Volcan de boue de Piparo (Trinité & Tobago) // Piparo mud volcano (Trinidad & Tobago)

Le Ministère de la Sécurité Nationale a averti la population que la zone du volcan de boue de Piparo est maintenant interdite d’accès aux véhicules et de piétons. Elle est considérée comme une zone de catastrophe naturelle.  Les habitants sont instamment priés de rester à l’écart de la zone car le volcan peut entrer en éruption à tout moment. La zone a été bouclée avec du ruban de sécurité. Les autorités locales ont également multiplié les patrouilles dans le secteur.
Les géologues ont effectué de nombreuses analyses  sur le site ainsi que des relevés à l’aide de drones pour établir une cartographie 3D du site. La population a également été consultée à propos du regain d’activité du volcan de boue. Une personne a indiqué que des fissures se sont formées sur la route principale de Piparo et que sa maison a été endommagée. Comme je l’ai écrit précédemment, une forte odeur de soufre a envahi la zone du volcan.
Source: Trinidad Daily Express.

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The Ministry of National Security has warned the population that the Piparo mud volcano is now closed to vehicular and pedestrian traffic. It is considered as a disaster zone. Residents are strongly asked to stay away from the area as the volcano could erupt at any time. The area has been cordoned off with caution tape. Local authorities have also increased patrols in the area.

Geologists have conducted numerous tests at the site as well as drone surveys to produce a 3D mapping of the area. Residents have also been consulted on the increased activity. One person reported cracks forming on the Piparo Main Road which also caused damage to her home. As I put it before, a strong sulphur odour has invaded the area.

Source: Trinidad Daily Express.

On trouve des volcans de boue dans plusieurs régions du monde, comme les Maccalube di Aragona en Sicile. (Photo : C. Grandpey)

Risque d’effondrement du glacier de Planpincieux (Val d’Aoste / Italie)

Suite à l’alerte lancée ce matin sur Facebook, voici quelques informations supplémentaires fournies par les autorités italiennes à propos du glacier de Planpincieux, sur le versant italien du Mont-Blanc, qui risque de s’écrouler et d’emporter avec lui des routes et des maisons habitées. Le risque a conduit le maire de Courmayeur à signer dans l’urgence un décret qui interdit la circulation la circulation et oblige l’évacuation de plusieurs maisons dans le secteur du Val Ferret, l’une des régions les plus fréquentées par les touristes du Val d’Aoste. Le premier magistrat a pris cette décision suite à une concertation avec les services techniques de la région, et après avoir constaté que la partie « dangereuse » du glacier accélérait son déplacement, qui atteint une vitesse de 50 à 60 centimètres par jour. La masse qui menace de tomber a un volume d’environ 250 000 mètres cubes.
Le maire de Courmayeur explique que « les rapports reçus des structures régionales et de la Fondazione Montagna Sicura montrent que la vitesse de glissement du glacier de Planpincieux a considérablement augmenté au cours de ces derniers temps. Le scénario d’un possible effondrement du glacier concerne le fond de vallée habité, en particulier la route d’accès locale à Planpincieux. Ce qui se passe actuellement révèle une fois de plus que la montagne est entrée dans une phase de profonds changements provoqués par les facteurs climatiques. Elle est donc particulièrement vulnérable. Dans le cas présent, il s’agit d’un glacier tempéré particulièrement sensible aux températures élevées.  »
Certains événements récents témoignent de la fragilité géologique du Val Ferret. Le dernier remonte au 7 août 2018 quand un glissement de terrain a tué un couple de touristes milanais qui circulait en voiture. Là aussi, il a fallu évacuer environ 250 personnes. Le glacier de Planpincieux fait l’objet d’une surveillance étroite par les glaciologues du CNR depuis 2013 en raison de sa vulnérabilité.

Source : Presse italienne.

Vue du glacier de Planpincieux, sur la face sud des Grandes Jorasses (Crédit photo: Wikipedia)

Saccage d’un glacier en Autriche : Le domaine skiable se justifie // Destruction of a glacier in Austria: Reaction of the ski resort

Suite au tollé provoqué par la diffusion par le WWF d’une photo montrant les pelleteuses à l’oeuvre sur le glacier de Pitztal, le domaine skiable rattaché au glacier a souhaité exercer son droit de réponse.

