Le dégel inquiétant de la toundra // The worrying thaw of the tundra

Après avoir emprisonné du dioxyde de carbone (CO2) dans son sol gelé pendant des millénaires, la toundra arctique est en train de connaître une transformation spectaculaire, accélérée par de fréquents incendies de végétation qui la transforment en une source d’émissions de CO2. Elle émet désormais plus de carbone qu’elle n’en stocke, ce qui aggravera les effets du réchauffement climatique. C’est la conclusion du rapport 2024 sur l’Arctique de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Le rapport révèle que la température annuelle de l’air à la surface de l’Arctique en 2024 a été la deuxième plus chaude jamais enregistrée depuis 1900.
Le rapport se base sur la moyenne des observations effectuées et consignées entre 2001 et 2020. Ses auteurs expliquent que le réchauffement climatique exerce un double effet sur l’Arctique. S’il stimule la productivité et la croissance des plantes, ce qui élimine le dioxyde de carbone de l’atmosphère, il entraîne également une augmentation de la température de l’air à la surface qui provoque le dégel du pergélisol. Le dégel du permafrost libère du carbone auparavant piégé dans le sol gelé sous forme de dioxyde de carbone et de méthane – deux puissants gaz à effet de serre – par décomposition microbienne.

Photo: C. Grandpey

En 2024, l’Alaska a enregistré la deuxième plus chaude température du pergélisol jamais enregistrée. Le réchauffement climatique d’origine anthropique intensifie également les feux de de végétation dans les hautes latitudes ; ils ont augmenté en superficie brûlée, en intensité et en émissions de carbone associées. Ces incendies brûlent non seulement la végétation et la matière organique du sol, tout en libérant du carbone dans l’atmosphère, mais ils font disparaître également les couches isolantes du sol, ce qui accélère le dégel du pergélisol à long terme et les émissions de carbone qui y sont associées. Le rapport précise que depuis 2003, les émissions des feux de forêt dans l’Arctique ont atteint en moyenne 207 millions de tonnes de carbone par an. 2023 a été l’année où on a observé les feux de forêt les plus importantes jamais enregistrées.C’est en raison de ceux du Canada qui ont brûlé plus de deux fois plus de végétation que pendant toute autre année. Les incendies ont émis au Canada près de 400 millions de tonnes de carbone, soit plus de deux fois et demie les émissions en provenance de tous les autres secteurs.

Les feux ‘zombies’ viennent s’ajouter aux incendies de végétation traditionnels (Crédit photo: The Siberian Times)

Les températures plus chaudes ont également un impact sur la faune sauvage. Le rapport révèle que le nombre de caribous a diminué de 65 % dans la toundra au cours des deux à trois dernières décennies. La chaleur estivale perturbe leurs déplacements et leurs conditions de vie, tout comme les changements dans les conditions de neige et de glace en hiver.

Rennes dans la toundra (Photo: C. Grandpey)

À côté de cela, les populations de phoques en Alaska restent en bonne santé. Le rapport n’a constaté aucun impact négatif à long terme sur la condition physique, l’âge de maturité, le nombre de grossesses ou la survie des petits parmi les quatre espèces de phoques vivant sur la banquise dans les mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort.
Source : NOAA, AFP.

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After locking carbon dioxide CO2) in its frozen soil for millennia, the Arctic tundra is undergoing a dramatic transformation, driven by frequent wildfires that are turning it into a net source of CO2 emissions. It is now emitting more carbon than it stores, which will worsen global warming impacts,This is the conclusion of the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA)’s 2024 Arctic Report Card, which reveals that annual surface air temperatures in the Arctic in 2024 were the second-warmest on record since 1900.

The report is based on an average of observations recorded from 2001-2020. Its authors say that climate warming exerts dual effects on the Arctic. While it stimulates plant productivity and growth, which removes carbon dioxide from the atmosphere, it also leads to increased surface air temperatures that cause permafrost to thaw. Thawing permafrost releases carbon previously trapped in frozen soil as carbon dioxide and methane — two potent greenhouse gases — through microbial decomposition.

