Glaciers terrestres et montée du niveau des océans // Terrestrial glaciers and rising sea levels

Selon une étude publiée dans la revue Nature, en dehors des pôles, les quelque 200 000 glaciers terrestres sont responsables d’un tiers de la montée du niveau des mers. C’est donc beaucoup plus que les  chiffres avancés auparavant.

Les masses glaciaires autres que le Groenland et l’Antarctique couvrent une surface de 706 000 kilomètres carrés et représentent un volume de 170 000 kilomètres cubes, avec le potentiel de faire s’élever le niveau des océans de 0,40 mètre.

Au total, les glaciers terrestres ont perdu 9000 milliards de tonnes de glace entre 1961 et 2016, soit une moyenne de 335 milliards de tonnes par an. C’est beaucoup plus que les 260 milliards de tonnes estimées dans une précédente étude qui était parue en 2013 dans la revue Science, mais qui ne portait que sur la période 2003-2009.

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs de l’Institut de Recherche en Sciences et Technologies pour l’Agriculture (IRSTEA) ont utilisé toutes les données physiques enregistrées sur les 450 glaciers sur lesquels les chercheurs effectuent des carottages réguliers à la fin de l’été. Ils ont ensuite croisé ces mesures avec les images satellites qui donnent des photos précises de la surface des sols à différentes dates, ce qui permet d’estimer la variation annuelle du volume glaciaire. Les échantillonnages sur le terrain permettent de remonter en 1961 tandis que les images satellites donnent l’évolution de 20 000 glaciers sur tous les massifs du monde, y compris ceux qui sont inaccessibles.

Source : Science et Avenir.

—————————————–

According to a study published in the journal Nature, outside the poles, some 200,000 terrestrial glaciers are responsible for one-third of the rise in sea levels. So it is a lot more than the numbers revealed by previous studies.
Glacial masses other than Greenland and Antarctic cover an area of ​​706,000 square kilometres and a volume of 170,000 cubic kilometres, with the potential to raise the ocean level by 0.40 metres.
In total, terrestrial glaciers lost 9,000 billion tonnes of ice between 1961 and 2016, an average of 335 billion tonnes per year. This is much more than the 260 billion tonnes estimated in a previous study that was published in 2013 in the journal Science, but which only covered the period 2003-2009.
To achieve this result, researchers at the Institute for Research in Science and Technology for Agriculture (IRSTEA) used all the physical data recorded on the 450 glaciers on which researchers carry out regular core sampling at the end of the summer. They then cross-referenced these measurements with the satellite images that give accurate photos of the soil surface at different dates, which allows the annual variation in glacial volume to be estimated. Sampling on the ground can be traced back to 1961 while satellite images show the evolution of 20,000 glaciers on all the world’s massifs, including those that are inaccessible.
Source: Science et Avenir.

Décrochement glaciaire en Alaska (Photo: C. Grandpey)

Fonte des glaciers islandais : Les derniers chiffres // Melting of Icelandic glaciers : Latest figures

Selon le National Land Survey of Iceland, organisme qui gère les relevés topographiques en Islande, la superficie des glaciers islandais a diminué de 215 km2 entre 2012 et 2018. Depuis 2000, leur superficie a diminué de 647 km2, soit en moyenne 36 km2 par an. Cela représente un recul de 5,8% en 18 ans.
Ces chiffres sont les résultats du projet CORINE d’occupation des sols, la première classification détaillée de la couverture des sols pour l’ensemble du pays. Trente-neuf nations européennes participent à ce projet.
Les images satellites sont utilisées pour cartographier la topographie selon un système de catégorisation. Les modifications d’occupation des sols sont cartographiées tous les six ans. La classification CORINE a été réalisée pour la première fois en Islande en 2000 et a depuis été mise à jour à trois reprises: en 2006, 2012 et 2018.
Selon la dernière cartographie CORINE achevée en 2018, la superficie représentée par tous les changements d’occupation des sols en Islande depuis 2012 couvrait environ 770 km2.
La catégorie 332 montre que la zone où la lave et les rochers ont été mis à découvert, a augmenté de 266,5 km2. Cela est dû principalement au recul d’un glacier, mais cette surface mise à nue par la fonte du glacier s’est trouvée réduite de 112,7 km2 du fait de la couverture des sols de façon naturelle par la végétation. Ainsi, l’augmentation référencée dans la catégorie 332 a été de 153,8 km2.
De la même manière, la zone sableuse de Hólasandur dans le nord de l’Islande a enregistré une évolution positive. En effet, une surface rocheuse qui était apparue sur une superficie de 41,6 km2 a été en partie recouverte par la végétation, principalement par des lupins, et une superficie de 7,8 km2 a été entièrement végétalisée. .
Source: Iceland Monitor.

