Une éruption de l’Okmok (Alaska) a-t-elle contribué à l’avènement de l’Empire Romain? // Did an eruption of Okmok (Alaska) help the rise of the Roman Empire?

Plusieurs organes de presse internationaux nous apprennent que des chercheurs du Desert Research Institute de Reno (Nevada) ont identifié un volcan d’Alaska dont l’éruption a peut-être contribué à l’avènement de l’Empire Romain. Leur étude a été publiée le 22 juin 2020 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences.
Dans les années qui ont suivi l’assassinat de Jules César en l’an 44 avant notre ère, les récits historiques décrivent un froid inhabituel, des pénuries alimentaires, des maladies et une période de famine qui auraient accompagné ce moment charnière de l’histoire occidentale.
Les historiens ont longtemps pensé que cette météo exécrable pouvait être liée à une éruption volcanique, mais ils n’en avaient pas la preuve et n’étaient pas en mesure de déterminer où et quand elle s’était produite, ni avec quelle ampleur.
Après avoir analysé les cendres piégées dans des carottes de glace prélevées au Groenland et en Russie, un groupe de scientifiques et d’historiens pense maintenant que le volcan Okmok (Alaska), qui est entré en éruption en l’an 43 avant notre ère, est le coupable de cette situation. La puissante éruption a creusé un cratère de 10 kilomètres de diamètre. Le volcan se trouve sur l’île d’Umnak dans la chaîne des Aléoutiennes: il est toujours en activité aujourd’hui. Il s’est manifesté pour la dernière fois en 2008.
L’assassinat de César par les sénateurs romains a déclenché une lutte pour le pouvoir qui a mis fin à la République romaine, avec le passage d’une gouvernance démocratique à la dictature de l’Empire Romain. Cet événement a également conduit à la chute du royaume ptolémaïque en Egypte qui s’est trouvée sous la domination romaine.
L’étude scientifique nous explique que les mauvaises récoltes, la famine et les maladies résultant de l’éruption ont probablement exacerbé l’agitation sociale et contribué aux chamboulements politiques. [Note personnelle : une influence semblable d’une éruption volcanique a été observée lors de celle du Laki (Islande) qui a peut-être contribué à déclencher la Révolution française de 1789.]
Dans le cas de l’avènement de l’Empire Romain, l’équipe scientifique a analysé des tephra bien conservés, piégés dans les carottes de glace de l’Arctique pour mettre en relation la période de mauvaises conditions climatiques en Méditerranée et la puissante éruption du volcan Okmok. Les chercheurs ont comparé l’empreinte chimique laissée par les tephra trouvés dans la glace à ceux projetés par d’autres volcans en éruption à cette époque. Il ne faisait aucun doute que la source des retombées de l’an 43 était le volcan Okmok. Les chercheurs ont également identifié une éruption de l’Etna (Sicile) en l’an 44 avant notre ère, mais elle était moins forte et plus limitée en retombées que celle de l’Okmok.
L’éruption d’Okmok a produit des retombées volcaniques qui ont duré deux ans et abaissé la température dans l’hémisphère nord de parfois 7°C. La chute de température est visible sur les cernes d’arbres en Scandinavie et en Autriche. Un pin bristlecone dans les White Mountains de Californie montre un anneau de gel qui révèle des températures inférieures à 0°C au début du mois de septembre 43 avant notre ère. De même, les données climatiques fournies par des grottes en Chine montrent une baisse de température au cours des trois années qui ont suivi l’éruption. Les modèles réalisés par les chercheurs montrent que le temps était probablement beaucoup plus humide que la normale au cours de l’été et de l’automne qui ont suivi l’éruption de l’Okmok. Dans la région méditerranéenne, ces conditions humides et extrêmement froides ont probablement réduit les rendements des cultures et entraîné des problèmes d’approvisionnement pendant les bouleversements politiques qui ont eu lieu au cours de cette période.
Les chercheurs ont déclaré que cette éruption d’Okmok pourrait permettre d’expliquer des phénomènes inhabituels décrits dans les semaines qui ont suivi la mort de César et qui ont été décrits par des auteurs comme Virgile: des halos solaires, le soleil s’assombrissant dans le ciel ou trois soleils apparaissant dans le ciel. A l’époque, ces phénomènes ont été interprétés comme des mauvais présages.
Source: KESQ-TV.

