Images de l’iceberg géant en Antarctique // Images of the giant iceberg in Antarctica

Tout le monde se rappelle qu’en juillet 2017 l’un des plus grands icebergs jamais observés, d’une taille équivalente au département de la Lozère en France, s’est détaché de la plate-forme glaciaire Larsen C dans le nord-ouest de l’Antarctique.
L’événement, qui a eu lieu pendant la nuit de l’hiver antarctique, a été détecté à l’aide d’instruments satellitaires capables de percer l’obscurité. À l’aube du printemps austral, les scientifiques peuvent maintenant voir le nouvel iceberg à la lumière du jour.
La première photo satellite prise de jour a été diffusée par la NASA le 11 septembre, grâce au Spectroradiomètre d’imagerie – ou MODIS – embarqué sur le satellite Terra. Peu de temps après, d’autres satellites de la NASA, y compris le Landsat 8, ont obtenu de nouvelles images publiées par la NASA le 30 septembre.
Les nouvelles images montrent que l’iceberg s’est divisé en morceaux plus petits et révèlent qu’il a commencé à s’éloigner de la plate-forme glaciaire qui l’a vu naître, poussé par les vents du large. Bien que le vêlage des icebergs proprement dit soit un événement essentiellement naturel, il menace néanmoins d’accélérer la fonte de la glace dans la région, provoquée par le réchauffement climatique.

https://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=91052

A l’origine, l’iceberg, connu sous le nom de A-68A, avait une superficie d’environ 5 700 kilomètres carrés. À la fin du mois de juillet, il a perdu plusieurs morceaux en se déplaçant lentement dans la mer. L’un de ces morceaux est maintenant connu sous le nom de A-68B, selon le National Ice Center qui suit les déplacements des gros icebergs car ils représentent un danger pour les navires. (voir la photo ci-dessous)
Les scientifiques expliquent que de nouvelles fractures sont apparues sur la plate-forme Larsen C, ce qui pourrait annoncer de nouveaux vêlages dans les mois à venir. Celui de l’iceberg A-68A menace d’accélérer la fonte de la glace dans la région en affaiblissant la plate-forme et les glaciers derrière elle.

Comme je l’ai déjà mentionné, la fonte et la rupture de la plate-forme glaciaire n’affectent pas directement le niveau global des océans car la glace flottait déjà avant le vêlage. Cependant, lorsque des plates-formes comme Larsen C fondent, elles ne retiennent plus les glaciers terrestres derrière elles. Ils peuvent avancer plus rapidement dans la mer, ce qui contribue à faire monter le niveau des océans.

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Everybody can remember that in July 2017 one of the largest icebergs ever recorded — measuring in at about the size of Lozère in France broke off the Larsen C Ice Shelf in northwest Antarctica.

The event, which took place during the darkness of the Antarctic winter, was detected using satellite instruments that could pierce the darkness to sense the ice below. As the austral spring dawns, scientists are now able to see the new iceberg during the daytime.

The first daytime satellite photo to be released by NASA came on September 11th , via the Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer, or MODIS on NASA’s Terra satellite. Soon after, other NASA satellites, including Landsat 8, captured detailed images that NASA published on September 30th.

The new data shows how the massive iceberg has split into smaller pieces and reveals that it has begun to push away from the ice shelf that birthed it, thanks to offshore winds.  While the iceberg calving event itself is likely mostly natural, it nevertheless threatens to speed up the already quickening pace of ice melt in the region due in large part to global warming.

https://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=91052

In its original shape, the iceberg was about 5,700 square kilometres in area. In late July, the main iceberg, known as A-68A, lost several chunks of ice as it began to slowly drift out to sea. One of those large chunks is now known as A-68B, according to the National Ice Center, which tracks large icebergs because they pose a danger to ships. (see photo below)

Scientists reveal that new cracks are developing on the Larsen C ice shelf, potentially signalling additional breakup events in the coming months to years.

The calving of the A-68A iceberg threatens to speed up the already quickening pace of ice melt in the region by leaving the ice shelf and the glaciers behind it in a weakened state, with new cracks that may develop additional icebergs in the future.

As I put it before, the melting of the ice shelf does not affect global sea levels directly, since the ice was already floating before the calving event. However, when ice shelves like Larsen C melt, they can free up the ice of land-based glaciers behind them to flow faster into the sea, which does raise sea levels.

