Réchauffement climatique et Jeux Olympiques // Global warming and Olympic Games

Il fait chaud, beaucoup trop chaud pour les Jeux Paralympiques de Cortina où les tshirts ont remplace les doudounes chez les spectateurs. Les fortes chutes de neige qui ont précédé les Jeux début février ont permis de les sauver, mais on savait que le répit serait de courte durée.
La hausse rapide des températures est devenue un défi majeur pour les organisateurs de sports d’hiver ; le Comité International Olympique (CIU) a déclaré qu’il pourrait avancer la date de début des prochains Jeux d’hiver de février à janvier en raison de la hausse des températures.

La chaleur ambiante et l’ensoleillement excessif de ces derniers jours suscitent des inquiétudes quant à la stabilité du manteau neigeux lors des Jeux Paralympiques. Et ce, non seulement pour Milan-Cortina, mais aussi et surtout pour les Jeux des années à venir.

La météo joue un rôle crucial dans le bon déroulement et la sécurité des compétitions de sports d’hiver. Les fortes chaleurs peuvent affecter la couche de neige sur les pistes de ski alpin et la visibilité est essentielle. L’humidité et les températures élevées peuvent également affecter la qualité de la glace dans les arénas intérieurs et les centres de glisse. La visibilité et le vent sont les deux facteurs les plus susceptibles de modifier le calendrier des compétitions. Le vent peut poser un problème de sécurité ou d’équité, comme en biathlon où de légères variations peuvent perturber la précision des tirs des athlètes. De nombreuses courses cette année ont été difficiles en raison des conditions météorologiques.
Le réchauffement climatique actuel rend la planification d’événements comme les Jeux d’hiver de plus en plus difficile, à tel point que le CIO envisage de ne retenir que les candidatures des pays où la neige et le froid sont plus susceptibles de se produire et de persister durant les mois d’hiver. Le problème touche particulièrement les Alpes, qui figurent parmi les régions du monde où le réchauffement climatique est le plus rapide : depuis 1950, la température moyenne mondiale a augmenté de 1,4 °C, celle des Alpes de 2,7 °C et celle de Cortina d’Ampezzo de 3,6 °C. L’image ci-dessous illustre l’évolution du nombre de jours de neige par an entre 2071 et 2100, selon un scénario d’émissions élevées.

 Les sites de Milan-Cortina pourraient connaître une baisse de 36 %, tandis que le reste des Alpes pourrait enregistrer une baisse de 42 %. Depuis 1956 (année des premiers Jeux olympiques organisés à Cortina), les températures de février ont augmenté en moyenne de 3,6 °C.
L’épaisseur moyenne de neige à Cortina a diminué de 15 cm. La température moyenne en février à Milan a augmenté de 3,2 °C depuis 1956. Entre 1956 et 1966, on a enregistré en moyenne 214 jours par an avec des températures inférieures à 0 °C à Cortina. Entre 2016 et 2025, le nombre moyen de jours avec des températures négatives à Cortina était de 173.

Pour les Jeux de Milan-Cortina, la complexité s’est accrue par le fait que les sites olympiques sont situés dans des localités aux conditions météorologiques très différentes. Bormio et Livigno, par exemple, sont distantes de moins d’une heure de route, mais séparées par un col de haute montagne qui peut engendrer des différences climatiques importantes entre les deux villes.
Aujourd’hui, 87 des 93 villes candidates à l’organisation des Jeux olympiques d’hiver bénéficient de conditions météorologiques fiables. D’ici 2050, seules 52 des 93 en bénéficieront.
Le CIO s’interroge sur la manière d’organiser les Jeux olympiques d’hiver de façon responsable. Par exemple, la Fondation Milano Cortina 2026 a utilisé un système de production de neige artificielle qui consomme moins d’eau et d’énergie (plus de 3 millions de mètres cubes de neige artificielle étaient prévus pour les Jeux 2026), mais cela pourrait s’avérer insuffisant en cas de fortes chaleurs. Il faut espérer que nous n’assisterons pas au spectacle désolant de Pékin 2022, avec des pistes réduites à de fines lignes blanches de neige artificielle cernées de paysages totalement désertiques.
Le CIO envisage également une autre option : organiser les Jeux uniquement dans les pays qui, depuis dix ans, enregistrent des températures minimales moyennes inférieures à zéro degré Celsius dans les zones enneigées où se dérouleront les compétitions.

