Tungurahua (Equateur)

drapeau francais.jpgLe Tungurahua envoie des nuages de cendre dans le ciel et des coulées pyroclastiques sur ses flancs, entraînant l’évacuation des villages dans un rayon de 13 km autour du cratère. Selon l’Institut Géophysique, il n’y a ni blessés ni dégâts importants. Une partie de Baños, ville touristique bien connue, a également été évacuée.

L’activité volcanique a commencé à décliner au bout de cinq heures samedi, mais l’alerte reste en vigueur.

 

drapeau anglais.jpgThe Tungurahua volcano is billowing ash into the sky and sending pyroclastic flows down its slopes, causing authorities to evacuate nearby villages within 8 miles from the crater. The Geophysical Institute indicates no one has been injured nor any village damaged. Parts of Banos, a nearby town popular with foreign and local tourists, were among the places evacuated.

Volcanic activity began to subside after five hours on Saturday but the official alert stayed in effect.

L’éruption du Merapi sera-t-elle un électrochoc pour l’Indonésie?

Voici quelques réflexions supplémentaires que vient de m’envoyer Jeffe Castan qui me tient au courant de la situation dans sa région depuis plusieurs semaines.

 

« Merapi, en entrant si violemment en éruption, a provoqué une sorte d’électrochoc dans une large part de la population. Et le tremblement de terre « sociétal » va être beaucoup plus large, intense, profond, que celui qui a secoué Sumatra. De nombreuses voix (indonésiennes) s’élèvent contre la mauvaise gestion des opérations de secours, avec en toile de fond, cette immense tâche (et tache) qu’est la réduction nécessaire de la corruption. Soyons clair la dessus. Il n’y a pas qu’en Indonésie que cette gangrène affecte la société civile. Il n’y a qu’à ouvrir les journaux français pour s’en rendre compte. Mais aussi, de plus en plus de gens prennent soudain conscience qu’une société ne se construit pas au jour le jour, mais avec des projets sur du plus ou moins long terme. Or le Javanais ne sait pas (ou peu) planifier, anticiper, prévoir. Ce n’est pas dans sa culture, où les démons et les esprits sont les maîtres des lieux, et l’homme est bien peu de chose face à leurs humeurs. Dans la région où je vis, pourtant très industrialisée, avec télé, téléphone portable, bientôt Internet partout, pour chaque événement important d’une communauté – par exemple, un village qui va célébrer un mariage, ou une circoncision – les villageois organisent une sorte de cérémonie collective: Jathilan ; une danse où les danseurs miment la vie traditionnelle, mais aussi la lutte avec les démons. Ceci n’est pas un spectacle, mais bien un rituel. (Il y a beaucoup de cas où ce n’est que de la simulation quand même, mais pas toujours.) La musique aidant (et parfois un peu de feuille de datura), les danseurs entrent en transe. Flagellation, marche sur le feu, ingurgitation de verre brisé, etc… Les danseurs deviennent « possédés » par ces mauvais esprits qui hantent le village. Puis, à l’aide du « Pawang », les danseurs sont « exorcisés » un à un. Cela signifie que dans une société « moderne » il est encore confié la gestion des problèmes à une sorte de voodoo local. C’est fort passionnant pour un « touriste » comme moi, mais cela pose un ÉNORME problème au niveau de la construction d’un pays tel que l’Indonésie. Maintenant, certains esprits modernes s’élèvent, veulent construire sur du long terme, organiser un tissus social autour de principes modernes tels que des coopératives agricoles, des réseaux de solidarité active, veulent ouvrir cette société ancestrale sur le reste du monde. Si c’est bien géré, ce mouvement peut réussir à préserver cette tradition javanaise, notamment sa langue, tout en entrant dans l’ère moderne, en y incluant des notions telles que le développement durable, une réflexion profonde sur la pollution… etc. Je connais un de ces « groupes » ici, à Turi. Et je suis étonné de la lucidité de leur propos. C’est encourageant et à encourager. »