La déformation de l’Etna // Mount Etna’s deformation

drapeau francaisL’INGV a mis en ligne une animation qui montre la déformation de l’Etna entre février 2015 et février 2016. Les mesures ont été effectuées à l’aide des techniques interférométriques utilisant des données TOPSAR (Terrain Observation with Progressive Scans SAR) acquises par le satellite Sentinel-1A. Ce satellite, conçu par l’Agence Spatiale Européenne (ESA), est équipé d’un capteur SAR en bande C, et est capable de mesurer les déformations du sol avec une précision subcentimétrique.
Les données satellitaires ont été traitées en utilisant l’approche SBAS (Small Baseline Subset), qui permet l’analyse temporelle des déformations en utilisant l’ensemble des données d’images radar obtenues par le capteur dans la gamme choisie. Ce processus permet d’obtenir les vitesses moyennes de déformation en ligne de vue, ainsi que la série temporelle de déformations estimée à partir de chaque pixel de l’image.
Au cours de la période couverte par les observations, on remarque (A) l’inflation (en bleu) de l’ensemble de l’édifice volcanique jusqu’en novembre 2015 (avant les violents épisodes paroxystiques de décembre 2015); (B) la déflation qui a accompagné l’activité éruptive et a presque complètement effacé l’inflation précédente; (C), la poussée exercée sur versant nord-est du volcan (en rouge), pendant et après la séquence éruptive; (D), le mouvement de l’ensemble du versant oriental, avec une grande déformation de toute la partie à l’est des Timpe; (E) la propagation vers le sud de la déformation du flanc est, avec l’activation de la faille de San Gregorio-Acitrezza dans la seconde moitié de Janvier 2016. Les lignes noires représentent les failles répertoriées.

Vous verrez l’animation en cliquant sur ce lien :

http://www.ct.ingv.it/images/Sentinel/Sentinel_asce_2015_2016_low.GIF

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drapeau anglaisINGV has posted an animation that shows the deformation undergone by Mount Etna between February 2015 and February 2016. The measurements were performed with the help of interferometric techniques using TOPSAR data (Land Observation with Progressive Scans SAR) acquired by Sentinel-1A satellite. The satellite, developed by the European Space Agency (ESA), is equipped with a SAR sensor in C-band and is capable of measuring ground deformation with sub-centimeter accuracy.
The satellite data were processed using the SBAS approach (Small Baseline Subset), which allows the temporal deformation analysis using all radar image data obtained by the sensor in the selected range. This process allows to obtain the average speeds of deformation in line of sight, and the estimated time series of deformations from each pixel of the image.
During the period covered by the observations, we note (A) inflation (in blue) of the entire volcanic edifice until November 2015 (before the violent paroxysmal episodes in December 2015); (B) the deflation that accompanied the eruptive activity and almost completely erased the previous inflation; (C), the thrust on the northeastern slope of the volcano (in red), during and after the eruptive sequence; (D), the movement of the entire eastern slope, with a large deformation of the whole part of east Timpe; (E) spread to the southern flank of the deformation, with the activation of the San Gregorio-Acitrezza fault in the second half of January 2016. The black lines represent the listed faults.

You will see the animation by clicking on this link:

http://www.ct.ingv.it/images/Sentinel/Sentinel_asce_2015_2016_low.GIF

Etna deformation

Source: INGV / ESA

Vous avez dit COP 21 ?

Deux mois et demi après la conférence mondiale sur le climat, la célèbre COP 21, organisée en France, François Hollande, chantre de la lutte mondiale contre le réchauffement climatique, vient de démontrer l’importance que revêtent à ses yeux les émissions de gaz à effet de serre. Il vient d’effectuer en un temps record plusieurs déplacements qui représentent une distance cumulée de 45 000 km et qui vont contribuer allègrement au réchauffement climatique que le Président veut combattre.

Les journalistes de Metronews ont utilisé l’un des nombreux simulateurs de bilan carbone disponibles pour calculer l’empreinte écologique de ce voyage présidentiel aux multiples destinations. Ils sont partis de l’hypothèse d’un avion de ligne, et pour une seule personne, en sachant que François Hollande ne voyage pas à bord de vols réguliers et qu’il était accompagné d’une délégation importante (une cinquantaine de personnes).