Selon la direction de la station de ski, « les travaux qui n’ont rien à voir avec une extension du domaine skiable. Il s’agit plutôt de la préparation annuelle du domaine skiable du glacier de Pitztal pour la prochaine saison automnale et hivernale. Concrètement, des crevasses sont remplies de neige ancienne et de glace pilée sur les pistes existantes du domaine skiable afin de garantir la sécurité des activités de ski en hiver. En raison du mouvement constant du glacier, de nouvelles crevasses se forment pendant les mois d’été. Chaque année, ces crevasses doivent être remplies juste avant les premières chutes de neige.  Ces travaux sont effectués par nous sous cette forme depuis 35 ans et exécutés de même sur d’autres glaciers accessibles aux skieurs. Cette année, le remplissage des crevasses a duré deux jours environ. »

Faut-il pour autant laisser ce type de pratiques perdurer? Comme le demande le site Internet de la revue Montagnes Magazine, qu’en est-il du projet de liaison Pitztal-Ötztal qui doit niveler 64 hectares du glacier et retirer 1,6 hectares de glace? Avec la même pratique qu’en Autriche, ne pourrait-on pas imaginer un nivellement de la surface de la Mer de Glace avec des engins pour mettre en place des pistes de ski de fond ?

On a vu cet été les problèmes rencontrés par les glaciers de Tignes et des  Deux-Alpes. Il y a de fortes chances pour que le réchauffement climatique mette tout le monde d’accord pour la pratique du ski dans ces différentes stations au cours des prochaines années.

Source : Montagnes Magazine.

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Following the outcry after the release by the WWF of the photo showing excavators at work on the Pitztal glacier, the ski area attached to the glacier wished to exercise its right of reply.
According to the management of the ski resort, « the work has nothing to do with an extension of the ski area. It is rather the annual preparation of the ski area of ​​the Pitztal glacier for the next autumn and winter season. Concretely, cracks are filled with old snow and crushed ice on the existing slopes of the ski area to ensure the safety of ski activities in winter. Due to the constant movement of the glacier, new crevasses form during the summer months. Each year, they must be filled just before the first snowfall. This work has been carried out by us in this form for 35 years and similarly performed onto other glaciers accessible to skiers. This year, filling the crevices lasted about two days. »
Should we allow this type of practice to continue? As the website of Montagnes Magazine asks, what about the Pitztal-Ötztal link project that will level 64 hectares of the glacier and remove 1.6 hectares of ice? With the same practice as in Austria, could we not imagine a levelling of the surface of the Mer de Glace so as to set up ski trails?
We have seen this summer the problems encountered by the glaciers of Tignes and Les Deux- Alpes. There is a good chance that global warming will solve the skiing problems in these different sites over the next few years.
Source: Montagnes Magazine.

Source: WWF

Autriche : Saccage d’un glacier // Austria: Destruction of a glacier

 A l’heure où les glaciers fondent à vue d’œil, il y en a qui s’amusent à les détruire ! C’est ce que l’on apprend en consultant le site Internet de la revue Montagnes Magazine. Le scandale – le mot n’est pas trop fort – se déroule en Autriche pour permettre la connexion des domaines skiables de Pitztal et Ötztal. Cela nécessite d’attaquer la glace à la pelleteuse sur plusieurs dizaines d’hectares, un comble à l’heure où on nous rappelle le rôle de régulateur thermique et climatique des glaciers et où les scientifiques alertent sur le réchauffement climatique.
C’est le World Wildlife Fund (WWF) qui a découvert le pot aux roses et a donné l’alerte en août 2019 avec plusieurs clichés de l’aménagement en cours du glacier, à plus de 3000 mètres d’altitude. Les pelleteuses ont pour mission de creuser et travailler la glace, pour façonner des pentes dans l’optique de la nouvelle saison de ski.

Comme je viens de l’indiquer, ces travaux font partie d’un projet global de fusion des glaciers Pitztal-Ötztal et des domaines qui y sont rattachés. Le 24 juin dernier, le club alpin autrichien et les associations environnementalistes demandaient l’arrêt de cet immense projet qui prévoit qu’une surface d’environ 64 hectares du glacier de Pitztal soit nivelée pour former des pistes de ski. Pour la construction des nouveaux bâtiments, il est aussi envisagé que 1,6 hectare de glace soient retirés. Les protestations sont restées vaines. Les pelleteuses sont arrivées et les aménagements ont commencé. Je suis assez d’accord avec les propos d’un glaciologue français qui a déclaré: « C’est à l’image de la destruction de la forêt amazonienne. Nous allons droit dans le mur, et allons le payer. L’homme ne tire pas les leçons du passé. Les stations se créent des contraintes économiques qui passent bien avant l’écologie. Le système n’est pas prêt à changer et à intégrer la question environnementale ».

