Le glacier des Sources de l’Isère (Savoie)

L’une de mes randonnées préférées dans le Parc National de la Vanoise commence au Pont St Charles, dans l’un des virages du col de l’Iseran que j’ai eu l’occasion de grimper à vélo quand mes jambes étaient plus jeunes. Après s’être élevé au-dessus du parking, le sentier longe une gorge étroite au fond de laquelle coule la jeune rivière Isère qui prend sa source en Savoie. On aperçoit le glacier des Sources de l’Isère en avançant dans le vallon du Prariond, au milieu de la flore estivale et des marmottes. Le sentier fait ensuite gravir le Replat de la Grande Tête où l’on a de fortes chances d’être accompagné par les bouquetins. Un dernier coup de rein permet d’atteindre le col de la Galise qui marque la frontière entre la France et l’Italie, tout en offrant des vues sur le massif du Grand Paradis.

Aussi grandiose que soit ce décor, il subit de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique. Le glacier des Sources de l’Isère n’est plus ce qu’il était et je l’ai vu se réduire comme peau de chagrin depuis les années 1980, quand j’ai parcouru le sentier de la Galise pour la première fois. Les scientifiques locaux expliquent qu’il y a plus de 150 ans, « le glacier allait à 900 mètres à l’aval. » En un siècle et demi, il a perdu 70 % de sa superficie. Au 19ème siècle, la vallée était entièrement occupée par la glace. Aujourd’hui, les dépôts morainiques sont la seule preuve de l’existence passée du glacier.

Cette fonte du glacier a inévitablement des conséquences pour la vie dans la vallée. Le réchauffement climatique ne doit pas se limiter au glacier des Sources de l’Isère. Il faut le considérer de manière plus globale. La fonte du glacier a des conséquences directes sur le cycle de l’eau.

En aval, à 1800 mètres d’altitude, le barrage de Tignes retient le cours de l’Isère et stocke près de 225 millions de mètres cubes d’eau. Au-dessus de cette retenue, le régime de l’eau est naturel, alimenté par la pluie et la neige; en revanche, derrière ce barrage, l’eau est contrôlée par l’homme pour l’irrigation des cultures et les activités touristiques.

A côté de cette retenue d’eau, plusieurs réserves collinaires ont été aménagées dans la montagne pour alimenter les enneigeurs sans toucher au réseau d’alimentation en eau potable. Pour que les canons puissent envoyer la neige sur les pistes, il faudra toutefois que la température en altitude soit suffisamment basse dans les prochaines années. Au vu de l’accélération du réchauffement climatique, c’est loin d’être gagné!

Dans le massif de la Tarentaise, entre Bourg-Saint-Maurice et Centron, où l’Isère continue sa traversée, des activités comme le rafting sont proposées aux touristes. Pour l’instant, elles ne sont pas encore impactées par le réchauffement climatique. Le niveau de l’eau reste élevé car les flux de la rivière sont maîtrisés. Des accords avec EDF garantissent d’avoir des débits d’eau constants à partir du 1er mai jusqu’au 30 septembre. Jusqu’à quand?

L’Isère avance ensuite sur 286 kilomètres. A Grenoble, elle rejoint le Drac pour se déverser ensuite dans le Rhône à quelques kilomètres au nord de Valence.

Source: France 3 Auvergne Rhône-Alpes.

Le glacier des Sources de l’Isère lors de ma dernière visite en septembre 2017 (Photos: C. Grandpey)

Un impact significatif des éruptions sur la péninsule de Reykjanes // A significant impact of the eruptions on the Reykjanes Peninsula

