Que diable s’est il passé sur la Péninsule de Reykjanes (Islande)? // What on earth happened on the Reykjanes Peninsula (Iceland)?

Je jette quotidiennement un coup d’oeil sur la sismicité dans la Péninsule de Reykjanes et j’ai observé une diminution du nombre et de l’intensité des événements au cours des derniers jours. Le Bureau islandais de météorologie (IMO) confirme ces observations, bien que de petits séismes soient encore enregistrés. L’inflation a également ralenti. Elle a atteint environ 5 cm depuis le 21 janvier 2020, date du début de la crise.
L’IMO pense que l’explication la plus probable de l’inflation et de l’activité sismique est une intrusion magmatique à 3 -5 km de profondeur à l’ouest du Mont Thorbjorn et il se pourrait que cette activité s’arrête sans qu’il y ait une éruption.
À la fin du mois de janvier 2020 (voir ma note du 31 janvier), des spécialistes du Met Office avaient indiqué qu’il n’y avait aucun signe de magma qui se serait accumulé près de la surface dans le secteur de Grindavík. C’était le résultat de mesures de gaz effectuées près du Mont Þorbjörn. En outre, l’analyse d’échantillons d’eau montrait le même résultat. La surveillance de la zone par l’IMO avait en outre révélé que l’inflation près du Mt Þorbjörn avait considérablement ralenti.
En conclusion, il semble bien que personne ne sache exactement ce qui s’est réellement passé sur la Péninsule de Reykjanes au cours des dernières semaines!

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 I have a daily look at seismicity on the Reykjanes Peninsula and I have observed a decrease in the number and intensity of events during the past days. The Icelandivc Mat Office confirms these observations, although small earthquakes are still being detected. The ground uplift has also slowed down. It has about 5 cm since January 21st, 2020 when the crisis started.

IMO thinks that the most likely explanation of the inflation and seismic activity is a magmatic intrusion 3 to 5 km deep just west of Mount Thorbjorn. IMO also believes that this activity will stop without an eruption..

By the end of January, specialists from the Icelandic Met Office had informed that there was no indication of magma having accumulated near the surface of the earth in the vicinity of Grindavík. It was the result of gas measurements done near Þorbjörn mountain. Beside, the analysis of water samples showed the same result. Monitoring of the area by the Icelandic Met Office furthermore revealed that inflation near Þorbjörn mountain had slowed down considerably.

As a conclusion, it seems nobody knows exactly what has really happened in th Reykjanes Peninsula during the past weeks!

Source: IMO

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Une éruption à huis clos // An eruption behind the clouds

 7 heures (heure métropole): Alors que tout le monde attendait impatiemment l’éruption du Piton de la Fournaise, les coulées de lave n’osent pas se montrer et restent cachées la plupart du temps derrière la couverture nuageuse. Les prévisions météo ne sont pas très bonnes aujourd’hui sur le volcan et l’espoir d’assister de loin au spectacle est faible.

Après le net déclin qui a suivi le début de l’éruption, le tremor se maintient à un niveau qui montre que la lave continue à avancer sur les Grandes Pentes. C’est du moins ce que l’on peut lire sur le site Réunion La 1ère.

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15 heures : Le dernier bulletin de l’OVPF émis le 11 février 2020 à 14h45 (heure locale) indique que l’éruption se poursuit. L’intensité du tremor, qui avait chuté au tout début de l’éruption, s’est maintenant stabilisée. Du fait des mauvaises conditions météorologiques aucune reconnaissance n’a pu être réalisée le 11 février, mais les faibles débits n’ont probablement pas permis au front de coulée de progresser de manière significative. Après avoir dévalé rapidement le flanc di cône sommital, la lave doit affronter un replat qui va forcément beaucoup ralentir sa progression, d’autant plus que le débit éruptif ne semble pas énorme.

Source : OVPF.