In 2024, Alaska recorded its second-warmest permafrost temperatures on record. Human-caused global warming is also intensifying high-latitude wildfires, which have increased in burned area, intensity, and associated carbon emissions. Wildfires not only combust vegetation and soil organic matter, releasing carbon into the atmosphere, but they also strip away insulating soil layers, accelerating long-term permafrost thaw and its associated carbon emissions. The report specifies that since 2003, circumpolar wildfire emissions have averaged 207 million tons of carbon annually. 2023, was the largest fire year on record due to Canadian wildfires, which burned more than twice any other year on record in Canada. The fires emitted nearly 400 million tons of carbon, more than two-and-a-half times the emissions from all other sectors in Canada combined.

Warmer temperatures are impacting wildlife too, with the report finding tundra caribou numbers have decreased by 65 percent over the past two to three decades. The summer heat is disrupting their movements and survival, alongside changes to winter snow and ice conditions.

Surprisingly, however, Alaska’s ice seal populations remain healthy. The report found no long-term negative impacts on body condition, age of maturity, pregnancy rates, or pup survival for the four species of ice seals inhabiting the Bering, Chukchi, and Beaufort seas.

Source : NOAA, AFP.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

En Islande, l’accumulation de magma se poursuit sous Svartsengi. Selon les relevés GPS et les modélisations les plus récentes, le volume de magma sous Svartsengi semble représenter les deux tiers de celui qui existait avant la dernière éruption du 22 août 2024. Avec environ 14 millions de mètres cubes accumulés actuellement, la probabilité d’une éruption devrait augmenter début novembre si l’accumulation reste constante.
L’activité sismique a légèrement augmenté ces derniers, avec environ cinq événements quotidiens le long du dyke sous Svartsengi. Selon le Met Office, cette sismicité montre que la pression augmente.
Source : Met Office islandais.

Graphique montrant la progression de l’accumulation du magma sous Svartsengi (Source : Met Office)

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Toujours en Islande, une hausse inhabituelle de l’activité hydrothermale a été observée ces derniers jours sur le site de Geysir. En particulier, le Strokkur a été plus actif que d’ordinaire. Ses éruptions sont plus hautes et plus puissantes. Certaines d’entre elles ont même été si nerveuses que des pierres ont été projetées. Un représentant de l’Agence de l’Environnement a confirmé que de nombreuses sources chaudes du secteur sont plus actives qu’avant.
Le Strokkur entre en activité plus souvent qu’avant, avec des jets qui atteignent jusqu’à 30 mètres de hauteur. Cependant, le Met Office précise qu’il n’a observé aucun changement dans le fonctionnement du geyser proprement dit. La situation est surveillée et les scientifiques essayent de comprendre la cause de cette hausse d’activité.
Les touristes qui visitent Geysir ont été invités à être prudents et à rester à bonne distance des sources chaudes. Il convient de noter que de telles fluctuations de l’activité hydrothermale sont observées de temps en temps à Yellowstone (États-Unis) sans conséquences majeures.
Source : Iceland Monitor.

Photo: C. Grandpey

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Une activité explosive intracratèrique est actuellement observée au sommet de l’Etna (Sicile), sans émission de cendres ou de lave, grâce aux caméras de surveillance thermique. Cette activité est localisée dans le cratère NE, tandis que de légères et sporadiques émissions de cendres sont observées au cratère SE, ainsi qu’une activité de dégazage des autres cratères sommitaux. L’INGV a fait passer à l’Orange la couleur de l’alerte aérienne.
Les instruments de l’Institut montrent que le tremor éruptif se situe actuellement dans des valeurs moyennes. L’activité volcanique reste confinée à une altitude de 3 300 mètres au-dessus du niveau de la mer et n’a pas d’impact sur le trafic aérien à l’aéroport international de Catane.

Source : La Sicilia.

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Le Kanlaon – ou Canlaon – (Philippines) a émis 3 244 tonnes de SO2 le 19 octobre 2024, dans le cadre de la hausse continue de son activité. Cette hausse est liée à des mouvements de magma à faible profondeur sous le volcan, ce qui est susceptible d’annoncer d’éventuelles éruptions explosives.
Le PHIVOLCS a également signalé plusieurs brefs épisodes d’émissions de cendres grises. Ils ont duré entre deux et six minutes et ont généré des panaches qui se sont élevés à environ 500 m au-dessus du cratère.
Le volcan est en alerte de niveau 2 depuis le 3 juin 2024, à la suite d’une éruption qui a envoyé des panaches de cendres jusqu’à 5 000 m. de hauteur.

