Sur son site web, le Laboratoire Magmas et Volcans explique l’évolution de la composition du magma durant la double éruption de l’Eyjafjöll.
1) Durant la première phase de l’éruption, entre le 30 mars et le 12 avril, on a assisté à l’émission d’un « magma avec composition de basalte primitif ». Le Laboratoire pense qu’il s’agit d’une arrivée de magma profond suggérée par les séismes profonds de 2009. On observe une grande similitude entre ce magma et celui émis par le Katla en 1918. On notera en particulier que tous deux contiennent environ 47% de SiO2.
2) Les premiers tephra émis le 14 avril lors de la deuxième phase éruptive ont une composition intermédiaire entre celles de la dacite de l’éruption de l’Eyjafjöll en 1821 et les basaltes du Katla. Dès le 15 avril, cette composition se déplace vers le pôle des basaltes du Katla.
On peut donc imaginer que « le magma primitif émis en début d’éruption a, d’une part, évolué par cristallisation et, d’autre part, en migrant sous le volcan Eyjafjöll, il a remobilisé des intrusions dacitiques stagnant depuis l’éruption de 1821. Le 14 avril, les deux magmas étaient mélangés en proposition égale, puis le magma primitif est devenu prépondérant. »
On peut donc en conclure que « la forte explosivité actuelle est due à la fois à la contribution de la composante dacitique (plus forte teneur en gaz, donc plus forte explosivité) et au contact thermique entre le magma et le glacier. L’affaiblissement de la composante dacitique et la disparition du glacier au-dessus de l’éruption sont les deux paramètres qui pourront conduire à une disparition ou à la diminution du panache troposphérique. »
Si cet aspect un peu technique de l’éruption vous intéresse, n’hésitez pas à visiter le site Internet du Laboratoire Magmas et Volcans :