Nouvelles du Cleveland et du Bogoslof (Alaska) et du Sabancaya (Pérou)

Les dernières observations du Cleveland montrent que l’activité éruptive marque le pas et il est peu probable qu’elle se poursuive. Les observations satellitaires n’ont pas révélé de nouvelle émission de lave et les instruments n’ont pas détecté de sismicité anormale ou d’infrasons en provenance du volcan depuis une brève explosion le 16 mai 2017. Des émissions de lave dans le cratère sommital ont été observées dans les données satellitaires le 7 juin. Depuis cette date, les températures de surface ont chuté, ce qui laisse supposer que l’émission de lave a fait une pause ou a cessé.
La couleur de l’alerte aérienne a été abaissée à JAUNE.

Le Bogoslof est de nouveau entré en éruption à 16h45 (heure locale) le 26 juin 2017. L’activité est restée soutenue jusqu’à 17h00, puis a diminué avant de retrouver un niveau normal. L’éruption a généré un nuage de cendre qui s’est déplacé vers le nord-est à une altitude estimée à 7 500 mètres au vu des données satellitaires. Compte tenu de l’altitude relativement basse du nuage de cendre et de la courte durée de l’explosion, la couleur de l’alerte aérienne a été maintenue à l’ORANGE et le niveau d’alerte volcanique à Vigilance.

L’activité explosive a repris en tout début de journée le 27 juin. Au vu des images satellitaires, le nuage éruptif a atteint une altitude de 9000 mètres. Le World Wide Lightning Location Network (WWLLN) a détecté des éclairs dan,s le panache. Depuis cet événement, la sismicité a retrouvé un niveau normal, mais la situation reste totalement imprévisible, avec de nouvelles explosions possibles à tout moment. C’est pourquoi la couleur de l’alerte aérienne esy maintenue au Rouge.

L’activité du Sabancaya a diminué au cours des dernières semaines. Le dernier rapport de l’Institut de Géophysique indique que les explosions se produisent à raison d’environ 15 événements par jour. Les nuages ​​de cendre qui accompagnent les explosions montent généralement à environ 3 500 mètres au-dessus du cratère. Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’a été observée.

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Recent observations of Cleveland volcano suggest that unrest has declined and it is unlikely that eruptive activity is continuing. Satellite observations have yielded no evidence for continuing lava effusion and there have been no detections of anomalous seismicity or infrasound from the volcano since a brief explosion on May 16th 2017. Evidence for lava effusion in the summit crater was observed in satellite data on June 7th, but since then observed surface temperatures have become weaker, suggesting that lava effusion has paused or ended.
The Aviation Colour Code has been lowered to YELLOW.

Bogoslof volcano erupted again at 16:45 (local time) on June 26th. Activity remained elevated until 17:00 (local time) and has since declined to background levels. The eruption produced a volcanic cloud moving northeast with an estimated altitude of 7,500 metres by satellite data. Given the lower altitude of the volcanic cloud and short duration of the explosion, the Aviation Colour Code remained at ORANGE and Volcano Alert Level WATCH.

Explosive eruptive activity resumed early in the morning of June 27th. The eruption produced a volcanic cloud that reached an altitude of 9,000 metres based on satellite data.The World Wide Lightning Location Network (WWLLN) detected lightning strokes associated with the resulting volcanic cloud. Seismicity has since declined to background levels, but Bogoslof volcano remains at a heightened state of unrest and in an unpredictable condition.  The Aviation Colour Code remains RED.

Activity at Sabancaya volcano has been declining during the past weeks. IG‘s latest report indicates that explosions occur at a rate of about 15 events per day. Ash clouds associated with the explosions usually rise about 3,500 metres above the crater. No significant deformation of the edifice has been observed.

Source: AVO.

Source: I.G.P.

 

Andes, la fin des glaciers?

Pour ceux qui peuvent recevoir le chaîne de télévision USHUAIA TV, je recommande fortement le documentaire « Andes, la fin des glaciers ? » qui montre leur recul et, dans certains cas, leur disparition qui sera une catastrophe pour les populations. Depuis 1976, date charnière dans le réchauffement climatique, les glaciers andins ont perdu 43% de leur surface. Plus de glaciers, cela signifie plus d’eau potable dans les maisons, plus d’eau pour l’irrigation des cultures et plus d’énergie hydroélectrique avec, au final, la migration des habitants des montagnes. Lima, la capitale du Pérou et sa démographie débordante est, elle aussi, menacée car elle dépend en grande partie des glaciers pour son alimentation en eau. Le documentaire se termine avec le pèlerinage Qoyllur Riti, sur le glacier Qolqe Punku au Pérou. Il n’y a pas si longtemps, les pèlerins redescendaient dans la vallée avec des blocs de glace sur leurs épaules. Aujourd’hui, ils se rendent compte que leur glacier est malade et ils ont abandonné cette tradition.