Si l’éruption actuelle ne représente pas une menace pour les zones habitées et les infrastructures, elle est susceptible d’avoir un impact dans un autre domaine. L’activité sismique et volcanique sur la péninsule de Reykjanes sème le doute sur la construction d’un aéroport à Hvassahraun, à mi-chemin entre Reykjavík et l’aéroport international de Keflavík, Jusqu’à présent, le site de Hvassahraun semblait être le plus fiable pour déplacer l’aéroport domestique de Reykjavík qui se trouve à proximité du centre-ville. Quelques heures après le début de la dernière éruption, le ministre islandais des Transports a déclaré qu’il y avait de moins en moins de chances qu’un aéroport soit construit à Hvassahraun.
L’éruption actuelle a lieu près de Fagradalsfjall, où une autre éruption s’est déjà produite l’année dernière. Avant ces deux éruptions, aucune éruption n’avait été observée sur la péninsule depuis près de 800 ans. De plus, les deux éruptions ont été précédées d’une forte sismicité.
Les scientifiques pensent que la péninsule de Reykjanes entre dans une phase d’activité volcanique, ce qui pourrait signifier des éruptions régulières au cours des prochaines décennies, voire des prochains siècles. Le Premier ministre et le ministre des Transports ont déclaré que cette activité doit être prise en compte lors de la planification de construction d’infrastructures telles que les aéroports.
L’éruption du Fagradalsfjall l’année dernière n’a pas été de grande ampleur et n’a causé aucun dégât aux routes ou aux infrastructures. Il en va de même pour l’éruption en cours, au moins jusqu’à présent. Si le débit éruptif actuel ne varie pas, il faudra beaucoup de temps pour que la lave remplisse la vallée de Meradalir et s’écouler vers d’autres zones.
Les autorités discutent de la relocalisation de l’aéroport domestique de Reykjavík depuis des décennies. Hvassahraun a récemment été choisi comme l’emplacement le plus adapté. Les résultats préliminaires d’un groupe de travail qui a évalué la faisabilité d’un aéroport à Hvassahraun sont attendus cet automne. Le groupe a cartographié l’impact d’éventuelles éruptions sur les routes, les infrastructures de transport et d’énergie, ainsi quele transport aérien.
Source : Iceland Review.

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If the current eruption is no threat to populated areas and to infrastructure, it is likely to have an impact in another sphere. Seismic and volcanic activity on the Reykjanes peninsula affects the viability of building an airport at Hvassahraun, halfway between Reykjavík and Keflavík International Airport, Hvassahraun was previously selected as the most reliable site for relocating Reykjavík City Airport, which is currently located near the city centre. A few hours after the start of the last eruption, Iceland’s Transport Minister stated there are diminishing chances an airport will be built at Hvassahraun.

The current eruption is taking place near Fagradalsfjall, where another eruption occurred just last year. Prior to these two eruptions, no eruptions had occurred on the peninsula for nearly 800 years. Both eruptions were preceded by strong earthquakes.

Experts have stated that the Reykjanes peninsula is entering a volcanically active phase, which could mean regular eruptions over the coming decades or centuries. Both the Prime Minister and Transport Minister have stated this activity is a consideration when planning the construction of infrastructure such as airports.

Last year’s Fagradalsfjall eruption was relatively small and did not cause any damage to roads or infrastructure. The same is true of the ongoing eruption so far. At the current rate of flow, it will take a significant amount of time for the lava to fill Meradalir valley and flow outward to other areas.

Authorities have been discussing relocating Reykjavík City Airport for decades, and Hvassahraun was recently chosen as the most viable location. Preliminary results are expected this autumn from a working group that is evaluating the feasibility of Hvassahraun for a new airport. The group has mapped the impact of possible eruptions on roads, transport and energy infrastructure, and air transport.

Source: Iceland Review.

Crédit photo: Reykjavik City Airport

Tourisme : attention! la Vallée de la Mort est quasiment inaccessible! Death Vanlley National Park almost inaccessible !

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la plupart des routes à l’intérieur du parc national de la Vallée de la Mort sont désormais fermées suite aux conditions météorologiques extrêmes qui ont provoqué des inondations soudaines ces derniers jours. Les fermetures comprennent des portions de la Highway 190, dela North Highway, de Lower Wildrose Road, de Dantes View, de Badwater Road et du 20 Mule Team Canyon. Le National Park Service (NPS) ajoute que toutes les routes non goudronnées sont impraticables.
En plus des fermetures, le NPS a également émis une alerte « météo extrême » pour le risque d’orages, avec recommandation de ne pas conduire sur des routes submergées ou couvertes de débris.
Le Parc a partagé une image sur sa page Facebook, montrant un véhicule qui a été emporté sur la Highway 190 à l’ouest de Stovepipe Wells où il est à moitié enfoui dans les débris.
Personne ne sait quand les routes seront rouvertes.
La région est depuis longtemps sujette aux intempéries. En 2015, un orage au mois d’octobre a fait tomber en cinq heures autant de pluie que pendant toute une année. Cela a provoqué la plus grande inondation de Scotty’s Castle depuis sa construction dans les années 1920. Le site et Bonnie Claire Road (Highway 267) sont restés fermés depuis cet événement et ne devraient pas rouvrir avant avril 2023.
Source : National Park Service.

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Surprising as it might seem, most of Death Valley National Park’s roads are now closed after extreme weather caused flash flooding in recent days. The closures include sections of Highway 190, North Highway, Lower Wildrose Road, Dantes View, Badwater Road, and 20 Mule Team Canyon. The National Park Service adds that all « unpaved roads are impassable. »

In addition to the closures, the NPS has also currently issued an « extreme weather » alert for the current « stormy » conditions, with the warning not to drive through any deep water or debris-covered roads.

