La Terre il y a 56 millions d’années, aujourd’hui et demain // The Earth 56 million years ago, today and tomorrow

Dans une étude récente publiée dans la revue Nature, des scientifiques ont examiné le réchauffement climatique qui s’est produit pendant le PETM (Maximum thermique du passage Paléocène-Éocène) et ont tiré des conclusions sur le réchauffement climatique qui affecte actuellement notre planète.
Le climat de la Terre a connu un réchauffement rapide pendant le PETM, il y a 56 millions d’années. Dans leur dernière études, les chercheurs ont identifié la cause de cette période de réchauffement climatique et ils ont établi un lien avec le changement climatique que nous connaissons actuellement.
Juste avant le PETM, la Terre ne ressemblait pas à ce qu’elle est aujourd’hui. Les régions polaires étaient dépourvues de glace ; il y avait des forêts tempérées ou même subtropicales le long des côtes de l’Antarctique et le Canada arctique ressemblait aux marécages des Everglades de la Floride d’aujourd’hui. La température des océans était de 10°C supérieure à ce qu’elle est aujourd’hui et les zones climatiques chaudes s’étaient toutes déplacées vers les pôles.
Au début du PETM, la planète s’est réchauffée d’au moins 5°C en quelques milliers d’années. La vie dans les profondeurs des océans a souffert de façon disproportionnée. De nombreuses espèces ont disparu et certaines zones des océans ont devenues anoxiques. Il a fallu environ 150 000 ans pour que le climat de la Terre retrouve un certain équilibre.
Une augmentation de 5°C sur quelques milliers d’années est extrêmement rapide à l’échelle géologique, mais n’est rien comparé à la vitesse actuelle du réchauffement climatique. Si nous continuons à brûler des combustibles fossiles au même rythme, les scénarios les plus pessimistes indiquent que nous pourrions atteindre 5°C d’ici la fin du siècle !
Le PETM peut nous éclairer sur l’avenir de notre planète. On pense depuis longtemps que la période chaude du PETM a été provoquée par l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. En effet, nous savons qu’il y a eu une énorme libération de carbone dans l’atmosphère et dans les océans à cette époque, grâce à l’analyse de sédiments datant de 56 millions d’années. Pourtant, l’origine de ce carbone a toujours été l’objet de désaccords. La dernière étude a identifié l’empreinte chimique de ce carbone. Il semble provenir des émissions produites par une activité volcanique intense et prolongée. L’étude montre également que le niveau atmosphérique de CO2 a plus que doublé en moins de 25 000 ans. Cela s’explique par le fait que le Groenland et l’Amérique du Nord s’éloignaient de l’Europe en créant l’Océan Atlantique Nord, avec une activité volcanique le long de ce qui est aujourd’hui la dorsale médio-atlantique. D’énormes quantités de carbone ont probablement été libérées dans l’atmosphère par l’activité volcanique pendant le PETM, en volumes beaucoup plus importants que toutes les réserves de combustibles fossiles actuellement accessibles. Toutefois la vitesse d’émission était probablement au moins 20 fois plus lente qu’aujourd’hui.

Le volcanisme du PETM a eu lieu en grande partie sous l’eau et à un rythme lent. L’équivalent moderne serait sûrement les «fumeurs noirs» que l’on rencontre dans les profondeurs de l’Atlantique.
Le carbone libéré par ces bouches au fond de l’océan est remonté à la surface et a déclenché un cycle qui a fini par affecter les océans proprement dits. Tout d’abord, la chaleur extrême du PETM a conduit à une altération plus rapide des roches et du sol, ce qui signifie que plus de nutriments comme le phosphore se sont propagés dans la mer, ce qui a stimulé la croissance du plancton. Lorsque le plancton est mort, il descend vers les fonds marins et stocke progressivement ce même carbone dans des sédiments profonds.
Alors que cette chaîne d’événements a provoqué l’élimination du carbone de l’atmosphère ancienne, elle a également entraîné une perte d’oxygène dans certaines parties des océans, comme cela se produit de nos jours dans les «zones mortes» du Golfe du Mexique où un excès de nutriments se répand dans l’eau chaude de l’océan.
La dernière étude a révélé que le PETM a été causé par des émissions massives de carbone provenant de l’intérieur de la Terre. Cette situation présente beaucoup de points commun avec celle que nous connaissons aujourd’hui, avec une élévation du niveau de CO2 dans notre atmosphère et nos océans par la combustion des combustibles fossiles qui ont été enterrés pendant des millions d’années. Le PETM nous donne une image de plus en plus claire de ce que sera la Terre si nous continuons à émettre des gaz à effet de serre. Il se pourrait que notre planète connaisse une situation qu’elle n’a jamais traversée en 56 millions d’années.
Source: The Guardian / Nature.