Source : presse italienne.

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Au vu de l’indifférence des médias qui s’obstinent à parler des émissions de CO2, j’ai décidé de mentionner régulièrement au début de mes notes relatives au réchauffement climatique les concentrations de CO2 (en parties par million) telles qu’elles apparaissent au sommet du volcan Mauna Loa à Hawaï. Ces concentrations permettent à la Scripps Institution of Oceanography d’établir la Courbe de Keeling.

https://keelingcurve.ucsd.edu/

Les concentrations de CO2 frôlent actuellement les 430 ppm avec 429,93 ppm, et la courbe ne fait que s’élever, dans l’indifférence générale. Gare au retour de manivelle !

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It’s hot, far too hot for the Cortina Paralympic Games, where spectators have replaced their down jackets with t-shirts. Heavy snowfall in early February before the Games saved them, but it was known that the respite would be short-lived.
The rapid rise in temperatures has become a major challenge for winter sports organizers; the International Olympic Committee (IOC) has stated that it may move the start date of the next Winter Games from February to January due to the rising temperatures. The recent heat and excessive sunshine are raising concerns about the stability of the snowpack at the Paralympic Games. This is true not only for Milan-Cortina, but also, and perhaps more importantly, for the Games in the years to come.

Weather plays a crucial role in the smooth running and safety of winter sports competitions. The high temperatures can affect the snowpack on alpine ski slopes, and visibility is essential. Humidity and high temperatures can also affect ice quality in indoor arenas and skating centers. Visibility and wind are the two factors most likely to alter the competition schedule. Wind can pose a safety or fairness issue, as in biathlon where slight variations can disrupt athletes’ shooting accuracy. Many races this year have been difficult due to weather conditions.

Current climate change is making planning events like the Winter Games increasingly difficult, to the point that the IOC is considering accepting only bids from countries where snow and cold weather are more likely to occur and persist throughout the winter months. The problem particularly affects the Alps, which are among the regions of the world experiencing the fastest climate change: since 1950, the global average temperature has increased by 1.4°C, that of the Alps by 2.7°C, and that of Cortina d’Ampezzo by 3.6°C. The image above illustrates the projected change in the number of snowy days per year between 2071 and 2100, under a high-emissions scenario.
The Milan-Cortina venues could see a 36% decrease, while the rest of the Alps could experience a 42% decrease. Since 1956 (the year of the first Olympic Games held in Cortina), February temperatures have increased by an average of 3.6°C.
The average snow depth in Cortina has decreased by 15 cm. The average February temperature in Milan has increased by 3.2°C since 1956. Between 1956 and 1966, Cortina recorded an average of 214 days per year with temperatures below 0°C. Between 2016 and 2025, the average number of days with sub-zero temperatures in Cortina was 173. For the Milan-Cortina Games, the complexity was compounded by the fact that the Olympic venues are located in areas with very different weather conditions. Bormio and Livigno, for example, are less than an hour’s drive apart, but separated by a high mountain pass that can create significant climatic differences between the two towns.
Today, 87 of the 93 candidate cities for the Winter Olympics benefit from reliable weather conditions. By 2050, only 52 of the 93 will.
The IOC is considering how to organize the Winter Olympics responsibly. For example, the Milano Cortina 2026 Foundation used an artificial snow production system that consumes less water and energy (more than 3 million cubic meters of artificial snow were planned for the 2026 Games), but this could prove insufficient in the event of extreme heat. We must hope that we will not witness the dismal spectacle of Beijing 2022, with slopes reduced to thin white lines of artificial snow surrounded by completely barren landscapes.
The IOC is also considering another option: holding the Games only in countries that, for the past ten years, have recorded average minimum temperatures below zero degrees Celsius in the snow-covered areas where the competitions will take place.
Source: Italian news media.

