Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

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Les autorités indonésiennes ont relevé le niveau d’alerte du Bur Ni Telong (province d’Aceh, nord Sumatra) à son deuxième niveau le plus élevé suite à une hausse de l’activité sismique. Les instruments ont enregistré au moins sept séismes le 30 décembre 2025, ressentis à environ cinq kilomètres de distance. Les sismomètres ont également détecté sept séismes volcaniques superficiels, quatorze séismes profonds et deux séismes d’origine tectonique. L’activité sismique, en hausse depuis juillet 2025, s’est intensifiée et est devenue plus superficielle ces deux derniers mois. Les autorités demandent à la population et aux visiteurs de se tenir à au moins quatre kilomètres du cratère et à éviter les zones de fumerolles et de solfatares par temps de pluie car les concentrations de gaz peuvent être mortelles.

La hausse du niveau d’alerte intervient alors que la région de Bener Meriah, où se trouve le volcan, vient de connaître des inondations et glissements de terrain catastrophiques qui ont frappé 52 villes et districts de l’île de Sumatra au début du mois de décembre. Ces catastrophes ont fait 1 141 morts, 163 disparus et plus de 7 000 blessés. Rien que dans la province de Bener Meriah, 31 personnes ont péri et 14 sont toujours portées disparues. Les inondations et les glissements de terrain ont coupé l’accès aux villages isolés et obligé plus de 2 100 habitants à quitter leur domicile.

Source : Médias locaux.

Crédit photo: Wikipedia

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En Islande, un séisme de magnitude M2,6 a été enregistré le 29 décembre 2025 près des îles Vestmann, à environ 17 kilomètres à l’ouest-sud-ouest de Stórhöfði. Un séisme de magnitude M3,1 s’était produit dans la même zone, juste au nord-nord-ouest de Surtsey, en juin 2023. Les séismes sont relativement rares près des îles Vestmann. Seuls trois ont été enregistrés en 2025 ; le plus important avait une magnitude de M1,7.
Environ une heure avant le séisme des îles Vestmann, un séisme de magnitude M2,9 a été enregistré sur l’Öræfajökull, dans le Parc national du Vatnajökull. Il s’agit du séisme le plus significatif enregistré sur ce volcan cette année.
Source : Met Office islandais.

 Vue de l’Öræfajökull (Crédit photo : mbl.is/RAX)

Rien de neuf sur la Péninsule de Reykjnes. Le magma continue de s’accumuler sous le secteur de Svartsengi, mais personne n’est en mesure de dire à quel moment se produira la prochaine éruption.

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L’épisode éruptif observé dans la zone sommitale de l’Etna (Sicile) depuis le 26 décembre 2025 semble terminé. Une activité strombolienne avait tout d’abord animé le Cratère Nord-Est. Elle s’est intensifiée le 27 décembre avec des fontaines de lave de 150-200 mètres, puis 300-400 mètres de hauteur quelques heures plus tard. Par ailleurs, une bouche s’est ouverte sur le flanc supérieur Est de la Voragine, avec une coulée de lave qui s’est dirigée vers la Valle del Bove après avoir parcouru environ 1,8 km. Une activité strombolienne était également visible au niveau de cette bouche.

Le 28 décembre , l’activité strombolienne persistait dans la bouche ouverte sur le versant de la Voragine mais la coulée de lave observée précédemment n’était plus alimentée. Elle n’avançait pas non plus le 29 décembre.

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Dans un premier bulletin émis le 1er janvier 2026 à 19h20, l’INGV indique qu’à partir de 16:30 une activité effusive était observée à l’intérieur de la Valle del Bove, près de son versant nord-ouest. Dans le même temps, une activité explosive était en cours dans la Bocca Nuova, L’amplitude du tremor volcanique se situait dans des valeurs moyennes. Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’était observée. .

Dans un nouveau bulletin publié le 1er janvier 2026 à 20h30, l’INGV précise que la bouche effusive alimentant l’activité dans la Valle del Bove se trouve près du Monte Simone, à une altitude d’environ 2 100 m. Au moment de la diffusion du bulletin, le front de coulée le plus avancé se situait immédiatement
au sud de la Rocca Musarra (environ 1 580 m d’altitude). L’activité sismique n’avait pas évolué par rapport au bulletin précédent.