Image acquise le 16 septembre 2017 par le satellite Landsat 8 (Crédit photo: NASA)

Arctique : La glace de mer continue à fondre trop vite // Arctic sea ice is still melting too fast!

La surface occupée par la glace de la mer dans l’Océan Arctique est encore très faible cette année, mais elle n’établit pas de nouveaux records. On aurait pu penser que l’on se dirigeait vers un nouvel accès de faiblesse en septembre, mais une vague de temps orageux et plus froid s’est installée dans la région et a changé la situation. Cela a permis de préserver la glace de mer et de ralentir sa fonte. Au final, en 2017, la glace de mer n’occupe que le huitième rang le plus bas dans les données satellitaires.
L’étendue de la glace de la mer dans l’Arctique, c’est à dire la zone où la glace de mer couvre au moins 15% de la surface de l’eau, a atteint son point le plus bas de l’année le 13 septembre 2017, avec une couverture de 4,40 millions de kilomètres carrés, selon les données du National Snow and Ice Data Centre (NSIDC). C’est 1,60 millions de kilomètres carrés en dessous du minimum annuel moyen de 1981 à 2010, mais bien au-dessus du seuil record de 3,41 millions de kilomètres carrés enregistré en 2012.
Le changement de temps mentionné plus haut temps a réduit à néant ce qui, il y a six mois, ressemblait à la configuration pour un nouveau record de manque de glace cette année. En mars, lorsque la saison de gel s’est terminée, l’étendue maximale annuelle de la glace était la plus faible depuis 1979. Selon le NSIDC, dans les mois qui ont suivi, l’étendue de glace de mer flirtait avec les niveaux les plus bas jamais enregistrés.
Les 11 niveaux annuels les plus faibles de glace de mer ont tous été observés au cours des 11 dernières années. Malgré la lenteur de la fonte cette année, il convient de noter que l’étendue actuelle de la glace reste relativement faible et qu’il n’y a pas d’évolution positive prévue sur le long terme. Au niveau régional, la fonte a été la plus marquée dans les mers des Tchouktches et de Beaufort, au large de l’Alaska. Cela devrait entraîner des températures de l’air beaucoup plus chaudes que la normale dans le secteur de North Slope.

Même si la situation n’est pas pire qu’au cours des dernières années, cela ne signifie nullement que le changement climatique et le réchauffement climatique sont terminés!

Source : Alaska Dispatch News.

Dernière minute : Selon Alaska Sea Grant (University of Alaska / NOAA), à la fin du mois de septembre la surface dépourvue de glace dans les mers de Beaufort et des Tchouktches frisait les records. Il fallait parcourir quelque 1280 km depuis Nome pour atteindre la glace de mer dans l’Arctique. Selon le National Snow and Ice Data Center, cette situation risque de perdurer en octobre et même en novembre. En conséquence, la région pourrait subir des impacts encore plus sévères des tempêtes, avec une accentuation de l’érosion côtière.

Le manque de glace de mer a été particulièrement aigu dans les mers Beaufort et des Tchouktches cet été, avec des étendues d’eau libre jamais observées dans le Beaufort depuis le début des mesures satellitaires en 1979.

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Arctic sea ice extent is still low this year but it is not breaking new records. There was good reason to think it could be headed for a record low in September, but a stormy and cool pattern set in and changed the situation. It helped preserve sea ice, slowing its melting enough to rank this year’s annual ice minimum as only the eighth lowest in the satellite record, far from the worst it has been.

Arctic sea ice extent, defined as the area where sea ice covers at least 15 percent of the water’s surface, hit the year’s low mark on September 13th 2017, covering 1.79 million square miles, the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) reported. That is 610,000 square miles below the 1981-to-2010 average annual minimum, but well above the record low of 1.32 million square miles set in 2012.

The turn in the weather cancelled what, six months ago, looked like the setup for a new record low this year. In March, when the freeze season ended, the annual maximum extent of ice was the lowest on a satellite record going back to 1979. And in the months following, sea ice extents were tracking at or near record-low levels, according to the NSIDC.

The 11 lowest annual minimum sea ice extents have all been in the past 11 years. Despite the slow melt this year, it should be noted that the current year’s ice extent is still relatively low and there is no long-term recovery. Regionally, the melt was accentuated in the Chukchi and Beaufort seas off Alaska. That is expected to lead to much warmer air temperatures than normal off the North Slope.