La figure ci-dessous montre le Síðujökull, une langue glaciaire à l’ouest du glacier Vatnajökull, qui a peu à peu reculé. Au cours des 18 dernières années, le Síðujökull a reculé de 1 200 à 1 300 mètres, soit 70 mètres par an en moyenne. Un recul semblable a été observé sur le glacier Snæfellsjökull (voir mon post du 16 mai 2019).

———————————————

According to the National Land Survey of Iceland, the area of Icelandic glaciers decreased by 215 km2 from 2012 to 2018. Since 2000, their area has decreased by 647 km2, or on average by 36 km2 a year. This constitutes a 5.8 percent shrinkage in 18 years.

These figures are the result of the CORINE land cover project, the first detailed land use/land cover classification to be completed that includes the whole country. Thirty-nine European nations participate in this project.

Satellite pictures are used to map land forms, according to a certain categorization system. Changes in land forms are mapped every six years. The CORINE classification was first done in Iceland in 2000 and has since been updated three times: in 2006, 2012 and 2018.

According to the latest CORINE mapping, completed in 2018, the area of all land form changes in Iceland since 2012 encompassed about 770 km2.

Category 332, bare lava and rocks, grew by 266.5 km2, mainly as land emerged as the result of a receding glacier, but was reduced by 112.7 km2 as the result of soil reclamation or natural increase in ground cover. Thus, the total increase in this category was 153.8 km2.

A positive development has occurred at Hólasandur sand in North Iceland, where a rocky surface developed into semi-vegetated land, mostly lupine-covered, in an area of 41.6 km2, and semi-vegetated land changed to fully vegetated in an area of 7.8 km2.

Source : Iceland Monitor.

The figure below shows the example of Síðujökull, a glacier tongue on the west side of Vatnajökull glacier, which has gradually retreated. During the last18 years, it has retreated 1,200-1,300 metres, or 70 metres a year on average. A similar development has taken place on Snæfellsjökull glacier (see my post of May 16th, 2019).

Source: National Land Survey of Iceland

 

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique à travers le monde :

Dans son bulletin mensuel du 1er mai 2019, l’OVPF indiquait que la reprise de l’inflation du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) qui a fait suite à la fin de l’éruption du 18 février

–10 mars 2019, s’est arrêtée à la fin mars. Depuis, aucune déformation significative n’a été enregistrée. Dans la conclusion du rapport, l’Observatoire fait remarquer que depuis 2016, les réalimentations profondes sous le volcan se font par impulsions. De telles phases d’accalmie dans les déformations et la sismicité ont déjà été observées à plusieurs reprises en 2016, 2017 et 2018 sur des périodes allant de 15 à 80 jours environ.

En une dizaine de jours, la situation semble avoir évolué car les derniers bulletins quotidiens de l’OVPF nous apprennent que les GPS de la zone sommitale enregistrent une inflation, témoin de la mise en pression d’une source superficielle. Les GPS en champ lointain enregistrent eux aussi une inflation, témoin de la mise en pression d’une source profonde.

Source : OVPF.

°°°°°°°°°°

Le dernier bulletin de l’INGEMMET pour la période du 6 au12 mai 2019 indique que l’activité du Sabancaya (Pérou) ne montre pas de changements significatifs. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique demeure à l’Orange. On enregistre une vingtaine d’explosions par jour, avec des panaches de cendre qui ne dépassent pas 3 kilomètres de hauteur. La sismicité est essentiellement liée à des mouvements de fluides sous l’édifice volcanique qui ne montre pas de déformation particulière.

°°°°°°°°°°

La situation reste inchangée au Kamchatka où le Karymsky, le Sheveluch, le Klyuchevskoy et l’Ebeko restent en alerte aérienne Orange en raison du risque d’explosions génératrices de panaches de cendre.

°°°°°°°°°°

Une vingtaine d’explosions sont encore observées quotidiennement sur le Fuego (Guatemala). Elles génèrent des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. Les explosions produisent parfois des ondes de choc qui font vibrer les maisons dans les zones situées au sud et au sud-ouest. Des matériaux incandescents sont éjectés à une hauteur de 200 à 300 mètres et provoquent des avalanches qui parcourent parfois de longues distances et atteignent des zones de végétation dans plusieurs ravines. Des retombées de cendres ont été signalées dans des zones sous le vent. Des coulées de lave avancent sur 500 à 600 mètres sur le flanc ouest. Le 11 mai, des lahars se sont engouffrés dans les ravines Las Lajas, Seca, Ceniza et Mineral.
Source: INSIVUMEH.