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Toujours aux Philippines, des événements éruptifs phréatiques se produisent toujours périodiquement au Taal. On observe des remontées de fluides chauds dans le lac. Des émissions de vapeur et de gaz parfois volumineuses s’élèvent jusqu’à 1,8 km au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 1 et PHIVOLCS rappelle au public que l’ensemble de Taal Volcano Island est une zone de danger permanent (PDZ). L’accès au Main Crater est interdit.
Source : PHIVOLCS.

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Une hausse de la sismicité associée à la fracturation de roches est enregistrée sur le volcan Hudson (Arc volcanique andin sud) depuis le 16 octobre 2024, avec 160 événements volcano-tectoniques dont la magnitude la plus élevée était de M 2,5 le 17 octobre, à 2,9 km à l’ESE du centre de la caldeira, et à une profondeur de 4,4 km. Un séisme longue période (LP) a été détecté le 17 octobre. Un séisme volcano-tectonique a également été enregistré le 19 octobre.
Le niveau d’alerte reste au Vert (le niveau le plus bas sur une échelle de quatre couleurs).
Source : SERNAGEOMIN.

Crédit photo: SERNAGEOMIN

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Toujours sur l’Arc volcanique andin sud, le SERNAGEOMIN a signalé une incandescence nocturne au niveau du cratère du Copahue le 16 octobre 2024. Une augmentation de l’activité de surface a été observée le 19 octobre, avec une émission de cendres qui s’est élevée à 200 m au-dessus du cratère.
Le niveau d’alerte reste Vert et il est rappelé au public de se tenir à au moins 500 m du cratère.

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Une hausse de l’activité et des risques potentiels a été signalée sur le volcan Iya (arc volcanique de la Sonde), au vu des données de surveillance visuelle et instrumentale du 16 au 22 octobre 2024. Le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 4) le 17 octobre, et le public est invité à rester à au moins 2 km de la zone active du cratère.

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Toujours en Indonésie, l’éruption du Dukono se poursuit. Des panaches de vapeur et de cendres s’élèvent chaque jour de 100 à 800 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.
Source : CVGHM.

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L’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) indique que l’émission de lave se poursuit sur le Nyamulagira (République Démocratique du Congo). Selon un bulletin spécial édité le 2 octobre 2024, trois coulées de lave étaient actives sur les flancs N et O ; la plus longue atteignait 7 km au NO de la lèvre du cratère. Une forte sismicité dans la zone a également été signalée dans un bulletin spécial émis le 14 octobre. Au cours des nuits du 13 et 14 octobre, une lueur intense était visible dans le cratère.

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Le 22 octobre 2024, GeoNet a signalé que l’éruption de White Island (Nouvelle-Zélande) avait pris fin, bien que des émissions de gaz et de vapeur soient encore observées. Un survol effectué le 18 octobre et de récentes images webcam et satellite montrent que le niveau d’activité a diminué, sans signes d’éruptions ou d’émissions de cendres. Le niveau d’alerte volcanique a été ramené à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée au Jaune. Il faut garder à l’esprit que l’accès à White Island est strictement interdit depuis l’éruption de décembre 2019 qui a tué 22 touristes et gravement blessé des dizaines de survivants.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Popocatépetl (Mexique). Le réseau sismique enregistre de nombreux événements longue période (LP) chaque jour. Ils s’accompagnent d’émissions de vapeur et de gaz. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités sous le vent. Selon le VAAC de Washington, les panaches de cendres visibles sur les webcams et les images satellites du 17 au 21 octobre 2024 s’élevaient à 5,8-7,3 km au-dessus du niveau de la mer.
Le niveau d’alerte reste au Jaune, Phase 2 et le public est prié de rester à au moins 12 km du cratère.
Source : CENAPRED.

