COP 26 : Fonte de la glace de mer: A l’assaut de la Route du Nord! // COP 26 : Sea ice melting : Assault on the Northern Sea Route!

La nouvelle n’est pas vraiment un sccop. On sait depuis longtemps que la Russie, les États-Unis, le Japon et la Chine attendent avec impatience la fonte de la glace de mer dans l’Arctique pour avoir accès à de nouvelles voies de navigation plus courtes que celles que ces pays doivent emprunter actuellement. Alors que le réchauffement climatique est une menace pour la plupart des pays dans le monde, c’est une aubaine pour ces nations. En particulier, la Russie prévoit de commencer à expédier très bientôt et tout au long de l’année, des produits par la Route Maritime du Nord. Cela accélérerait considérablement le transport du gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Asie. Les autorités russes ont déclaré que le pays prévoyait d’utiliser toute l’année, à partir de l’année prochaine, la route maritime qui traverse l’Arctique au nord de la Russie. Une telle entreprise sera possible grâce à la fonte naturelle de la glace et avec l’aide des brise-glaces. Il convient de noter que la flotte de brise-glaces russe est bien plus importante que celle des États-Unis qui sont en retard dans ce domaine.
Les Russes ont déjà testé la nouvelle route maritime en 2021. En janvier, un méthanier russe transportant du GNL a fait pour la première fois un aller-retour en empruntant la Route Maritime du Nord au cœur de l’hiver. Il a atteint le port chinois de Jiangsu avant de retourner à Cap Dejnev dans l’est de la Russie. Un brise-glace à propulsion nucléaire a escorté le navire pendant son retour vers le port de Sabetta.
La Russie a transporté près de 18 millions de tonnes de GNL en empruntant la Route du Nord pendant une partie de l’année en 2019. Un accès toute l’année permettrait de transporter ce gaz plus rapidement et plus facilement vers l’ Asie et l’Europe sans avoir à négocier le passage par le Canal de Suez.
Cependant, il semble que, pour la Russie, les avantages à court terme du transport toute l’année sont limités par la capacité de ses usines de GNL. La nouvelle route permettra seulement à la Russie d’accéder aux marchés à moindre coût et de devenir un partenaire plus attrayant,
Les Russes ont indiqué que leur plus grande présence dans l’Arctique ira dans le sens du désir du président Vladimir Poutine de voir la Russie faire partie de la Route chinoise de la Soie, voie de navigation « mondiale et compétitive qui unit l’Asie du nord-est, de l’est et du sud-est à l’Europe. » Selon les derniers chiffres de l’Agence Internationale de l’Energie, la Russie est déjà le premier exportateur de gaz naturel au monde.

Source : Washington Examiner.

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The piece of news is not really a sccop. It has been known for quite a long time that Russia, the United States, Japan and China are eagerly waiting for the melting of sea ice in the Arctic to have access to new shorter navigation routes. While global warming is a real threat to most countries around the world, it is a blessing for these nations. More particularly, Russia expects to soon begin shipping products through the Northern Sea Route all year long, a plan that would speed up its transport of liquefied natural gas (LNG) to Asia. Russian officials say the country plans to utilize the route, which allows passage through the Arctic north of Russia, for year-round transport as soon as next year with the help of naturally thawing ice and icebreaking vessels. It should be noted that Russia’s fleet of iacebreakers if far larger than that of the U.S. which is late in that field.

The Russians have already tested the new route this year. In January, a Russian tanker carrying LNG made a round trip via the Northern Sea Route for the first time during the dead of winter, hitting the Chinese port of Jiangsu before returning to Cape Dezhnev in eastern Russia, where a nuclear-powered icebreaker escorted it back westward toward Sabetta.

Russia transported nearly 18 million metric tons of LNG through the route in 2019, operating only during part of the year, and year-round access would allow it to move that gas more quickly and easily to Asia and Europe without having to negotiate passage through the Suez Canal.

However, the short-term benefits to Russia of year-round transport are limited by the capacity of its LNG plants. It just makes Russia able to access markets more cheaply and become a more attractive partner,

The Russians have indicated they expect the expanded presence in the Arctic to better their edge, with President Vladimir Putin saying Russia would be part of China’s Maritime Silk Road as a “global and competitive route that connects northeastern, eastern, and southeastern Asia with Europe.” Russia is already the world’s top net exporter of natural gas, according to the latest numbers from the International Energy Agency.

Source: Washington Examiner.