°°°°°°°°°

Un événement explosif a été enregistré le 12 mai au cratère Nicanor du Nevados de Chillán (Chili), associé à un signal sismique longue période. L’explosion a partiellement détruit le dôme de lave en envoyant des matériaux incandescents sur le flanc nord. Le niveau d’alerte reste à l’Orange et il est rappelé aux habitants de ne pas s’approcher du cratère à moins de 3 km.
Source: SERNAGEOMIN.

°°°°°°°°°°

L’AVO vient de me signaler qu’un tremor basse fréquence est observé sur le Pavlof (Alaska). Les images de la webcam montraient le 15 mai un important panache de vapeur au sommet du volcan. Cela ne signifie pas qu’une éruption est imminente. Cependant, les éruptions passées du Pavlof ont souvent eu lieu sans prévenir. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne a été élevée au Jaune et le niveau d’alerte volcanique est passé à Prudence.

Source: AVO.

°°°°°°°°°°

Le mont Agung (Bali / Indonésie) a connu un nouvel épisode éruptif modéré en début d’après-midi le 12 mai 2019, avec un panache de cendre qui s’est élevé jusqu’à 5,5 km au dessus du niveau de la mer. L’éruption a duré environ 2 minutes. Ces éruptions sont probablement dues à la libération de la pression des gaz qui se sont accumulés sous le dôme de lave à l’intérieur du cratère.
Le niveau d’alerte volcanique n’a pas changé et reste à 2. Cependant, la couleur de l’alerte aérienne est passé au Rouge. Il n’a pas été nécessaire d’évacuer la population et l’aéroport international de Bali a continué de fonctionner normalement.

Source: PVMBG

°°°°°°°°°

Le réseau sismique de l’Anak Krakatau (Indonésie) a détecté des événements éruptifs les 10, 11, 12 et 14 mai. Malgré la faible visibilité, un observateur a estimé qu’un panache de cendres s’était élevé à 150 mètres au-dessus du sommet le 10 mai. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone de danger d’un rayon de 2 km depuis le cratère.

Source : PVMGB.

°°°°°°°°°°

Le Centre de gestion des risques volcaniques et géologiques (PVMBG) a déclaré le 13 mai 2019 que le dôme de lave du Sinabung (Indonésie) a grossi après trois éruptions en une semaine. Le volcan a émis des cendres les 11 et 12 mai ainsi que le 7 mai. Les trois éruptions ont entraîné la croissance du dôme de lave au sommet du volcan. En effet, il n’était pas visible lors de l’éruption du 7 mai, alors que la lave a débordé du cratère pendant plusieurs heures le 11 mai. En outre, les volcanologues locaux ont détecté une augmentation de la pression à l’intérieur du volcan lorsque le magma a commencé à remonter vers la surface. Il a été demandé à la population locale et aux visiteurs de ne pas pénétrer dans la zone de danger. Des policiers ont patrouillé dans la zone dangereuse pour s’assuré que personne n’y était entré.
Source: PVMBG

—————————————–

Here is some news of volcanic activity around the world :

In its monthly bulletin of May 1st, 2019, the OVPF indicated that the inflation of Piton de la Fournaise (Reunion Island) that followed the end of the eruption of February 18th
– March 10th, 2019, stopped at the end of March. Since then, no significant deformation has been recorded. In the conclusion of the report, the Observatory points out that since 2016, the deep refeeding beneath the volcano has been impulsive. Such periods of lull in deformation and seismicity have already been observed several times in 2016, 2017 and 2018 over periods ranging from 15 to 80 days.

In about ten days, the situation seems to have evolved because the last daily bulletins of the OVPF inform us that the GPS network in the summit area records an inflation that corresponds to an increase in pressure of a shallow source. Far-field GPS instruments also record an inflationthat corresponds to an increase in pressure of a deep source.
Source: OVPF.

°°°°°°°°°°

INGEMMET’s latest report for the period from 6 to 12 May 2019 indicates that the activity of Sabancaya (Peru) does not show any significant changes. As a result, the volcanic alert level remains Orange. There are about twenty explosions per day, with ash plumes that do not exceed 3 kilometres in height. Seismicity is essentially related to movements of fluids under the volcanic edifice which does not show any particular deformation.

°°°°°°°°°°

The situation remains unchanged in Kamchatka where the aviation colour code for Karymsky, Sheveluch, Klyuchevskoy and Ebeko remains Orange because of the risk of explosions that may generate voluminous ash plumes.

