Le mystère des pseudo-cratères sur Mars // The mystery of pseudo-craters on Mars

Les images haute résolution fournies par la caméra (MOC) du robot Mars Global Surveyor de la NASA ont révélé de petites structures de forme conique sur des coulées de lave dans le sud de la plaine d’Elysium, Marte Valles et le nord-ouest de la plaine d’Amazonis dans l’hémisphère nord de la Planète rouge. Il s’agit probablement de structures volcaniques connues sous le nom de « pseudo-cratères » qui partagent des points communs avec leurs homologues sur Terre : ils sont répartis en petits groupes indépendants des modèles structurels, se superposent à des coulées de lave fraîchement émises et ne semblent pas avoir eux-mêmes connu d’éruptions.

Pseudo-cratères sur Mars (Source : NASA)

Pseudo-cratères de Skútustaðir en Islande (Photo: C. Grandpey)

Athabasca Valles, un système de vallées creusées dans des plaines volcaniques sur Mars, offre des informations clés sur l’histoire de l’eau sur la Planète rouge. Les structures volcaniques telles que les pseudo-cratères semblent faire référence à de brefs épisodes du passé de Mars où de l’eau coulait à sa surface. Ces pseudo-cratères se sont formés lorsque la lave a interagi de manière explosive avec de l’eau ou de la glace, ce qui aurait tendance à montrer la présence de glace souterraine près de la surface au moment de l’éruption.
Ces dernières découvertes soulèvent des questions sur l’histoire de Mars. Les anciennes inondations étaient peut-être bien plus colossales qu’on ne le pensait. Il se pourrait que le climat de la planète ait autrefois permis la présence d’eau plus étendue et plus persistante que les scientifiques ne l’imaginaient.
La présence de lave introduit un élément important dans le déchiffrement de l’histoire géologique du système Athabasca Valles. Cette lave recouvre le fond de la vallée et une grande partie des plaines environnantes. Ce faisant, elle occulte des structures géologiques plus anciennes et complique les efforts pour dater et comprendre les processus qui ont façonné ce paysage martien.
Les chercheurs affirment que l’emplacement des pseudo-cratères complique notre compréhension de l’histoire de l’eau sur Mars. Leur présence suggère un passé très différent, et il existe différentes théories sur la raison de leur présence dans la région.
Les inondations semblent être une explication logique : il se peut que l’eau d’une région lointaine ait été poussée dans cette région lors d’une éruption volcanique, formant des cônes sans racines. Le problème est que les modélisations traditionnelles des inondations martiennes mettent en jeu des volumes d’eau qui ne seraient pas suffisants pour atteindre les vallées d’Athabasca où se trouvent les pseudo-cratères
Cela montre qu’un événement de plus grande ampleur a pu se produire. Les chercheurs ont évoqué des « méga-inondations » d’eau souterraine au cours des derniers millions d’années. Ils ont généré des modélisations basées sur les volumes d’inondation et les débits qui pourraient se produire si l’eau était piégée profondément sous terre. Mais ces théories n’ont abouti à rien de concluant
Une alternative beaucoup plus probable est que la glace était déjà présente dans la région au moment de l’éruption : elle aurait été formée par les conditions atmosphériques. Pour que cela se produise, l’équateur aurait dû être froid et humide pendant une longue période, permettant une accumulation importante de glace. Cependant, seuls certains modèles climatiques prévoient de telles conditions.
L’activité volcanique pourrait également avoir libéré de la vapeur d’eau, créant un climat plus humide qui pourrait conduire au dépôt de glace. Mais il est peu probable que ces processus produisent une accumulation de glace à grande échelle loin de la source volcanique.
Bien qu’aucune conclusion définitive n’ait été obtenue, l’équipe scientifique souligne que des recherches plus poussées sur la glace équatoriale peu profonde, l’érosion de la lave et les processus des canaux d’écoulement seront nécessaires pour comprendre l’histoire de Mars. La planète est très loin d’avoir révélé tous ses secrets !
Source : space.com.

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High-resolution images from the Mars Global Surveyor (MGS) Mars Orbiter Camera (MOC) have revealed small cone-shaped structures on lava flows in southern Elysium Planitia, Marte Valles, and northwestern Amazonis Planitia in the northern hemisphere of the red planet. The most likely interpretation of these cones is that they may be volcanic features known as “pseudo craters” or “rootless cones.” They share several key characteristics with pseudo craters on Earth: they are distributed in small clusters independent of structural patterns, are superimposed on fresh lava flows, and they do not appear to have erupted lavas themselves

Athabasca Valles, a system of valleys carved into volcanic plains on Mars, offers key insights into the history of water on the Red Planet. Its volcanic features such as crater-like rootless cones hint at brief episodes in Mars’ past when water flowed on its surface. These “pseudo craters” formed when lava interacted explosively with water or ice, marking the presence of underground ice near the surface at the time of eruption.

