Halla Tómasdóttir nouvelle présidente de l’Islande !

Après Vigdís Finnbogadóttir, présidente de l’Islande entre 1980 et 1996, c’est à nouveau une femme, Halla Tómasdóttir, qui va tenir les rênes du pays nordique. Au cours du scrutin qui a eu lieu le 1er juin, avec une participation de 80,8 %, elle a devancé avec 34,8% des voix l’ancienne Première Ministre, Katrín Jakobsdóttir (25,5% des voix) qui a peut-être payé sa gestion un peu chaotique de la situation à Grindavik au cours de l’éruption du mois de décembre 2023. Katrin a certes été saluée, mais l’Etat a tardé avant de s’engager à acquérir les logements des résidents menacés. De plus, elle a souvent été jugée trop politique en assurant sa fonction de Première Ministre. La gestion d’un pays comme l’Islande, où une grande partie de la vie (tourisme, économie, pêche, etc) dépend largement des éléments naturels, n’a rien à voir avec celle de la France et les querelles politiques sont beaucoup moins virulentes. Aucune thématique n’a d’ailleurs dominé lors de la campagne de cette présidentielle pour laquelle les candidats se présentent traditionnellement en indépendants, sans affiliation à un parti.

Âgée de 56 ans, Halla Tómasdóttir a fait partie de l’équipe fondatrice de l’Université de Reykjavík en 1998. Femme d’affaires, elle a également cofondé Auður Capital, une société d’investissement. Elle était arrivée en deuxième position lors du scrutin de 2016. Elle est mariée et a deux enfants.

Le président – ou la présidente – occupe une fonction largement honorifique en Islande qui est une république parlementaire. Il ou elle est le garant du respect de la constitution et de l’unité nationale. Il ou elle a un droit de veto sur les textes parlementaires et peut les soumettre à un référendum. Gudni Johannesson, en poste depuis 2016 et réélu en 2020 avec 92% des voix, avait annoncé en début d’année qu’il ne se représenterait pas.

La résidence officielle du président d’Islande se trouve à Bessastaðir à une dizaine de kilomètres à l’ouest de la capitale, Reykjavik. Le site n’a rien à voir avec la palais de l’Elysée ou Buckingham Palace ! Il est situé aux abords d’une zone naturelle et face à un vaste étang où des foules d’oiseaux migrateurs se donnent rendez-vous. Tout près de la résidence présidentielle, je conseille la visite de l’église dont les vitraux rappellent que l’Islande est une île volcanique. Ne soyez pas surpris, non plus, si vous croisez le président ou la présidente en train de faire ses courses dans un supermarché de Reykjavik…

Halla Tómasdóttir, nouvelle présidente islandaise

Islande : quelques nouvelles de l’éruption // Iceland : some news of the eruption

L’éruption qui a débuté le 29 mai 2024 sur la péninsule de Reykjanes est restée relativement stable ces dernières heures. L’activité sur la fissure éruptive s’étire depuis le cratère qui est resté actif pendant plusieurs semaines lors de l’éruption précédente et jusqu’au nord de celui-ci. La lave s’écoule vers la zone située entre Hagafell et Sýlingarfell, et le champ de lave s’épaissit également près du cratère. La lave émise par la partie nord de la fracture s’écoule principalement vers l’est. On n’observe aucune avancée des fronts de coulées à l’ouest de Grindavík.
L’activité sismique reste réduite dans la région et le tremor éruptif reste stable. Un affaissement important du sol a été observé dans le secteur de Svartsengi après le début de l’éruption. Depuis lors, aucun changement significatif n’a été enregistré indiquant une nouvelle accumulation de magma.

Image webcam de la partie active de la fissure éruptive le 30 mai 2024

Sur la base des données obtenues lors d’un survol effectué environ quatre heures après le début de l’éruption, ainsi que d’images satellite, il apparaît que la superficie du champ de lave était de 8,7 km² et son volume de 24 millions de m³ à 17h06 le 29 mai. Le débit moyen de lave au cours des quatre premières heures de l’éruption est estimé à environ 1 500 m³/s sur la base des mêmes données. L’estimation du débit éruptif n’a pas été mise à jour depuis, mais on peut supposer qu’il est désormais bien inférieur à ce qu’il était au début de l’éruption. À titre de comparaison, le débit moyen au cours des premières heures de l’éruption du 16 mars a été estimé à environ 1 100-1 200 m³/s.
Voici une bonne vidéo des premiers instants de l’éruption, filmée par un drone. La pression qui faisait jaillir les fontaines de lave était très élevée et la lave coulait très rapidement.

