Sabancaya (Pérou / Peru)

Dans son dernier bulletin, l’IGP indique que l’activité du Sabancaya connaît un certain déclin. On enregistre quotidiennement une trentaine d’explosions au lieu d’une quarantaine ces derniers temps. Les panaches de cendre montent jusqu’à 3000 mètres au-dessus du cratère. Malgré cette baisse apparente d’activité, la sismicité reste élevée et traduit une ascension du magma dans les conduits d’alimentation du volcan. L’édifice volcanique ne montre pas de déformation significative. Le 10 mars 2017, les émissions de SO2 atteignaient une moyenne de 2700 tonnes par jour.

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In its latest bulletin, IGP indicates that activity at Sabancaya volcano is declining. About thirty explosions are recorded daily instead of forty in recent times. The ash plumes rise up to 3;000 meters above the crater. Despite this apparent decrease in activity, seismicity remains elevated and reflects an ascent of magma in the feeding conduits of the volcano. The volcanic edifice shows no significant deformation. On March 10th, 2017, SO2 emissions averaged 2,700 tonnes per day.

Emission de cendre sur le Sabancaya le 12 mars 2017.

Mémoire de la glace // Memory of the ice

La banquise fond. Les glaciers fondent. Dans quelques décennies, la glace sera probablement devenue une curiosité sur notre planète. Pourtant cette glace est précieuse car en s’épaississant, elle garde en mémoire les principaux événements naturels traversés par la Terre. C’est pour conserver cette mémoire que l’UNESCO a lancé le projet international « Mémoire de la glace» qui vise à conserver des carottes de glace extraites de plusieurs glaciers dans le monde.

En se formant sous l’effet des chutes de neige, les glaciers emprisonnent de petites bulles d’air, des bactéries et des impuretés, témoins de l’atmosphère d’il y a plusieurs dizaines, centaines ou milliers d’années. En analysant les glaciers, les scientifiques ont pu établir le lien entre températures et gaz à effet de serre, et ont pu étudier l’évolution de la pollution ou de l’activité industrielle au niveau européen sur une centaine d’années. Par exemple, en 1986, la catastrophe de Tchernobyl (Ukraine) a laissé sa marque dans les glaciers alpins sous la forme d’un pic de césium 137.

En août 2016, des scientifiques français, italiens et russes ont prélevé deux échantillons de plus de 120 mètres de long sur un glacier du Mont Blanc; ils seront conservés dans des containers métalliques en Antarctique. La première carotte a été transportée dans la vallée après un forage de plus de deux jours à 4 300 mètres d’altitude, au col du Dôme. Découpée en 126 segments d’un mètre de long conditionnés dans des caisses isothermes, elle est désormais stockée dans un entrepôt frigorifique près de Grenoble. Une deuxième carotte de 129 mètres de long a été héliportée dans la vallée et présentée à la presse avant de rejoindre le même entrepôt. Une troisième carotte doit être forée par une équipe de scientifiques français, italiens et russes. Une de ces carottes, pesant plusieurs tonnes, sera analysée au laboratoire de Grenoble pour constituer une base de données ouverte à tous les scientifiques. Les deux autres devraient rejoindre à l’horizon 2020 une cave de neige à -54°C de moyenne, sur la base franco-italienne Concordia, en Antarctique. Ainsi, une « banque de glace » sera créée pour les futures générations.

Au printemps 2017, une équipe d’une vingtaine de glaciologues français, russes, brésiliens, américains et boliviens se rendra en Bolivie sur le glacier Illimani, à 6300 mètres d’altitude. Les carottes glaciaires ainsi forées permettront de retracer 18 000 ans d’histoire climatique des Andes. L’équipe scientifique, déjà en pleine préparation, partira en avance pour s’acclimater et produire des globules rouges. Elle sera accompagnée de guides et de porteurs locaux. Si l’expédition du Mont-Blanc a pu profiter d’un hélicoptère, ce mode de transport est impossible sur I’Illimani. En conséquence, les deux tonnes de matériel seront acheminées à dos d’homme, comme les trois tonnes de glace prélevées. En Bolivie, l’équipe scientifique espère notamment trouver des traces des feux de forêt amazonienne, phénomènes qui modifient la chimie de l’atmosphère.