Source : INGV.

Activité strombolienne sur la Voragine le 28 décembre 2025 (image webcam)

La coulée de lave dans la Valle del Bove le 1er janvier 2026 au soir (Image webcam)

La source de cette nouvelle coulée se trouvant à une altitude relativement basse, l’évolution de la situation devra être étudiée attentivement.

Crédit photo: Veronica Testa / Facebook

Comme le fait remarquer Boris Behncke (INGV Catane), « une fois de plus, l’Etna nous a surpris : le tremor volcanique s’estompait et les signes d’activité explosive au niveau des cratères sommitaux étaient de moins en moins visibles. » Il s’agit d’un retournement de situation spectaculaire quelques jours seulement après les paroxysmes du Cratère nord-est le 27 décembre.

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Après la crise sismique du 5 décembre 2025 qui laissait entrevoir une éruption à court terme, la situation s’est calmée sur le Piton de la Fournaise (Île de la Réunion). À partir du 14 décembre, l’inflation de l’édifice a cessé mais la sismicité a montré que la mise en pression du système d’alimentation magmatique se poursuivait.

Le 1er janvier 2026 à partir de 4h47, l’OVPF relevait une crise sismique sur le Piton de la Fournaise, signe que le magma se propageait vers la surface. En raison d’une éruption probable ou imminente, le préfet de La Réunion a activé l’alerte 1 et ordonné la fermeture de l’Enclos dès 6h le 1er janvier.

Nouveau coup de théâtre quelques heures plus tard. Dans un nouveau bulletin, l’OVPF indiquait que la crise sismique débutée le 1er janvier 2026 aux alentours de 4h45 avait fortement ralenti et pouvait être considérée comme arrêtée.

Cette hausse de la sismicité s’est accompagnée de déformations rapides de faible ampleur au niveau de la zone sommitale du volcan. C’était la preuve d’une intrusion de magma en profondeur, mais qui n’a pas atteint la surface, probablement à cause d’une pression insuffisante à sa propagation. La sismicité reste toutefois présente, ce qui montre que le réservoir magmatique reste sous pression.

L’OVPF explique qu’aucune hypothèse n’est écartée :arrêt définitif de l’intrusion ? Reprise de l’intrusion ? Nouvelle intrusion ? Éruption ?

Au moment de la diffusion de ce bulletin (2 janvier 2026), le préfet de La Réunion a décidé de revenir en phase de Vigilance du dispositif spécifique ORSEC. L’Enclos est de nouveau ouvert et l’accès à sa partie haute n’est possible que sur les trois sentiers balisés et entretenus par l’Office National des Forêts (ONF). Un retour en alerte 1 « éruption probable ou imminente » reste possible en cas d’observation d’une nouvelle phase d’intrusion magmatique.

 

Schéma montrant le système d’alimentation magmatique du Piton de la Fournaise avec les principales phases de réactivations observées depuis mi-septembre 2025. Les étoiles en blanc représentent les localisations schématiques des séismes. (Source : OVPF)

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Il s’agit d’un phénomène fréquent en hiver dans cette partie de l’Alaska. De forts vents du nord-ouest soufflent dans la région du Katmai et de la Vallée des Dix Mille Fumées et soulèvent des cendres volcaniques émises lors de l’éruption du Novarupta-Katmai de 1912, les entraînant vers le sud-est. Ce phénomène n’est pas dû à une activité volcanique récente et se produit par temps de vents forts et de sécheresse, en l’absence de neige, dans la région du Katmai et d’autres zones volcaniques d’Alaska. Aucune éruption n’est en cours. Tous les volcans de la région du Katmai (Griggs, Katmai, Novarupta, Mageik, Martin, Snowy et Trident) restent en alerte aérienne Verte et le niveau d’alerte volcanique est Normal. L’AVO précise que ces cendres en suspension dans l’air peuvent être dangereuses car elles peuvent endommager les aéronefs et nuire à la santé.

Falaises de ponce dans la Vallée des 10 000 Fumées (Photo: C. Grandpey)

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Une éruption au niveau du cratère Iodake, sur Satsuma Iwo-jima, dans la partie émergée de la caldeira NO de Kikai (Japon), a été enregistrée le 29 décembre 2025.