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In a recent study published in Nature, scientists examined the global warming that occurred during the PETM 56 million years ago and drew conclusions about the global warming that currently affects our planet.

Earth’s climate experienced rapid warming during the Palaeocene-Eocene Thermal Maximum (PETM), 56 million years ago. In their latest research, scientists have identified the cause of this well-known warm period. Its links to present day climate change are clear.

Just prior to the PETM, Earth looked very different than it does today. The polar regions were devoid of ice sheets, with temperate or even subtropical forests along the coastlines of Antarctica, and Arctic Canada resembling the swamplands of modern Florida. The deep oceans were about 10°C warmer than today, and warm climate zones were all shifted polewards.

Next, the planet warmed by at least a further 5°C over a few thousand years at the onset of the PETM. Life in the deep sea suffered disproportionately; many species went extinct and parts of the deep ocean became anoxic. It took about 150,000 years for Earth’s climate to naturally recover and regain some sort of equilibrium.

An increase of 5°C over a few thousand years is breakneck speed in geological terms, but is still nothing compared to our current rate of warming. In fact, if we keep burning fossil fuels at our current rate, the worst-case scenarios suggest we could hit 5°C by the end of the century.

What can the PETM tells us about the future? It has long been suspected that the warm period was triggered by increasing greenhouse gas concentrations in the atmosphere. We know there was a huge release of “new” carbon into the atmosphere and oceans at the time, thanks to analysis of 56million-year-old sediments. Yet where this carbon came from has always been disputed. The latest study identified the distinctive chemical fingerprint of this carbon; it pointed not to methane, but to emissions from intense and prolonged volcanic activity. The research also show that atmospheric CO2 levels more than doubled in less than 25,000 years. This makes sense: at the same time, Greenland and North America were drifting away from Europe, creating the North Atlantic Ocean and a string of volcanic activity along what is now the Mid-Atlantic Ridge. Huge quantities of carbon must have been released into the atmosphere by volcanic activity during the PETM, which is an order of magnitude higher than all currently-accessible fossil fuel reserves taken together. But the rate of emissions would have been at least 20 times slower than today. Given how much CO2 was released, the resulting global warming was about what we would predict based on calculations of current climate sensitivity.

PETM volcanism largely took place under water and at a slower pace, perhaps the best modern equivalent would be the “black smokers” still found today in the deep North Atlantic.

The carbon released by these vents would bubble up to the surface and kick off a cycle that would eventually affect the oceans themselves. First, extreme PETM warmth led to faster weathering of rocks and soil, which meant more nutrients like phosphorus were being washed into the sea. This in turn stimulated plankton growth. When the plankton died they drifted down to the seafloor and gradually stored that same carbon in deep marine sediments.

While this chain of events aided the removal of carbon from the ancient atmosphere it also led to oxygen starvation in some parts of the deep sea, analogous to the “dead zones” that form today in areas like the Gulf of Mexico where an excess of nutrients is washed into warm water.

The latest study found the PETM was caused by massive carbon emissions from Earth’s interior. It thus has many parallels to today, where we are ratcheting up CO2 levels in our atmosphere and oceans by burning fossil fuels that have been buried for millions of years. The PETM is giving us an increasingly clearer picture of what Earth will be like if we carry on, and take our planet to places it has not been in at least 56 million years.

