Selon une étude publiée dans le Journal of the Geological Society, le volcan de boue indonésien LUSI – qui déverse sa boue sans arrêt depuis le 29 mai 2006 – pourrait continuer son effet de destruction pendant encore un quart de siècle.
C’est du moins la conclusion d’études faites à partir de simulations informatiques s’appuyant sur le comportement de deux puits de gaz exploités dans la même région et sur des études sismiques révélant la structure géologique de LUSI. Actuellement, la bouche qui se trouve au milieu du lac de boue a un diamètre d’une cinquantaine de mètres et on a dénombré 166 autres petites bouches dans le secteur du volcan de boue. Situées dans des usines, des habitations ou sur des routes, elles émettent des gaz qui s’enflamment parfois brusquement et représentent un danger pour les habitants.
Selon les simulations informatiques (qu’il faut toujours considérer avec grande prudence quand on parle de la Nature), à partir de 2037 les quantités de boue émises par l’orifice devraient devenir négligeables et la situation pourrait alors être contrôlée, ce qui n’est pas le cas actuellement car l’équivalent de quatre piscines olympiques de boue continue à se déverser quotidiennement sur la région de Porong. De plus, le secteur du volcan de boue s’affaisse régulièrement et il se pourrait qu’en 2037 la dépression atteigne une profondeur de 95 à 475 mètres.
Rappelons que LUSI a tué 13 personnes, englouti 12 villages sous une couche de boue atteignant parfois 15 mètres d’épaisseur et chassé 42 000 personnes de leurs domiciles. Le gouvernement indonésien affirme que le désastre a été déclenché par un séisme qui a secoué le pays à 280 km de LUSI, ce qui ne semble guère possible aux yeux des spécialistes qui accusent la compagnie Lapindo Brantas de négligences lors d’un forage pour exploiter une poche de gaz.