Quelques nouvelles de Yellowstone (Etats Unis) // Some news from Yellowstone (United States)

En juin 2022, des précipitations sans précédent ont provoqué d’importantes inondations, des glissements de terrain et des coulées de boue dans le Parc national de Yellowstone. Les routes, les systèmes d’approvisionnement en eau et d’évacuation des eaux usées, les lignes électriques et d’autres infrastructures essentielles ont subi de gros dégâts.
Moins de trois semaines après cette inondation majeure, les circuits routiers sud et nord du parc ont été rouverts au public. Environ 93 % des routes goudronnées sont actuellement ouvertes au public. La carte ci-dessous montre les secteurs où des travaux sont en cours et où vous serez probablement retardés.

Source: National Park Service

Yellowstone a défrayé la chronique ces derniers jours avec la découverte d’un pied à l’intérieur d’une chaussure en train de flotter sur Abyss Pool, l’une des sources chaudes du West Thumb Geyser Basin. Tout liasse à penser qu’un accident impliquant une seule personne a eu lieu le matin du 31 juillet 2022. Les responsables du Parc pensent qu’il ne s’agit pas d’un acte criminel, mais l’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances du décès.
Le West Thumb Geyser Basin et le parking ont été temporairement fermés aux visiteurs. Abyss Pool a une profondeur de plus de 15 mètres. C’est l’une des sources chaudes les plus profondes du Parc avec une température d’environ 60°C.

Abyss Pool (Photo: C. Grandpey)

Les autorités du Parc national de Yellowstone rappellent aux visiteurs de rester sur les caillebotis et les sentiers dans les zones hydrothermales et d’être extrêmement prudents. Le sol dans ces zones est fragile et mince avec de l’eau à haute température juste sous la surface.

Photo: C. Grandpey

En 2016, un homme de 23 ans de l’Oregon est décédé après avoir glissé dans une source brûlante du Norris Geyser Basin, dans un endroit interdit d’accès. L’eau était à plus de 100 degrés Celsius et très acide. Les responsables du Parc n’ont jamais pu retrouver les restes du visiteur. Ils pensent que la haute température de la source chaude, associée à sa nature acide, a dissous le corps. Seuls un portefeuille et une paire de tongs ont été récupérés.
Source : Service des parcs nationaux.

Norris Geyser Basin, l’un des sites les plus chauds et les plus dangereux de Yellowstone (Photo: C. Grandpey)

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In June 2022, unprecedented amounts of rainfall caused substantial flooding, rockslides, and mudslides within Yellowstone National Park. Historic water levels caused severe damage to roads, water and wastewater systems, power lines, and other critical park infrastructure.

Less than three weeks after this major flood event, the south and north loops of the park opened to the visiting public. Approximately 93% of paved roads is currently open to the public The map below shows you where road work is underway and where you should expect delays.

Carte

Yellowstone made the headlinesduring the last days with the discovery of a partial foot inside a shoe floating on Abyss Pool. Evidence suggests an incident involving one person likely occurred on the morning of July 31st, 2022. Officials believe there was no foul play, but the investigation is continuing to determine the circumstances of the death.

The West Thumb Geyser Basin – where abyss pool is located – and parking lot were temporarily closed to visitors. Abyss Pool has a depth of more than 15 meters. It is one of the deepest hot springs in the park with a temperature of around 60°C.

Yellowstone National Park reminds visitors to stay on boardwalks and trails in thermal areas and to be extremely cautious around thermal features. The ground in hydrothermal areas is fragile and thin with scalding water just below the surface.

In 2016, a 23-year-old Oregon man died after slipping into a scalding pool at the Norris Geyser Basin while attempting to take a dip in a closed location. The pool was over 100 degrees Celsius and highly acidic. Park officials were never able to find the remains of the visitor. The consensus among the rescue team was that the extreme heat of the hot spring, coupled with its acidic nature, dissolved the body. Only a wallet and a pair of flip-flops were recovered.

Source: National Park Service.