Source: The Guardian / Nature.

Evolution du climat sur 65 millions d’années

Ouverture de l’Océan Arctique: La crainte des marées noires // Opening of the Arctic Ocean: The fear of oil spills

Au moment où la fonte de la glace ouvre de nouvelles voies de navigation et de nouveaux gisements dans l’Océan Arctique, on craint que cette nouvelle situation provoque une pollution à grande échelle, notamment par une marée noire ou des fuites de gaz naturel. Des tests sont actuellement en cours pour anticiper une telle situation qui serait sans aucun doute une catastrophe environnementale.

À la fin du mois de juillet, un robot – l’Aqua-Guard Triton RotoX – a été testé dans la Mer de Beaufort au moment de la débâcle. Le but était de voir s’il pourrait nettoyer le pétrole lors d’une marée noire dans l’Arctique. Cet « écumeur de pétrole », commandé à distance depuis le pont d’un brise-glace, est l’une des nombreuses technologies testées dans le cadre d’un programme de recherche et de développement de la Garde côtière des États-Unis. Le RotoX, fabriqué au Canada, a été conçu pour récupérer le pétrole à la surface de l’eau de l’Arctique au moment de la débâcle, c’est à dire au moment où la mer est jonchée de morceaux de glace. Selon les écologistes,  une telle situation est susceptible d’être causée par l’exploitation du pétrole au large des côtes de l’Alaska. Deux scénarios potentiels de marées noires sont envisageables: un événement catastrophique provoqué par un tanker comme l’Exxon Valdez, ou plus probablement, une marée noire provoquée par un petit navire suite à un déversement involontaire ou un accident.

À l’heure actuelle, il existe une technologie qui permet d’éliminer le pétrole dans les eaux libres de glace et sur la banquise. Le problème reste insoluble quand la surface de la mer est recouverte de morceaux de glace. Le RotoX est équipé de multiples «dents» de couleur orange qui dépassent légèrement de l’avant de l’appareil. Après l’avoir dirigé vers des plaques de glace et des nappes de pétrole, il découpe la glace en morceaux plus petits qui peuvent ensuite être récupérés. Le fait qu’il soit télécommandé depuis un navire est un avantage comparé aux récupérateurs de pétrole traditionnellement traînés par de gros navires. Le RotoX est plus maniable et pourrait en théorie se déplacer entre les morceaux de glace pour atteindre les nappes de pétrole. La pratique est toutefois décevante.

Après avoir fait fonctionner « l’écumeur de pétrole » dans un environnement dépourvu de glace, l’équipe scientifique l’a testé dans une eau couverte de plaques de glace d’épaisseur variable. Les résultats n’ont pas été convaincants. Bien que le RotoX ait réussi à se déplacer au sein des plaques de glace, ses dents étaient si puissantes qu’elles sont devenues un handicap pour atteindre les nappes de pétrole.

Pendant que le RotoX était testé dans les eaux de l’Arctique, un responsable de la Garde Côtière a froidement déclaré que les États-Unis n’avaient pas les moyens de nettoyer une marée noire dans l’Arctique. Déjà en 2014, le National Research Council (NRC) avait publié une étude qui mettait en évidence les obstacles naturels que les équipes de nettoyage devraient rencontrer lors d’une marée noire dans l’Arctique et formulait des recommandations pour améliorer la capacité des États-Unis à faire face à un tel événement. Le NRC a également précisé que le personnel, les équipements et les ressources de sécurité capables de répondre à une marée noire de grande ampleur dans l’Arctique n’étaient pas suffisants.

Trois ans plus tard, le président de la commission du NRC qui a rédigé le rapport et un professeur de l’université Le Moyne de Syracuse (Etat de New York), ont déclaré qu’il fallait investir davantage dans les infrastructures et la logistique, mais aussi développer les relations entre les gouvernements fédéral et étatique et les autorités locales. En ce qui concerne la nouvelle technologie, l’intégration de systèmes de capteurs devrait également être améliorée.