Il y a urgence à effectuer ces prélèvements de glace. En 2016, à cause d’El Niño, la température des glaciers andins a approché 0°C avec des risques que la neige de surface percole et détruise les informations chimiques. Si le réchauffement se poursuit au rythme actuel, on sait déjà que les glaciers culminant sous 3 500 m dans les Alpes et sous 5 400 m dans les Andes auront disparu à la fin du siècle.

Source : Presse internationale.

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The ice cap is melting. The glaciers are melting. In a few decades, ice will probably become a curiosity on our planet. Yet this ice is very precious because while thickening, it keeps in memory the main natural events traversed by the Earth. It is to preserve this memory that UNESCO has launched the international project « Memory of the Ice » which aims to conserve ice cores extracted from several glaciers in the world.
As snow falls, glaciers trap small air bubbles, bacteria and impurities wch are the testimony of the atmosphere tens, hundreds or thousands of years ago. By analyzing the glaciers, scientists were able to establish the link between temperatures and greenhouse gases, and were also able to study the evolution of pollution or industrial activity in Europe over a hundred years. For example, in 1986, the Chernobyl disaster (Ukraine) left its mark in the Alpine glaciers in the form of a peak of cesium 137.
In August 2016, French, Italian and Russian scientists collected two ice cores, more than 120 meters long, from a glacier on Mont Blanc before storing them in metal containers in Antarctica. The first core was lowered into the valley after drilling for more than two days at 4,300 meters above sea level at the Col du Dôme. Sliced into 126 segments, one meter long each, packaged in insulated boxes, they are now stored in a refrigerated warehouse near Grenoble. A second 129-meter-long core was helicopted in the valley and presented to the press before being stored in the same warehouse. A third core will be drilled by a team of French, Italian and Russian scientists. One of these cores, weighing several tons, will be analyzed at the Grenoble laboratory to become a database open to all scientists. The other two cores are expected to reach, by 2020, a snow cave at an average temperature of -54°C on the Franco-Italian Concordia base in Antarctica. Thus, an « ice bank » will be created for future generations.
In the spring of 2017, a team of twenty French, Russian, Brazilian, American and Bolivian glaciologists will travel to Bolivia on the Illimani glacier at an altitude of 6,300 meters. The ice cores drilled there will trace 18,000 years of climatic history of the Andes. The scientific team, already in full preparation, will leave early to acclimatize and produce red blood cells. It will be accompanied by local guides and porters. If the expedition to Mont Blanc could take advantage of a helicopter, this mode of transport is impossible on Ilimani. As a result, the two tons of material will be transported by man, as well as the three tons of ice that will be collected. In Bolivia, the scientific team hopes to find traces of Amazonian forest fires, phenomena that alter the chemistry of the atmosphere.
There is an urgent need for these samples. In 2016, because of El Niño, the temperature of the Andean glaciers approached 0°C, with risks that surface snow might percolate and destroy chemical information. If the warming continues at the current rate, it is already known that the glaciers culminating at 3,500 m in the Alps and 5,400 m in the Andes will have disappeared by the end of the century.

Source: International Press.

Photos: C. Grandpey

Etna (Sicile), Sabacanya (Pérou), Piton de la Fournaise (Réunion)

L’épisode éruptif qui a débuté sur l’Etna le 27 février vers 18heures se poursuit ce matin. Le tremor reste stable à un niveau relativement élevé. La coulée de débordement qui accompagne l’éruption avance vers le S-SO dans la dépression entre le nouveau et l’ancien cratère SE. Le journal La Sicilia indique que l’aéroport de Catane n’est pas affecté en ce moment par cet événement.