The new findings raise questions about Mars’ history, suggesting either that ancient floods were far more colossal than previously believed, or that the planet’s climate once supported more extensive and persistent water than scientists imagined.

The presence of lava introduces a significant challenge in deciphering the geological history of the Athabasca Valles system. This lava blankets the valley floor and much of the surrounding plains, obscuring older geological features and complicating efforts to date and understand the processes that shaped this enigmatic Martian landscape.

Researchers say the location of the cones, in particular, complicates our understanding of the history of water on Mars. The presence of rootless cones suggests a very different past, and there are competing theories about how they could have come to exist in the region.

Flooding seems like a logical explanation — perhaps water from a distant region was pushed into the area during a volcanic eruption, forming the rootless cones. But the problem is that traditional models of Martian floods predict flood volumes that could not have flowed far enough to reach the Athabasca Valles, where the cones are located.

This initially suggests something more dramatic may have been at play: Could there have been massive « megafloods » of water from underground in the past few millions of years? The researchers ran models based on flood volumes and flow rates that could occur if water were trapped deep underground. But the theory fell short.

A much more likely alternative is that ice was already present in the region at the time of the eruption, formed by atmospheric conditions. For this to happen, the equator would have needed to be cold and humid for a long period, allowing significant ice buildup. However, only some climate models predict such conditions.

Alternatively, volcanic activity might have released water vapor, creating a more humid climate that could lead to ice deposition. But these processes are unlikely to produce large-scale ice accumulation far from the volcanic source.

While no definitive conclusions were reached, the scientific team emphasizes that further research into shallow equatorial ice, lava erosion, and outflow channel processes is crucial for understanding Mars’ history.

Source : space.com.

L’Etna perturbe le trafic aérien // Mt Etna disrupts air traffic

L’éruption de l’Etna continue et les panaches de cendres émis par le Cratère SE perturbent toujours le trafic aérien à l’aéroport de Catane. Aujourd’hui 16 février 2025, comme au cours des derniers jours, les nuages de cendres ont entraîné la fermeture d’ espaces aériens au Sud et au Sud-Ouest du volcan (secteurs C1 et C2) jusqu’à 13h00 puis jusqu’à 20h30.Les opérations aériennes à destination de l’aéroport de Catane ont été interrompues d’abord jusqu’à 19h00 puis jusqu’à 22h30. Pas d’atterrissage jusqu’à cette dernière heure. Seuls les départs d’avions déjà présents à l’aéroport sont actuellement autorisés. Comme précédemment, il est demandé aux passagers de ne pas se rendre à l’aéroport avant d’avoir vérifié le statut de leur vol auprès de la compagnie aérienne.
La situation sur l’Etna a contraint les compagnies aériennes à détourner, reporter, voire annuler leurs vols. La plupart des vols ont été détournés vers Palerme, à l’exception de l’escale de Comiso près de Raguse, en raison de vents forts. Dans la soirée, le vent s’est calmé et quelques avions ont également pu atterrir dans cet aéroport.

Source : presse sicilienne.

Panaches de cendres sur l’Etna (Photo: C. Grandpey)

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The eruption of Mt Etna continues and the ash plumes emitted by the SE Crater continue to disrupt air traffic at Catania airport. Today, February 16, 2025, as in the past few days, the ash clouds have caused the closure of airspaces to the South and Southwest of the volcano (sectors C1 and C2) until 13:00 and then until 20:30. Flight operations to Catania airport have been interrupted first until 19:00 and then until 22:30. No landings were allowed until this last hour. Only departures of aircraft already present at the airport are currently authorized. As before, passengers are asked not to go to the airport before checking the status of their flight with the airline. The situation on Mt Etna has forced airlines to divert, postpone or even cancel their flights. Most flights were diverted to Palermo, except for the stopover in Comiso near Ragusa, due to strong winds. In the evening, the wind calmed down and some planes were also able to land at this airport.
Source: Sicilian press.

Islande : éruption en retard ? // Iceland : is the eruption overdue ?

