La Soufrière de St Vincent : pas d’évacuations par la mer // St Vincent’s La Soufriere : no evacuations by the sea

Le gouvernement de Saint-Vincent-et-les Grenadines a déclaré qu’il n’utiliserait pas de navires de croisière de luxe pour évacuer les personnes de la zone rouge de Saint-Vincent, alors même que les scientifiques préviennent que les explosions et les retombées de cendres qui les accompagnent continueront probablement de se produire au cours des prochains jours avec le risque de coulées pyroclastiques.

De nombreux habitants de St Vincent ont exprimé le désir de rester «chez eux» plutôt que d’être évacués vers certaines îles voisines des Caraïbes. En conséquence, le nombre de personnes susceptibles de monter à bord de ces navires est très faible. Si nécessaire, les autorités locales affréteront des navires plus petits, comme ceux qui assurent les liaisons entre les îles.

Les autorités locales insistent sur le fait que les personnes qui entrent dans les abris n’ont pas obligation d’être vaccinées contre le COVID. Lorsqu’elles entrent dans l’abri, elles peuvent être testés mais ce protocole n’est pas obligatoire. Cependant, les personnes vivant dans les abris doivent porter des masques et respecter la distanciation sociale.

Une autre raison pour laquelle les gens veulent rester à St Vincent est que certains pays ont indiqué que s’ils étaient prêts à accueillir des gens, mais ces personnes devraient être vaccinées.

Plus de 17 000 personnes ont dû abandonner leur maison, tandis que 3 200 se trouvent dans les abris mis à disposition par le gouvernement.

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The St. Vincent and the Grenadines government has said it will not use luxury cruise ships to evacuate persons from the Red Zone area in St Vincent, even as scientists warn that explosions and accompanying ashfall are likely to continue to occur over the next few days with the risk of pyroclastic flows.

Many St Vincent residents have expressed a desire to remain “home” rather than be evacuated to some neighbouring Caribbean islands. As a consequence, the number of people likely to go on board ths ships is very small. If necessary, local authorities will charter smaller vessels like those which ply between the islands.

Local authorities insist that people who enter the shelters don’t have to be vaccinated against COVID. When they enter the shelter, they can be tested but this protocol is not compulsory. However, people in the shelters should wear masks and keep social distancing.

Another reason why people do not want to go elsewhere is that some countries have indicated that while they were willing to take people, those persons would have to be vaccinated.

Reports indicate that more than 17,000 people had to abandon their homes, while some 3,200 are said to be in government shelters.

Panache éruptif du 13 avril 2021 (Source : UWI)

Réchauffement climatique et avalanches meurtrières en Suisse // Global warming and deadly avalanches in Switzerland

Plusieurs études ont montré que le réchauffement climatique accroît les risques d’avalanche. On observe de plus en plus de longues périodes sèches, froides et sans précipitations alternant avec des chutes de neige brèves mais abondantes. Les périodes sèches favorisent la formation de couches fragiles à la surface du manteau neigeux. Ces couches fragiles sont ensuite recouvertes par une nouvelle neige. Les conditions sont alors réunies pour un déclenchement d’avalanches de plaques. Les études montrent que 90% des accidents mortels sont causés par ce type se situation nivale. Très souvent, c’est le skieur qui déclenche l’avalanche qui va l’ensevelir.
De plus, avec la hausse en altitude de la limite pluie/neige, on observe une augmentation de la densité des couches supérieures du manteau neigeux par humidification. Cela signifie que les contraintes exercées sur les couches fragiles en dessous sont plus fortes et peuvent provoquer leur rupture.

Ces nouvelles conditions du manteau neigeux liées au réchauffement climatique expliquent en grande partie le bilan très lourd des avalanches en Suisse pendant l’hiver 2020-2021. 27 skieurs avaient perdu la vie le 31 mars 2021, date des dernières statistiques. C’est 50% de plus que la moyenne pendant cette la période hivernale. 296 personnes ont été surprises par des avalanches, soit une hausse de 67%. La moyenne était de 177 au cours des 20 dernières années.

Parmi toutes les avalanches, 215 ont été déclenchées par des skieurs ou des randonneurs, contre 113 au cours des 20 dernières années.  Au cours de cette même période, 18 skieurs avaient péri dans des avalanches. Au cours du seul hiver 2020-2021, 11 randonneurs a ski et 6 pratiquants du hors piste ont perdu la vie. L’accident le plus meurtrier a eu lieu dans la région de Verbier où 7 personnes – dont une championne olympique française de snowboard – ont été emportées à jamais par des avalanches.

Source : WSL Institut pour l’étude de la neige et des avalanches SLF.

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Several studies have shown that global warming increases the risk of avalanches. Long dry, cold and precipitation-free periods are increasingly observed, alternating with brief but heavy snowfalls. Dry periods favour the formation of fragile layers on the surface of the snowpack. These fragile layers are then covered with new snow. The conditions are then ripe for the triggering of plate avalanches. Studies show that 90% of fatal accidents are caused by this type of snow situation. Very often, the skier triggers the avalanche who will bury him.

In addition, with the increase in altitude of the rain / snow limit, one can observe an increase in the density of the upper layers of the snowpack by humidification. This means that the stresses exerted on the fragile layers below are greater and can cause them to break.

These new snowpack conditions linked to global warming largely explain the very heavy toll of avalanches in Switzerland during the winter of 2020-2021. 27 skiers had been killed on March 31st, 2021, the date of the latest statistics. This is 50% more than the average during this winter period. 296 people were surprised by avalanches, an increase of 67%. The average was 177 over the past 20 years.