En conclusion, on peut dire que le test du nouvel « écumeur de pétrole » est un élément important du puzzle créé par la gestion de l’augmentation du trafic maritime dans les eaux de l’Arctique, mais il y a encore de nombreux problèmes à résoudre pour faire face à une marée noire. De toute évidence, les États-Unis n’ont toujours pas les moyens d’affronter une telle catastrophe environnementale.

Source: Alaska Dispatch News.

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As shipping lanes open with the melting of the ice in Arctic, together with the discovery of new mineral deposits, there are fears that this new situationmay some day cause a large-scale pollution, especially through an oil spill and natural gas leaks. Tests are currently being made to anticipate such a situation which would undoubtedly be an environmental disaster.

In late July, a robot – the Aqua-Guard Triton RotoX – dipped into the icy Beaufort Sea. The goal was to test whether the prototype could clean up an oil spill in the Arctic. The oil skimmer, which was remotely controlled from the deck of an icebreaker, is one of many technologies being examined by the U.S. Coast Guard’s research and development program. The Canadian-designed RotoX was made to skim oil off Arctic water littered by broken sea ice, the very problem that environmental groups say should preclude oil development in offshore Alaska. Two potential oil spill scenarios are said to be a cause for concern: a catastrophic oil spill from a tanker like the Exxon Valdez, or more likely, a spill from a small ship through an unintentional release or accident.

Currently, technology can clean up oil in open water and in pack ice. But water with broken ice still remains a problem. The RotoX is outfitted with multiple orange « teeth » slightly protruding from the front of the device. After maneuvering the oil skimmer to pockets of ice and oil, it chops up the ice into smaller pieces, which could be pumped through the skimmer or slide underneath. Being able to remotely guide the skimmer from a larger ship also gives it an advantage in ice-filled water. Compared to skimmers that are traditionally dragged along by large ships, RotoX is more nimble and could maneuver around the ice to reach oil spots.

After first deploying the skimmer in non-ice-filled water, the team tested it in waters filled with ice of varying thickness. The results were not really successful. Although the RotoX did well propelling itself through ice floes, the teeth were so powerful that they actually became a detriment in reaching potential oil.

While the oil skimmer was tested in Arctic waters, a Coast Guard official said that the United States was not prepared to clean up an oil spill in the Arctic. In 2014, the National Research Council released a study which acknowledged the natural obstacles that response crews might encounter during an Arctic oil spill, and laid out recommendations to improve the U.S. capability to respond to an oil spill. It also said the number of personnel, equipment and safety resources able to respond to a large Arctic oil spill was not adequate.

Three years later, the chairman of the committee that produced the report and a professor at Le Moyne College in Syracuse, New York, said more investment in infrastructure and logistics is needed, as well as more baseline information and relationships between federal, state and local players. Looking at new technology, and how sensor systems can be integrated into the devices, is also an area for improvement.

In conclusion, we can say that the test of the new oil skimmer was an important piece of the puzzle to gear up for more traffic sailing through Arctic waters, but there are still some limitations in preparing for a large oil spill and the U.S. is not ready to cope with such an environmental catastrophe.

Source: Alaska Dispatch News.

Le nettoyage d’une pollution provoquée par une marée noire au moment de la débâcle reste un problème insoluble (Photo: C. Grandpey)

 

Réchauffement climatique : Des vérités qui dérangent // Global warming : Inconvenient truths

En 2006, Al Gore, l’ancien vice-président des Etats-Unis, a sorti sur les écrans « Une vérité qui dérange », un film alertant sur les dangers du réchauffement climatique. Malgré les vives critiques des climatosceptiques, le documentaire a connu un grand succès auprès du public. Il a permis également à Al Gore de recevoir le prix Nobel de la Paix en 2007.