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Given the media’s indifference and their continued focus on CO2 emissions, I’ve decided to regularly mention CO2 concentrations (in parts per million) at the summit of Mauna Loa volcano in Hawaii at the beginning of my posts. These concentrations allow the Scripps Institution of Oceanography to establish the Keeling Curve.

https://keelingcurve.ucsd.edu/

CO2 concentrations are currently nearing 430 ppm, at 429.93 ppm, and the curve is only rising, amid general indifference. Beware the backlash!

 

Le point sur la situation à Ambae (Vanuatu) // Update on the situation in Ambae (Vanuatu)

On parle beaucoup ces temps-ci d’Ambae, aussi appelée Aoba, une île de l’archipel de Vanuatu. Ambae est la partie émergée du Manaro Voui, le volcan le plus imposant du Vanuatu. Il culmine à 1 496 mètres d’altitude, soit environ 3 900 mètres au-dessus du fond marin. Le Manaro Voui abrite trois lacs à son sommet. L’un des deux principaux, le lac Voui, possède un cratère en son centre, à l’origine de plusieurs éruptions depuis 1995.

Une éruption avec émissions de vapeur et de cendres a débuté le 27 novembre 2005, entraînant le déclenchement d’une alerte volcanique de niveau 2 et la mise en place de préparatifs d’évacuation. Le 8 décembre 2005, l’éruption s’est intensifiée, forçant plus de 3 000 habitants à quitter leur domicile et nécessitant l’évacuation de deux hôpitaux.

Le 28 septembre 2017, après une semaine d’activité volcanique de plus en plus forte, le niveau d’alerte a été relevé à 4 sur une échelle de 5 et le gouvernement du Vanuatu a ordonné l’évacuation complète de l’île, qui compte environ 11 000 habitants. Les cendres de l’éruption détruit les récoltes et pollué l’air et l’eau. En avril 2018, les quelque 10 000 habitants restants ont reçu l’ordre d’évacuer définitivement.

En février 2026, le volcan Manaro Voui est toujours en éruption et le gouvernement du Vanuatu vient d’approuver des mesures d’urgence suite aux pluies acides et aux impacts des cendres qui se sont propagés au-delà de l’île. Les autorités maintiennent le niveau d’alerte 3 et ont préparé des plans d’évacuation au cas où l’activité s’intensifierait, mais aucune évacuation obligatoire n’a été ordonnée à ce stade. Cependant, il est conseillé aux personnes vivant dans les zones les plus touchées de se déplacer vers des zones moins affectées de l’île si elles ne se sentent pas en sécurité. Si le niveau d’alerte 4 est déclenché, le gouvernement exigera que l’île entière soit déclarée zone sinistrée et lancera des évacuations.

L’activité actuelle du volcan est caractérisée par des émissions soutenues de cendres et de gaz, une activité sismique intense, des signes qui montrent la proximité du magma avec la surface, et des pluies acides qui s’étendent bien au-delà d’Ambae.

 Les pluies acides provenant du volcan Manaro Voui, à 310 km au nord-ouest de la capitale, Port-Vila, affectent les ressources en eau et les récoltes. Les autorités indiquent que le volcan crache des cendres et des gaz toxiques qui recouvrent désormais toute l’île en raison des changements de vent. Le Département de météorologie et de géorisques du Vanuatu (VMGD) précise que les pluies acides ont atteint les îles de Santo, Malakula, Pentecost et Ambrym. Le phénomène est bien connu : le SO₂ mélangé à la pluie se transforme en acide sulfurique, de sorte que les pluies acides brûlent les cultures et affectent les réserves d’eau. Les puits et les réservoirs non couverts peuvent être pollués. De plus, les importantes retombées de cendres modifient le pH de l’eau, la rendant plus acide.

Avant la phase actuelle, le Manaro Voui était maintenu au niveau d’alerte 2 depuis au moins fin 2021, l’activité étant principalement caractérisée par des émissions de vapeur et de gaz, et une zone d’exclusion plus restreinte. Fin février 2026, l’activité est entrée dans une phase éruptive distincte, et le niveau d’alerte a été relevé à 3. Les panaches de cendres ont atteint leur maximum à environ 4 900 m d’altitude le 24 février.
La zone d’exclusion autour de la bouche éruptive active reste la mesure de sécurité la plus immédiate. Un rayon de 3 km autour du lac Voui est actuellement interdit d’accès en raison du risque d’activité éruptive à proximité du cratère. Le VMGD a demandé à la population d’éviter les cours d’eau et les ravines en cas de fortes pluies. Les dépôts de cendres les plus récents peuvent être rapidement remobilisés en lahars qui peuvent dévaler les pentes sans prévenir et affecter des zones bien au-delà du cratère.