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Several international news media inform us that researchers at the Desert Research Institute in Reno, Nevada, have identified an Alaskan volcano that may have helped the rise of the Roman Empire. Their study was published on June 22nd, 2020 in the Proceedings of the National Academy of Sciences.
In the years after the assassination of Julius Caesar in ancient Rome, historical accounts describe unusual cold, food shortages, disease and famine that accompanied a pivotal moment in Western history.
Historians had long suspected that this unexplained extreme weather could be linked to a volcanic eruption, but they had been unable to pinpoint where or when such an eruption had occurred or how severe it was.
After analyzing the ash trapped in ice cores taken from Greenland and Russia, an international group of scientists and historians now think that Okmok volcano in Alaska, which erupted more than 2,000 years ago, was the culprit. The massive explosion created a 10-kilometre-wide crater. The volcano is located on Umnak Island in the Aleutian Islands chain: it is still active today and last erupted in 2008.
Caesar’s stabbing by Rome’s senators triggered a power struggle that ultimately ended the Roman Republic, leading to a shift from a democratic governance to the dictatorship of the Roman Empire. It also ultimately led to Egypt coming under Roman rule.
The study explains that crop failures, famine and disease resulting from the eruption likely exacerbated social unrest and contributed to political realignments at this “critical juncture of Western civilization.” [Editor’s note : A similar influence of a volcanic eruption was observed when Laki erupted in Iceland and may have helped to trigger the French Revolution of 1789.]
The scientific team analyzed tephra that was trapped in Arctic ice cores to link the period of unexplained extreme climate in the Mediterranean with the massive eruption of Okmok volcano. The researchers compared the chemical fingerprint of the tephra found in the ice with tephra from volcanoes thought to have erupted about that time and it was very clear that the source of the 43 BCE fallout in the ice was the Okmok eruption. They also identified a smaller and more limited volcanic eruption in 44 BCE at Mount Etna (Italy).
The Okmok eruption produced volcanic fallout that lasted two years, lowering temperatures in the Northern Hemisphere by up to 7° C. The change in temperature can be seen in tree ring records in Scandinavia, Austria and California, with one bristlecone pine in California’s White Mountains showing a frost ring that suggested temperatures below freezing in early September 43 BCE. Similarly, climate records from caves in China also showed temperature drops in the three years after the eruption. The researchers’ models suggested it was probably much wetter than normal during the summer and autumn that followed the 43 BCE eruption of Okmok. In the Mediterranean region, these wet and extremely cold conditions during the spring through the autumn seasons probably reduced crop yields and led to supply problems during the ongoing political upheavals of the period.
The researchers said this eruption of Okmok could help explain unusual phenomena described around the immediate time of Caesar’s death by writers like Virgil : solar halos, the sun darkening in the sky or three suns appearing in the sky that at the time were interpreted as omens.
Source : KESQ-TV.

L’Okmok dans la Chaîne des Aléoutiennes (Source : AVO)

Emission de vapeur dans une zone hydrothermale sur la lèvre du Cône C de l’Okmok (Source : Alaska Volcano Observatory)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Selon le PHIVOLCS, le volcan Kanlaon sur l’île de Negros (Philippines) montre des signes de reprise d’activité, avec de petits essaims sismiques détectés sur le flanc ouest du volcan qui émet des panaches de vapeur jusqu’à 300 mètres de hauteur. De plus, un léger gonflement du Kanlaon a été observé.
Les autorités philippines ont émis une première alerte en mars 2020 quand le Kanlaon a commencé à montrer des signes d’activité qui s’est intensifiée au cours des derniers jours.
Si les signes d’une éruption devaient apparaître, plus de 20 000 personnes dans huit villages dans un rayon de 6 à 12 kilomètres du Kanlaon devraient être évacuées. De telles évacuations seraient rendues très difficiles par la pandémie de coronavirus qui nécessite une distanciation sociale. Les Philippines ont signalé plus de 32 000 cas de covid-19, avec 1 204 décès.
Source: PHIVOLCS et presse philippine.

