Une histoire de CO2 // A story of carbon dioxide

Chaque année, des dizaines de volcans entrent en éruption à la surface de la Terre. D’autres volcans actifs envoient des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Les volcans en sommeil et les fractures à la surface de la Terre contribuent à enrichir notre atmosphère en dioxyde de carbone. Si nous voulons comprendre l’impact de l’Homme sur l’atmosphère, nous devons d’abord comprendre les causes naturelles.
De formidables progrès ont été accomplis dans la mesure de ces causes naturelles depuis les années 1990 et les scientifiques sont capables aujourd’hui de quantifier avec beaucoup plus de précision les effets de ces composants naturels.
Le carbone est un élément essentiel de notre planète; c’est le quatrième élément le plus abondant dans l’Univers ; il est essentiel pour la matière organique et, outre le Soleil, c’est le facteur le plus important dans la détermination de la température sur Terre. C’est aussi un élément essentiel dans deux des trois principaux gaz à effet de serre qui influent sur la température globale. Peu de gens réalisent que ce carbone est stocké non pas dans la croûte terrestre, mais beaucoup plus profondément, dans le manteau.
Pendant des milliards d’années, les processus géologiques comme les éruptions volcaniques ont déterminé la concentration de carbone dans l’atmosphère; en effet, les volcans constituent le principal moyen permettant au carbone de passer du manteau dans l’atmosphère. La majeure partie du carbone stocké dans le manteau se présente sous la forme de carbonate, mais il existe également d’énormes quantités de CO2 stockées profondément dans le manteau sous forme gaz dissous dans la roche liquide. Des recherches récentes sur les réserves de carbone découvertes sous les États-Unis ont conduit à une nouvelle estimation de la quantité de carbone dans le manteau supérieur de la Terre. Cette quantité s’élèverait à environ 100 mille milliards de tonnes. En revanche, il n’y a que 3 mille milliards de tonnes de CO2 (contenant environ 870 milliards de tonnes de carbone réel) dans l’atmosphère actuelle.
Les scientifiques ont mesuré avec précision et estimé la quantité de CO2 que les humains ont ajouté à l’atmosphère avec la combustion de combustibles fossiles, mais il est nécessaire de connaître le taux naturel d’émissions de CO2 pour comprendre l’impact humain. L’Homme émet environ 29 milliards de tonnes de CO2 chaque année, soit un peu moins de 1% du CO2 atmosphérique actuel.
Une impressionnante synthèse de données a été effectuée en 2013. Elle a révélé la quantité totale de CO2 émis de manière naturelle sur Terre. Voici les résultats:
– 33 volcans dont le dégazage a été mesuré émettent un total de 60 millions de tonnes de CO2 par an. On estime à environ 150 les volcans qui dégazent, ce qui représente un total de 271 millions de tonnes de CO2 émis annuellement.
– 30 volcans historiquement actifs émettent un total de 6,4 millions de tonnes de CO2 par an. Avec un total d’environ 550 volcans historiquement actifs, on estime qu’ils contribuent à hauteur de 117 millions de tonnes par an.
– Le total des émissions de CO2 par les lacs de cratères représente 94 millions de tonnes par an.
– Les autres émissions provenant des zones volcaniques, tectoniques ou hydrothermales, contribuent à environ 66 millions de tonnes de CO2 par an.
– Les émissions des dorsales océaniques sont estimées à 97 millions de tonnes de CO2 par an.
Si l’on fait la somme de tous ces éléments, on obtient une estimation d’environ 645 millions de tonnes de CO2 par an. Il y a, bien sûr, une marge d’erreur, mais cela donne une idée assez bonne de la situation à l’échelle de la planète.

Lorsque l’on réalise que les volcans émettent 645 millions de tonnes de CO2 par an contre 29 milliards de tonnes par an par les activités humaines, la cause de l’augmentation du dioxyde de carbone dans l’atmosphère terrestre depuis 1750 ne fait aucun doute.
Sans l’impact de l’Homme, le climat et les concentrations de dioxyde de carbone seraient stables.

La hausse du CO2 est un problème dont nous sommes responsables, et c’est à nous de le résoudre.
Source: Forbes.