Vue du brise glace à propulsion nucléaire 50 Let Pobedy capable d’escorter les méthaniers dans l’Arctique (Crédit photo: Wikipédia)

COP 26 : Les causes de la prolifération des sargasses // COP 26 : The causes of sargassum proliferation

J’ai évoqué plusieurs fois sur ce blog les bancs de sargasses, ces algues brunes qui ont envahi les Caraïbes et pourri la vie à la Martinique ou à la Guadeloupe. Lors de mes voyages en Martinique, j’ai pu me rendre compte de leur impact sur l’environnement et sur la santé des personnes.
Un groupe de chercheurs américains a identifié l’une des principales causes de ce phénomène : les eaux usées d’origine humaine et les eaux de ruissellement agricoles transportées par les rivières vers l’océan. En réalité, les scientifiques pensent que l’on a affaire à un phénomène complexe associant changement climatique, destruction de la forêt amazonienne et poussière en provenance de l’ouest du désert du Sahara. Cet ensemble de facteurs favorise très probablement les méga-proliférations de sargasses.
En juin 2018, les scientifiques ont enregistré la présence de 20 millions de tonnes d’algues, soit une augmentation de 1000% par rapport à 2011 pour ce même mois.
Une étude publiée en mai 2021 dans la revue Nature Communications a examiné la chimie des sargasses des années 1980 à 2019. Elle offre la preuve que l’eau de ruissellement des villes et des terres agricoles est un contributeur majeur à l’expansion de La Grande Ceinture des Sargasses de l’Atlantique qui s’étire aujourd’hui sur près de 9 000 kilomètres.
Cette étude a révélé que les sargasses prélevées récemment dans les eaux côtières entre le Brésil et le sud des États-Unis, y compris dans plusieurs pays des Caraïbes, contiennent des niveaux d’azote en moyenne 35 % plus élevés que dans les échantillons prélevés il y a plus de trente ans. L’azote se trouve dans les déchets humains et animaliers et dans les engrais. Les résultats de l’étude montrent que les eaux usées et le ruissellement agricole qui se déversent dans les rivières des Amériques puis dans l’océan favorisent la croissance des sargasses au large. Les courants océaniques transportent ensuite une grande partie de ces algues vers la mer des Caraïbes, où elles perturbent les économies côtières qui dépendent du tourisme.
Les échantillons d’algues prélevés montrent également une augmentation de 111% du rapport de l’azote au phosphore au cours de la même période. Ce ratio a été presque constant dans tous les océans du monde depuis des décennies. Ce changement prouve que la chimie de l’eau a été radicalement modifiée.
Une autre partie de l’étude insiste sur le rôle joué par le changement climatique. Avec la hausse des températures dans le monde, les scientifiques pensent que les pluies torrentielles s’intensifient dans certaines régions du globe, notamment en Amazonie. Ces précipitations très abondantes augmentent la fréquence des inondations, ce qui entraîne probablement plus de ruissellement riche en azote vers la mer. Les scientifiques notent que les inondations les plus importantes de l’Amazone en mars et avril véhiculent des bancs de nutriments à des centaines de kilomètres vers la mer, ce qui coïncide avec les principales proliférations de sargasses. A partir de là, les courants font remonter les algues le long de de la côte du Venezuela, puis dans la mer des Caraïbes et parfois même plus au nord dans le golfe du Mexique. Le changement climatique provoque également des ouragans plus puissants qui extraient plus de nutriments des fonds marins est sont susceptibles de fertiliser les sargasses.
Comme mentionné ci-dessus, la poussière du désert du Sahara contribue elle aussi à la prolifération des sargasses. En effet, au fur et à mesure que les particules sont emportées vers l’ouest et traversent l’océan Atlantique, elles rencontrent des nuages et se retrouvent au sol avec la pluie, sous forme de dépôts fertilisants de fer et de phosphore dans l’eau.
Il faudra des années de financement et de recherche pour prouver exactement dans quelle mesure chacun des facteurs que l’on vient de mentionner contribue à la prolifération des sargasses.
Selon les auteurs de l’étude, ce phénomène se poursuivra jusqu’à ce qu’il y ait un changement de politique de la part des états concernés. Le Brésil, par exemple, pourrait décider des ralentir la déforestation qui a conduit à une intensification de l’élevage. Un tel élevage permet inévitablement à la terre meuble, au fumier et aux engrais de se déverser dans les rivières.
Source : Yahoo News.