Even though the situation is not worse than in past years, this by no means signifies that climate change and global warming are over!

Source : Alaska Dispatch News.

Last minute: According to Alaska Sea Grant (University of Alaska / NOAA), by the end of September near-record expanses of ice-free open water existed in the Beaufort and Chukchi seas. The extent of open water from Nome to the sea ice edge in the Arctic was as much as 1,280 kilometres. According to National Snow and Ice Data Center, the open water is likely to last into October or November. The region could feel more severe impacts from fall storms and coastal erosion in the area because of the open water.

Low ice conditions have been extreme in the Beaufort and Chukchi seas this summer, with open water farther north in the Beaufort than any time in a satellite record that goes back to 1979.

Photo: C. Grandpey

« Une suite qui dérange » : Le Limousin boude le film d’Al Gore

Comme je l’indiquais précédemment, le dernier film d’Al Gore « Une suite qui dérange : le temps de l’action » – An Inconvenient Sequel : Truth to Power – est sorti en France sur les écrans le 27 septembre.

J’ai assisté à la séance de 17h35 ce même jour à Limoges et j’avais pratiquement tous les sièges à ma disposition puisque nous étions seulement 7 spectateurs dans la salle de cinéma. Ce n’est guère une surprise car je me rends compte depuis longtemps que mes concitoyens n’ont pas pris conscience de l’ampleur du danger environnemental qui nous guette. De plus, le titre et l’affiche du film d’Al Gore ne sont guère accrocheurs et ne saurait rivaliser avec d’autres réalisations à l’affiche au même moment.

S’agissant du documentaire proprement dit, il n’y a pas de révélations fracassantes. Il est présenté en version américaine doublée en français, avec des traductions globalement de bon aloi. Al Gore met en évidence les conséquences du changement climatiques, que ce soit la fonte des glaciers du Groenland ou les inondations qui ont frappé de nombreux pays, y compris les Etats-Unis. L’ancien vice-président est omniprésent dans le film, peut-être un peu trop. On le voit parcourir le monde pour motiver des ambassadeurs de la cause qu’il défend. Une part importante du film est consacrée à la COP 21 de Paris et les tractations qui ont eu lieu dans les coulisses, en particulier pour convaincre l’Inde de signer la déclaration finale. C’est sur cette note optimiste que s’achève le documentaire.

On connaît la suite : sitôt la COP 21 terminée, l’Inde a augmenté sa production de charbon. Donald Trump a qualifié le changement climatique de « canular » et décidé de retirer son pays de l’Accord de Paris. Les concentrations de CO2 continuent d’augmenter dans l’atmosphère ; les températures continuent de croître ; les glaciers reculent et s’amenuisent : l’objectif de hausse maximale de 2°C d’ici 2100 prévu à Paris semble dès à présent mission impossible. A part cela, tout va bien…

En voyant dans le film les qualités diplomatiques d’hommes comme Al Gore ou John Kerry dont l’envergure est tout à fait présidentielle, je me suis posé la question : Pourquoi diable les Américains ont-ils choisi Donald Trump ?

Voici un lien vers la bande-annonce du film :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19569566&cfilm=252419.html

Le rôle des petits glaciers dans les écosystèmes // The part played by small glaciers in the ecosystems

Selon une étude de l’Université de Fairbanks, les petits glaciers qui s’accrochent aux hautes pentes des montagnes en Alaska et ailleurs dans le monde semblent jouer un rôle important au niveau des aquifères et des systèmes fluviaux loin de la mer.
L’étude porte sur les glacier Jarvis et Gulkana, dans l’est de l’Alaska, et les torrents qui s’en échappent. Le glacier Jarvis donne naissance au ruisseau du même nom qui s’écoule ensuite dans la Tanana River, qui alimente à son tour le fleuve Yukon.