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 Dans un e-mail envoyé le 18 juin 2020, l’AVO m’a informé que «ces derniers jours, on a enregistré des épisodes de tremor et de sismicité sur le Veniaminof (Aléoutiennes / Alaska). Ces phénomènes révèlent une hausse d’activité par rapport à la normale. C’est pourquoi la couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique sont passés respectivement à la couleur Jaune et à Advisory (Surveillance conseillée).»
Ce type d’activité sismique précède généralement l’activité éruptive du Veniaminof mais ne signifie pas qu’une éruption se produira. L’activité éruptive de ce volcan consiste généralement en émissions de cendres mineures, fontaines et coulées de lave à partir du petit cône dans la caldeira sommitale. Les émissions de cendres se limitent le plus souvent au cratère sommital, mais des événements plus importants peuvent entraîner des retombées de cendres sur les localités à proximité.
Source: AVO.

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La sismicité a baissé sur le Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska) et a retrouvé un niveau normal pour ce volcan. Les images satellites des dernières semaines montrent des températures de surface normales et une légère émission de vapeur au sommet. Il n’y a aucun signe de nouvelle activité volcanique dans le cratère. Au vu de cette baisse d’activité, l’AVO a fait passer la couleur de l’alerte aérienne au VERT et le niveau d’alerte volcanique à NORMAL

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Suite à une intensification de leur activité, les volcans Fuego et Pacaya (Guatemala) sont soumis à une surveillance renforcée.

L’activité du Fuego se poursuit, avec des explosions et des avalanches de matériaux dans plusieurs ravines. Comme précédemment, les explosions déclenchent des ondes de choc qui font vibrer les vitre des maisons.

Le Pacaya a émis ces derniers jours d’importantes coulées de lave accompagnées d’explosions.

Source : INSIVUMEH.

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Les données satellitaires montraient une petite anomalie thermique au niveau du cratère sud de l’Erta Ale (Éthiopie) le 12 juin 2020, et une anomalie plus importante le 17 juin sur le site du lac de lave qui avait disparu et pourrait être de retour dans le cratère. Espérons que des avions seront disponibles dans les prochaines semaines pour avoir une confirmation de cette information.
Source: Sentinel Hub.

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En Islande, la sismicité est toujours intense dans la zone de fracture de Tjörnes, bien qu’elle semble avoir légèrement diminué ces derniers jours. Rappelons que cette sismicité – qui s’est déplacée vers le nord – est d’origine purement tectonique et est à mettre en relation avec la situation de l’Islande sur la dorsale médio-atlantique, avec un phénomène d’accrétion d’environ 2 cm par an.
Plusieurs articles de presse annoncent une éruption du Grimsvötn à très court terme mais rien n’indique que l’activité ait augmenté ces derniers jours. La plupart des articles expliquent que le nuage de cendres produit par une éruption du Grimsvötn pourrait provoquer une perturbation du trafic aérien comme en 2010, mais l’histoire montre qu’une éruption de ce volcan provoque principalement des jökulhlaups, autrement dit des inondations suite à la fonte de la glace.