Le 27 septembre prochain, un nouveau film, « Une suite qui dérange : Le temps de l’action »,  sortira sur les écrans en France. Il est la suite logique du précédent mais a rencontré un succès mitigé aux Etats-Unis (voir ma note du 9 août 2017). Le film est une déclaration de guerre ouverte à l’administration Trump, mais aussi un rappel de ses mises en garde de 2006. La justesse de certaines prédictions est saisissante. En cliquant sur ce lien, vous aurez accès à la bande-annonce :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19569566&cfilm=252419.html

En 2006, les climatosceptiques étaient encore nombreux, et le sujet faisait débat. Mais pour Al Gore, la vérité relevait de l’évidence. Non seulement le réchauffement climatique était bien réel, mais l’homme en était responsable. Pour donner du poids à ses propos, il citait une étude à grande échelle qui analysait les conclusions de 928 publications scientifiques sur le réchauffement climatique. La conclusion de l’étude était que l’Homme est responsable du réchauffement climatique. Depuis, les rapports du Groupe International d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC) ont levé les derniers doutes. Le réchauffement climatique est non seulement bien réel, mais de plus en plus alarmant. Et les activités humaines en sont les premières responsables.

Dans son premier documentaire, Al Gore expliquait déjà que l’année 2005 avait été la plus chaude depuis la fin du 19ème siècle, et prédisait une série de nouveaux records pour les années à venir qui lui ont donné raison puisque 2016 a été la plus chaude jamais enregistrée. En se basant sur la moyenne des températures entre 1880 et 1899 – symboles de l’ère préindustrielle – 2016 a été en moyenne 1,1°C plus chaude, notamment à cause de l’accroissement des émissions de CO2 et de méthane dans l’atmosphère au cours des dernières décennies.

La scène la plus critiquée du film Une vérité qui dérange montrait que l’association de la montée des eaux et de la force des tempêtes tropicales inonderait le Mémorial du 11 Septembre sur l’île de Manhattan, à New York. Dans son premier documentaire, Al Gore prédisait que l’inondation de Manhattan serait provoquée par la fonte des glaces, notamment du Groenland, et la hausse du niveau des océans. New York a effectivement été inondée, comme il l’avait prévu, mais à cause de facteurs différents, en l’occurrence l’ouragan Sandy en 2012.

Dans son documentaire de 2006, Al Gore alerte également la population sur l’inéluctable multiplication des catastrophes naturelles liées au réchauffement climatique. Il prend pour exemple la multiplication des tornades aux États-Unis, des typhons dans le Pacifique et l’ouragan Katrina, en 2005. Sur ce point précis, il se confirme que le réchauffement climatique provoque, si ce n’est plus d’ouragans, au moins des ouragans plus violents, à l’image d’Irma et Jose en septembre 2017. Des études démontrent que, plus le réchauffement climatique sera important, plus les cyclones seront puissants.

S’agissant de la hausse du niveau des océans, Al Gore redoutait que la fonte des glaciers puisse entraîner une hausse des océans de près de 6 mètres, surtout à cause de la fonte du Groenland. Selon les derniers rapports publiés par la NOAA, le niveau des océans continue d’augmenter, avec une hausse d’environ 3,3 millimètres par an, un phénomène qui « risque de s’accélérer dans les prochaines décennies ». D’après le cinquième rapport du GIEC, publié en 2013, les océans se sont élevés de 19 cm depuis la fin du 19ème siècle. Selon le pire scénario, le niveau des océans pourrait s’élever d’un mètre d’ici 2100 et de 6,63 mètres d’ici 2500. Et selon une étude parue en juin 2017, le niveau des océans est monté en 2014 à une vitesse supérieure de 50% à celle de 1993. La fonte de la calotte glaciaire du Groenland serait à l’origine de 25% de cette hausse, contre 5% il y a 20 ans.

Dans son film Une vérité qui dérange, Al Gore affirmait que d’ici 10 ans, les neiges du Kilimandjaro auraient disparu. S’il s’est montré trop pessimiste sur la date, il ne s’est pas trompé sur le diagnostic. Force est de constater que la plus haute montagne d’Afrique est toujours enneigée en 2017, mais plus pour longtemps. Selon les dernières prévisions, ses glaciers devraient totalement disparaître d’ici 2030. Le Kilimandjaro n’est pas le seul sommet touché par le réchauffement climatique. Partout dans le monde, les glaciers reculent, voire disparaissent. Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, selon une étude publiée en septembre 2017 par le laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement (LGGE), les glaciers des Alpes françaises fondent trois fois plus vite depuis 2003, avec une perte totale de 25% de leur superficie en 12 ans.