 Source : VMGD.

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There is a lot of talk these days about Ambae, also known as Aoba, an island in the Vanuatu archipelago. Ambae is the emergent portion of Vanuatu’s most voluminous volcano, Manaro Voui, which rises 1,496 meters above sea level, or about 3,900 meters above the sea floor. Manaro Voui has three lakes at its summit. One of the two main ones, Lake Voui, has a crater in its center which has been the source of several eruptions since 1995.

A steam and ash eruption began on November 27, 2005, leading to a Level 2 volcano alert and preparations for evacuations. On December 8, 2005, the eruption became stronger, displacing more than 3,000 residents and requiring the evacuation of two hospitals.

On September 28, 2017, after a week of increasing volcanic activity, the alert level was raised to 4 on a scale of 5 levels, and the government of Vanuatu ordered a complete evacuation of the island, home to about 11,000 residents. Ash from the eruption covered the island, killing crops and polluting the air and water. In April 2018, the remaining approximately 10,000 residents were ordered to evacuate permanently.

In February 2026, Manaro Voui volcano remains in minor eruption, but Vanuatu’s government has just approved emergency response measures after acid rain and ash impacts spread beyond the island. Authorities maintain Alert Level 3 and have prepared evacuation plans in case activity escalates further, but no mandatory evacuation has been ordered at this stage. However, the people in the worst-affected areas are encouraged to move to less-affected parts of the island if they do not feel safe. Should alert level 4 be decided, the government will require the whole island to be declared a disaster zone and start evacuations.

The current activity at the volcano is characterized by sustained ash and gas emissions, elevated seismic unrest, continuing signs that magma is close to the surface, and production of acid rain which is extending well beyond Ambae itself.

Acid rain from the Manaro Voui volcano on Ambae – 310 km north west of the capital of Port Vila – is reportedly affecting water and food supplies. Authorities say the volcano is spewing toxic ash and gases which are now covering the entire island due to wind changes. The Vanuatu Meteorology and Geohazard Department (VMGD) says acid rain has now reached Santo, Malakula, Pentecost and Ambrym islands. The process is well-known : SO2 mixed with rain becomes acid rain which burns crops and affects water reserves. Wells, and tanks that are not covered could be affected. Besides, the heavy ashfall also alters the PH levels in water, making it more acidic.

Before the current phase, Manaro Voui had been held at Alert Level 2 since at least late 2021, with unrest marked mainly by steam and gas emissions and a smaller exclusion zone.

By late February 2026, the activity shifted into a clear eruptive phase, and the alert level was raised to 3 as the hazard footprint expanded around the summit vent system. Ash plumes peaked at approximately 4 900 m above sea level on February 24.

The exclusion zone around the active vent remains the most immediate life-safety measure. A 3 km radius around Lake Voui is currently off limits because of the risk from eruptive activity close to the crater. The VMGD has asked residents to avoid drainages and river channels during heavy rainfall. Fresh ash deposits can be rapidly remobilised into lahars, which can move downslope with little warning and affect areas well outside the crater rim.

Source : VMGD.

Réchauffement climatique : la relocalisation de Miquelon

Saint-Pierre-et-Miquelon est un archipel français au sud de l’île canadienne de Terre-Neuve. Il est principalement composé de deux îles : l’île Saint-Pierre, la plus petite des deux, qui abrite 86 % de la population, au côté de Miquelon, constituée de trois presqu’îles reliées entre elles par deux tombolos.

 L’île Saint-Pierre, plus animée, est caractérisée par une atmosphère française marquée, avec une cathédrale et le musée Héritage, qui célèbre l’histoire régionale.