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Des essaims sismiques volcano-tectoniques de faible amplitude, généralement provoqués par la fracturation de roches, ont été détectés les 11, 13 et 16 juin 2020 au sud-ouest de la Laguna del Maule (Chili), dans le secteur de Las Nieblas. De plus, des émissions de CO2 ont été détectées dans la même zone. Ces paramètres indiquent qu’une éruption pourrait avoir lieu dans les prochaines semaines ou les prochains mois.
En conséquence, les autorités locales ont relevé le niveau d’alerte à la couleur Jaune pour le San Clemente. Des restrictions d’accès ont été mises en place autour de la zone de dégazage de CO2, avec un rayon de sécurité de 2 km.
Aucune éruption n’a été enregistrée dans la caldeira de la Laguna del Maule au cours des 2000 dernières années, mais les données fournies par les instruments de surveillance (parmi lesquelles une déformation constante de l’édifice volcanique au cours des 10 dernières années) confirment qu’il s’agit d’un système actif. La caldeira se situe principalement du côté chilien de la frontière, mais empiète aussi sur l’Argentine.
Source: SERNAGEOMIN.

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Le Merapi (Indonésie) a connu un triple épisode éruptif le 21 juin à 9h13, 9h25 et 9h27 (heure locale). La colonne de cendres a atteint 6 000 mètres d’altitude. L’éruption, enregistrée sur un sismogramme, présentait une amplitude maximale de 75 mm et une durée de ± 5 minutes 28 secondes.
Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 2 et n’a pas changé depuis le 21 mai 2018.
Ces explosions se produisent de temps en temps sur le Merapi. Elles sont causées par la destruction partielle du dôme de lave sous la pression des gaz. Le danger réside dans les coulées pyroclastiques qui peuvent être générés par ces éruptions explosives. Par précaution, le public doit rester en dehors d’un rayon de 3 kilomètres du volcan.
Source: Journaux indonésiens.

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Le 16 juin 2020, une de mes antennes à La Réunion m’informait qu’une reprise de l’inflation était observée sur le Piton de la Fournaise, accompagnée d’une certaine sismicité. Cette personne ajoutait qu’il n’était pas nécessaire de se précipiter sur l’île car la prochaine éruption n’était pas pour les prochains jours.
Cette nouvelle vient d’être confirmée par la dernière mise à jour de l’Observatoire qui indique une reprise de la sismicité sur le volcan, avec passage du niveau d’alerte volcanique à « Vigilance » (Watch) le 22 juin.
Entre le 16 et le 22 juin 2020, 18 séismes volcano-tectoniques ont été enregistrés à 2 km sous la zone sommitale. Comme je l’ai écrit plus haut, cette sismicité s’accompagne d’une reprise de l’inflation à la base et au sommet du volcan.
Les émissions de CO2 dans la zone éloignée, qui avaient atteint des valeurs maximales à la fin de l’éruption du début avril, continuent de diminuer, ce qui correspond à la remontée profonde du magma vers la partie supérieure du système d’alimentation du volcan.
L’OVPF ajoute que ce processus de recharge du réservoir de surface peut prendre plusieurs jours ou semaines, de sorte que personne ne sait quand aura lieu la prochaine éruption.
Source: OVPF

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Here is some news of volcanic activity around the world.

According to PHIVOLCS, Kanlaon volcano on Negros island (Philippines) is showing signs of renewed activity, with seismic swarms detected on the western flank of the volcano which is emitting plumes of steam up to 300 metres high. Moreover, a slight bulging of Kanlaon’s slope has been observed.

Philippine authorities issued an initial alert in March after Kanlaon began showing signs of activity which intensified during the past days.

Should signs of an eruption appear, more than 20,000 people in eight villages within 6 to 12 kilometres of Kanlaon would have to be evacuated. Such evacuations would be made very difficult by the current coronavirus pandemic which requires social distancing. The Philippines has reported more than 32,000 confirmed covid-19 infections, including 1,204 deaths.

Source : PHIVOLCS and Philippine newspapers.