°°°°°°°°°°

20 explosions or so are still observed each day on Fuego (Guatemala). They generate ash plumes rising as high as 1.1 km above the crater. They sometimes produce shock waves that rattle houses in areas to the S and SW. Incandescent material is ejected 200-300 metres high and causes avalanches of material that occasionally travel long distances, reaching vegetated areas down several ravines. Ashfall has been reported in downwind areas. Lava flows are 500-600 metres long on the W flank. On 11 May, lahars descended the Las Lajas, Seca, Ceniza, and Mineral drainages.

Source: INSIVUMEH.

°°°°°°°°°°

An explosive event was recorded at Nevados de Chillán’s Nicanor Crater (Chile) on 12 May associated with a long-period earthquake signal. The explosion partially destroyed the lava dome, ejecting incandescent material onto the N flank. The alert level remains at Orange and residents are reminded not to approach the crater within 3 km.

Source : SERNAGEOMIN.

°°°°°°°°°°

AVO has just informed me that low-frequency seismic tremor has been observed at Pavlof (Alaska) and web camera observations on 15 May showed a vigorous steam plume from the summit. This does not mean that an eruption is likely or imminent. However, past eruptions of Pavlof occurred with little or no warning. As a consequence, the aviation colour code was raised to Yellow and the volcanic alert level was elevated to Advisory.
Source: AVO.

°°°°°°°°°°

Mount Agung (Bali / Indonesia) went through another moderate eruptive episode in the early afternoon of May 12th, 2019, with an ash plume that rose up to 5.5 km above sea level. The eruption lasted about 2 minutes. These eruptions are probably due to the release of gas pressure accumulated beneath the lava dome inside the crater.

The volcanic alert level has not changed and remains at 2. However, the aviation colour code was raised to Red. There was no need to evacuate the population and Bali’is international airport kept operating normally.

Source: PVMBG.

 °°°°°°°°°°

Anak Krakatau’s seismic network detected eruptive events on 10 May, 11 May, 12 May, and 14 May. An observer estimated that an ash plume rose 150 metres above the summit on 10 May, despite the poor visibility. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and residents are warned to remain outside the 2-km radius hazard zone from the crater.

Source : PVMBG.

°°°°°°°°°°

The Center for Volcanology and Geological Hazard Mitigation (PVMBG) said on May 13th, 2019 that in Indonesia Sinabung‘s lava dome has grown after it erupted for a third time in a week. The volcano spewed volcanic ash on May 11th and 12th and on May 7th. Thee three eruptions resulted in the volcano’s lava dome growing. Indeed, the lava dome was not visible when the volcano initially erupted on May 7th, but lava had flowed out of the crater for hours on May 11th. Besides, local experts detected an increase in pressure inside the mountain as magma started to move to the surface. Local residents and visitors were asked not to enter the danger zone. Police officers patrolled the danger zone to warn people against entering.

Source : PVMBG.

 Episode éruptif sur le Sinabung le 7 mai 2019 (Crédit photo: PVMBG)

On vous aura prévenus… // You have been warned…

On vous aura prévenus. A très court terme, une grande partie des glaciers de la planète auront disparu, ce qui engendrera de sérieux problèmes au niveau des populations qui dépendent de l’eau qu’il rejettent, sans oublier les conséquences sociales, économiques et migratoires majeures à l’échelle de la planète. Une étude publiée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN) fin avril 2019 indique que si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel, les glaciers pourraient disparaître complètement d’ici 2100 de près de la moitié des sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Selon les auteurs de l’étude, 19 000 glaciers, soit 9 % des glaciers de la planète, se trouvent sur des sites du patrimoine mondial. Certains de ces glaciers figurent parmi les plus emblématiques du monde, comme le glacier d’Aletsch dans les Alpes suisses, celui du Khumbu dans l’Himalaya ou le Jakobshavn au Groenland.

L’étude précise que 33 % à 60 % du volume total de glace présent en 2017 dans les sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco aura disparu d’ici 2100. Le pourcentage dépendra de l’évolution des émissions de gaz à effet de serre.

Si les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter comme au cours des dernières décennies, les scientifiques prévoient la disparition des glaciers d’ici à la fin du 21ème siècle dans 21 des 46 sites naturels du patrimoine mondial. L’IUCN précise que même dans un scénario basé sur des émissions faibles respectant les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat, 8 des 46 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco verront leurs glaciers disparaître d’ici 2100. Pour aller dans le sens de ces alertes lancées par les glaciologues et l’IUCN, les émissions de CO2 dans l’atmosphère atteignent actuellement plus de 414 ppm au sommet du Mauna Loa à Hawaii.