Chutes mortelles dans les Alpes

Avec les dernières vagues de chaleur, le massif alpin a beaucoup souffert et plusieurs accidents mortels se sont produits. Comme je l’ai indiqué précédemment, le dégel du permafrost de roche rend les parois rocheuses plus instables, avec de nombreuses chutes de blocs. Les glaciers se modifient également, avec ‘apparition de nouvelles crevasses. C’est la raison pour laquelle deux refuges permettant l’ascension du mont Blanc ont été fermés.

En vacances dans les Alpes, un chef d’entreprise aveyronnais a trouvé la mort aux abords du mont Blanc, sur le glacier des Pélerins, entre l’aiguille du Plan et l’aiguille du Midi. Il se trouvait sur la moraine du glacier, un amas de roches très raide et relativement instable à cause des dernières périodes de forte chaleur qui ont accéléré la fonte de la glace.

Le 12 août, le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix est intervenu sur un accident survenu sur la voie normale du Peigne. Deux jeunes femmes, une aspirante guide et sa cliente, sont décédées alors qu’elles pratiquaient l’alpinisme. L’accompagnatrice était Adèle Milloz, championne du monde de ski alpinisme.

Quelques jours auparavant, le 9 août, deux alpinistes français, disparus depuis la veille, ont été retrouvés morts dans le massif des Hautes-Alpes. Ils faisaient partie d’ une cordée d’amateurs qui a dévissé dans l’ascension d’un sommet de l’Olan et qui est tombée dans la rimaye, une crevasse au pied des parois d’un glacier.

Fin juillet déjà, un couple tchèque y avait mortellement chuté.au fond d’une crevasse du Glacier Blanc, dans le massif des Écrins. Ils étaient bien équipés mais les conditions pour aller sur la Barre des Écrins sont très difficiles en ce moment car les crevasses sont beaucoup plus nombreuses avec la chaleur et la fonte du glacier.

Autre signe de l’impact des vagues de chaleur sur la haute montagne, le refuge de l’Aigle a fermé le 14 août à cause de la sécheresse et du risque d’éboulements En conséquence, certaines ascensions, sur la Meije notamment, ne se font quasiment plus. Les guides de montagne sont obligés de s’adapter et de proposer d’autres courses à leurs clients dans les Écrins.

Massif de la Meije (Photo: C. Grandpey)

La fonte des glaciers dans les Alpes du Sud (France)

On peut voir sur le site web du Huffington Post une superbe photo aérienne du massif du sud des Alpes, culminant à 4 102 mètres à la Barre des Ecrins. L’image est particulièrement révélatrice de l’impact,du réchauffement climatique sur les glaciers et sur la neige.

Le massif des Écrins, avec son Glacier Blanc et les quatre sommets du Mont Pelvoux, a perdu la quasi-totalité de son manteau neigeux et glaciaire. Les records de chaleur enregistrés au cours de l’été 2022, même en altitude, n’ont fait qu’aggraver la situation. Seules quelques neiges éternelles sur les faces nord des plus hauts sommets ou les lacs pro-glaciaires du glacier de l’Arsine, au premier plan de la photo, contrastent avec l’ensemble grisâtre du massif. Le sable qui avait été transporté par le vent depuis le Sahara, apparaît également sur la photo.

Des images comparatives entre 1895, 1983 et 2022, publiés dans le journal Le Monde fin juillet témoignent de l’impact du réchauffement climatique sur le Glacier-Blanc, situé sur la face nord de la Barre des Écrins. Il a reculé de 1 kilomètre depuis 35 ans, à raison de 60 mètres par an.

Les glaciologues ajoutent que la fonte des glaciers s’est accélérée au cours des sept dernières années. Dans ces conditions, on s’attend à un bilan de masse historiquement déficitaire pour le Glacier Blanc, au moins équivalent au record de fonte de 2003, voire pire. On observe des chutes de blocs de glace quotidiennes ou encore un tarissement de l’eau qui approvisionne le Refuge du Glacier Blanc depuis les névés.

A côté du Glacier Blanc, un constat identique est établi au niveau des langues glaciaires d’Ailefroide, de la Momie, des Violettes et du Pelvoux. La moitié des 120 glaciers recensés sur le massif en 1950 ont disparu. La perte de glace risque atteindre 90 à 95 % dans les Écrins à l’horizon 2100..