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La Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) a décidé de prendre les choses en main pour lutter contre l’envahissement des sargasses. La conseillère exécutive en charge des fonds européens a présenté deux demandes de financement pour des barrages dédiés à la ville du Robert, particulièrement touchée par les vagues successives d’algues brunes. Le coût de l’opération est estimé à environ 1,200 000 million d’euros dont 700 000 euros de fonds communautaires.

Lors des débats, majorité et opposition ont souligné « l’absence de l’Etat » qui a été accusé d’être « totalement défaillant ».

Une autre demande de financement concerne les effets des algues indésirables sur la santé des populations exposées, problème que j’ai exposé dans des notes précédentes. L’étude permettra de caractériser les conséquences sur la santé, ainsi que la mise en œuvre de mesures préventives et la prise en charge médicale. Le résultat de cette étude devrait aboutir à « l’élaboration d’un plan régional de santé publique ».

Source: Martinique la 1ère.

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I have mentioned several times on this blog the shoals of Sargassum, the brown seaweed that invaded the Carribean. During my trips to Martinique, I could realize their impact on the environment and on people’s health.

A group of U.S. researchers has fingered a prime suspect: human sewage and agricultural runoff carried by rivers to the ocean. This nutrient-charged outflow is just one of several likely culprits fueling an explosion off sargassum in warm waters of the Americas. Scientists suspect a complex mix of climate change, Amazon rainforest destruction and dust blowing west from the Sahara Desert may be fueling mega-blooms of the sargassum.

In June 2018, scientists recorded 20 million metric tons of seaweed, a 1,000% increase compared with the 2011 bloom for that month.

A recent study published in May 2021 in the journal Nature Communications examined the chemistry of sargassum from the 1980s up to 2019. It offers the strongest evidence that water coming from city and farm runoff has been a major contributor to the expansion of the so-called Great Atlantic Sargassum Belt, which now stretches for nearly 9,000 kilometers.

That study found that sargassum collected recently in coastal waters from Brazil to the southern United States, and including several Caribbean nations, contained levels of nitrogen that were 35% higher on average than in samples taken more than three decades earlier.

Nitrogen is found in human and animal waste and in fertilizers. The results suggest that sewage and farm runoff that is flowing into rivers throughout the Americas and then on to the ocean is feeding offshore sargassum growth. Currents carry much of this seaweed to the Caribbean Sea, where it is disrupting the region’s tourism-dependent coastal economies.

The samples also showed, for example, a 111% rise in the ratio of nitrogen to phosphorus during the same time frame. That ratio has been nearly constant across the world’s oceans going back decades. The change suggests the water chemistry has been radically altered..

Another part of the study insists on the part played by climate change. As global temperatures rise, scientists believe that rainstorms are intensifying in certain areas of the globe, including over the Amazon. Those storms are increasing the frequency of extreme flooding, which likely is pushing more nitrogen-rich runoff out to sea. Experts note that peak Amazon River flooding pushes a plume of nutrients hundreds of kilometers out to sea in March and April, coinciding with major sargassum blooms. From there, currents push the seaweed around the coast of Venezuela into the Caribbean Sea and sometimes even farther north into the Gulf of Mexico. Climate change is also fueling stronger hurricanes, which at sea are pulling more nutrients up from the seabed to potentially fertilize sargassum.

As mentioned above, dust from the Sahara Desert could be contributing to the sargassum boom. Indeed, as the particles are blown westward over the Atlantic Ocean, they run into clouds and get rained down as fertilizing iron and phosphorus deposits in the water.

Proving exactly how much each of these factors might be contributing to sargassum’s growth will take years of funding and research.

According to the authors of the study, this phenomenon will continue until there is a change in public policy. Brazil, for example, could slow deforestation, which has led to a boom in cattle ranching that allows loose soil, manure and fertilizer to wash into rivers.

Source: Yahoo News.

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The Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) has decided to take matters into its own hands to fight against the invasion of Sargassum. The executive advisor in charge of European funds has presented two funding requests for dams dedicated to the town of Robert, particularly affected by the successive waves of brown algae. The cost of the operation is estimated at around 1,200,000 million euros, including 700,000 euros from Community funds.
During the debates, the majority and the opposition stressed « the absence of the State » which was accused of being « totally failing ».
Another request for funding concerns the effects of the algae on the health of exposed populations, an issue I have outlined in previous posts. The study will characterize the consequences on health, as well as the implementation of preventive measures and medical care. The result of this study should lead to « the development of a regional public health plan ».
Source: Martinique la 1ère.