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In an e-mail sent on June 18th, 2020, AVO informed me that “over the past several days there have been periods of seismic tremor and occasional earthquakes at Veniaminof (Aleutians / Alaska). This represents a departure from background activity. Thus, the Aviation Color Code and the Volcano Alert Level are being increased to YELLOW/ADVISORY.”
This type of seismic activity typically precedes eruptive activity at Veniaminof but does not mean that an eruption will occur. Eruptive activity usually consists of minor ash emissions, lava fountains and lava flows from the small cone in the summit caldera. Ash emissions are typically confined to the summit crater, but larger events can result in ashfall in nearby communities.

Source: AVO.

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Seismicity at Shishaldin Volcano (Aleutians / Alaska) has decreased to background levels. Satellite views over the past few weeks suggest normal surface temperatures and light steaming at the summit. There is no sign of new volcanic activity within the crater. Due to this decrease in activity, the Alaska Volcano Observatory has decreased the Aviation Colour Code to GREEN and the Volcanic Alert Level to NORMAL.

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Following an intensification of their activity, Fuego and Pacaya volcanoes (Guatemala) are subject to reinforced surveillance.
Fuego’s activity continues, with explosions and avalanches of material in several drainages. As before, the explosions trigger shock waves that vibrate the windows of houses.
Pacaya has emitted major lava flows in recent days accompanied by explosions.
Source: INSIVUMEH.

Satellite data showed a minor thermal anomaly in Erta Ale’s south pit crater (Ethiopia) on June 12th, 2020, and a larger anomaly on June 17th at the site of the previous lava lake which may be back in the crater. Let’s hope planes will be available in the next weeks to have a confirmation of this piece of news.

Source: Sentinel Hub.

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In Iceland, seismicity is still intense on the Tjörnes Fracture Zone, although it seems to have slightly declined in the last days. This seismicity – which is moving northward has a purely tectonicorigin ansd is due to the country’s location on the Mid-Atlantic Ridge, on which the rifting totals nearly 2 cm a year.

Several press articles announce an eruption of Grimsvötn volcano in the very short term but there are no indications that activity has increased in the very past days. Most articles explain that the ash cloud produced by an eruption of Grimsvötn might cause a disruption of air traffic like in 2010, but history shows that an eruption of this volcano mainly causes jökulhlaups, well-known subglacial outburst floods

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Swarms of small-magnitude volcano-tectonic earthquakes, commonly associated with fracturing of rocky material, were detected on June 11th, 13th, and 16th 2020 southwest of the Laguna del Maule (Chile), in the Las Nieblas sector. In addition, CO2 emissions have been detected in the same area. These parameters suggest that an eruption could develop in the next weeks or months.

As a consequence, local officials have raised the alert level to Yellow for the San Clemente. Preventive restrictions have been applied on access around the CO2 degassing center, with a security radius of 2 km.

No eruptions has been recorded at the Laguna del Maule caldera over the past 2 000 years, but the data obtained with instrumental monitoring (among which constant deformation in the past 10 years) confirm it is an active volcanic system. The caldera lies mostly on the Chilean side of the border, but partially extends into Argentina.

Source : SERNAGEOMIN.

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Mount Merapi (Indonesia) erupted three times on June 21st at 9:13am, 9:25am and 09:27am (local time). The ash column reached 6,000 metres above sea level. The eruption was recorded on a seismogram with a maximum amplitude of 75 mm and a duration of ± 5 minutes 28 seconds.

The volcanic alert level is kept at 2 and has remained unchanged since May 21st 2018.

These explosions occur from time to time on Mt Merapi. They are caused by the partial destruction of the lava dome under the pressure of the gases. The danger lies with the pyroclastic flows that may be generated by these explosive eruptions. As a precaution, the public should stay outside a 3-kilometre radius from the volcano.

Source: Indonesian newspapers.

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On June 16th, 2020, one of my sources on Reunion Island told me that inflation has resumed on Piton de la Fournaise, accompanied by some seismicity. He added there was no need to rush to the island, however, as the next eruption was not for the next few days.