Il s’agit de la première éruption depuis le 3 septembre 2024. Le panache éruptif s’est élevé à 200 m au-dessus du cratère. Il est à noter que peu de séismes volcaniques ont été enregistrés et qu’aucun changement notable n’a été détecté avant ou après l’éruption. Aucun tremor volcanique n’a été enregistré. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 5).
Kikai est une caldeira en grande partie submergée, d’un diamètre de 19 km, située près de l’extrémité nord des îles Ryukyu, au sud de Kyushu.

Source : JMA.

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Le Kīlauea (Hawaï) traverse actuellement une période calme après son 39ème épisode éruptif. Les images des webcams montrent une lueur persistante au niveau de la bouche sud et plusieurs brèves lueurs dans la bouche nord. Le sommet en en phase d’inflation. Depuis la fin de l’Épisode 39, un gonflement de 13,7 microradians a été enregistré sous le sommet du Kīlauea. Selon les modélisations, l’Épisode 40 devrait se déclencher entre le 7 et le 14 janvier 2026.
Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 39

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L’activité éruptive se poursuit sur le Taal (Philippines). Le réseau sismique enregistre quotidiennement des séismes d’origine volcanique ainsi que des épisodes de tremor volcanique. Les émissions de gaz et de vapeur s’élèvent généralement jusqu’à 20 m au-dessus du cratère. Un événement phréatomagmatique mineur s’est produit le 26 décembre et a duré deux minutes. Des jets sombres de matériaux ont été projetés au-dessus de la surface du lac du Main Crater avant de retomber dans l’eau. Le niveau d’alerte reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5).
Source : PHIVOLCS.

Événement phréato-magmatique dans le Main Crater Lake (Crédit photo: Phivolcs)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is the latest news about volcanic activity around the world.

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Indonesian authorities have raised the alert level for Mount Bur Ni Telong (province of Aceh / North Sumatra) to its second highest following a series of increased activity and volcanic earthquakes.

The volcano recorded at least seven earthquakes on December 30, 2025 that were felt about five kilometers away, while seismometers also detected seven shallow volcanic earthquakes along with 14 deep quakes and two tectonic quakes.

The increase in seismic activity has been ongoing since July 2025 and became more intense and shallow in the past two months.

Authorities urged residents and visitors to stay at least 4 kilometers from the crater and avoid fumarole and solfatara zones during cloudy or rainy weather because gas concentrations can be life-threatening.

The increase in the alert level came as the Bener Meriah area – where the volcano is located- is still recovering from catastrophic floods and landslides earlier this month that struck 52 cities and regencies on Sumatra island, leaving 1,141 people dead with 163 residents still missing and more than 7,000 injured. In Bener Meriah alone, 31 people died and 14 are still missing after the floods and landslides hit the regency, disrupting access to remote villages and displacing more than 2,100 residents.

Source : Local news media.

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In Iceland, an earthquake with a magnitude M 2.6 was recorded on December 29th, 2025 near the Westman Islands, around 17 kilometres west-southwest of Stórhöfði. An earthquake measuring M 3.1 occurred in the same area, just north-northwest of Surtsey, in June 2023. Earthquakes near the Westman Islands are relatively rare. Only three were recorded in 2025, the largest of which measured M1.7.

About an hour before the quake in the Westman Islands, an M2.9 event was recorded at Öræfajökull in Vatnajökull National Park, the strongest recorded at the volcano so far this year.

Source : IMO.

Nothing new on the Reykjanes Peninsula. Magma continues to accumulate beneath the Svartsengi area, but no one can say when the next eruption will occur.

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The eruptive episode observed in the summit area of ​​Mount Etna (Sicily) since December 26, 2025, appears to have ended. Strombolian activity initially affected the Northeast Crater. It intensified on December 27 with lava fountains reaching 150-200 meters, then 300-400 meters in height a few hours later. Additionally, a vent opened on the upper eastern flank of the Voragine, with a lava flow that traveled approximately 1.8 km towards the Valle del Bove. Strombolian activity was also visible at this vent.

On December 28, Strombolian activity continued at the vent on the Voragine, but the previously observed lava flow was no longer being fed. It had also ceased advancing on December 29.