https://youtu.be/PCRLEdaHfxU

Pour le moment, Grindavik est épargnée par la lave. Les habitants qui ont décidé de rester dans la ville et les personnes qui travaillent au port ont été autorisés à revenir. Cependant, il n’est pas recommandé aux gens de ne pas rester pendant la nuit.
La dernière éruption est la plus puissante jamais enregistrée dans la région. Les gens craignaient que des infrastructures soient endommagées. Il est vrai que la lave se rapproche constamment de la ville. Il y a un champ de lave près des digues de terre du côté ouest de la ville et quand on regarde les photos aériennes de Grindavík aujourd’hui, on peut voir les endroits où le champ de lave a presque encerclé la ville. L’accès à Grindavík n’est plus possible via la Grindavíkurvegur, mais il existe des possibilités via la Suðurstrandarvegur et la Nesvegur, bien que cela soit difficile.
Les travaux sur les digues de terre vont se poursuivre. Elles ont prouvé leur efficacité, mais personne ne sait ce qui se passera si l’éruption dure encore longtemps.

Source  : Met Office islandais, Iceland Review.

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The volcanic eruption that began on May 29th, 2024 has been relatively stable over the past hours. Activity on the eruption fissure extends from the location of the crater that erupted for the longest part of the previous eruption and to the north of it. Lava flows from the crater towards the area between Hagafell and Sýlingarfell, and it is also thickening near the crater. Lava from the northern part of the fissure flows mostly to the east. There has been no advance in the lava flow fronts west of Grindavík.

There has been limited seismic activity in the area, and the eruption tremor has remained stable. Significant subsidence is observed in the Svartsengi area following the start of the eruption. Since then, no significant changes have been recorded that indicate renewed magma accumulation.

Based on the data from an aerial survey conducted about four hours after the eruption began, along with satellite images, it appears that the area of the lava field was 8.7 km² and the volume 24 million m³ at 17:06 of May 29th. The average discharge of lava during the first four hours of the eruption is estimated at ~1500 m³/s based on the same data. The estimate of the lava discharge from the craters has not been updated since then, but it can be assumed that it is now much lower than at the start of the eruption. For comparison, the average lava discharge during the first hours of the eruption that began on March 16th was estimated at about 1100-1200 m³/s.

Here is a good video of the first moments of the eruption shot by a drone. The pressure activating the lava fountains was very high and lava was flowing very fast.

https://youtu.be/PCRLEdaHfxU

For the moment, Grindavik is spared by the lava. Residents who decided to stay in the town and people who work at the port have been allowed to return. However, it is not recommended that people stay nights in the town.

The power of the eruption was large and the biggest ever in the area. People feared damage to further infrastructure. The lava is constantly getting closer to town. There is a lava field by the defense walls on the west side of the town and when one looks at aerial photos of Grindavík today, one can see where the lava field has almost surrounded the town. The way out of Grindavík is not possible via Grindavíkurvegur Road, but there are escape routes via Suðurstrandarvegur Road and Nesvegur Road, although it is difficult.

Work on the defense walls will continue. The defense walls have proved their value but people don’t know what will happen if the eruption continues for a long time.

Source : Icelandic Met Office, Iceland Review.

Samedi 1er juin 2024 : élection présidentielle en Islande // June 1st, 2024 : presidential election in Iceland

L’éruption n’aura aucune influence, mais aujourd’hui 1er juin 2024, les Islandais votent pour élire leur 7ème président de la République. Il y a 13 candidats en lice. Celle ou celui qui remportera le plus de voix prendra la présidence dès le 1er août.
Il y a 266 935 personnes âgées de 18 ans et plus inscrites sur les listes électorales. Il y a beaucoup plus de femmes que d’hommes. La circonscription la plus peuplée est celle du Sud-Ouest. En revanche, la circonscription du Nord-Ouest a la population la plus faible. Il y a plus d’une centaine de bureaux de vote répartis dans 64 communes à travers le pays. Ils sont ouverts de 9h00 à 22h00.
Les bulletins de vote seront comptés dans cinq endroits. Les résultats définitifs n’apparaîtront probablement que vers 7h00 demain.
Selon les derniers sondages d’opinion, la victoire devrait appartenir à l’une de ces trois candidates : Halla Hrund Logadóttir, Halla Tómasdóttir et Katrín Jakobsdóttir qui était Première ministre avant les élections.
Source  : médias d’information islandais.