Il y aura des rediffusions mentionnées sur le lien ci-dessous.

http://www.ushuaiatv.fr/programmes/plan%C3%A8te-glace-andes-la-fin-des-glaciers-49783

Voir également ma note du 19 juin 2016 sur la fonte des glaciers du Pérou:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/19/la-fonte-des-glaciers-menace-le-perou-peru-under-the-threat-of-its-melting-glaciers/

Vue du Glacier Pastoruri au Pérou. (Crédit photo: Wikipedia)

 

Sabancaya (Pérou / Peru)

Dans son bulletin résumant l’activité du Sabancaya entre le 15 et le 21 mai 2017, l’IGP indique que la situation éruptive est relativement stable. On observe quotidiennement une quarantaine d’événements explosifs qui génèrent des panaches de cendre qui s’élèvent à environ 4000 mètres au-dessus du cratère. Le 18 mai, les émissions de SO2 atteignaient 2195 tonnes/jour.

On peut voir ces différents paramètres dans le document diffusé par l’Institut.

http://ovs.igp.gob.pe/sites/ovs.igp.gob.pe/files/pdf/Sabancaya/2017/reporte_sabancaya_201721.pdf

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In its bulletin summarizing activity at Sabancaya Volcano between 15 and 21 May 2017, IGP indicates that the eruptive situation is relatively stable. About 40 explosive events are recorded each day, generating ash plumes that rise about 4000 meters above the crater. On May 18th, SO2 emissions reached 2,195 tonnes / day.
These different parameters can be seen in the document released by the Institute.
http://ovs.igp.gob.pe/sites/ovs.igp.gob.pe/files/pdf/Sabancaya/2017/reporte_sabancaya_201721.pdf

Source: IGP / INGEMMET

Lithium, la richesse des salars // Lithium, the salars’ wealth

Au moment où je visitais les Andes chiliennes, boliviennes et argentines en 2004, on craignait que les grandes puissances économiques du monde viennent puiser une ressource précieuse dans le sous-sol sud-américain: le lithium, qui se cache sous la beauté incroyable des salars. En visitant celui d’Uyuni en Bolivie, je me suis dit que des gens normalement intelligents n’oseraient jamais venir souiller l’immensité immaculée de ce salar qui avait intrigué les astronautes américains depuis la Lune.
Les gens avaient raison d’être inquiets. Une grande partie des ressources mondiales en lithium se trouve sur les hauts plateaux andins, et des entreprises du monde entier, en vue d’une demande élevée, viennent prendre pied sur les vastes gisements du Chili, de Bolivie et d’Argentine.
La technique d’extraction du lithium est bien connue. Les eaux de fonte de la neige sur les montagnes environnantes font descendre avec elles du lithium, du sodium et d’autres minéraux en provenance du sol et des sources chaudes. Ces eaux riches en sels s’écoulent vers les zones de plaines au pied des montagnes et y déposent leur contenu, d’où le nom espagnol de salares. Avec le temps et les variations de température saisonnières, le sel forme une croûte, ce qui donne naissance à des paysages magnifiques. C’est sous cette croûte que se dissimulent des concentrations élevées de lithium.
Pour extraire le lithium, la saumure est pompée vers de grands bassins d’évaporation, ce qui entraîne une plus grande concentration de métaux. La saumure est ensuite transportée par camion vers des installations qui extraient le lithium en utilisant des procédés chimiques et métallurgiques. Le carbonate de lithium est vendu aux fabricants de batteries.
La Bolivie possède les plus grandes réserves mondiales de lithium, même si elles restent largement inexploitées. En 2010, le ministère bolivien de l’exploitation minière et de la métallurgie a lancé un projet d’installation pour la fabrication du lithium dans le Salar d’Uyuni. Selon le ministère, le salar de 12 000 kilomètres carrés contient 9 millions de tonnes de réserves de lithium. Le plan du gouvernement était d’extraire du salar  40 tonnes par mois de carbonate de lithium, de sulfate de potassium, ainsi que d’autres produits.
Les plus grandes mines et projets de traitement de la saumure au lithium sont situés dans le Triangle du Lithium délimité par les salars d’Atacama, de Cauchari-Olaroz  et Hombre Muerto.
La production mondiale de lithium est actuellement dominée par quatre entreprises: deux aux États-Unis, une au Chili et une de Chine. Cette dernière se développe très rapidement. L’avantage de la Chine par rapport aux États-Unis est son accès au lithium. Le pays est le quatrième producteur mondial, avec l’extraction de 2 000 tonnes au cours de la seule année 2016. Selon l’Agence Internationale de l’Energie, la Chine est déjà leader mondial dans le domaine des deux-roues électriques et des flottes d’autobus.
Aux Etats Unis, le président Donald Trump a ordonné une révision des normes d’économie de carburant pour les entreprises qui, depuis 1975, prévoyaient une réduction de la consommation des voitures et des camionnettes. L’annulation de ces normes serait une menace pour la demande en véhicules électriques – et donc en lithium – qui sont généralement plus chers. Cependant, comme toutes les nouvelles technologies, les prix vont probablement baisser de façon significative au fil du temps. En 2022, le coût des voitures alimentées par des batteries au lithium devrait être comparable à celui des véhicules équipés d’un moteur à essence. En réaction à la mesure de Trump sur la réglementation de l’économie de carburant, une trentaine de villes américaines, dont New York, Los Angeles et Chicago, envisagent de dépenser jusqu’à 10 milliards de dollars pour s’équiper en véhicules électriques neufs pour la  police, les éboueurs et les balayeurs. Une telle mesure est destinée à montrer aux constructeurs automobiles il y a une demande réelle en véhicules électriques, ce qui est de bonne augure pour le lithium, mais beaucoup moins pour les salars de la Cordillère des Andes. .
Source: Presse internationale.