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In a first bulletin issued on January 1, 2026, at 7:20 PM, the INGV reported that effusive activity was observed within the Valle del Bove, near its northwest slope, starting at 4:30 PM. Simultaneously, explosive activity was occurring at the Bocca Nuova. The amplitude of the volcanic tremor was within moderate values. No significant deformation of the volcanic edifice was observed.

In a subsequent bulletin published on January 1, 2026, at 8:30 PM, the INGV specified that the effusive vent feeding the activity in the Valle del Bove was located near Monte Simone, at an altitude of approximately 2,100 meters. At the time of the bulletin’s release, the most advanced lava flow front was located immediately south of Rocca Musarra (approximately 1,580 meters above sea level). Seismic activity had not changed compared to the previous bulletin.

Source: INGV.

As the source of this new flow is at a relatively low altitude, the evolution of the situation will need to be studied carefully.

As Boris Behncke (INGV Catania) points out, « Once again, Etna surprised us: the volcanic tremor was declining and the signs of explosive activity at the summit craters were becoming less and less visible. » This is a spectacular turnaround just a few days after the paroxysms at the Northeast Crater on December 27.

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Following the seismic crisis of December 5, 2025, which suggested a near-term eruption, the situation calmed down at Piton de la Fournaise (Réunion Island). From December 14th, inflation of the volcano ceased, but seismic activity indicated that the pressure buildup in the magma supply system continued.

At 4:47 a.m on January 1st, 2026, the OVPF recorded a seismic crisis at Piton de la Fournaise, indicating that magma was propagating towards the surface. Due to a probable or imminent eruption, the Préfet of Réunion activated alert level 1 and ordered the closure of the Enclos at 6:00 a.m. on January 1st.

A new twist occurred a few hours later. In a new bulletin, the OVPF indicated that the seismic crisis that began on January 1, 2026, at around 4:45 a.m. had slowed considerably and could be considered over.
This increase in seismicity was accompanied by rapid, low-amplitude deformations in the summit area of ​​the volcano. This was evidence of a deep magma intrusion that did not reach the surface, probably due to insufficient pressure for its propagation. Seismicity is still recorded, however, indicating that the magma reservoir remains under pressure.
The OVPF explains that no hypothesis is being ruled out: a definitive end to the intrusion? A resumption of the intrusion? A new intrusion? An eruption?

At the time of this bulletin’s release (January 2, 2026), the Préfet of Réunion has decided to reinstate the Vigilance (Watch) phase of the ORSEC emergency plan. The Enclos is once again open, and access to its upper section is only possible via the three marked trails maintained by the National Forestry Office (ONF). A return to alert level 1, « probable or imminent eruption, » remains possible should a new phase of magma intrusion be observed.

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It is a phenomenon that often happens in the winter in that part of Alaska. Strong northwesterly winds in the vicinity of Katmai and the Valley of Ten Thousand Smokes have picked up loose volcanic ash erupted during the 1912 Novarupta-Katmai eruption and are carrying it to the southeast. This is not the result of recent volcanic activity and occurs during times of high winds and dry snow-free conditions in the Katmai area and other young volcanic areas of Alaska. No eruption is in progress. All of the volcanoes of the Katmai area (Griggs, Katmai, Novarupta, Mageik, Martin, Snowy and Trident) remain at Aviation Color Code GREEN and Alert Level NORMAL. The AVO specifies tat resuspended volcanic ash should be considered hazardous and could be damaging to aircraft and health.

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An eruption at Iodake Crater located at Satsuma Iwo-jima, a subaerial part of Kikai’s NW caldera rim (Japan), was recorded on 29 December 2025, the first since 3 September 2024. An eruption plume rose 200 m above the crater rim. The report noted that there were few volcanic earthquakes, and no notable changes detected before or after the eruption. No volcanic tremor was recorded. The Alert Level remains at 2 (on a 5-level scale).

Kikai is a mostly submerged, 19-km-wide caldera near the northern end of the Ryukyu Islands south of Kyushu.

Source: Japan Meteorological Agency (JMA)

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Kilauea (Hawaii) is going through a pause after the 39th eruptive episide. Webcam views show persistent glow from the south vent and several instances of brief glow from the north vent. Summit inflation is underway. Since the end of Episode 39, 13.7 microradians of re-inflation have been recorded beneath Kīlauea summit. Forecasting models suggest a window for Episode 40 between January 7 and 14 2026.