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L’éruption du Novarupta-Katmai s’est produite en 1912 en Alaska, mais l’Observatoire Volcanologique d’Alaska (AVO) indique que du 18 au 19 octobre 2024, des vents violents à proximité du Katmai et de la Vallée des Dix Mille Fumées soulevé des cendres jusqu’à 1,8 km d’altitude au sud-est et au nord-ouest. Les cendres atteignent souvent l’île Kodiak où elles génèrent des nuages ​​de poussière et du brouillard. Le niveau d’alerte volcanique reste à Normal, le niveau le plus bas sur une échelle à quatre niveaux.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

In Iceland, magma accumulation is going on beneath Svartsengi. According to the most recent GPS readings and model estimates, the volume of magma beneath Svartsengi is now predicted to be two-thirds of that which existed before the last eruption on August 22nd, 2024. With around 14 million cubic meters currently accumulated, the likelihood of an eruption is likely to grow in early November if the accumulation rate remains constant.

Seismic activity has increased slightly recently, with approximately five minor daily earthquakes happening along the dike beneath Svartsengi. According to the Met Office, they indicate that pressure is increasing.

Source : Icelandic Met Office.

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Still in Iceland, unusual and increased hot spring activity has been observed in the Geysir area. Strokkur has been unusually active in recent days. Its eruptions are higher and more powerful than before. Some of them have even been so vigorous that stones have been thrown up. A representative from the Environment Agency has confirmed that many hot springs in the area are now far more powerful than before.

The hot springs now erupt more often than before, with strokes that reach up to 30 meters. However, the Met Office specifies that there have been no changes to Geysir itsel. The situation is being monitored and an attempt is made to analyze the cause of this increased activity.

Tourists in the Geysir area have been asked to be careful and stay at a safe distance from the hot springs. It should be noted that similar fluctuations in hydrothermal activity are occasionally observed at Yellowstone (United States) without major consequences.

Source : Iceland Monitor.

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INGV’s thermal surveillance cameras currently show an intracrater explosive activity at the summit of Mt Etna (Sicily), without emission of ash or lava. This activity is located at the NE Crater, while mild and sporadic ash emissionsare observed at the SE Crater, and degassing activity from the other summit craters. However, the aviation color code has been raised to Orange.
The Institute’s instruments show that the eruptive tremor is currently at medium values. Volcanic activity remains confined to an altitude of 3,300 meters above sea level and has no impact on air traffic at Catania International Airport.
Source: La Sicilia.

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Kanlaon (Philippines) emitted 3 244 tonnes of SO2 on October 19th, 2024, as part of its ongoing increased unrest. The increase is linked to shallow magmatic movement beneath the volcano, raising concerns about potential explosive eruptions.

PHIVOLCS also reported several brief episodes of gray ash emissions. They lasted between two to six minutes and produced plumes that rose approximately 500 m above the crater.

The volcano has been under Alert Level 2 since June 3rd, 2024, following a significant eruption that sent ash plumes as high as 5 000 m.

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Still in the Philippines, phreatic eruptive events periodically continue at Taal. Hot fluids upwelling in the lake are persistently observed. Steam-and-gas emissions that are sometimes voluminous rise as high as 1.8 km above the crater. The Alert Level remains at 1 and PHIVOLCS reminds the public that the entire Taal Volcano Island is a Permanent Danger Zone (PDZ). Access to the Main Crater is prohibited.

Source : PHIVOLCS.

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An increase in seismicity associated with rock-fracturing has been recorded at Hudson (Southern Andean Volcanic Arc) since 16 October 2024, with160 volcano-tectonic events whose highest magnitude was M 2.5 on 17 October, 2.9 km ESE from the center of the caldera and at a depth of 4.4 km. A long-period earthquake was also detected on 17 October. A volcano-tectonic earthquake was detected on 19 October.

The Alert Level remains at Green (the lowest level on a four-color scale).

Source : SERNAGEOMIN.

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Still on the Southern Andean Volcanic Arc, SERNAGEOMIN reported nighttime crater incandescence at Copahue on 16 October 2024. An increase in surface activity was observed on 19 October, with an ash emission that rose 200 m above the crater.

The Alert Level remains at Green and the public is reminded to stay 500 m away from the crater.

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An increase in activity and potential hazards have been reported at Iya (Sunda Volcanic Arc), based on visual and instrumental monitoring data during 16-22 October 2024. The Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-4) on 17 October, and the public is asked to stay 2 km away from the active crater area.