Voici les résultats :

– 21 février : Paris-Tahiti (Papeete) : 15 700 km / 9,7 tonnes de CO2.
– 22 février : Tahiti-Wallis-et-Futuna : 3 100 km / 1,7 tonne de CO2.

– 22 février : Wallis-et-Futuna-Tahiti (Papeete) : 3 100 km / 1,7 tonne de CO2.
– 22 février : Papeete-Raiatea : 400 km aller-retour / 0,6 tonne de CO2.
– 23 février : Tahiti-Pérou (Lima) : 7 800 km / 4,3 tonnes de CO2.

– 24 février : Pérou-Argentine (Buenos Aires) : 3 100 km / 1,8 tonne de CO2.
– 25 février : Argentine-Uruguay (Montevideo) : 200 km / 0,2 tonne de CO2.
– 25 février : Uruguay (Montevideo) – France (Paris) : 11 000 km / 6,3 tonnes de CO2.

Au total : près de 45 000 kilomètres et une émission de 26,3 tonnes de CO2. Cela représente près de 13 fois la consommation annuelle attendue de chaque Terrien (2 tonnes par an) pour parvenir à contenir le réchauffement climatique à 2 degrés d’ici 2050.

Vous retrouverez ces statistiques sur le site de Metronews à cette adresse :

http://www.metronews.fr/info/supervoyage-de-hollande-en-polynesie-et-en-amerique-latine-nous-avons-calcule-son-lourd-bilan-carbone-video/mpbu!YF6Lu6cDU1xN2/

Chaîne des Cascades (Etats Unis): Lassen Peak // Cascade Range (United States): Lassen Peak

drapeau-francaisDernière étape de notre périple, Lassen Peak (Californie) se dresse à l’extrémité sud de la Chaîne des Cascades. Avec le Mont St. Helens, c’est le seul volcan du continent nord américain à avoir connu une éruption au 20ème siècle.
L’escalade du Lassen Peak est très intéressante car elle permet de découvrir de superbes paysages et les caractéristiques géologiques du volcan. Certaines bombes en croûte de pain sont fort impressionnantes.
Le complexe sommital du Lassen a la forme un dôme de lave qui domine de ses 610 mètres le terrain environnant. Il est également le siège de plusieurs cratères.
Le 22 mai 1915, une éruption a secoué Lassen Peak et dévasté les environs du volcan. Elle a entraîné des retombées de cendre jusqu’à 300 km à l’est. Cette explosion est la plus violente d’une série observée entre 1914 et 1917. Ce fut aussi la dernière séquence éruptive dans la Chaîne des Cascades avant l’éruption du Mont St. Helens en 1980.

Vous verrez des photos de l’éruption en cliquant sur ce lien:

http://www.kcra.com/news/captured-moment-in-time-photos-from-lassen-volcano-eruption/33172132

Une visite à Lassen Peak ne serait pas complète sans une randonnée au sein des phénomènes hydrothermaux à proximité du volcan. Les sentiers parfaitement tracés – comme dans tous les parcs nationaux aux Etats-Unis – font découvrir des fumerolles rugissantes, des marmites de boue bouillonnantes ou Boiling Springs Lake, un lac d’eau acide à la belle couleur rose. L’eau de pluie et la neige qui tombent sur les hauteurs du Parc alimentent le système hydrothermal. Une fois sous terre, cette eau est portée à haute température par la roche très chaude sous Lassen Peak. La vapeur surchauffée atteint la surface à travers les fractures et donne naissance à des fumerolles telles que celles de Bumpass Hell, Sulphur Works ou Devil’s Kitchen. Cette activité géothermale est à mettre en relation avec le volcanisme actif et apporte des indications sur le potentiel éruptif du volcan.