Les Autrichiens semblent oublier les conséquences de ce saccage. La ressource en eau des vallées se raréfie avec la diminution de la masse d’un glacier. Avec l’accélération actuelle du réchauffement climatique, les stocks d’eau disponibles se réduisent et en cas de période de fortes chaleurs, il n’y aura plus de ressources suffisantes. De plus, un glacier joue aussi un rôle de régulateur thermique et climatique. En l’amputant d’une de ses langues, il réfléchit moins la lumière du soleil ; la température sur et autour du glacier augmente, et entraîne à son tour la fonte de la glace. À terme, c’est l’effet albédo qui est remis en cause par la destruction d’un glacier. L’absence de la glace entraîne  des bouleversements dans les microclimats locaux, et des chutes de roches dues à la fonte du permafrost.

La destruction de ce glacier à des fins touristiques et purement commerciales est révélatrice de l’échec de la politique climatique et environnementale de l’Autriche et, plus généralement, de l’Europe. Dans quelques années, les Autrichiens risquent fort de regretter la destruction du glacier Pitztal. Si les prévisions scientifiques se confirment, tous les glaciers des Alpes pourraient avoir disparu d’ici 2100. Parallèlement, il n’y aura probablement plus de neige pour skier. Ces mêmes personnes qui détruisent les glaciers sont capables de venir pleurer dans quelques années pour demander de l’argent à l’Etat car leurs infrastructures hivernales ne sont plus rentables !

Il y a quelques jours, un ami qui passait ses vacances en Autriche m’a fait aimablement parvenir des photos du Grossglockner  que j’avais visité dans les années 1970, époque où le glacier attirait des foules de touristes. Je n’ai pas reconnu le site sur les photos de mon ami qui m’a également fourni le cliché d’un panneau local montrant la fonte du glacier à travers les dernières décennies. Les images se passent de commentaire et confirment la stupidité des Autrichiens à vouloir détruire un glacier à des fins commerciales. Le fric nous tuera !

 Source : Montagnes Magazine.

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At a time when glaciers are rapidly melting, there are some people who enjoy destroying them! This is what we can read on the Montagnes Magazine website. The scandal – the word is not too strong – takes place in Austria to allow the connection of the Pitztal and Ötztal ski areas. This means attacking the ice with excavators over several tens of hectares, which is unbelievable when we know the importance of glaciers for thermal and climatic regulation, at a time when scientists send constant warnings about global warming.
The World Wildlife Fund (WWF) discovered what was ahappening and sent the information in August 2019 with several photos of the current work on the glacier which is located more than 3000 metres above sea level. The excavators have a mission to dig and work the ice, to shape slopes which need to be ready for the new ski season.
As I have just mentioned, this work is part of a global project to merge the Pitztal-Ötztal glaciers and related areas. On  June 24th, the Austrian Alpine Club and the environmental associations called for a halt to this huge project which includes the levelling of an area of ​​about 64 hectares of the Pitztal Glacier to shape ski slopes. For the construction of new buildings, 1.6 hectares of ice are also expected to be removed. The protests remained futile. The excavators arrived and the destructive work began. I quite agree with what a French glaciologist said: « It’s like the destruction of the Amazon rainforest, we’re going straight into the wall, and we’re going to pay for it. The ski resorts are creating economic constraints that go well before ecology.The system is not ready to change and integrate the environmental issue.
The Austrians seem to forget the consequences of this destruction. The water resource of the valleys becomes scarce as the mass of a glacier decreases. With the current acceleration of global warming, available water reserves are shrinking and in times of hot weather, there will be no more water. In addition, a glacier also plays a role of thermal and climatic regulator. By amputating one of his branches, the glacier reflects less of the light of the sun; the temperature on and around the glacier increases, and in turn causes the melting of the ice. Ultimately, the albedo effect is altered by the destruction of a glacier. The absence of ice causes deep changes in local microclimates, as well as rockfalls due to melting permafrost.
The destruction of this glacier for tourism and purely commercial purposes is indicative of the failure of the climate and environmental policy of Austria and, more generally, of Europe. In a few years, Austrians are likely to regret the destruction of the Pitztal glacier. If scientific predictions prove true, all the glaciers in the Alps could have disappeared by 2100. At the same time, there will probably be no more snow to ski. These same people who destroy the glaciers will come crying in a few years to ask for money from the State because their winter infrastructure is no longer profitable!
A few days ago, a friend who was spending his holidays in Austria kindly sent me photos of the Grossglockner I visited in the 1970s, when the glacier attracted crowds of tourists. I did not recognize the site in the photos of my friend who also provided me with the snapshot of a local poster showing the melting of the glacier through the last decades. The pictures are self-explanatory and confirm the stupidity of the Austrians who destroy a glacier for commercial purposes. Money will kill us!
Source: Montagnes Magazine.

Pelleteuses à l’œuvre sur le glacier Pitztal, le 27 août 2019 (Crédit photo : WWF)

La fonte du Grossglockner (Photos: J.G. Feignon)