Comparé aux grands glaciers côtiers spectaculaires qui attirent les navires de croisière, le glacier Jarvis est minuscule et, comme les autres glaciers, il fond et recule. La couverture glaciaire dans le bassin versant de la Tanana River a diminué de 12% entre 1950 et 2010. Le glacier Jarvis a reculé d’environ 1,7 km entre 1949 et 2015, et ces dernières années il s’est considérablement aminci. Le glacier Gulkana Glacier a lui aussi perdu de son épaisseur.
L’accélération de la fonte des deux glaciers représente 15% à 28% du débit annuel du torrent Jarvis. Cependant, seulement environ la moitié de cette eau atteint le confluent de ce torrent avec un autre cours d’eau. L’autre moitié s’infiltre dans le sol et alimente la nappe phréatique avant de rejoindre les rivières plus en aval comme la Tanana River et, finalement, le fleuve Yukon.
Dans sa conclusion, l’étude fait remarquer que les glaciers de montagne dans les hautes latitudes représentent une source souvent oubliée de contribution aux rivières subarctiques et à la recharge des nappes phréatiques. La découverte que la fonte de glacier contribue à recharger les nappes phréatiques de la région a des implications pour d’autres régions du globe où l’on rencontre des montagnes arides avec des glaciers de haute altitude.
En raison du réchauffement climatique, la quantité d’eau produite par le glacier Jarvis est temporaire. Au bout du compte, le glacier et ses eaux de fonte vont disparaître, tout comme les autres glaciers de montagne dont certains sont si petits qu’ils n’ont même pas de noms. De tels petits glaciers ont été sous-estimés quant à leur rôle dans l’écosystème. Ainsi, en Alaska, leur impact sur le saumon est intéressant. Les eaux de source, lorsqu’elles sortent dans les lits des rivières, s’écoulent librement, même en hiver, alors que la surface des rivières gèle rapidement. Ces eaux souterraines donnent naissance à des zones plus chaudes dans les rivières, et les saumons les fréquentent au moment de la fraie. L’écosystème connaîtra donc de grands changements lorsque les glaciers ne pourront plus alimenter les nappes phréatiques.
Les auteurs de l’étude indiquent que cette nouvelle situation pourrait malgré tout avoir des effets bénéfiques pour les personnes. La réduction de l’eau souterraine d’origine glaciaire pourrait permettre aux cours d’eau de geler plus rapidement et donc de faciliter les déplacements.
Source: Alaska Dispatch News.

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According to a University of Alaska Fairbanks-led study, the small and sometimes patchy glaciers that cling to high mountain slopes in Alaska and elsewhere in the world appear to be big players in groundwater and river systems far from the sea.

The study focused on Jarvis Glacier in the eastern Alaska Range, the nearby Gulkana Glacier and the points downstream from them. Jarvis Glacier feeds into Jarvis Creek which then flows into the Tanana River, which feeds the Yukon River.

Compared to the big coastal glaciers that draw cruise ship sightseers, Jarvis Glacier is tiny. And like other glaciers, it is shrinking. Glacial coverage in the Tanana River watershed decreased by 12 percent from 1950 to 2010. Jarvis Glacier receded about 1.7 km from 1949 to 2015, and in recent years has thinned dramatically. Gulkana Glacier is also thinning.

The glaciers’ accelerated melt accounts for 15 percent to 28 percent the annual flow in Jarvis Creek. However, only about half of the streamflow comes out of the mouth end of the creek. About half filters down into an aquifer, flowing through the soil and then into lowland rivers like the Tanana and, ultimately, the Yukon.

The study concludes by saying that high-latitude mountain glaciers represent an overlooked source to subarctic river discharge and aquifer recharge. The discovery that glacial melt is recharging the area’s aquifer has implications for other arid mountain regions with high-altitude glaciers.

Due to global warming and glacier melting, the big flow of water from Jarvis Glacier is temporary. Ultimately, Jarvis Glacier and the meltwater it produces will disappear, as will similar mountain glaciers, some of them so small that they don’t even have names. Such small mountain glaciers have been under-appreciated, and so has their role in the ecosystem. In Alaska, their impact on salmon is interesting. Groundwater, when it springs up into the beds of the rivers, is free-flowing, even in winter, when the rivers’ surfaces are frozen fast. The groundwater seeps are warm spots in the rivers, and salmon use them to spawn. So there will be big changes in the ecosystem when glaciers are no longer able to contribute to the aquifers.

On the other hand, the author of the study indicated there might be some beneficial effects to people. Reductions in glacial-fed groundwater might leave the rivers more solidly frozen and safer for travel.

Source : Alaska Dispatch News.

Exemples de petits glaciers en Alaska (Photo: C. Grandpey)