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The eruption will do nothing about it, but today June 1st, 2024, Icelanders are voting to choose their 7th president of the Republic. There are 13 candidates running for office. The one who wins the most votes in the election will take over the president’s office as soon as August 1st.

There are 266,935 people aged 18 and older registered on the electoral roll. There are considerably more women registered than men, The most populous constituency is the Southwest constituency. By contrast, the Northwest constituency has the lowest population. There are more than a hundred polling stations in 64 municipalities nationwide.They are generally open from 9:00 am to 10:00 pm.

The votes will be counted in five places. Final results will probably not appear until around 7:00 am tomorrow.

According to the latest opinion polls, the victory should belong to one among three female candidates : Halla Hrund Logadóttir, Halla Tómasdóttir and Katrín Jakobsdóttir who was Iceland’s Prime Minister before the election.

Source : Icelandic news media.

Hydroélectricité et risques naturels en Inde // Hydroelectricity and natural hazards in India

J’ai écrit dans plusieurs notes sur ce blog que l’Himalaya est le château d’eau de l’Asie. La neige et les glaciers fournissent de l’eau à 270 millions de personnes en Asie du Sud. L’Himalaya est donc une source d’eau douce vitale qui s’étend sur 2 400 kilomètres dans une zone qui comprend les plus hauts sommets du monde.

Source: NASA

Cependant, le réchauffement climatique fait reculer les glaciers et les climatologues avertissent que le niveau des rivières commencera à baisser vers 2050. Avec ses nombreux cours d’eau, la région devrait être en mesure de fournir une grande quantité d’ énergie hydroélectrique. Pourtant, seuls 20 % de ce potentiel estimé à 500 GW sont actuellement exploités.

L’immense chaîne de l’Himalaya, avec ses glaciers et ses grands cours d’eau, traverse l’Inde, le Pakistan, le Népal, l’Afghanistan, la Chine et le Bhoutan. La partie indienne de l’Himalaya couvre environ 16,2 % de la superficie du pays et forme sa frontière nord.
Le potentiel hydroélectrique exploitable en Inde a été estimé à environ 84 GW. L’essentiel se concentre dans les États de l’Arunachal Pradesh, de l’Himachal Pradesh et du Jammu-et-Cachemire, ainsi que dans l’État septentrional de l’Uttar Pradesh.
L’Himachal Pradesh possède un fort potentiel de production d’énergie hydroélectrique grâce à la fonte des glaciers et des lacs gelés. L’État héberge la plus grande capacité hydroélectrique installée en Inde, avec plus de 10 500 MW. Le gouvernement prévoit de doubler cette capacité, même si 97 % de la superficie de l’Himachal Pradesh est sujette aux glissements de terrain.

Centale hydroélectrique dans l’Himachal Pradesh (Crédit photo: Electrical India)

Bien que l’hydroélectricité offre des avantages autres que la production d’électricité en assurant la régulation du débit des rivières, l’irrigation et l’eau potable, les risques associés au développement de cette source d’énergie dans l’Himalaya sont plus importants que les avantages.
En effet, les glaciers de l’Himalaya fondent de plus en plus vite en raison du réchauffement climatique, avec l’apparition de grands lacs glaciaires retenus par de fragiles moraines. Ces moraines peuvent s’éventrer et provoquer d’énormes crues soudaines. Une étude de 2019 a révélé que plus de 5 000 lacs glaciaires dans la région étaient susceptibles de déclencher des inondations importantes qui pourraient avoir des conséquences sociétales catastrophiques.

Lac glaciaire dans l’Himalaya (Crédit photo: Planetary Science institute)

Un autre risque découle des effets du réchauffement climatique dans la région. On observe de plus en plus de précipitations extrêmes qui peuvent détruire les infrastructures hydroélectriques et inonder les villages.
De plus, l’Himalaya est soumis à une instabilité géologique et présente un sérieux risque de séismes. De tels événements peuvent briser des barrages et provoquer des inondations soudaines qui détruisent les routes, les habitations et les terres agricoles. Lors du séisme de 2015 au Népal, plus de 30 projets hydroélectriques ont subi des dégâts, principalement suite à des glissements de terrain. Cette catastrophe naturelle a provoqué la perte de 34 % de la capacité hydroélectrique installée dans le pays.