Quelques jours après la fin de la septième éruption sur la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar le 9 décembre 2024, l’inflation a repris dans la région de Svartsengi. Les scientifiques du Met Office ont alors déclaré que la prochaine éruption pourrait se produire fin janvier 2025. Selon mes calculs personnels, c’était beaucoup trop tôt. J’avais initialement prévu la prochaine éruption pour mars 2025, puis j’ai ensuite corrigé ma prévision et j’ai écrit que la probabilité était plutôt autour du 15 février.
Aucune éruption n’a encore eu lieu à ce jour, bien que l’inflation ait atteint le niveau auquel un tel événement est susceptible de se produire. Dans sa dernière mise à jour du 15 février, le Met Office indique que « la probabilité d’une éruption est toujours considérée comme élevée. » L’activité sismique dans la région est faible, mais l’inflation et l’accumulation de magma sous Svartsengi continuent. Des fibres optiques ont été ajoutées pour une meilleure surveillance des mouvements du sol. Selon une scientifique du Met Office, « le volcan pourrait entrer en éruption demain ou dans deux semaines, mais nous nous attendons à ce que le préavis soit très court ».

L’inflation le 16 février 2025 (Source: Met Office)

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A few days after the end of the seventh eruption at the Sundhnúkagígar series on December 9th, 2024, inflation started again in the Svartsengi area. Scientusts at the Met Office predicted the next eruption for the end of January 2025. According to my personal calculations, this was much too soon. I initially predicted the next enevt for March 2025, then corrected my predicted and wrote that the likelihood was rather around February 15th, 2025.

No eruption has occurred yet, although inflation has reached the level at w<hich an eruption might occur. In its latest update of February 15th, the Met Office says that « the likelihood of an eruption is still considered high. » Seismic activity in the area is very limited, but inflation and magma accumulation under Svartsengi continue. Fiber optics have been added to increase monitoring of ground movements. According to a Met Office scientist,“it could start erupting tomorrow or in two weeks, but we expect the warning period to be very short.”

Islande et France : deux pays, deux cultures // Iceland vs. France : two countries, two cultures

Le dernier recensement montre que la population islandaise comptait 388 790 habitants au troisième trimestre 2024, les ressortissants étrangers représentant 17,3 %. La majeure partie de la population est concentrée à Reykjavik et dans ses banlieues et dans quelques ports du pays.

Les Islandais sont très attachés à leur langue qui peut paraître très difficile aux étrangers. Linguiste de formation, j’ai réussi à saisir quelques mots d’islandais, mais je pense qu’il me faudrait beaucoup de temps pour parler correctement cette langue nordique. Par ailleurs, lors de mes voyages en Islande, j’ai été surpris de voir que des gosses d’une dizaine d’années se débrouillaient fort bien en anglais…
La Journée de la langue islandaise est célébrée chaque année le 16 novembre pour mettre en valeur la langue islandaise. [NDLR : Au train où vont las choses, je pense qu’une telle célébration n’est pas pour demain en France!] Cette date a été choisie pour coïncider avec l’anniversaire du poète islandais Jónas Hallgrímsson. Ainsi, le 16 novembre, le ministre de l’Éducation, des Sciences et de la Culture décerne le prix Jónas Hallgrímsson à une personne qui a « contribué de manière particulière à la langue islandaise ». Ce jour-là, le ministre visite généralement les écoles et des institutions culturelles d’une région de l’Islande.
En 2024, dans le but d’améliorer le lien des jeunes avec la langue islandaise, ces derniers ont été invités à écrire des chansons et leurs paroles en collaboration avec des musiciens islandais. On a demandé à un groupe de discussion de 12 élèves de quatre écoles primaires ce que l’islandais signifiait pour eux. La plupart des adolescents ont répondu que la grammaire était la première chose qui leur venait à l’esprit. [NDLR : Je me demande ce que répondraient de jeunes Français…]

Signe de l’importance de la culture en Islande, en 2024, la nation lit ou écoute en moyenne 2,6 livres par mois, contre 2,4 livres l’année dernière. 55 % de la population consacre 30 minutes ou plus à la lecture par jour, tandis que 15 % ne lisent ni n’écoutent de livres. Les romans sont les livres les plus populaires et 60 % de la population a offert un livre en cadeau au cours de l’année. 56 % trouvent des idées de lecture auprès de leurs amis et de leur famille et 36 % grâce aux reportages des médias. 31 % ont déclaré n’avoir lu aucun livre au cours des 30 derniers jours, mais la définition de la lecture dans l’enquête est la lecture de livres traditionnels, de livres électroniques et l’écoute de livres audio. C’est l’une des conclusions d’une nouvelle enquête sur la lecture menée par le Centre de littérature islandais cet automne.
C’est la huitième année qu’une enquête similaire est soumise à la nation islandaise. L’enquête de cette année montre que le niveau de lecture du pays reste le même. Les résultats montrent que les citoyens sont intéressés par la lecture de livres et que la lecture est reste importante dans la plupart des groupes sociaux.

