-km-wide lava lake on Io’s surface. Scientists have been observing this lava lake for decades. It sits over the magma reservoirs under Io’s surface. The cooling lava at the center of the lake is ringed by possibly molten magma around the edges.

Juno spacecraft data has been used to create an animation of the lava lake Loki Patera :

https://youtu.be/GsbEpYNVTFc

An article recently published on the website space.com informs us that using data from NASA’s Juno spacecraft, scientists have discovered that io, the solar system’s most volcanic body, is even hotter than we thought. In fact, Jupiter’s moon Io could be emitting hundreds of times as much heat from its surface as was previously estimated.

The reason for this underestimate wasn’t due to a lack of data, but was a result of how Juno’s data was interpreted. The results also demonstrate that about half of the heat radiating from Io comes from just 17 of 266 the moon’s known volcanic sources.

The team behind this research thinks that this clear concentration of heat, rather than a global emission, could suggest that an Io-wide lava lake may not exist beneath the surface of this moon of Jupiter as has previously been theorized. « In recent years, several studies have proposed that the distribution of heat emitted by Io, measured in the infrared spectrum, could help us understand whether a global magma ocean existed beneath its surface, » the team leader of the National Institute for Astrophysics (INAF) said in a statement. « However, comparing these results with other Juno data and more detailed thermal models, we realized that something wasn’t right: the thermal output values ​​appeared too low compared to the physical characteristics of known lava lakes. »

The team leader also explained that until now, studies of Io have focused heavily on a specific band of infrared light known as the M-band. M-band data collected by the Jovian InfraRed Auroral Mapper (JIRAM) aboard Juno have allowed to identify the hottest regions of Io and thus understand its volcanism. However, but the measurements collected in this spectral band could have influenced previous heat estimates. « The problem is that this band is sensitive only to the highest temperatures, and therefore tends to favor the most incandescent areas of volcanoes, neglecting the colder but much more extensive ones. »

Reconsidering their approach to Juno’s JIRAM data changed the team’s view of the structure of Io’s lava lakes. They found that most of Io’s volcanoes are not uniformly hot but instead possess a hot and bright outer ring with a cooler, solid central crust (seeimage above). This latter region is less bright in the M-band of infrared light but covers a larger surface area, allowing it to emit an enormous amount of heat.

Source : space.com.