This piece of news was confirmed last week by the Observatory’s latest update that indicates a resumption of seismicity at the volcano and the increase of the volcanic alert level to “Vigilance” (Watch) on June 22nd.

18 shallow volcano-tectonic earthquakes were recorded, 2 km beneath the summit area between June 16th and 22nd. As I put it above, this seismicity is accompanied by a resumption of inflation at the base and at the top of the volcano.

CO2 emissions in the far-field soil, which had reached maximum values at the end of the eruption at the beginning of April, continue to decrease, corresponding to the deep ascent of magma to the surface areas of the feeding system.

OVPF adds that this process of recharging the surface reservoir can take several days or weeks, so that nobody knows when the next eruption will occur.

Source: OVPF

Illustration de la déformation du Piton de la Fournaise sur les derniers deux mois (Source : OVPF)

 

Le bus d’« Into the Wild » arraché à sa solitude // The bus of « Into the Wild » removed from its loneliness

Dans une note écrite le 23 mars 2020, je conseillais comme lecture de confinement le livre Into the WildVoyage au bout de la solitude dans sa version française – publié en 1996. L’auteur – Jon Krakauer – y retrace l’histoire véridique de Christopher McCandless, un jeune homme qui a troqué la civilisation pour un retour à la vie sauvage en Alaska où il trouve la mort.

Christopher McCandless survécut environ 112 jours dans l’Alaska sauvage où il se nourrissait de racines et de gibier. Bien qu’ayant prévu de camper sur la côte, il décida de s’installer dans un ancien bus aménagé où il mourut de faim, voire d’empoisonnement par ingestion de racines ou de graines toxiques en août 1992

Ce bus au milieu de nulle part, à environ 16 km au nord de l’entrée du Parc National du Denali, est devenu une destination touristique mais pose des problèmes. Certains touristes se sont parfois perdus dans la nature sauvage de l’Alaska et ont dû être secourus. D’autres ont même trouvé la mort, comme des voyageurs venus de Suisse et de Biélorussie, en 2010 et 2019, noyés lors d’expéditions pour tenter de trouver le fameux bus.

Les familles de certaines victimes ont suggéré de construire une passerelle au-dessus de la Teklanika, mais cette passerelle pourrait donner aux gens une fausse impression de sécurité. Elle pourrait inciter encore davantage de personnes à vouloir atteindre le bus, et cela pourrait conduire à plus d’opérations de secours. Une meilleure solution serait peut-être de faire disparaître le bus.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/23/into-the-wild/

Finalement, le « Magic bus », comme il avait été surnommé, a été jugé trop dangereux pour les randonneurs qui venaient le contempler et il a été soulevé et déplacé le 18 juin 2020 par un hélicoptère de l’armée américaine. Il sera conservé pour le moment dans un site sécurisé, jusqu’à ce qu’il soit décidé de son sort. L’une des solutions serait de l’exposer. Je pense plutôt qu’il finira à la ferraille.

Source : Presse alaskienne.

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In a post written on March 23rd, 2020, I recommended reading Into the WildVoyage au bout de la solitude in its French version – published in 1996. The author – Jon Krakauer – retraces the true story of Christopher McCandless, a young man who traded civilization for a return to the wild life in Alaska where he died.
Christopher McCandless survived about 112 days in the wild Alaska where he fed on roots and game. Although he had planned to camp on the coast, he decided to settle in an old furnished bus where he died of hunger, even of poisoning by ingestion of roots or toxic seeds in August 1992
This bus in the middle of nowhere, about 16 km north of the entrance to Denali National Park, has become a tourist destination but poses problems. Some tourists got lost in the Alaskan wilderness and had to be rescued. Others even died, such as travellers from Switzerland and Belarus, in 2010 and 2019, drowned in expeditions to try to find the famous bus.
Families of some of the victims have suggested building a bridge over the Teklanika River, but the bridge could give people a false sense of security. It could make even more people want to reach the bus, and this could lead to more rescue operations. Perhaps a better solution would be to make the bus disappear.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/23/into-the-wild/

In the end, the « Magic bus », as it was nicknamed, was deemed too dangerous for hikers who came to contemplate it and it was lifted and moved on June 18th, 2020 by an American army helicopter. It will be kept for the moment in a secure site, until its fate is decided. One of the solutions would be to exhibit it. I rather think it will end up on a scrap heap.
Source: Alaskan press.