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While I was visiting the Chilean, Bolivian and Argentine Andes in 2004, there were fears that the world’s major economic powers might come and tap a precious resource in the underground: lithium, which lies hidden beneath the incredible beauty of the salars. While visiting the Salar de Uyuni in Bolivia, I told myself that normally intelligent people would never dare spoil the immaculate immensity of the salar that had intrigued the U.S. astronauts during the missions of the Moon.

People were right to be worried. Much of the world’s lithium supply is on the high Andean plateaus of South America, and companies from around the world, expecting elevated demand, are staking their claims to the vast deposits in Chile, Bolivia and Argentina.

The technique to extract lithium is well known. The seasonal meltdown of the snow on the mountains collects lithium, sodium and other minerals from the soil and underwater hot springs, all of which flows down to the flats and settles, hence the Spanish name, salares. Over long periods of time, with seasonal temperature variations, the salt builds a crust on top of the « lake, » making for a stunning landscape. Under the crust are high concentrations of lithium.

To extract lithium, brine is pumped into large evaporation ponds, resulting in a higher concentration of metals. The brine is then trucked to a facility that extracts the lithium using chemical and metallurgical processes. The lithium carbonate or lithium hydroxide is sold to battery manufacturers.

Bolivia has the world’s largest lithium reserves, with nearly 40 per cent of the world’s supply, although the reserves remain unexploited. This is about to change, as the Bolivian Mining and Metallurgy Ministry is preparing a new model facility for lithium manufacturing in the Salar de Uyuni. According to the country’s mining ministry, the 12,000-square-kilometre salar holds nine million tonnes of lithium reserves. The government’s plan is to obtain 40 tonnes per month of lithium carbonate, potassium sulphate, as well as other products.

The largest brine lithium mines and projects in the world are located in salars in the Lithium Triangle including Atacama Salar, Cauchari-Olaroz Salar and Hombre Muerto Salar.

World lithium production is currently dominated by four companies: Two from the U.S., one from Chile and one from China which is developing very rapidly. The greatest advantage of China over the U.S. is its access to lithium. The Asian country is the fourth-largest producer, having mined 2,000 metric tons in 2016 alone. According to the International Energy Agency, China already leads the world in the number of electric two-wheelers and bus fleets.

Meanwhile, President Donald Trump has ordered a review of corporate average fuel economy standards, which have mandated gradual increases in the fuel economy of cars and light trucks since 1975.  Overturning these standards would mean automakers could produce vehicles with a lower fuel economy, for a lot less than hybrids and BEVs. This is a threat to BEV demand-and ultimately lithium, since they’re typically more expensive. However, like all new tech, prices will likely drop significantly over time. By 2022, the cost of battery-powered cars is expected to be comparable to those with an internal combustion engine.

In response to Trump’s opposition to fuel economy regulation, about 30 U.S. cities, including New York, Los Angeles and Chicago, are reportedly planning to spend as much as $10 billion on new electric vehicles for police cruisers, trash haulers, street sweepers and more. Such a move is intended to show automakers there’s demand for BEVs, which also bodes well for lithium. This good news for the lithium companies, but a real threat to the salars of the South American Andes

Source : International press.

Photos: C. Grandpey