The park has shared an image on its Facebook page of a vehicle swept off Highway 190 west of Stovepipe Wells that appears to be partially sunken into the debris.

There is no estimate on when the closed roads will be reopen.

The area has long been prone to severe weather, as a record-breaking October 2015 thunderstorm brought a typical year’s worth of rain in five hours, causing the largest flooding to the park’s Scotty’s Castle since it was built in the 1920s. Both the castle and Bonnie Claire Road (Highway 267) have remained closed since and are not expected to reopen before April 2023.

Source: National Park Service.

Bienvenue dans la Vallée de la Mort….quand il fait beau! (Photos: C. Grandpey)

La dure réalité du réchauffement climatique

Il y a quelques jours, en pleine canicule, j’écoutais un bulletin météo sur France Info et la présentatrice se réjouissait d’annoncer une journée de soleil sur la France. C’est tout juste si les températures approchant les 40°C (un nombre que Météo-France ne prononce que du bout des lèvres) devaient nous inquiéter. Ce genre de comportement est à rapprocher des réflexions que l’on entend dans la rue et que l’on peut lire sur les réseaux sociaux. « C’est normal qu’il fasse chaud, nous sommes en été ». Ou encore: »Il y a déjà eu des épisodes similaires dans le passé, ce la fait partie d’un cycle naturel. ».

Ce déni du réchauffement climatique a le don de m’énerver. Il suffit d’observer la répétition des vagues de chaleur depuis 1947 (début des mesures) pour se rendre compte que le réchauffement climatique n’est pas un fruit de l’imagination. Météo France a comptabilisé 45 vagues de chaleur depuis 1947. Sur les 35 dernières années, elles ont été 3 fois plus nombreuses que sur les 35 années précédentes. Depuis le milieu des années 1980, les records de chaleur sont systématiquement plus nombreux que les records de froid.

Afin de tenir compte de l’évolution galopante du réchauffement climatique, Météo-France a actualisé à la hausse ses «normales» saisonnières le 28 juin 2022. Sur la période 1991-2020, la nouvelle normale de température moyenne annuelle en France est de près de 12,97°C, en hausse d’un peu plus de 0,4°C par rapport à 1981-2010 (12,55°C).

Deux vagues de chaleur ont déjà été recensées rien que pour cet été 2022. Celle de la mi-juin est la plus précoce jamais enregistrée depuis le début des mesures et c’est aussi l’une des plus intenses. De nombreux records mensuels de température ont été battus, et même quelques records absolus.

Malgré ce bilan statistique qui ne laisse pas le moindre doute quant à la réalité du réchauffement climatique en France, c’est souvent la vague de chaleur de juin 1976 qui est citée pour tenter de démontrer que la canicule de juin 2022 n’avait rien d’exceptionnel. On essaye de se rassurer comme on peut. L’être humain n’aime pas trop se faire peur!

Il y a eu effectivement une vague de chaleur notable en 1976 et la sécheresse de l’époque a marqué les esprits. Toutefois, la comparaison entre 1976 et 2022 appelle plusieurs remarques. La vague de chaleur de 1976 s’est déroulée à un moment où la température globale était de -0,48°C sous la moyenne 1981-2010, soit environ 1°C de moins que celle de juin 2022. En France L’intensité de la vague de chaleur de 1976 fut moindre que celle de 2022, +4,8°C d’anomalie sur 7 jours, comparé à +5,7°C. Vous trouverez sur l’excellent site global-climat plusieurs cartes d’anomalies thermiques illustrant parfaitement la différence entre les canicules de 1976 et 2022.

https://global-climat.com/2022/08/03/retour-sur-les-vagues-de-chaleur-recentes-en-france/

Même si cette perspective est désagréable, les Français vont devoir admettre que, quel que soit le scénario d’émission de gaz à effet de serre envisagé, la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur vont augmenter dans les prochaines décennies. Selon les climatologues, la fréquence des événements devrait doubler d’ici à 2050. En fin de siècle, en cas des émissions de gaz à effet de serre, ces événements pourraient être non seulement bien plus fréquents qu’aujourd’hui mais aussi beaucoup plus sévères et plus longs, avec une période d’occurrence étendue de la fin mai au début du mois d’octobre.

Les effets du réchauffement climatique ne sont pas près de s’estomper. Si par un coup de baguette magique – ce qui semble peu probable – nous mettions soudainement un terme aux émissions des gaz à effet de serre, il faudrait plusieurs décennies avant que l’atmosphère terrestre retrouve un semblant d’équilibre.

Désolé d’avoir gâché votre journée…