La disparition des glaciers et des névés met à jour des crevasses et des fissures qui représentent un réel danger pour les alpinistes.  Plusieurs sont morts au cours des dernières semaines. Ce sera le sujet de la note de demain.

Triste, triste…

Source: Huffington Post.

 

Crédit photo : Davide Asnicar, Université de Padoue

 

Vue comparative des Alpes du Sud en juillet 2018 et août 2022 (Satellite Sentinel / Copernicus)

Vues du Glacier Blanc depuis le Pré de Madame Carle en 2020 (Photos: C. Grandpey)

Le casse-tête des panneaux solaires en Californie // Solar panels are a headache in California

À partir de 2006, la Californie, désireuse d’inciter la population à adopter l’énergie solaire, a versé des subventions aux propriétaires qui acceptaient d’installer des panneaux photovoltaïques, mais sans mettre en place un plan pour leur élimination une fois leur durée de vie arrivée à son terme. Aujourd’hui, 25 ans plus tard, ces panneaux approchent de la fin de leur cycle de vie. C’est pourquoi un grand nombre d’entre eux finissent dans des décharges. Des composants qui contiennent des métaux lourds toxiques tels que le sélénium et le cadmium risquent de contaminer les nappes phréatiques. Seul un panneau sur 10 est réellement recyclé. Cette situation illustre à quel point une politique environnementale peut provoquer des dangers que personne n’avait anticipés.
La Californie – le Sunshine State – a adopté de bonne heure l’énergie solaire. Au début, les petits avantages accordés par le gouvernement n’ont guère fait baisser le prix des panneaux photovoltaïques ou encouragé leur vente. Tout a changé en 2006 lorsque les Californiens ont reçu 3,3 milliards de dollars de subventions pour l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toits de leurs maisons. La mesure a dépassé ses objectifs; elle a fait baisser le prix des panneaux et augmenté la part de l’électricité produite par l’État grâce au soleil. Grâce aux différentes mesures, le solaire représente désormais 15 % de la production d’électricité en Californie.
Alors que l’État poursuivait son programme d’énergies renouvelables, la question de la gestion des déchets toxiques n’a jamais été vraiment abordée. Aujourd’hui, les autorités locales et les fabricants de panneaux se rendent compte qu’ils n’ont pas la capacité de faire face au problème. Tout l’accent a été mis sur la construction de cette énergie renouvelable, mais peu d’attention a été accordée à la fin de vie de ses supports.
Le plus inquiétant, c’est que, l’élimination des panneaux solaires usagés ne se limite pas à la Californie; c’est aussi un problème à l’échelle nationale. Environ 140 000 panneaux sont installés chaque jour aux États-Unis, et ce chiffre devrait quadrupler entre 2020 et 2030.
80% d’un panneau photovoltaïque classique est composé de matériaux recyclables, mais les démonter et récupérer le verre, l’argent et le silicium est extrêmement difficile. Le recyclage des panneaux n’est pas un processus simple. Des équipements et des ouvriers hautement qualifiés sont nécessaires pour séparer le cadre en aluminium et la boîte de jonction du panneau sans le briser en mille morceaux de verre. Des fours spécialisés sont utilisés pour chauffer les panneaux afin de récupérer le silicium. Dans la plupart des États, les panneaux sont classés comme matières dangereuses, ce qui nécessite des restrictions coûteuses sur l’emballage, le transport et le stockage.
La plupart des recherches sur les panneaux photovoltaïques se concentrent sur la récupération du silicium pour que le recyclage soit économiquement rentable. Le National Renewable Energy Laboratory a estimé qu’il faut dépenser 20 à 30 dollars pour recycler un panneau contre 1 à 2 dollars pour l’envoyer dans une décharge.
Le nombre de panneaux solaires installés au cours de la prochaine décennie devrait dépasser les centaines de millions rien qu’en Californie, et le recyclage deviendra alors crucial avec un plus grand nombre de panneaux moins chers et d’une durée de vie plus courte. Selon les scientifiques, le problème est largement dû au manque de sensibilisation des consommateurs à la toxicité des matériaux contenus dans les panneaux et à leur élimination. Les panneaux sont maintenant considérés comme des déchets classiques et peuvent être collectés auprès de plus de 400 gestionnaires en Californie; ils sont ensuite acheminés vers des installations d’élimination, de réutilisation ou de recyclage.
En Europe, une réglementation récente impose aux fabricants de prendre en compte une élimination responsable de leurs produits en fin de vie. Elle oblige tous les fabricants de panneaux dans les pays de l’UE de financer la collecte et le recyclage en fin de vie.
Une législation similaire a été tentée dans plusieurs États américains, dont l’Etat de Washington, où un programme obligera les fabricants de panneaux photovoltaïques à financer leur recyclage en fin de vie. La législation a été adoptée en 2017 et entrera en vigueur en 2025. Il s’agit de la seule loi sur la responsabilité des fabricants aux États-Unis. Cela fait partie d’une stratégie plus large dans l’industrie du recyclage dans laquelle le coût du recyclage est intégré au coût d’un produit lors de son achat. Les entités commerciales qui vendent les produits deviennent responsables des coûts de fin de vie, y compris les coûts de recyclage.
Source : Los Angeles Times.