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drapeau-anglaisLassen Peak in California is located at the southern end of the Cascade Range. Along with Mt St. Helens, it is the only volcano in the contiguous United States that erupted in the 20th century.
Climbing Lassen Peak is very interesting as it allows to discover great landscapes and some geological features of the volcano. Some breadcrust bombs are quite impressive.
Lassen’s summit complex is a lava dome that rises 610 metres above the surrounding terrain. It is also a complex area of several craters.
On May 22nd 1915, an explosive eruption at Lassen Peak devastated nearby areas and rained volcanic ash as far away as 300 km to the east. This explosion was the most powerful in a 1914-17 series of eruptions that were the last to occur in the Cascades before the 1980 eruption of Mt. St. Helens.

You will see photos of the eruption by clicking on this link:

http://www.kcra.com/news/captured-moment-in-time-photos-from-lassen-volcano-eruption/33172132

A visit to Lassen Peak would not be complete without the remarkable hydrothermal features that include roaring fumaroles, thumping mud pots, boiling pools, and steaming ground. Water from rain and snow that falls on the highlands of the park feed the hydrothermal system. Once deep underground, the water is heated by a body of hot or molten rock beneath Lassen Peak. Super-heated steam reaches the surface through fractures in the earth to form fumaroles such as those found at Bumpass Hell and Sulphur Works. These features are related to active volcanism and are indications of the ongoing potential for further eruptions of the volcano.

L’approche du Lassen:

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La montée:

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Le cratère:

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Le sommet:

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Bumpass Hell:

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Boiling Springs Lake:

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Photos: C. Grandpey

Chaîne des Cascades (Etats Unis): Crater Lake // Cascade Range (United States): Crater Lake

drapeau-francaisCrater Lake est une étape obligée lorsque l’on parcourt la Chaîne des Cascades. C’est l’une des plus belles caldeiras au monde. Elle s’est formée par l’effondrement d’un imposant stratovolcan, le Mont Mazama, il y a environ 6850 ans. La caldeira mesure 8 km sur 10 et est remplie d’un lac dont la profondeur atteint parfois 600 mètres. Avec sa célèbre couleur d’un bleu intense, c’est le deuxième lac le plus profond d’Amérique du Nord.
L’éruption explosive du Mont Mazama (vers 5600 avant J.C.) a provoqué l’effondrement de la caldeira. Elle a produit environ 50 km3 de tephra. Des dépôts de cendre ont été découverts au Canada et des écoulements pyroclastiques ont parcouru jusqu’à 40 km.
Des éruptions se sont encore produites pendant quelques centaines d’années après la formation de la caldeira. Elles ont édifié une série de petits dômes de lave sur le plancher de la caldeira, parmi lesquels Wizard Island à la forme d’un chapeau de sorcier, et le Merriam Cone qui est complètement immergé.
Les dernières éruptions ont eu lieu il y a environ 4200 ans.

Crater Lake a une longue histoire, depuis les Indiens Klamath jusqu’aux aux premiers explorateurs et aux études scientifiques actuelles.
Crater Lake était un lieu de mystère pour les Indiens Klamath qui vivaient probablement déjà dans la région il y a 7700 années. Ils ont évoqué l’éruption catastrophique du Mont Mazama et la création de Crater Lake dans l’une de leurs légendes qui décrit la guerre qui faisait rage entre deux grands volcans, le Mont Mazama et le Mont Shasta.
Les esprits de la Terre et du Ciel venaient souvent dialoguer avec les gens. Llao était l’esprit du Monde En Dessous, celui des Ténèbres, qui se dissimulait sous Lao-Yaina (aujourd’hui le Mont Mazama). Skell était l’esprit du Monde En Dessus, celui de la Lumière. Llao montait souvent à la surface de la Terre et se plaçait au-dessus de Lao-Yaina ; sa tête touchait les étoiles, près de la demeure de Skell. Il n’y avait pas de lac à cette époque, juste un trou par lequel passait Llao pour voir le monde extérieur. Un jour, Llao vit Loha, la fille du chef indien Klamath, et tomba amoureux de sa beauté. Elle le rejeta parce qu’il était laid et appartenait au Monde En Dessous. Llao se mit en colère et jura qu’il se vengerait sur le peuple de Loha. Il essaya de détruire ce peuple avec la malédiction du feu. Le chef indien Klamath demanda alors l’aide de Skell.
Skell descendit du ciel et s’installa sur le sommet du Mont Shasta. Skell et Llao faisaient gronder le tonnerre et trembler la Terre. Ils se lançaient des roches rougies par le feu de la Terre, ce qui provoqua de grands glissements de terrain. Une terrible obscurité envahit la région pendant des jours. Tous les esprits de la Terre et du Ciel participèrent à cette bataille, provoquant une peur intense parmi le peuple. Pour tenter de calmer le courroux des dieux des volcans (Mazama et Shasta) et pour expier les péchés de la tribu, deux chamans proposèrent de se sacrifier et sautèrent dans l’orifice du Monde En Dessous. Impressionné par cet acte héroïque, Skell redoubla d’efforts. Il finit par vaincre Llao et l’enfonça profondément dans le Monde des Ténèbres. Il fit s’effondrer le sommet du Mont Mazama pour emprisonner Llao pour l’éternité. Skell désirait que paix et tranquillité règnent au-dessus de ce trou noir et il le remplit d’une belle eau bleue, celle qui illumine aujourd’hui Crater Lake….