Source : L’Express.

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In 2006, Al Gore, the former vice president of the United States, released An Inconvenient Truth, a film alerting the dangers of global warming. Despite the strong criticism of the climate change skeptics, the documentary was very popular with the public. It also allowed Al Gore to receive the Nobel Peace Prize in 2007.
On September 27th, a new film, the sequel to An Inconvenient Truth – « An Inconvenient Sequel » – will be released in France, after having met with mixed success in the United States (see my note of August 9th, 2017). The film is an open declaration of war to the Trump administration, but also a reminder of his 2006 warnings. The accuracy of certain predictions is striking.

By clicking on this link, you will see the trailer of the film:

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19569566&cfilm=252419.html

In 2006, there were still many climate-skeptics, and the subject was debated. But for Al Gore, the truth was obvious. Not only was global warming real, but Man was responsible for it. To give weight to his remarks, he cited a large-scale study that analyzed the findings of 928 scientific publications on global warming. The conclusion of the study was that Man was responsible for global warming. Since then, the reports of the International Panel of Experts on Climate Change (IPCC) have lifted the last doubts. Global warming is not only real, but increasingly alarming. And human activities are the primary responsibility.
In his first documentary, Al Gore already explained that 2005 was the hottest year since the end of the 19th century, and predicted a series of new records for years to come. The following years proved him right since 2016 was the hottest ever recorded. Based on average temperatures between 1880 and 1899 – pre-industrial era symbols – 2016 averaged 1.1°C warmer, in particular because of the increase in CO2 and methane emissions in the atmosphere over the past decades.
The most criticized scene of the movie An Inconvenient Truth showed that the combination of rising water and the power of tropical storms would flood the September 11th memorial on Manhattan Island, New York. In his first documentary, Al Gore predicted mostly that the Manhattan flood would be caused by the melting of the ice, especially Greenland, and rising sea levels. New York was in fact flooded, as Al Gore had anticipated, but due to different factors, especially Hurricane Sandy in 2012.

In his 2006 documentary, Al Gore also alerted the population on the inevitable multiplication of the natural catastrophes linked to global warming. Examples include the increase in tornadoes in the United States, typhoons in the Pacific and Hurricane Katrina in 2005. On this specific point, it is confirmed that global warming causes, if not more hurricanes, at least more severe hurricanes, such as Irma and Jose in September 2017. Studies show that the more intense global warming will be, the more powerful the cyclones will be.
With regard to rising sea levels, Al Gore feared that the melting of glaciers could cause the oceans to rise by nearly 6 metres, mainly because of the melting of Greenland. According to the latest NOAA reports, ocean levels continue to rise, with a surge of about 3.3 millimetres per year, a phenomenon which « is likely to accelerate in the coming decades ». According to the fifth IPCC report published in 2013, the oceans have risen 19 cm since the end of the 19th century. According to the worst-case scenario, the ocean level could rise by 1 metre by 2100 and 6.63 metres by 2500. And according to a study published in June 2017, the ocean level rose in 2014 to a speed higher by 50% than in 1993. The melting of the Greenland ice sheet would account for 25% of this increase, as against 5% 20 years ago.
In his film An Inconvenient Truth, Al Gore stated that within 10 years, the snows of Kilimanjaro would have disappeared. If he was too pessimistic about the date, he was not mistaken about the diagnosis. It is clear that there is still snow on the highest mountain of Africa in 2017. But not for long. According to the latest forecasts, its glaciers should totally disappear by 2030. Kilimanjaro is not the only summit affected by global warming. Throughout the world, glaciers are receding or even disappearing. As indicated in a previous note, according to a study published in September 2017 by the Glaciology and Geophysics Laboratory of the Environment (LGGE), the glaciers of the French Alps have been melting three times faster since 2003, losing 25% of their area in 12 years.
Source: L’Express.