Sargasses à la Martinique (Photos: C. Grandpey)

COP 26 : les archipels du Pacifique et le réchauffement climatique // COP 26 : Pacific Ocean archipelagoes and global warming

Avant la COP 26, il est apparu qu’un tiers des petits États et territoires insulaires du Pacifique ne seraient pas en mesure d’envoyer des représentants de leurs gouvernements au sommet de Glasgow en raison des restrictions de voyage dues à la pandémie de COVID-19.
Le manque de représentation à la COP a fait craindre que les préoccupations de ces pays, qui sont parmi les plus menacés par la crise climatique, soient laissées de côté par les participants à la Conférence.
En octobre, un rapport de la Banque mondiale a révélé que l’élévation prévue du niveau de la mer pourrait coûter son statut de nation aux îles Marshall, un archipel situé dans le Pacifique nord à mi-chemin entre Hawaï et l’Australie. L’archipel a une population de 59 000 habitants et une superficie de seulement 180 kilomètres carrés, avec 1 156 îles individuelles. C’est l’un des pays les plus menacés de disparition en raison de l’élévation du niveau de la mer.

Toujours dans le Pacifique, très peu de gens ont entendu parler des Tuvalu, un archipel de la sous-région polynésienne de l’Océanie. Les îles sont situées à mi-chemin entre Hawaï et l’Australie. Les Tuvalu se composent de trois îles récifales et de six atolls. L’archipel comptait 10 507 habitants en 2017. La superficie totale des Tuvalu est de 26 kilomètres carrés.
Le territoire est devenu totalement indépendant au sein du Commonwealth le 1er octobre 1978. Le 5 septembre 2000, il est devenu le 189ème membre des Nations Unies.
Les Tuvalu n’ont pas de représentant physique à la COP 26 de Glasgow, mais le gouvernement a envoyé une vidéo montrant le ministre des Affaires étrangères en train de prononcer un discours. Les participants à la Conférence le verront debout, avec de l’eau jusqu’aux genoux, pour montrer à quel point sa nation insulaire du Pacifique est en première ligne du réchauffement climatique. Le ministre porte un costume et une cravate; ses jambes de pantalon sont retroussées. Il se tient derrière un pupitre installé dans la mer. La vidéo a déjà été largement partagée sur les réseaux sociaux,
Source : Presse internationale.

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Before Cop26, it emerged that one-third of Pacific small island states and territories would be unable to send any government figures to the summit in Glasgow due to Covid-19 travel restrictions.

The lack of high-level representation of Pacific nations at the meeting led to fears that the concerns of these countries, which are among those most at risk due to the climate crisis, would not be appropriately represented at the summit.

In October, a World Bank report said that projected sea level rise could cost the Marshall Islands, a country in the north Pacific halfway between Hawaii and Australia, its status as a nation.

It has a population of 59,000 and a land mass of just 180 square kilometres, consisting of 1,156 individual islands. It is one of the countries considered most at risk of disappearing due to sea level rise.

Still in the Pacific Ocean, very few people have heard about Tuvalu, an archipelago in the Polynesian subregion of Oceania in the Pacific Ocean. The islands are situated about midway between Hawaii and Australia. Tuvalu is composed of three reef islands and six atolls It had a population of 10,507 in 2017. The total land area of the islands of Tuvalu is 26 square kilometres.

Tuvalu became fully independent within the Commonwealth on October 1st,1978. On September 5th, 2000, it became the 189th member of the United Nations.

Tuvalu has no physical representaive at the Glasgow COP 26 but it has sent a video showing its foreign minister delivering a speech. The Conference participants will see him standing knee-deep in seawater to show how his low-lying Pacific island nation is on the front line of climate change. He is wearing a suit and tie at a lectern set up in the sea, with his trouser legs rolled up. The video has already been shared widely on social media, drawing attention to Tuvalu’s struggle against rising sea levels.

Source: International press.

Source: Tuvalu government

Faut-il bombarder le Cumbre Vieja (La Palma)? // Should bombs be dropped on Cumbre Vieja (La Palma)?

Devant l’ampleur de l’éruption du Cumbre Vieja et les dégâts qu’elle cause, le président du Cabildo de La Gomera a suggéré de bombarder le volcan afin de contrôler l’écoulement de la lave. Il a ensuite déclaré que son idée était absurde et que l’on avait déformé la finalité de ses propos.