Selon l’étude, plusieurs sites du patrimoine mondial de l’Unesco seront fortement touchés par la hausse des températures ces prochaines années. Le parc national de Los Glaciares (Argentine) où se situent certains des plus grands glaciers de la planète, devrait enregistrer une très importante perte de glace correspondant à environ 60 % du volume actuel. En Amérique du Nord, le Parc International de la Paix Waterton-Glacier (à cheval sur la frontière entre les Etats-Unis et la Canada), le Parc National des Montagnes Rocheuses (Canada) et le Parc National Olympique (Etat de Washington / Etats-Unis) devraient perdre plus de 70 % de leur glace d’ici 2100. En Europe, la disparition de petits glaciers est prévue dans les Pyrénées sur le Mont Perdu, entre la France et l’Espagne, d’ici 2040.

Source : IUCN.

Je rappelle que mon rôle est de lancer des alertes et pas de proposer des solutions. Il revient à nos gouvernants d’avancer des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique. Les Conferences Of  Parties (COP) sont également faites pour cela. Malheureusement la présence des chefs d’états se fait de plus en plus rare….

++++++++++

Hier 14 mai 2019, on m’a demandé d’intervenir dans une classe de Première du lycée de Bellac (Haute Vienne) pour expliquer la situation glaciaire dans l’Arctique, thème d’une semaine éducative dans cet établissement.

Après avoir montré la fonte des glaciers dans les Alpes, j’ai fait un tour d’horizon des terres nordiques, entre l’Alaska et la Sibérie, en passant par l’Islande et la Scandinavie. J’ai ensuite élargi la présentation à l’Antarctique, puis à la fonte du permafrost et ses conséquences pour l’environnement.

J’ai vraiment l’impression que les jeunes sont conscients des menaces climatiques et environnementales qui pèsent sur leur génération. Je suis persuadé que c’est par le biais d’images spectaculaires et sans équivoque, présentées par des gens qui sont allés sur le terrain, que l’on arrivera à convaincre la population de ne pas rester passive et de ne pas se laisser abuser par des dirigeants qui font fi de l’environnement et qui n’ont en tête que des intérêts économiques.

———————————————–

You have been warned. In the very short term, a large part of the world’s glaciers will have disappeared, which will cause serious problems for the populations who depend on the water they reject, not to mention the major social, economic and migratory consequences at the scale of the planet. A study published by the International Union for the Conservation of Nature (IUCN) in late April 2019 indicates that if greenhouse gas emissions continue at the current rate, glaciers could disappear completely by 2100 from nearly the half of UNESCO World Heritage sites.
According to the authors of the study, 19,000 glaciers, or 9% of the world’s glaciers, are on World Heritage sites. Some of these glaciers are among the most iconic in the world, such as the Aletsch Glacier in the Swiss Alps, the Khumbu Glacier in the Himalayas or the Jakobshavn in Greenland.
The study states that 33% to 60% of the total ice volume in 2017 in UNESCO World Heritage Sites will be gone by 2100. The percentage will depend on the evolution of greenhouse gas emissions.
If greenhouse gas emissions continue to increase as in recent decades, scientists predict the disappearance of glaciers by the end of the 21st century in 21 of the 46 natural World Heritage sites. IUCN says that even in a low emission scenario meeting the objectives of the Paris Climate Agreement, 8 of the 46 UNESCO World Heritage Sites will see their glaciers disappear by 2100. Related to these warnings issued by glaciologists and IUCN, CO2 emissions in the atmosphere are currently more than 414 ppm at the summit of Mauna Loa in Hawaii.
According to the study, several UNESCO World Heritage sites will be strongly affected by rising temperatures in the coming years. The Los Glaciares National Park (Argentina), home to some of the world’s largest glaciers, is expected to record a significant ice loss of about 60% of current levels. In North America, the Waterton-Glacier International Peace Park (straddling the United States-Canada border), Rocky Mountain National Park (Canada) and the Olympic National Park (Washington State / United States) are likely to lose more than 70% of their ice by 2100. In Europe, the disappearance of small glaciers is expected in the Pyrenees on Mount Perdu, between France and Spain, by 2040.
Source: IUCN.

I need to remind you that my role is to launch alerts and not to suggest solutions. It is up to our leaders to put forward solutions to fight against global warming.  It is also the purpose of the Conferences Of Parties (COP). Unfortunately the presence of heads of state is becoming increasingly rare ….

Tous les grands glaciers (Aletsch en Suisse, Athabasca au Canada, Columbia en Alaska) sont menacés de disparition. (Photos: C. Grandpey)