Of all the avalanches, 215 were triggered by skiers or hikers, up from 113 in the past 20 years. During this same period, 18 skiers were killed in avalanches. During the winter of 2020-2021 alone, 11 ski tourers and 6 free-riders lost their lives. The deadliest accident took place in the Verbier region where 7 people – including a French Olympic snowboard champion – were swept away by avalanches forever.

Source: WSL Institute for Snow and Avalanche Research.

Photo: C. Grandpey

Solidarité caraïbe

Un article paru sur le site Martinique la 1ère montre que toute la Caraïbe se sent concernée par ce qui se passe à St Vincent-et-les-Grenadines avec l’éruption de La Soufrière. Toutes les îles sont prêtes à aider leur voisine en difficulté.

Il est vrai que la plupart des composantes de l’arc antillais sont sous la menace d’une éruption. On l’a vu avec celle de la Montagne Pelée et ses quelque 28 000 victimes en 1902, ou celle de Soufriere Hills à Montserrat en 1995. Plusieurs autres édifices volcaniques sur terre ou au fond de l’océan peuvent se réveiller à tout moment.

A l’occasion de l’éruption en cours sur la Soufrière de St Vincent, il est prévu d’accueillir à  la Barbade, à Sainte-Lucie et à Antigua 20 000 personnes réfugiées, sur  110 000 habitants de St Vincent. La  Martinique ne fait pas partie des hébergeurs potentiels, même si l’île dispose d’infrastructures performantes pour affronter une crise majeure.

La raison, c’est que la Martinique ne fait plus tout à fait partie de la Caraïbe, ce qui n’était pas le cas il n’y a pas si longtemps. L’article explique que l’île est certes un membre associé de la Caricom, mais elle n’y occupe plus une position centrale. Les relations avec les îles voisines de la Caraïbe sont irrégulières et épisodiques. Désormais, la Martinique est davantage tournée vers la France et l’Europe.

En revanche, les relations personnelles, comme les échanges sportifs et culturels restent bien présents. Si besoin est, la Martinique saura se mobiliser pour aider Saint Vincent à se sortir de ce mauvais pas. De plus, en fonction des vents, la Martinique n’est pas à l’abri de l’arrivée de cendres volcaniques ou d’un tsunami provoqué par de violents séismes. La distance entre la Martinique et Saint-Vincent n’est que de 177 kilomètres.

L’auteur de l’article explique que la solidarité des Martiniquais sera d’autant plus facile qu’il existe des relations anciennes très fortes avec Saint-Vincent. L’île a été l’un des refuges de des nèg mawon martiniquais lorsque l’esclavage a été interdit dans les possessions de la Grande-Bretagne, quinze ans avant celles de la France.

Auparavant, Saint-Vincent a été une plaque tournante de la rébellion des captifs africains échappés des bateaux négriers ou des plantations, alliés aux natifs de l’île, les Kalinagos – improprement appelés Caraïbes par les colons français. Ces opprimés n’ont pas cessé de guerroyer contre les colons et leurs milices. Des captifs évadés se sont établis dans l’île, s’y sont mariés et ont donné naissance à un peuple nouveau, les Garifunas, déportés plus tard en Amérique centrale par les Anglais.

Les souvenirs de cette époque montrent que les relations entre Martinique et Saint-Vincent ont de solides racines. La solidarité géographique et culturelle de Martinique vers Saint-Vincent ne sera pas donc un vain mot.

St Vincent sous la cendre de La Soufrière (Source : UWI)

La Soufrière de St Vincent : la crainte de revoir l’éruption de 1902 // St Vincent’s La Soufriere : The fear of another 1902 eruption

Les volcanologues de l’UWI pensent qu’en plus des retombées de cendres, il y a maintenant le risque pour les localités de la zone ROUGE d’être détruites par des coulées pyroclastiques. Selon les scientifiques, «nous sommes rentrés dans la période d’éruption de 1902».

Les instruments montrent que l’activité éruptive de La Soufrière ne faiblit pas; il peut y avoir une pause, puis une autre période d’activité semblable à celle qui est observée actuellement. En ce moment, le schéma d’activité est le même que pendant l’éruption de 1902. Cela signifie que les éruptions causeront davantage de dégâts et de destructions, mais cela signifie également que le sud de l’île sera l’endroit le plus sûr.

Les événements explosifs se produisent avec une périodicité d’environ 1h30 – 2 heures. Les images satellites montrent également que ces explosions produisent du SO2 qui peut entraîner la formation de vog ou brouillard volcanique, une brume qui se compose de l’aérosol de gaz, de minuscules particules et des gouttelettes acides. Les émissions de SO2 à La Soufrière sont déjà les plus importantes des Caraïbes orientales depuis l’utilisation des satellites en 1979. Elles sont plus importantes que tous les événements explosifs mesurés lors de l’éruption de Soufrière Hills à Montserrat en 1995.

Source : Médias d’information locaux.

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UWI volcanologists think that in addition to the ashfall, there is now the risk for the communities in the RED Zone to be destroyed by pyroclastic flows. In their opinion, “we have re-entered the 1902 eruption period”.

The instruments show that activity at La Soufriere is not waning; there might be a break and then another period of the current activity. The ongoing activity pattern is similar to the 1902 eruption, it means that the eruptions will cause more damage and destruction, but it also means that the south of the island will be the safest place where to stay.

The explosive events occur with a periodicity of 1.5-2 hours. Satellite images also show that these explosions are still producing SO2 which may be the cause of vog or volcanic smog, a visible haze including the gas aerosol, tiny particles and acidic droplets. SO2 emissions at La Soufrière are already the largest in the Eastern Caribbean in the ‘satellite era’ (since 1979). They have been more significant than any of the explosive events measured during the eruption of Soufriere Hills volcano (Montserrat) which started in 1995..

Source: Local news media.

Source : UWI