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Still in Indonesia, the eruption at Dukono continues. Daily steam znd ash plumes rise 100-800 m above the summit. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to remain outside the 3-km exclusion zone.

Source : CVGHM.

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The Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) reports that lava effusion at Nyamulagira (Democratic Republic of Congo) continues. According to a special bulletin issued on 2 October 2024, three lava flows were active on the N and W flanks, with the longest reaching 7 km NW from the crater rim. Strong seismicity in the area was also reported in a special bulletin issued on 14 October. During the nights of 13 and 14 October an intense glow was visible in the crater.

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On 22 October 2024, GeoNet reported that the eruption at White Island (New Zealand) had ended, though gas-and-steam emissions could still be observed. Based on observations from an overflight on 18 October and recent webcam and satellite images, the level of activity had decreased, with no evidence of eruptions or ash emissions. The Volcanic Alert Level was lowered to 2 (on a scale of 0-5) and the Aviation Color Code was lowered to Yellow. People should bear in mind that access to White Island has been strictly prohibited since the December 2019 eruption that killed 22 tourists and gravely injured tens of survivors.

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Eruptive activity continues at Popocatépetl (Mexico). The seismic network records numerous long-period events per day that are accompanied by steam-and-gas emissions. Asfall has been reported in several downwind communities. According to the Washington VAAC ash plumes visible in webcam and satellite images during 17-21 October 2024 rose to 5.8-7.3 km above sea level.

The Alert Level remains at Yellow, Phase Two and the public is asked to stay 12 km away from the crater.

Source : CENAPRED.

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The Novarupta-Katmai eruption occurred in 1912 in Alaska, but the Alaska Volcano Observatory (AVO) reports that during 18-19 October 2024 strong winds in the vicinity of Katmai and the Valley of Ten Thousand Smokes dispersed unconsolidated ash up to 1.8 km a.s.l. to the SE and NW. The ash often travels as far as Kodiak Island where it causes dust and fog clouds.The Volcano Alert Level remains at Normal (the lowest level on a four-level scale).

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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La fonte du champ de glace de Juneau (Alaska) // The melting of the Juneau Icefield (Alaska)

Tout comme le glacier Columbia, le champ de glace de Juneau, qui recouvre une partie de l’Alaska et de la Colombie-Britannique, a vu sa fonte augmenter considérablement depuis 2010. Plus globalement, la fonte des glaciers en Alaska s’est accélérée et pourrait atteindre un point de non-retour irréversible plus tôt qu’on ne le pensait.

Photo: C. Grandpey

C’est la conclusion d’une nouvelle étude publiée dans Nature Communications et conduite par une équipe regroupant des scientifiques du Royaume-Uni, des États-Unis et d’Europe. Les chercheurs ont examiné des archives remontant à 1770 et ont identifié trois périodes distinctes dans l’évolution du volume du champ de glace. Ils ont constaté que la perte de volume des glaciers est restée assez constante de 1770 à 1979, puis a augmenté entre 1979 et 2010. Entre 2010 et 2020, il y a eu une forte accélération de la fonte. La vitesse de perte de glace a alors doublé, atteignant 5,91 km3 par an. En particulier, les observations ont révélé que le rétrécissement de la superficie des glaciers au niveau du champ de glace a été cinq fois plus rapide entre 2015 et 2019 qu’entre1948 et 1979. Cette fonte spectaculaire et soudaine entre 2010 et 2020 a également été révélée par les images satellite du glacier Columbia (voir ma note précédente). La perte totale de glace sur le champ de glace de Juneau entre 1770 et 2020 équivaut à presque le quart du volume de glace d’origine.
Cette accélération de l’amincissement des glaciers s’est également accompagnée d’une fragmentation de plus en plus fréquente. L’équipe scientifique a remarqué une augmentation spectaculaire des déconnexions, là où la partie inférieure d’un glacier se sépare de la partie supérieure. De plus, 100 % des glaciers cartographiés en 2019 ont reculé par rapport à leur position de 1770, et 108 glaciers ont complètement disparu.