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drapeau anglaisWhen travelling down the Cascade Range, Crater Lake should not be forgotten as it is one of the most beautiful calderas in the world. It was formed by the collapse of a massive stratovolcano known as Mount Mazama about 6850 years ago. The caldera is about 8 X 10 km and is filled with a lake of up to 600 metres deep. With its famous deep blue colour, it is North America’s second deepest lake.
The explosive eruption of Mount Mazama (about 5600 BC) triggered the collapse of the caldera. The eruption produced about 50 cubic km3 of tephra. Ash was deposited as far as Canada and pyroclastic flows travelled as far as 40 km from the volcano.
Post-caldera eruptions took place within a few hundred years after the formation of the caldera. They built a series of small lava domes on the caldera floor, among which Wizard Island, and the completely submerged Merriam Cone.
The latest eruptions occurred about 4,200 years ago.

Crater Lake has a long history, from the Klamath Indians to the early explorers to today’s scientific studies of the lake.
Crater Lake used to be a place of mystery to the Klamath Indians who must have lived in the region as early as 7,700 years ago. These people described the catastrophic eruption of Mount Mazama and the creation of Crater Lake in one of their legends which describes a raging war between two great volcanoes, Mount Mazama and Mount Shasta.
The spirits of the Earth and sky often came and talked with the people. Llao was the spirit of the Below-World who lived beneath Lao-Yaina (today known as Mount Mazama). Skell was the spirit of the Above-World. Llao often came up and stood on top of Lao-Yaina, and his head would touch the stars near the home of Skell. There was no lake then, just a hole through which Llao passed to see the outside world. One day, Llao saw Loha, daughter of the Klamath Indian chief, and fell in love with her beauty. She rejected him because he was ugly and was from the Below-World. He got angry and swore that he would take revenge on her people. He tried to destroy the people with the curse of fire. The Klamath Indian chief sought help from Skell.
Skell descended from the sky to the top of Mount Shasta. Skell and Llao were thundering and trembling the Earth, hurling red hot rocks back and forth to each other (from Mount Shasta to Mount Mazama), causing great landslides. A terrible darkness spread over the area for days. All spirits of Earth and sky took part in this battle, creating intense fear among the people. Attempting to calm the ferocious volcano gods and to make up for the sins of the tribe, two medicine men offered to sacrifice themselves and jumped into the pit of Below-World. Impressed by their heroic sacrifice, Skell fought even harder. He finally defeated Llao, driving Llao deep down into the Below-World. He collapsed the top of Mount Mazama to imprison Llao forever beneath the world. Skell wanted peace and tranquility to cover up this dark pit, so he filled it with the beautiful blue water.

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Crater Lake, Wizard Island & Phantom Ship Island

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Des eaux d’un bleu profond:

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Une grande richesse géologique:

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Le Mont Mazama:

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Un petit compagnon de voyage:

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Photos: C. Grandpey