L’idée de bombarder une coulée de lave n’est pas nouvelle. Elle a été mise en pratique sur plusieurs sites éruptifs. C’est ainsi qu’un largage de bombes par des avions de l’US Army Air Corp sur la coulée de lave Humu’ula du Mauna Loa a eu lieu le 27 décembre 1935. Vous trouverez le descriptif de cet événement dans des notes que j’ai rédigées sur ce blog les 23 et 24 août 2020.

Vue aérienne de l’explosion d’une bombe sur la coulée de 1935 du Mauna Loa; (Photo prise le 27 décembre 1935 par l’armée américaine).

Plus tard, en 1983, une tentative de détournement de la lave a été effectuée sur l’Etna. Ce ne sont pas des avions qui ont largué des bombes. Des explosifs ont été insérés dans les parois d’un chenal de lave afin de l’éventrer et obliger la lave à suivre une trajectoire différente. Cette technique a été utilisée lorsque la lave menaçait certains centres habités situés sur les pentes du volcan. L’événement a suscité de nombreuses critiques, tant de la part d’autres vulcanologues que d’environnementalistes. Haroun Tazieff m’a expliqué un jour qu’il était délicat, d’un point de vue juridique, d’envoyer la lave sur des terres qui auraient été épargnées sans cette intervention de l’homme.

Photo: C. Grandpey

10 ans plus tard, lors de l’éruption de 1991-1993, des explosifs ont été à nouveau utilisés sur l’Etna au cours de l’opération « thrombose ». Dans un premier temps, une tentative a été faite pour modifier la coulée de lave qui menaçait la ville de Zafferana. On a construit des barrages et introduit des blocs de béton dans les tunnels de lave pour essayer de bloquer la lave et la faire refouler. Ensuite,au mois de mai 1992, les explosifs ont été à nouveau utilisés pour forcer la lave à emprunter un nouveau chenal préalablement creusé. L’opération a été un succès, bien aidé par l’éruption qui avait beaucoup baissé d’intensité.

Photo: C. Grandpey

S’agissant du Cumbre Vieja, volcan strombolien lui aussi, l’environnement est très différent de celui de son homologue sicilien. Les bourgades siciliennes sont situées à une distance beaucoup plus grande des bouches éruptives et il faut beaucoup plus de temps à la lave pour les atteindre. En 1991, la lave s’est arrêtée aux portes de Zarfferana Etnea. Hormis quelques vergers, quelques vignes et un bâtiment agricole, il n’y a pas eu de dégâts. Par contre, en 1928, Mascali a été détruite par la lave.

La lave aux portes de Zafferana (Photo: C. Grandpey)

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Faced with the scale of the Cumbre Vieja eruption, the president of Cabildo de La Gomera proposed to bomb the volcano in order to control the flow of lava. He then declared that his idea was absurd and that the purpose of his words had been distorted.
The idea of ​​bombarding a lava flow is not new. It has been put into practice on several eruptive sites. Thus a bomb drop by US Army Air Corp planes on the Humu’ula lava flow of Mauna Loa took place on December 27th, 1935. You will find the description of this event in notes that I wrote on this blog on August 23 and 24, 2020.

Later, in 1983, an attempt to divert lava was made on Mt Etna. It was not planes that dropped bombs. Explosives were inserted into the walls of a lava channel in order to break it open and force the lava to follow a different path. This technique was used when lava threatened populated areas on the slopes of the volcano. The event drew much criticism from both other vulcanologists and environmentalists. Haroun Tazieff explained to me that it was difficult, from a legal point of view, to send lava on land that would have been spared without this human intervention.

10 years later, during the eruption of 1991-1993, explosives were used again on Mt Etna during the « thrombosis » operation. At first, an attempt was made to modify the lava flow that threatened the town of Zafferana Etnea. Dams were built and the army put concrete blocks in the lava tunnels to try to block the lava and push it back. Then, in May 1992, the explosives were again used to force the lava through a new channel previously dug. The operation was a success, much helped by the eruption which had diminished considerably.

Regarding Cumbre Vieja, also a Strombolian volcano, the environment is very different from that of its Sicilian counterpart. The Sicilian villages are located at a much greater distance from the eruptive vents and it takes much longer for the lava to reach them. In 1991, the lava stopped a fewhundred metres from Zarfferana Etnea. Apart from a few orchards, a few vines and a farm building, there was no damage. On the other hand, in 1928, Mascali was destroyed by lava.