Glissement de terrain dans l’Himachal Pradesh (Crédit photo: India Today)

Les grands projets d’infrastructures tels que les centrales hydroélectriques sont également en grande partie responsables de la disparition des sources dans la région. Les statistiques gouvernementales montrent que la moitié des sources dans l’Himalaya indien se sont taries, avec de graves pénuries d’eau dans des milliers de villages.
De même, en Inde, trois projets hydroélectriques dans l’État himalayen de l’Uttarakhand ont subi des dommages lors d’inondations et de glissements de terrain en 2013 et 2021. Ces trois projets font partie de sept projets hydroélectriques en cours de construction auxquels le gouvernement indien a récemment donné le feu vert. Suite à cette approbation gouvernementale, un groupe de plus de 60 scientifiques, hommes politiques, environnementalistes et autres citoyens en proie à l’inquiétude ont écrit une lettre ouverte au Premier ministre indien. Ils ont demandé son intervention pour arrêter tout autre projet hydroélectrique dans l’Himalaya. Ils ont souligné que de tels projets étaient « voués à être détruits ou gravement endommagés » par des événements naturels.
Source : The Times of India et autres médias d’information internationaux.

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As I put it in several posts, the Himalayas are the water tower of Asia. The snow and the glaciers provide water to 270 million people in South Asia. The Himalayas are a vital freshwater source covering 2,400 kilometres in an area that includes the world’s highest peaks. However, global warming is shrinking the glaciers, and the river level will begin to decrease around 2050. The region has become a hydropower hotspot. However, only 20% of the estimated 500-GW potential is currently tapped.

The immense mountain range of the Himalayas, which includes glaciers and large rivers, passes through India, Pakistan, Nepal, Afghanistan, China and Bhutan. The Indian part of the Himalayas covers about 16.2% of the country’s area and forms its northern boundary.

Exploitable hydropower potential in India has been estimated at about 84 GW. The bulk of this potential lies in the fragile Indian Himalayan states of Arunachal Pradesh, Himachal Pradesh and Jammu and Kashmir, as well as the northern state of Uttar Pradesh.

Himachal Pradesh has a potential for hydropower generation due to the thawing of glaciers and frozen lakes. The state is home to India’s highest installed hydropower capacity of over 10,500 MW. The government plans to double this capacity, even though an estimated 97% of Himachal Pradesh’s geographical area is prone to landslides.

While hydropower offers benefits beyond electricity generation by providing flood control, irrigation support and clean drinking water, the risks associated with developing this energy source in the Himalayas outweigh the benefits.

Indeed, glaciers in the Himalayas are increasingly melting due to climate change and creating big glacier lakes. These lakes can burst and cause huge flash floods. A 2019 study found that more than 5,000 glacier lakes in the region were at risk of extensive flooding and could cause catastrophic societal impacts.

Another risk stems from the changing weather patterns in the region, leading to more extreme rainfall events which can ruin hydropower infrastructure and flood villages.

Additionally, the Himalayas are plagued by geological instability and are at serious risk from earthquakes. Such disasters can fracture dams and release sudden floods that ruin roads, homes and agricultural land. During the 2015 Nepal earthquakes, more than 30 hydropower projects underwent damage, mostly by landslides. This natural disaster caused the loss of 34% of the country’s installed hydropower capacity.

Big infrastructure projects such as hydropower stations are also largely responsible for springs dying in the region. Government statistics show that half of the springs in the Indian Himalayas have dried up, resulting in acute water shortages across thousands of villages.

Similarly, in India, three hydropower projects in the Himalayan state of Uttarakhand suffered damage from floods and landslides in 2013 and 2021.These are among seven under-construction hydropower projects that India’s government recently allowed to restart. Following this approval, a group of more than 60 concerned scientists, politicians, environmentalists and other citizens wrote an open letter to the Indian Prime Minister. They requested his intervention in stopping any more hydroelectric projects in the Himalayas. They highlighted that such projects were “bound to be destroyed or extensively damaged” by natural events.

Source : The Times of India and other international news media.