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Every year, dozens of volcanoes erupt across the Earth’s surface. In addition, other active volcanoes continue to release greenhouse gases into the atmosphere, and even dormant volcanoes and other fissures in the Earth contribute to our overall carbon dioxide content. If we want to understand the effects that humanity is having on our atmosphere, we need to understand the natural contribution first.

Tremendous advances in measuring these natural contributions have occurred since the 1990s and scientists have now quantified to a much-improved precision the effects of these natural components.

Carbon is a tremendous part of our planet; it is the fourth most abundant element in the Universe, the essential element for organic matter and, other than the Sun, the most important factor in determining Earth’s temperature. It is also the essential element in two of the three major greenhouse gases playing a role in our global temperature. But most of that carbon is sequestered not in the Earth’s crust, but deep within the mantle.

For billions of years, geological processes like volcanic eruptions controlled the carbon concentration in the atmosphere; indeed, volcanism is the major way that carbon rises from the mantle into the atmosphere. Most of the carbon stored in the mantle is in the form of carbonate, but there are also huge stores of actual CO2 sequestered deep within the mantle as a dissolved gas within the liquid rock. Recent research about carbon reserves discovered underneath the United States has led to a new estimate of the amount of carbon in the Earth’s upper mantle: approximately 100 trillion tons. By contrast, there are only about 3.2 trillion tons of CO2 (containing about 870 billion tons of actual carbon) in the atmosphere today.

Scientists have accurately measured and estimated the amount of CO2 that humans have been adding to the atmosphere through our burning of fossil fuels, but it is vital to know what the natural rate of CO2 emission is to understand the impact humans are having. Humans emit around 29 billion tons of CO2 each year, a little less than 1% of present atmospheric CO2.

A tremendous synthesis of information took place in 2013, revealing the total amount of CO2 emitted from natural release events within Earth. Here are the results:

– 33 measured degassing volcanoes emit a total of 60 million tons of CO2 per year. There are a total of about 150 known degassing volcanoes, implying that a total of 271 million tons of CO2 are released annually.

– 30 historically active volcanoes are measured to emit a total of 6.4 million tons of CO2 per year. With about 550 historically active volcanoes total, they extrapolate this class of object contributes 117 million tons per year.

– The global total from volcanic lakes is 94 million tons of CO2 per year.

– Additional emissions from tectonic, hydrothermal and inactive volcanic areas contribute an estimated 66 million tons of CO2 per year.

– Emissions from mid-ocean ridges are estimated to be 97 million tons of CO2 annually.

Add all of these up, and you get an estimate of around 645 million tons of CO2 per year. Sure, there are uncertainties, but it gives a fairly good view of the global situation.

When you realize that volcanism contributes 645 million tons of CO2 per year compared to humanity’s 29 billion tons per year, it is extremely clear what has caused the carbon dioxide increase in Earth’s atmosphere since 1750.

 If not for the influence of humans, the climate and carbon dioxide concentrations would be stable. Rising CO2 is a problem that we are actively causing, and it’s up to us to fix it.

Source: Forbes.

La courbe de Keeling début juin 2017. Son évolution se passe de commentaires (Source: NOAA)

L’Ouest américain: Des canyons à volonté! // Western USA : Canyons at will !

Avant de boucler mon périple à travers l’ouest des Etats-Unis (ce sera probablement le dernier), j’ai voulu jeter un coup d’œil à quelques uns de mes canyons préférés. Contrairement à beaucoup de gens, ce n’est pas le Grand Canyon qui arrive en tête, aussi impressionnant soit-il. Je préfère de très loin la délicatesse des sculptures de Bryce Canyon, le tracé découpé par la Green River ou les courbes du Colorado dans les Canyonlands…

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Before completing my journey across western United States (it will probably be the last), I wanted to have a look at some of my favorite canyons. Unlike many people, it is not the Grand Canyon that comes first, however impressive it may be. I prefer the delicacy of the sculptures of Bryce Canyon, the paths cut by Green River or the curves of the Colorado River in Canyonlands …

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La grandeur du Grand Canyon…

…Les courbes du Colorado…

…Les découpes artistiques de la Green River…

…6 heures du matin: Lever du jour sur la dentelle de Bryce Canyon!