L’île de Miquelon-Langlade, peu peuplée, abrite la lagune du Grand Barachois, accueillant des oiseaux de mer et des phoques.

Ancienne colonie, puis territoire d’outre-mer de l’Union française (1946-1976), puis département d’outre-mer (1976-1985), puis collectivité territoriale à statut particulier (1985-2003), Saint-Pierre-et-Miquelon est aujourd’hui une collectivité d’outre-mer. Ainsi, l’archipel est un pays et territoire d’outre-mer ne faisant pas partie intégrante du territoire de l’Union européenne. Il ne fait pas partie de l’espace Schengen. En revanche, Saint-Pierre-et-Miquelon fait partie de la zone euro, d’Euratom et ses habitants disposent de la citoyenneté européenne.

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La chaîne de télévision France 3 propose un documentaire intitulé «  Miquelon, une île face au réchauffement climatique ». Il montre que l’outre-mer est également confronté à ce phénomène et à ses conséquences. Il dure 52 minutes et se trouve à cette adresse :

https://www.france.tv/france-3/outremer-ledoc/5275818-miquelon-une-ile-face-au-rechauffement-climatique.html

S’agissant de l’outre-mer, j’ai déjà indiqué sur ce blog que la Martinique et la Guadeloupe étaient confrontées à l’érosion littorale au même titre que le littoral atlantique en métropole. Il en va de même pour l’archipel français de Saint-Pierre et Miquelon. Le village de Miquelon et ses 600 habitants subit de plein fouet les aléas de la météo. L’archipel se trouve à la confluence du courant froid du Labrador et du Gulf Stream plus chaud, ce qui n’arrange rien.

De plus en plus fréquemment, la localité est confrontée à un risque de submersion par les vagues lors des tempêtes les plus violentes. Avec le réchauffement climatique, certaines tempêtes tropicales, comme ce fut le cas du cyclone Fiona en 2022, remontent jusqu’aux côtes canadiennes et touchent l’archipel de plein fouet. Au risque de submersion s’ajoute celui des remontées de nappes phréatiques.

Devant l’augmentation de la force des tempêtes et du risque de submersion, une décision radicale a été prise en 2015. François Hollande, alors Président de la République a décidé que Miquelon serait en zone rouge. Cela signifiait que l’île devenait inhabitable et qu’aucune nouvelle construction ne serait autorisée.

Pour les habitants, cela signifiait aussi que leurs maisons n’avaient plus aucune valeur. Il a alors été décidé de relocaliser le village à un kilomètre de distance à vol d’oiseau, dans un endroit plus sûr.

Un Plan de prévention des risques littoraux (PPRL) a été approuvé en 2018. Il limite fortement les nouvelles constructions et les projets d’urbanisation, condamnant ainsi le développement de Miquelon. La décision de relocaliser le village redonne donc des perspectives d’avenir aux habitants tout en assurant leur sécurité.

Le nouveau village sera reconstruit sur un secteur de l’île de Miquelon situé plus au sud et, surtout, plus en hauteur que l’emplacement actuel. La limite basse du nouveau secteur se situe à 10 mètres au-dessus du niveau de la mer, alors que le village actuel se situe entre 0 et 3 mètres.

Le projet est déjà bien avancé. Après une phase de concertation citoyenne et des études réalisées en 2022 et 2023, les nouveaux terrains ont été acquis, avec des parcelles cédées pour un euro symbolique par la collectivité territoriale.

En 2024, la mairie de Miquelon a réalisé un appel à candidatures, sélectionnant les 14 premiers ménages à venir s’installer. Des permis de construire ont été délivrés. Les fondations et les murs des premières maisons sortent de terre. Il faudra toutefois plusieurs dizaines d’années pour que la relocalisation soit menée à son terme.

Le principe de cette relocalisation est intéressant car il repose sur le volontariat et la population est le moteur du projet. Les habitants de Miquelon dont les maisons sont soumises à un risque grave et imminent sont éligibles au Fonds Barnier. Ce dispositif permet à l’État de subventionner la commune pour le rachat des biens, garantissant ainsi un montant juste et équitable, que les habitants peuvent utiliser pour reconstruire sur le nouveau secteur. Une fois le bien racheté par la commune, le Fonds Barnier finance également sa déconstruction et la renaturation de l’ancienne parcelle.