Photo: C. Grandpey

Il est à la fois surprenant et inquiétant d’observer depuis le début du 21ème siècle une accélération rapide de la vitesse de fonte des glaciers sur le champ de glace de Juneau. Les champs de glace d’Alaska sont principalement plats et de type plateau. Ils sont donc particulièrement vulnérables à une fonte accélérée à mesure avec le réchauffement du climat, car la fonte des glaces sur un tel relief se produit sur toute la surface, et une zone beaucoup plus grande est donc affectée. De plus, les calottes glaciaires et les champs de glace plats ne peuvent pas se retirer vers des altitudes plus élevées pour trouver un nouvel équilibre. Cela signifie qu’une future régénérescence des glaciers est très peu probable. Les glaciers se dirigent probablement vers un point de non-retour et vers un recul irréversible.
L’Alaska abrite certains des plus grands champs de glace en plateau dans le monde. Leur fonte contribue pour beaucoup à l’élévation actuelle du niveau de la mer. Les chercheurs pensent que les processus qu’ils ont observés sur le champ de glace de Juneau sont susceptibles d’affecter d’autres champs de glace du même type ailleurs dans le monde, y compris en Norvège.
Source : Université de Newxastle.

 Evolution de la fonte du Juneau Icefield (Souce : Université de Newcastle)

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Just like the Columbia Glacier, the Juneau Icefield, which straddles the boundary between Alaska and British Columbia, Canada, has increased its melting dramatically since 2010. More globally, the melting of glaciers in Alaska has accelerated and could reach an irreversible tipping point earlier than previously thought.

This is the conclusuion of a new research published in Nature Communications and conducted by a team from the UK, USA and Europe. The scientists looked at records going back to 1770 and identified three distinct periods in how icefield volume changed. They saw that glacier volume loss remained fairly consistent from 1770 – 1979, then increased between 1979-2010. Between 2010-2020 there was a sharp acceleration of the melting when the rate of ice loss doubled, reaching 5.91 km3 per year. In particular, the research found that icefield-wide, rates of glacier area shrinkage were five times faster from 2015-2019 relative to 1948-1979.This sudden loss between 2010 and 2020 was also revealed by the satellite images of the Columbia Glacier (see my previous post). Overall, the total ice loss across the Juneau icefield between 1770-2020 equates to just under a quarter of the original ice volume.

The increased rate of glacier thinning has also been accompanied by increased glacier fragmentation. The team mapped a dramatic increase in disconnections, where the lower parts of a glacier become separated from the upper parts. Additionally, 100% of glaciers mapped in 2019 have receded relative to their position in 1770, and 108 glaciers have disappeared completely.

It is both surprising and worrying to observe a rapid acceleration since the early 21st century in the rate of glacier loss across the Juneau icefield. Alaskan icefields are predominantly flat, plateau icefields. As such, they are particularly vulnerable to accelerated melt as the climate warms since ice loss happens across the whole surface, meaning a much greater area is affected. Additionally, flatter ice caps and icefields cannot retreat to higher elevations and find a new equilibrium. This means that future glacier regrowth is highly unlikely, potentially pushing glaciers beyond a tipping point into irreversible recession.

Alaska contains some of the world’s largest plateau icefields whose melting is a major contributor to current sea level rise. The researchers think the processes they observed at Juneau are likely to affect other, similar icefields elsewhere in the world, including in Norway.

Source : Newxastle University.

Le recul constant du Columbia Glacier (Alaska) // The constant retreat of the Columbia Glacier (Alaska)

Le glacier Columbia est un glacier émissaire situé dans le sud de l’Alaska. C’est l’un des glaciers qui reculent le plus rapidement au monde. Aujourd’hui, les glaciers émissaires attirent l’attention des scientifiques car ils sont susceptibles de contribuer à l’élévation du niveau de la mer. Un glacier émissaire prend naissance sur terre, dans les montagnes, et déroule son ruban jusqu’à la mer, où il vient vêler en produisant des icebergs. Le Columbia est généré par un champ de glace situé à 3 050 mètres d’altitude, dans les Chugach Mountains et s’engouffre dans un fjord qui débouche dans la Baie du Prince William. Le glacier s’étalait autrefois vers le sud dans la Columbia Bay, jusqu’à Heather Island. Cette époque est révolue. Depuis les années 1980, il a perdu plus de la moitié de son épaisseur et de son volume, et son front a reculé de plus de 20 kilomètres vers le nord.
Les images satellites au fil des ans révèlent les changements subis par le glacier. Ils sont en particulier visibles sur la branche principale et la branche ouest. (Le glacier s’est divisé en deux branches vers 2011.) La branche ouest n’atteint plus la mer et ne produit donc plus d’icebergs depuis 2019, alors que le vêlage reste présent au niveau du front de la branche principale, mais pour combien de temps encore?.