Source : HVO.

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Eruptive activity is going on at Taal (Philippines). The seismic network is still recording daily volcanic earthquakes along with periods of volcanic tremor. Gas-and-steam emissions generally rise as high as 20 m above the crater. One minor phreatomagmatic event occurred on 26 December and lasted two minutes. Short dark jets of material were ejected above the surface of Main Crater Lake and fell back down into the water. The Alert Level remains at 1 (on a scale of 0-5);

Source : PHIVOLCS.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Les glaciers à Parthenay le 6 janvier 2026 !

Je présenterai le mardi – janvier 2025 une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du réchauffement climatique » dans le cadre de l’Université Inter Âges de PARTHENAY (Deux-Sèvres). Elle aura lieu à 14h15 au Cinéma Le Foyer 1, rue Denfert-Rochereau . Elle prendra une importance particulière après le fiasco de la COP30 de Belém au Brésil.

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont souvent la conséquence du réchauffement climatique.
Lors de mes voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur la banquise et les glaciers. L’approche terrestre et les survols ne laissent pas le moindre doute sur leur recul. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, illustrant la situation glaciaire en Alaska.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer un CD de 160 photos de glaciers à travers le monde, ainsi que quelques livres.

Photo: C. Grandpey

L’impact de l’arrivée des orques dans l’Arctique // Impact of orcas’ arrival in the Arctic

Les orques – aussi appelés épaulards – ont officiellement élu domicile dans l’océan Arctique, ce qui était jusqu’à présent presque impossible. Historiquement, d’épaisses calottes glaciaires empêchaient les orques de s’aventurer dans cette région du globe, mais avec la hausse des températures et la fonte des glaces, de nouvelles voies se sont ouvertes.
Des chercheurs de l’Université du Manitoba ont récemment identifié deux petites populations d’orques génétiquement distinctes qui vivent désormais dans les eaux arctiques toute l’année. Cette découverte, publiée dans la revue Global Change Biology, a surpris les chercheurs, qui s’attendaient à trouver un groupe unique plutôt que deux populations distinctes.
Les scientifiques ont expliqué que suivre le comportement de ces animaux n’est pas une tâche facile. À l’aide de tests génétiques effectués sur des échantillons de peau et de graisse, l’équipe scientifique a confirmé que ces orques observés dans l’Arctique appartiennent à une espèce unique, ce qui signifie qu’elles ne se reconnaissent peut-être même pas comme partenaires potentiels.
L’arrivée des orques dans l’Arctique est plus qu’un simple changement écologique ; elle est susceptible de perturber un écosystème marin déjà fragile. Ces prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire sont capables de chasser les baleines arctiques comme les bélugas, les narvals et les baleines boréales, qui étaient auparavant protégés par la glace de mer, mais qui deviendront désormais des proies potentielles pour les orques. Bien qu’il existe encore des centaines de milliers de baleines arctiques par rapport à quelques centaines d’épaulards, on est en droit de se poser des questions sur les impacts à long terme de ce changement dans la biodiversité de l’Arctique..
Au-delà des conséquences écologiques, ce changement est également une préoccupation pour les communautés autochtones qui dépendent des baleines arctiques pour leur alimentation, leur culture et leur économie. La présence permanente des orques pourrait avoir un impact sur les traditions de chasse durables qui existent depuis des générations.
Les chercheurs suivent les déplacements des populations d’épaulards arctiques à l’aide de balises satellites et d’analyses génétiques pour comprendre leur impact. Les agences gouvernementales, dont la NOAA aux États Unis et Pêches et Océans au Canada, évaluent les politiques visant à protéger les espèces arctiques vulnérables. Le Conseil de l’Arctique fait pression pour que soient mis en place des efforts de conservation plus stricts. Les communautés autochtones s’associent aux scientifiques pour intégrer les connaissances traditionnelles dans les stratégies de conservation. Ces efforts combinés pourraient aider à gérer le changement écologique et à protéger la vie marine arctique de nouvelles perturbations.
Source : Yahoo Actualités.