Le « Magic bus » de Into the Wild (Crédit photo : Wikipedia)

Le pergélisol

Avec le réchauffement climatique, je fais souvent référence à la fonte du pergélisol – en anglais permafrost – et à ses conséquences pour la planète. Voici quelques informations sur ce sol gelé qui risque de donner naissance à bien des problèmes dans les prochaines années.

Qu’est-ce que le pergélisol ?

Le pergélisol désigne la partie du sol gelée en permanence au moins pendant deux ans, et de ce fait, imperméable. Il existe dans les hautes latitudes mais aussi dans les hautes altitudes où je le désigne sous l’appellation ‘permafrost de roche’. Le gel assure la stabilité des parois rocheuses et empêche leur effondrement.

Le pergélisol couvre officiellement 23,9% de la surface terrestre soit 22 790 000 km2 ou un quart des terres émergées de l’hémisphère Nord. Il occupe 90 % du Groenland, 80 % de l’Alaska, 50 % du Canada et de la Russie, plus particulièrement la Sibérie. Il est généralement permanent au-delà du 60ème degré de latitude, tandis que le pergélisol alpin est plus sporadique.

 Source : NASA

Structure du pergélisol :

Le pergélisol est constitué thermiquement de trois couches : la première dite « active » dégèle en été et peut atteindre jusqu’à deux ou trois mètres d’épaisseur ; la seconde, soumise à des fluctuations saisonnières mais constamment sous le point de congélation, constitue la partie du pergélisol stricto sensu et s’étend jusqu’à une profondeur de 10 à 15 mètres ; la troisième peut atteindre plusieurs centaines de mètres, voire dépasser le millier de mètres ; elle ne connaît pas de variation saisonnière de température et est constamment congelée. La température s’y élève en allant vers le bas sous l’influence des flux géothermique et atteint 0 °C à la limite basse du pergélisol.

 (Source : Geological Socoety London)

 Hausse des températures et effets sur le pergélisol :

Dans sa partie la plus méridionale, le pergélisol atteint une température proche de zéro en été et il pourrait rapidement dégeler. Les climatologues canadiens pensent que sa limite sud pourrait remonter de 500 km vers le nord en un siècle. Un peu plus vers le nord, seule la «couche active» gagnera de l’épaisseur en été, induisant une pousse de la végétation mais aussi des mouvements de terrain déterminant des phénomènes de « forêts ivres » où les racines des arbres ne sont plus maintenues par le gel. On observera des modifications hydrologiques et hydrographiques. Les tourbières boréales seront transformées en zones humides gorgées d’eau qui feront le bonheur des moustiques.

 Tourbière humide suite au dégel du permafrost en Alaska

(Photo : C. Grandpey)

C’est bien sûr la zone active, la plus superficielle qui est la plus sous la menace du réchauffement climatique. Elle varie selon l’altitude et la latitude, mais aussi dans l’espace et dans le temps au rythme des glaciations et réchauffements, parfois brutalement dès que l’enneigement recule et laisse apparaître un sol foncé qui capte la chaleur que l’albédo des glaces et neige renvoyaient vers le ciel. Cette zone est aujourd’hui généralement profonde de quelques centimètres à quelques décimètres. Dans les zones nordiques les constructions reposent aujourd’hui sur des pieux enfoncés à plusieurs mètres de profondeur, et il est recommandé de conserver un vide sous les maisons.