Les glaciologues de la NASA expliquent que le recul rapide de glaciers comme le Columbia peut provoquer une instabilité de l’ancien encaissant du glacier. Des pans de montagne entiers, autrefois retenus par le glacier, peuvent commencer à bouger, accentuant le risque de glissements de terrain et de tsunamis pour les localités côtières, les pêcheurs et les voies de navigation. On a observé une telle situation en Nouvelle-Zélande où les flancs de montagne ont été déstabilisés par la fonte des glaciers Fox et Franz Josef. Les autorités locales ont alors décidé d’interdire l’accès à ces vallées en raison du risque de glissements de terrain et de chutes de pierres.
Les glaciers émissaires ont tendance à faire alterner les périodes d’avancée et de recul en fonction de facteurs tels que la forme du fjord, le changement du niveau de la mer, le vêlage des icebergs et la température de l’eau et de l’air. Ces dynamiques peuvent atténuer ou renforcer les effets du climat, ce qui fait que les glaciers émissaires réagissent différemment au réchauffement climatique.
Cependant, les images satellites confirment que le Columbia recule régulièrement depuis plusieurs années. Un scénario similaire se déroule ailleurs en Alaska, comme on peut le constater en survolant Glacier Bay, par exemple.
Les scientifiques expliquent que les glaciers émissaires comme le Columbia ont la capacité de contribuer rapidement à l’élévation du niveau de la mer, bien plus rapidement que leurs homologues terrestres.
Source : NASA.

Images satellite de la NASA et photos personnelles pour les années 2009 et 2013

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The Columbia Glacier is a tidewater – or outlet – glacier in southern Alaska. It is one of the world’s most rapidly retreating glaciers. Today, tidewater glaciers across the planet are garnering attention from scientists for their collective potential to contribute to sea level rise. The ice of a tidewater glacier originates on land and flows downslope into seawater, where the glacier loses mass through the calving of icebergs. Columbia’s ice descends from an icefield 3,050 meters above sea level, down the flanks of the Chugach Mountains, and into a fjord that leads into Prince William Sound. The glacier once reached south across Columbia Bay to Heather Island. But since the 1980s, it has lost more than half of its total thickness and volume, and its front has retreated more than 20 kilometers north into the bay.

Satellite images across the years reveal some of the more recent changes, Notable changes persist on the glacier’s Main Branch and West Branch. (The glacier split into these two branches around 2011.) The West Branch appears to have already lost its tidewater terminus by 2019. That means it no longer reaches fjord waters where it once spawned icebergs, as the Main Branch continues to do, but for how long?

NASA glaciologists explain that the rapid retreat of glaciers like Columbia can leave the surrounding land unstable. Entire mountainsides once held back by a glacier’s ice can start to move, increasing the risk of landslides and subsequent tsunamis for coastal communities, local fishers, and shipping lanes. This is what happened in New Zealand where mountainsides were destabilized by the melting of the Fox and Franz Josef glaciers. Local authorities decided to prohibit access to these valleys because of the risk of landslides and rockfalls.

Tidewater glaciers tend to cycle between periods of advance and retreat according to factors such as fjord shape, sea level change, iceberg calving, and water and air temperature. These dynamics can mitigate or reinforce the effects of climate, making tidewater glaciers highly variable in how rapidly they respond to global warming.

However, satellite images confirm that Columbia has been regularly retreating in the past years. A similar scenario is unfolding elsewhere in Alaska as can be seen during overflights of Glacier Bay, for instance.

Scientis explain that the wider implication of tidewater glaciers like Columbia is that they have the ability to rapidly contribute to sea level rise much faster than their land terminating counterparts.

Source : NASA