Le projet de relocalisation et de reconstruction de Miquelon pourrait bien servir de cobaye pour le territoire français dans son ensemble. Avec l’érosion littorale galopante, d’autres localités vont être obligées de s’installer ailleurs. J’ai évoqué le cas de Lacanau en Gironde.

Au final, il y a la volonté de construire un nouveau village exemplaire en matière de développement durable. Des performances environnementales ont été définies, notamment en termes de performance énergétique des nouvelles constructions, ce qui est crucial étant donné le climat de l’archipel. La commune de Miquelon est notamment accompagnée par un architecte, disponible pour aider les habitants à réfléchir à des implantations optimales et à l’utilisation de matériaux biosourcés par exemple.

Ce projet est considéré comme un « laboratoire français de l’adaptation » et est suivi de très près à tous les échelons de l’État.

Source : France 3, gouvernement français.

L’océan et les inondations dans le sud-ouest de la France

Profitant des belles journées de début du mois de mars, je suis allé le 5 mars 2026 sur la côte atlantique où j’adore faire de longues marches sportives sur les plages sauvages. J’avais opté pour celles de la côte au nord de Royan où le sable est ferme est très agréable sous les pieds.

J’ai bien sûr continué mes observations de l’érosion littorale. J’ai pu constater que les dernières tempêtes n’ont pas causé trop de dégâts. L’érosion observée est celle des années précédentes. Par bonheur, les dernières tempêtes se sont produites avec des coefficients de marée relativement faibles, ce qui a empêché les vagues de poursuivre leur œuvre de destruction sur cette portion de la côte atlantique.

En revanche, l’océan ne présentait pas sa belle couleur bleue habituelle et revêtait une couleur marron fort peu esthétique. J’ai vite compris que ce secteur de l’océan Atlantique subissait le contrecoup des récentes inondations qui ont profondément affecté le sud-ouest de la France, depuis le Lot-et-Garonne jusqu’à la Charente- Maritime.

En envahissant les terres, l’eau s’est chargée en alluvions et sédiments de toutes sortes qui ont pris le chemin de La Gironde, estuaire commun à la Garonne et à la Dordogne qui joignent leur cours au bec d’Ambès. Tous les matériaux arrachés aux sols ainsi que des polluants de toutes sortes se retrouvent aujourd’hui dans l’océan. Je pense qu’il faudra beaucoup de temps avant que la mer retrouve sa belle couleur bleue. À côté des sédiments, on trouve sur le littoral des branches et des troncs d’arbres et d’innombrables brindilles. Sans oublier les déchets plastiques. Très honnêtement, si la température de l’eau l’avait permis, je n’aurais pas osé plonger mon corps dans un tel bouillon de culture.

Quelques petits bécasseaux couraient et picoraient en bordure de l’écume des vagues, mais je n’ai pas vu de cadavres d’oiseaux.

Depuis la mi-janvier, la LPO signale un épisode d’échouages massifs de volatiles sur l’ensemble du littoral atlantique, du Finistère à la Charente-Maritime, et jusqu’aux côtes espagnoles et portugaises. En France, plus de 32 000 échouages d’oiseaux sont recensés depuis le 1er février. Les principales espèces concernées sont des alcidés, avec une majorité de macareux moines.

Sur la côte sauvage au nord de Royan, des blockhaus datant de la Seconde Guerre Mondiale sont arrivés loin dans l’océan, après avoir été délogés par les vagues. À noter que plus au sud, sur la commune de Lège-Cap-Ferret (Gironde), un blockhaus vient de glisser de 20 mètres sur la plage de l’Horizon. Dans quelques années, il sera, lui aussi, ballotté par les vagues du large. Sur ce secteur océanique, le sable devient un mur vertical instable sous les assauts répétés des vagues.

Photos : C. Grandpey

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À lire une étude publiée dans la très sérieuse revue Nature. Ses auteurs nous expliquent que le niveau de la mer est bien plus élevé que ce que prennent en compte la plupart des évaluations des risques côtiers.

https://www.nature.com/articles/s41586-026-10196-1