Orques en Alaska (Photo: C. Grandpey)

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Killer whales, or orcas, have officially made the Arctic Ocean their home, something that was nearly impossible until now. Historically, thick ice sheets blocked the whales from venturing into this region, but as rising temperatures melt the ice, new pathways have opened up.

Researchers at the University of Manitoba recently identified two small, genetically distinct populations of orcas now living in Arctic waters year-round. The discovery, published in Global Change Biology, was a surprise to the researchers, who expected to find a single migrating group rather than two separate populations.

Researchers explained that tracking these animals is no easy task. Using genetic testing from skin and blubber samples, the scientific team confirmed that these Arctic orcas are unique, meaning they may not even recognize one another as potential mates.

The arrival of killer whales in the Arctic is more than just an interesting ecological shift ; it has the potential to disrupt an already fragile marine ecosystem. These apex predators are now able to hunt Arctic whales like belugas, narwhals, and bowhead whales, which were previously protected by sea ice, but will become vulnerable preys to orcas. While there are still hundreds of thousands of Arctic whales compared to a few hundred killer whales, the long-term impacts of this shift remain uncertain.

Beyond the ecological consequences, this change is also a concern for Indigenous communities who rely on Arctic whales for food, culture, and economy. The continued presence of killer whales could impact sustainable hunting traditions that have existed for generations.

Researchers are tracking Arctic killer whale populations using satellite tags and genetic analysis to understand their movements and impact. Government agencies, including the U.S. NOAA and Fisheries and Oceans Canada, are evaluating policies to protect vulnerable Arctic species. The Arctic Council is pushing for stricter conservation efforts. Indigenous communities are partnering with scientists to integrate traditional knowledge into conservation strategies. These combined efforts could help manage the ecological shift and protect Arctic marine life from further disruption.

Source : Yahoo News.

Puissant séisme à la frontière Alaska / Yukon le 6 décembre 2025 // Powerful earthquake at the Alaska / Yukon border on December 6, 2025

En l’absence de victimes, les médias européens n’en ont pas parlé. Pourtant, un puissant séisme de magnitude M7,0 s’est produit le 6 décembre 2025 le long de la chaîne de montagnes Saint-Élie (St Elias mountain range), à la frontière entre le Yukon (Canada) et l’Alaska (États Unis), une région que j’apprécie particulièrement pour la beauté de ses paysages.

Photos: C. Grandpey

Selon l’USGS, l’épicentre du séisme se situait à environ 370 km au nord-ouest de Juneau (Alaska) et à 250 km à l’ouest de Whitehorse (Yukon, Canada). Des centaines de répliques ont été enregistrées après la secousse initiale ; la plus forte d’entre elles atteignait une magnitude de M5,7.
Aucune alerte tsunami n’a été émise et, heureusement, aucun dégât ni blessé n’a été signalé. Cependant, des habitants jusqu’à Whitehorse ont ressenti la secousse. Les localités les plus proches de l’épicentre du séisme sont Haines Junction, au Yukon (130 km), et Yakutat, en Alaska (90 km), qui regroupent respectivement un peu plus de 1 000 et 662 habitants.
Bien qu’aucune catastrophe n’ait été déplorée dans les localités voisines, le séisme a eu des répercussions sur la chaîne de Saint-Élie. Il a été provoqué par un décrochement, phénomène géologique bien connu, lorsque les deux côtés d’une faille glissent horizontalement l’un par rapport à l’autre. Dans le cas précis, le mouvement s’est produit à l’extrémité nord de la faille de Fairweather, une zone où l’activité sismique est peu documentée.
L’hypocentre du séisme a été localisé à 10 km sous le glacier Hubbard, le plus grand glacier d’Amérique du Nord à terminer sa course dans l’océan.

Les photos aériennes prises par le YGS à proximité de l’épicentre du séisme du 6 décembre, près du glacier Hubbard, montrent d’importants glissements de terrain, des avalanches et les dégâts subis par la glace.