L’IGP indique que l’on observe actuellement une intensification de l’activité sismique sur le Sabancaya, probablement liée à une nouvelle ascension du magma. Cette augmentation de la sismicité est reflétée par le nombre d’explosions qui génèrent des panaches de cendre atteignant souvent 4800 mètres de hauteur au-dessus du cratère. Par ailleurs, on observe une inflation de l’édifice volcanique. Les émissions de SO2 atteignaient 4070 tonnes le 24 février.

L’OVPF indique que « l’éruption du Piton de la Fournaise débutée le 31 janvier 2017 à 19h40 (heure locale) s’est arrêtée ce jour, le 27 février à 19h30, après une phase d’un peu plus de neuf heures de gaz piston. Aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation à venir, compte tenu des observations suivantes : L’inflation du cône terminal au niveau de sa zone sommitale et basale se poursuit. Les concentrations en CO2 dans le sol au niveau du gîte restent élevées. »

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The eruptive episode that began on Mt Etna on February 27th at 6pm or so continues this morning. The tremor remains stable at a relatively high level. The lava flow that accompanies the eruption is travelling towards the S-SO in the depression between the new and the old SE craters. The newspaper La Sicilia indicates that Catania airport is not affected at this time by this event.

IGP indicates that there is currently an intensification of the seismic activity on the Sabancaya, probably linked to a new magma ascent. This increase in seismicity is reflected in the number of explosions that generate ash plumes often reaching 4,800 meters above the crater. Moreover, there is an inflation of the volcanic edifice. SO2 emissions reached 4,070 tonnes on 24 February.

OVPF states that « the eruption of Piton de la Fournaise that began on January 31st, 2017 at 7:40 pm (local time) ended on February 27th at 7:30 pm, after a 9-hour episode of gas pistoning. There are no assumptions about future developments, given the following observations: Inflation continues at the summit and the base of the summit cone. CO2 concentrations in the ground near the Gîte remain high.  »

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Ce matin, le tremor reste à un niveau relativement élevé sur l’Etna, même s’il semble amorcer un certain déclin (Source: INGV).

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Coulée de lave issue du Cratère SE (Vue webcam Radio Studio 7)

 

Kilauea (Hawaii), Bogoslof (Alaska), Piton de la Fournaise (Réunion), Sabancaya (Pérou)

drapeau-francaisUn nouveau survol effectué par la compagnie Paradise Helicopters le 16 février a permis de d’observer la situation sur le Kilauea. Il y a toujours un lac de lave actif dans la partie NE du cratère du Pu’uO’o qui est la source de la coulée de lave 61g.
Le « firehose » (= la lance d’incendie !) continue à déverser des volumes énormes de lave dans le Pacifique sur le site de  Kamokuna. Les explosions continuent à secouer la falaise littorale qui est fissurée et donc instable. Les visiteurs ne doivent pas s’éloigner du point d’observation aménagé par le Parc des Volcans.
La chose nouvelle par rapport aux vols précédents est le grand nombre de coulées de surface, à la fois sur la plaine côtière et au-dessus du pali.
Le niveau du lac de lave à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u continue de monter et descendre au gré des épisodes d’inflation et de déflation du sommet.
Voici une vidéo du dernier survol.
http://bigislandnow.com/2017/02/20/volcano-overflight-new-surface-flows-ongoing-lava-firehose/