Vue de la courbe de Keeling entre septembre 2015 et septembre 2017. Aucun progrès en vue : les seuils mini et maxi sont à la hausse et la concentration de CO2 dans l’atmosphère reste supérieure à 400 ppm!. (Source: NOAA)

Pendant ce temps, la banquise et les glaciers continuent de fondre. (Photos: C. Grandpey)

Les glaciers des Pyrénées fondent eux aussi // Glaciers are melting in the Pyrenees too

On peut lire sur le site web de la chaîne France 3 Occitanie (http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/) un article qui illustre la fonte des glaciers dans le massif des Pyrénées. On y présente des photos qui montrent qu’en quelques dizaines d’années, le glacier de l’Aneto a perdu des dizaines de mètres d’épaisseur.

Météo Pyrénées a retrouvé des photographies du glacier de l’Aneto (le plus grand des Pyrénées), dans le massif de la Maladeta sur le versant espagnol de la chaîne. On remarque que par rapport à la fin du 19ème  siècle – où le cliché montre une énorme crevasse profonde de plusieurs mètres – et les années 1980, les crevasses existent encore mais sont moins profondes. Sur la dernière photo, prise en 2017 le glacier apparaît sans relief et le changement est saisissant.

Les glaciologues sont formels : les glaciers des Pyrénéens sont appelés à disparaître dans un futur proche. En 2050, il ne devrait plus y avoir aucun glacier dans le massif. Dans les Pyrénées, subsistent encore quelques glaciers, derniers vestiges de l’ère glaciaire pendant laquelle les Pyrénées étaient sous d’immenses masses de glace.

Les glaciers pyrénéens sont les plus méridionaux d’Europe. Ils sont tous situés entre le Balaïtous à l’ouest et le Mont Valier à l’est. Ceux situés en Espagne, sur le versant sud des Pyrénées, s’observent principalement dans les vallées de Tena, Ordesa et Bénasque.

Cet article confirme donc un phénomène observé également dans les Alpes. Le réchauffement climatique est bien sûr montré du doigt. Peu importe s’il appartient, comme le prétendent certains, à un cycle climatique naturel, ou si l’Homme porte une responsabilité, ce qui semble l’hypothèse la plus probable.

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One can read on the web site of France 3 Occitanie (http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/), an article that illustrates the melting of glaciers in the Pyrenees. For instance, there are photos showing that in a few decades, the Aneto glacier has lost tens of metres in thickness.
Meteo Pyrénées has found photographs of the glacier of Aneto (the largest of the Pyrenees), in the massif of Maladeta on the Spanish side of the chain. It is remarkable that, compared to the end of the 19th century – when the snapshot showed a huge crevasse several metres deep – in the 1980s crevasses still exist but are far less deep. On the last photo, taken in 2017 the glacier appears without any relief and the change is striking.
Glaciologists insist that the glaciers of the Pyrenees are destined to disappear in the near future. By 2050, there should no longer be any glacier in the massif. In the Pyrenees there still remain some glaciers, the last remnants of the Ice Age during which the Pyrenees were under immense masses of ice.
The Pyrenean glaciers are the most southerly in Europe. They are all located between the Balaïtous to the west and Mount Valier to the east. Those located in Spain, on the southern slope of the Pyrenees, are observed mainly in the valleys of Tena, Ordesa and Benasque.
This article confirms a phenomenon also observed in the Alps. Global warming is of course pointed at. It does not matter if it belongs, as some claim, to a natural climate cycle, or if man bears a responsibility, which seems the most probable hypothesis. The melting of glaciers can not be denied. It is before our eyes. I observed it a few days ago in the southern part of the Alps where snow cannons are installed higher and higher on the slopes of the mountains. For many resorts, the white gold will soon be a memory.

Glacier d’Aneto en 1986 et 2009 (Source : Swisseduc)