Le vendredi 12 décembre, le Yukon Geological Survey (YGS) s’est rendu sur le site du séisme afin de répertorier les glissements de terrain et les avalanches provoqués par la secousse et déterminer si la faille avait fracturé la surface du sol. Certains débris étaient répandu sur une zone de cinq kilomètres de long sur un kilomètre et demi de large.
Le YGS n’a toutefois trouvé aucun signe de fracture en surface, bien qu’il soit possible que cela ait été masqué par la glace. Le séisme a néanmoins déclenché de nombreux glissements de terrain, principalement sur les pentes du mont King George.
Des glissements ont également été observés sur les pentes voisines du mont Logan, du mont Vancouver et d’autres sommets environnants. Plus loin de l’épicentre du séisme, les avalanches de neige et de glace ont été observées plus fréquemment que les glissements de terrain. Des restes d’effondrements de séracs ont également été fréquemment observés.

Les images partagées par YGS montrent des glissements de terrain et des avalanches du mont King George et des sommets environnants, avec des coulées de débris atteignant 6 km de long et 1 800 mètres de large.

Selon des témoins locaux, c’est une chance que cet événement ne se soit pas produit pendant la saison d’alpinisme, car les chutes de séracs et les avalanches déclenchées par les secousses ont déjà causé des décès. Une alpiniste argentine qui se trouvait dans le secteur au moment su séisme n’a pas compris ce qui se passait. Elle a  cru à des avalanches en cascade. Elle a toutefois pu être mise en sécurité.

Dans les prochains mois, les dégâts causés à la glace dans la région et la poursuite des chutes de pierres pourraient constituer de nouveaux dangers pour les expéditions d’alpinisme et de ski dans la zone. Les chaînes de Wrangell-St. Elias et de Chugach, situées à proximité, sont deux destinations de ski de randonnée réputées en Alaska, connues pour leurs nombreux sommets, et leurs longues descentes à ski du sommet jusqu’à à la mer.
Source : Yukon Geological Survey.

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As there were no casualties, European news media did not even mention it, but a powerful M7.0 earthquake occurred on December 6, 2025 along the St. Elias mountain range on the Canadian Yukon/ Alaska border, an area I particularly appreciate for the beauty of its landscape. .

According to the U.S.G.S., the quake’s epicenter was roughly 370 km northwest of Juneau, Alaska, and 250 km west of Whitehorse, Yukon, Canada. Hundreds of aftershocks were recorded following the initial quake, with the largest measuring M5.7.
There was no Tsunami warning with the quake and, luckily, no immediate reports of damage or injury, but folks as far as Whitehorse reportedly felt it. The closest communities to the earthquake’s epicenter are Haines Junction, Yukon (130 km), and Yakutat, Alaska (90 km), which have small populations of just over 1,000 and 662 people, respectively.
Despite no catastrophic outcomes to the nearby communities, the earthquake certainly didn’t leave the St. Elias range unscathed. The earthquake was caused by a strike-slip event, a well-known geological one, when the two sides of a fault slide past one another horizontally. In this case, movement occurred on the northernmost end of the Fairweather Fault, which does not have much previously recorded seismic activity.
The earthquake’s hypocenter was recorded to be 10 km below the Hubbard Glacier, which is North America’s largest tidewater glacier.

On Friday, December 12th, the Yukon Geological Survey (YGS) flew to the site of the earthquake to document landslide and avalanche activity caused by the quake, and to determine if the fault ruptured the ground surface. Some of the debris was dispersed over a five-kilometer-long by one and a half-kilometer-wide area.

However, YGS didn’t find any evidence of surface rupture, although it’s possible a rupture was hidden by glacial ice. The earthquake did, however, trigger numerous landslides, largely on the slopes of Mt. King George.
There were also slides observed on the nearby slopes of Mt. Logan, Mt. Vancouver, and other surrounding sub-peaks. Further from the quake’s epicenter, snow and ice avalanches were observed more frequently than landslides. Seracs and ice falls were also frequently seen toppled and broken, and the earthquake caused widespread damage to glacial ice.

Local observers say it is fortunate that this event did not occur during mountaineering season, as earthquake-triggered serac falls and avalanches have caused fatalities in the past. In the future, the damage to ice in the region and persistent rockfall from landslides scars may pose new additional hazards for mountaineering and skiing expeditions in the area. The Wrangell- St. Elias range and nearby Chugach range are both famous ski mountaineering destinations in Alaska, known for having numerous massive peaks, remote access, and length peak-to-sea ski descents.

Source : Yukon Geological Survey.