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Dans le même temps, 86% des Français se déclaraient spontanément lecteurs en 2023, un chiffre à prendre avec des pincettes car il montre des fragilités. Le décrochage chez les 15-24 ans s’accentue, malgré le renforcement de nouvelles pratiques de lecture. Les jeunes de 15 à 24 ans se déclarent les moins lecteurs. Un jeune sur 5 affirme ne pas lire du tout. La lecture au format numérique enregistre une importante progression, notamment chez les moins de 25 ans, tandis qu’elle reste confidentielle au-delà de 50 ans.

Sans surprise, la bande dessinée confirme son succès auprès de toutes les tranches d’âges. À l’ère du zapping, il est plus facile de lire les bulles des bandes dessinées qu’un livre en continu. Les mangas/comics restent plus ancrés chez les moins de 25 ans et progressent nettement sur cette tranche d’âge. Normal…mais un peu inquiétant.

Sans surprise également, la dernière enquête montre que le temps consacré à la lecture est très inférieur à celui passé sur écran, à faire autre chose que lire un livre. Les Français consacrent en moyenne 41 minutes par jour (soit 4h47 par semaine) à lire des livres quand ils passent 3h14 par jour (soit 22h38 par semaine) sur écran, pour faire autre chose que lire des livres. Ils font beaucoup d’autres activités, notamment dématérialisées, et ont donc un sentiment général de manquer de temps pour la lecture.

Deux pays, deux cultures…

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The latest census shows that Iceland’s population reached 388,790 in the third quarter of 2024, with foreign nationals accounting for 17.3% of the total. Most of the population is concentrated in Reykjavik and its suburbs and in a few ports around the country.

Icelanders are strongly attached to their language which may look very difficult to foreigners. As a linguist, I managed to catch a few words. I think it would take me quite a lot of time to speak Icelandic decently. During my trips to Iceland, I was surprised to see that kinds 10 yeras old or so are able to speak good English.

Icelandic Language Day is a festival that is celebrated on 16 November each year to celebrate the Icelandic language. This date was chosen to coincide with the birthday of the Icelandic poet Jónas Hallgrímsson. As such, on 16 November, the Minister of Education, Science and Culture awards the Jónas Hallgrímsson Award to someone who has « in a unique way contributed to the Icelandic language ». The Minister usually visits a local area of Iceland’s schools and cultural institutions.

In 2024, in an effort to improve young people’s connection with the Icelandic language, youths have been empowered to write songs and lyrics in collaboration with celebrated musicians. A focus group of 12 students from four elementary schools were asked what Icelandic meant to them. Most teenagers responded that grammar was the first thing that came to mind.

A sign of the importance of culture in Iceland, in 2024, the nation reads or listens to an average of 2.6 books per month, compared to 2.4 books last year. 55% of the population spends 30 minutes or more reading daily, while 15% do not read or listen to books. Novels are the most popular reading material and 60% of the population gave a book as a present during the year. 56% get ideas for reading material from friends and relatives and 36% from coverage in the media. 31% said they had not read a book in the last 30 days, but the definition of reading in the survey is reading traditional books, e-books, and listening to audiobooks. This is one of the findings of a new reading survey conducted by the Icelandic Literature Center this autumn.

This is the eighth year that a similar survey has been submitted to the nation. This year’s survey shows that the nation’s reading level remains the same. The results show that citizens are interested in reading books and reading is generally high in most social groups.

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At the same time, 86% of French people spontaneously declared themselves to be readers in 2023, a figure to be taken with a pinch of salt because it shows certain weaknesses. The dropout rate among 15-24 year-olds is increasing, despite the strengthening of new reading practices. Young people aged 15 to 24 declare themselves to be the least readers. One in five young people say they do not read at all. Reading in digital format is recording significant growth, particularly among those under 25, while it remains confidential beyond 50 years old.
Unsurprisingly, comics confirm their success with all age groups. In the era of zapping, it is easier to read comic book bubbles than a continuous book. Manga/comics remain more anchored among those under 25 and are clearly progressing in this age group. Normal… but a little worrying.

Also unsurprisingly, the latest survey shows that the time spent reading is much less than that spent on screens, doing something other than reading a book. The French spend an average of 41 minutes per day (or 4 hours 47 minutes per week reading books) when they spend 3 hours 14 minutes per day (or 22 hours 38 minutes per week) on screens, doing something other than reading books. They do many other activities, particularly dematerialized ones, and therefore have a general feeling of lacking time for reading.

Two countries, two cultures…