Photos: C. Grandpey

Bogoslof (Alaska): Nouvel épisode éruptif // New eruptive episode

Un nouvel épisode éruptif s’est produit sur le Bogoslof dans la matinée du 10 juin 2017. Il a commencé par une série de brefs signaux infrasoniques qui se sont transformés en signaux de tremor de plusieurs minutes. Les images satellites montrent que le nuage éruptif a atteint 10200 mètres d’altitude avant de s’étirer vers le nord-ouest. Les données satellitaires indiquent également que le nuage volcanique était plus riche en cendre que la plupart de ceux observés lors des séquences éruptives antérieures. Il se peut que l’éruption ait détruit le dôme de lave qui s’était mis en place au début de la semaine.
Aucune sismicité n’a été détectée dans les îles voisines depuis l’événement de ce matin, aucun éclair n’a été observé et les images satellites ne montrent pas d’autres émissions de cendre en provenance du volcan. Cependant, le Bogoslof reste très actif et dans un état imprévisible. D’autres explosions peuvent se produire à tout moment. La couleur de l’alerte aérienne  reste ROUGE.

Source : AVO.

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An eruptive activity occurred at Bogoslof in the morning of June 10th 2017. It began with a series of short infrasound signals and then transitioned into several minute-long tremor signals. Satellite images of the resulting cloud show it reached as high as 10,200 metres a.s.l. and drifted to the northwest. Satellite data also indicate that at least part of the volcanic cloud was more ash-rich than most of those seen in previous eruptive sequences. This suggests that the eruption may have destroyed the lava dome that was emplaced earlier this week.
Seismicity as detected on neighbouring islands has been quiet since this morning’s event, no lightning has been detected, and satellite images show no additional emission from the volcano. However, Bogoslof volcano remains at a heightened state of unrest and in an unpredictable condition. Additional explosions could occur at any time. The Aviation Colour Code remains at RED.

Source: AVO.

Projet de téléphérique sur le Kawah Ijen (Indonésie) !! // A cable car soon on Kawah Ijen (Indonesia)?

Si l’information avait été diffusée le 1er avril, elle me ferait rire. Malheureusement, l’article a été publié par le Jakarta Post le 8 juin 2017. Nous y apprenons qu’un projet visant à améliorer l’infrastructure touristique du Kawah Ijen, avec l’implantation d’un téléphérique dans le secteur, est à l’ordre du jour au Ministère du Tourisme, car cette destination populaire dans l’est de l’île de Java a été incluse dans le plan national de développement du tourisme. Le responsable du tourisme pour le district de Bondowoso, là où se trouve le Kawah Ijen, indique que le développement du tourisme dans la région inclurait d’autres entités comme le Ministère de l’Environnement et des Forêts ainsi que des investisseurs privés. Il a déclaré: « Le site touristique du Kawah Ijen est en passe de devenir une destination internationale équipée d’un téléphérique entre Paluding et le cratère. Les visiteurs pourront ainsi dominer le cratère et la zone naturelle environnante grâce au téléphérique. »
Bien que situé entre Bondowoso et Banyuwangi, le Kawah Ijen était géré par l’Agence de conservation des ressources naturelles de Jember avant que le gouvernement répertorie le site dans son plan national de développement du tourisme.
Source: The Jakarta Post.

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If the information had been published on April 1st, I would laugh. Unfortunately, the article was released by the Jakarta Post on June 8th 2017. We learn that plans to upgrade tourism facilities at Kawah Ijen crater, complete with a cable car across the area, are currently being discussed at the Tourism Ministry, as this popular destination in East Java has been included in the national strategic tourism plan. The head of Bondowoso Tourism says the development would include other related parties, including the Environment and Forestry Ministry and private investors. He said: « The Ijen crater tourist site is set to be an international destination that would be equipped with a cable car from Paluding to the crater. Visitors would also be able to enjoy the crater and the surrounding natural tourist area from above in the cable car. »

Although located between Bondowoso and Banyuwangi, the Ijen crater was managed by the Jember Natural Resource Conservation Agency (BKSDA) before the central government listed the site in its national plan.

Source: The Jakarta Post.

Photo: C. Grandpey