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Beginning in 2006, California, focused on how to incentivize people to take up solar power, showered subsidies on homeowners who installed photovoltaic panels but had no comprehensive plan to dispose of them. Now, panels purchased under those programs are nearing the end of their 25-year lifecycle.

Many panels are already winding up in landfills, where components that contain toxic heavy metals such as selenium and cadmium can contaminate groundwater. Only 1 in 10 panels are actually recycled. This situation illustrates how cutting-edge environmental policy can create unforeseen hazards down the road.

California came early to solar power. Small governmental rebates did little to bring down the price of solar panels or to encourage their adoption. Everything changed in 2006 when Californians were granted $3.3 billion in subsidies for installing solar panels on rooftops. The measure exceeded its goals, bringing down the price of solar panels and boosting the share of the state’s electricity produced by the sun. Because of that and other measures, solar power now accounts for 15% of California’s power.

But as the State barreled ahead on its renewable-energy program, questions about how to handle the toxic waste that would accrue years later were never fully addressed. Now, both local authorities and panel manufacturers are realizing that they don’t have the capacity to handle what comes next. While all the focus has been on building this renewable capacity, not much consideration has been put on the end of life of these technologies.

Actually, the disposal of used solar panels is not just a problem in California but also nationwide. About 140,000 panels are installed every day in the United States, and the solar industry is expected to quadruple in size between 2020 and 2030.

Although 80% of a typical photovoltaic panel is made of recyclable materials, disassembling them and recovering the glass, silver and silicon is extremely difficult. Recycling solar panels is not a simple process. Highly specialized equipment and workers are needed to separate the aluminum frame and junction box from the panel without shattering it into glass shards. Specialized furnaces are used to heat panels to recover silicon. In most states, panels are classified as hazardous materials, which require expensive restrictions on packaging, transport and storage.

Most research on photovoltaic panels is focused on recovering solar-grade silicon to make recycling economically viable. That skews the economic incentives against recycling. The National Renewable Energy Laboratory estimated that it costs roughly $20 to $30 to recycle a panel versus $1 to $2 to send it to a landfill.

The number of installed solar panels in the next decade is expected to exceed hundreds of millions in California alone, and recycling will become even more crucial as cheaper panels with shorter lifespans become more popular. According to experts, the lack of consumer awareness about the toxicity of materials in the panels and how to dispose of them is part of the problem. Now, panels are classified as universal waste and can be collected at more than 400 universal waste handlers in California, where they are then assessed and transported to disposal, reuse or recycle facilities.

In Europe, a recently enacted regulation places responsibility on producers for supporting their products through responsible end-of-life disposal. It requires all producers that manufacture panels for countries in the EU to finance end-of-life collection and recycling.

Similar legislation has been attempted in several U.S. states, including Washington, where a program will require solar panel manufacturers to finance end-of-life recycling. The initiative was passed in 2017 and will begin implementation in 2025. It’s the only producer-responsibility law in the United States. It’s part of a larger strategy in the recycling industry in which the cost of recycling is built into the cost of a product at its initial purchase. Business entities in the product chain become responsible for end-of-life costs, including recycling costs.

Source: Los Angeles Times.

Centrale solaire en Californie (Crédit photo: Wikipedia)