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En raison du manque d’équipement sur la plupart des volcans des Aléoutiennes, l’AVO est confronté à de grandes difficultés pour les surveiller. Le 20 février, un violent orage dans la région d’Unalaska a réduit à néant le système de communications de données à Dutch Harbor. En conséquence, la transmission des données sismiques et infrasoniques des réseaux d’Okmok et Makushin a cessé, ce qui n’a plus permis à l’AVO de détecter l’activité éruptive du Bogoslof. En outre, la zone était recouverte d’épais nuages jusqu’à 9 000 mètres d’altitude, ce qui limitait encore davantage l’observation de l’activité volcanique. L’AVO utilise en outre les signaux d’impacts de foudre et des données infrasoniques en provenance de stations éloignées pour détecter une activité éruptive explosive. Certaines, mais pas toutes, les éruptions du Bogoslof génèrent des éclairs détectables. Les données infrasoniques peuvent aider à confirmer une activité explosive, mais la détection de ces stations éloignées est retardée de plusieurs dizaines de minutes.
L’AVO indique que le Bogoslof reste très actif, mais cette activité est imprévisible. D’autres explosions produisant des nuages de cendre à haute altitude peuvent se produire à tout moment. La couleur de l’alerte aérienne est maintenue au ROUGE.

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L’éruption du Piton de la Fournaise débutée le 31 janvier 2017 se poursuit avec toutefois une tendance à la baisse du tremor qui a retrouvé son niveau du début de l’éruption. A noter que l’on observe depuis quelques jours une reprise de l’inflation de la zone sommitale du volcan.

Source : OVPF.

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Le  Sabancaya reste bien actif avec en moyenne une vingtaine d’ explosions chaque jour. Depuis le 13 février, on observe une augmentation du nombre de séismes hybrides, ce qui pourrait indiquer une nouvelle ascension du magma. Les nuages de cendre continuent à s’élever jusqu’à 2 800 mètres au-dessus du cratère. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne 1 200 tonnes par jour.

Source: IGP.
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drapeau-anglaisA Paradise Helicopters overflight on February 16th allowed to see the situation on Kilauea Volcano. There is still an active lava lake in the NE part of Pu’uO’o Crater which is the source of the 61g lava flow.

The “firehose” is still pouring huge volumes of lava at Kamokuna. Littoral explosions continue to rock the coastline which remains cracked and dangerously unstable. Visitors should not walk away from the observation point.

The new event compared with the previous flights is the great number of surface flows, both on the coastal plain as well as a short distance above the top of the Pali.

The lava lake within Halema’uMa’u Crater is still moving up and down according to the inflation and deflation episodes at the summit.

Here is a video of the latest overflight.

http://bigislandnow.com/2017/02/20/volcano-overflight-new-surface-flows-ongoing-lava-firehose/

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Because of the lack of equipment on most volcanoes of the Aleutians, AVO is confronted with great difficulties to monitor them. On February 20th, a storm in the Unalaska area has impacted data communications at the Observatory’s facility in Dutch Harbor. As a consequence, all seismic and infrasound data from the Okmok and Makushin networks ceased transmission, which limited AVO’s ability to forecast and detect eruptions from Bogoslof. In addition, the area was covered by thick weather clouds to as high as 9,000 metres asl, further limiting the ability to observe volcanic activity. In the meantime, AVO uses lightning data, and infrasound data from distant stations, to detect explosive eruptive activity. Some but not all of the eruptions from Bogoslof in the current sequence have produced detectable lightning strokes. Infrasound data from distant stations can also confirm explosive activity, but detection at these distant stations is delayed by tens of minutes.
AVO indicates that Bogoslof volcano remains at a heightened state of unrest and in an unpredictable condition. Additional explosions producing high-altitude ash clouds could occur at any time. The Aviation Colour Code remains at RED.

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The eruption that started at the Piton de la Fournaise on January 31st, 2017 continues with a downward trend of the tremor which has retrieved its level at the start of the eruption. It should be noted that for some days the summit area of the volcano has shown new inflation.
Source: OVPF.

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Sabancaya Volcano remains quite active with an average of 20 explosions or so every day. Since February 13th, there has been an increase in the number of hybrid seismic events, which might indicate new magma ascent. The ash clouds keep rising up to 2,800 metres above the crater; SO2 emissions average 1,200 tons per day.

Source: IGP.

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Lac de lave dans le Pu’uO’o (Source: Paradise Helicopters)

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Coup d’oeil dans un tunnel de lave (Photo:C. Grandpey)