Exemple d’immeuble construit sur pilotis à cause du permafrost en Yakoutie

(Crédit photo: Wikipedia)

Effets du dégel du pergélisol sur les sols :

Dans les Alpes, le pergélisol se retrouve au-dessus de 2 500 mètres sur les ubacs, autrement dit sur les versants à l’ombre, par opposition aux adrets qui désignent les versants au soleil. Un dégel de ces zones de haute montagne peut provoquer des éboulements importants.

L’Office fédéral suisse de l’environnement a publié une carte et une liste actualisée des zones habitées particulièrement menacées. Les dangers d’éboulements existent surtout pour les localités – comme Zermatt – qui se situent au fond des vallées. Les effondrements peuvent être d’autant plus meurtriers que les dépôts de matériaux laissés par les effondrements peuvent être remobilisés par les fortes pluies et provoquer de très dangereuses laves torrentielles. Les villages suisses de Bondo et Chamoson ont été victimes de ce phénomène.

La fonte de la glace du pergélisol est également susceptible de créer des mouvements importants des sols. Cela risque de poser des problèmes à certaines infrastructures comme les oléoducs posés sans fondations sur ces sols. Des travaux de consolidation sont ainsi régulièrement effectués sur les installations gazières de la péninsule de Yamal en Sibérie.

Conséquences d’une lave torrentielle à Chamoson (Photo : C. Grandpey)

Le pergélisol : une bombe à retardement :

Le pergélisol arctique, qui renferme 1500 milliards de tonnes de gaz à effet de serre, soit environ deux fois plus que dans l’atmosphère, est considéré comme une bombe à retardement. Selon les indices publiés en 2019 dans la revue Nature, le pergélisol canadien fond avec une intensité qui n’était attendue dans certaines régions que vers 2090 ; à l’échelle mondiale sa vitesse de fonte implique un risque « imminent » d’emballement.

Le dégel du pergélisol permet aux bactéries de se développer, et avec la fonte du pergélisol les déchets organiques deviennent accessibles aux microbes qui produisent du CO2 et du méthane. Ainsi, il pourrait émettre à l’avenir environ 1,5 milliard de tonnes de gaz à effet de serre chaque année. On assiste à une boucle de rétroaction car les gaz à effet de serre accélèrent le réchauffement de la planète et le réchauffement de la planète augmente la fonte du pergélisol.

Dégel du pergélisol : la peur des virus :

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, le dégel du pergélisol est susceptible de libérer des virus, connus ou inconnus. En 2014, des scientifiques ont découvert dans le pergélisol deux virus géants, inoffensifs pour l’Homme, qu’ils ont réussi à réactiver. Cela prouve que si on est capable de ressusciter des virus âgés de 30 000 ans, il n’y a aucune raison pour que certains virus beaucoup plus embêtants pour les êtres vivants ne survivent pas également plus de 30 000 ans. En 2016, en Sibérie, un cadavre décongelé de renne a déclenché une épidémie d’anthrax qui a tué un enfant et décimé de nombreux troupeaux de rennes. Pour l’instant, la résurgence des virus se fait de manière locale, mais elle pourrait se répandre à l’ensemble de la planète. On vient de voir la catastrophe humaine, économique et sociale générée par le coronavirus.

Les rennes sont particulièrement exposés aux virus, mais aussi aux moustiques (Photo : C. Grandpey)

Le dégel du pergélisol et l’exploitation minière :

Des régions de Sibérie, auparavant désertiques et accessibles, recèlent d’importants gisements de gaz et de pétrole, ainsi que des métaux précieux comme l’or ou les diamants. Leur exploitation est en passe de devenir possible avec le réchauffement climatique. Des mines à ciel ouvert, d’une taille de 3 à 4 kilomètres de diamètre et jusqu’à un kilomètre de profondeur, ont été ouvertes pour exploiter ces gisements en retirant le pergélisol. Les bactériologistes mettent en garde sur ces exploitations à ciel ouvert où aucune précaution bactériologique n’est prise.

  Mine de diamant de Mirny en Sibérie (Crédit photo : Wikipedia)