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7:00 am (Paris time): While everyone was anxiously awaiting the eruption of Piton de la Fournaise, the lava flows do not dare to show up and remain hidden mostly behind the cloud cover. The weather forecast is not very good on the volcano and the hope of seeing the show from afar is low.
After the sharp decline that followed the start of the eruption, the tremor remains at a level that shows that lava continues to advance on the Great Slopes. At least this is what we can read on the Réunion La 1ère website.

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3 pm : The latest OVPF bulletin released on February 11th, 2020 at 2:45 p.m. (local time) indicates that the eruption continues. The intensity of the tremor, which had dropped at the very beginning of the eruption, has now stabilized. Due to the poor weather conditions, no overflight could be carried out on 11 February, but the low lava output probably did not allow the flow front to progress significantly. After having quickly travelled down the flank of the summit cone, the lava must cross a flat area which will inevitably slow down its progress, all the more as the eruptive output does not seem enormous.
Source: OVPF.

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Malgré une météo pourrie et un accès difficile, mon ami Fabrice Juignier a pu saisir un aperçu de la coulée qui semble bien alimentée.

https://www.facebook.com/fabrice.juignier/videos/2793058134117751/

Photo: C. Grandpey

Piton de la Fournaise : Photos de l’éruption !

Voici quelques superbes photos de l’éruption en cours sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Elles ont été prises par mon ami Christian Holveck qui me confirme les mauvaises conditions météo et la difficulté d’accès au site éruptif.

Vous pourrez visiter le site de Christian Holveck, avec des images également très belles, à cette adresse :

http://www.christianholveck.com/

Photos: Christian Holveck

Il serait temps… !

Emmanuel Macron se rendra le 12 février 2020 à Chamonix, non pas pour se rendre compte de l’impact du Coronavirus, mais pour jeter un coup d’œil à la Mer de Glace. Ces derniers jours, plusieurs journaux ont attiré l’attention sur l’état catastrophique de ce glacier qui fond à une vitesse incroyable sous les coups de boutoirs du réchauffement climatique. Le chef de l’Etat commencera sa visite par un dîner avec des scientifiques experts du climat et de la biodiversité au refuge du Montenvers qui offre une superbe vue sur la Mer de Glace.

Emmanuel Macron se rendra le 13 février au chevet de la Mer de Glace pour constater l’impact du dérèglement climatique et annoncer des mesures de protection du Mont-Blanc. Je dois dire que j’attends avec grande impatience la liste de ces mesures qui viendra d’un chef d’Etat qui n’a pas daigné aller cautionner la dernière COP 25 de Madrid. Cela fait tout de même un peu désordre !

Le Président de la République se rendra ensuite à Chamonix, puis à Saint-Gervais-les-Bains, où il rencontrera des élus et des acteurs de l’accès au Mont-Blanc qui, selon les élus locaux, souffre de surfréquentation et de « l’incivilité » de certains touristes. En septembre, le maire de Saint-Gervais, avait envoyé une « lettre ouverte d’un gilet blanc » à Emmanuel Macron pour lui demander de prendre sans attendre des mesures pour protéger le plus haut sommet d’Europe.

A Chamonix, Emmanuel Macron prononcera également un discours pour lancer l’Office français de la biodiversité (OFB), né le 1er janvier de la fusion de l’Agence française de la biodiversité et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage.

On ne peut s’empêcher de remarquer que cette visite  sur le massif du Mont Blanc intervient à l’approche des élections municipales de mars, qui pourraient voir une progression du vote écologique. Personnellement, cette visite de dernière minute avant des élections me fait sourire. Je ne suis pas certain que le chef de l’Etat soit un écologiste convaincu, ni qu’il ait vu la Mer de Glace fondre et s’enfoncer dans sa vallée comme je l’ai constaté depuis 1955. C’est à pleurer, et il ne faut pas me dire que cette catastrophe ambulante est le seul résultat d’un cycle climatique. Toutes les mesures atmosphériques confirment que les émissions anthropiques de gaz à effet de serre contribuent largement à la fonte de la glace.

La Mer de Glace en 1956 (Photo: G. Grandpey)

La Mer de Glace en 2018 (Photo: C. Grandpey)