La Vierge au Parasol (Ile de la Réunion) : Toute une histoire…

La Vierge au Parasol est pratiquement une institution sur l’Ile de la Réunion. Autrefois située en pleine nature, cette Vierge tenant un parasol bleu est vénérée par de nombreux catholiques réunionnais car elle est censée les protéger contre les éruptions du Piton de la Fournaise, le volcan actif de l’île. Il faut reconnaître que la statue en a vu de toutes les couleurs.

Son histoire a commencé an 1896, année où deux Réunionnaises font placer une statue de Notre-Dame de Lourdes sur la route du Grand Brûlé. Surmontée d’un parasol (parapluie en créole), cette Vierge est destinée à préserver les habitants de Bois Blanc des colères du volcan et de la lave qui avance parfois jusqu’à la mer. Au début du 20ème siècle, un  propriétaire à Bois-Blanc la place dans ses champs pour protéger ses récoltes..

En dépit de ses qualités de protection, la statue a connu des mésaventures. C’est ainsi qu’en 1961 elle a été ensevelie sous une coulée de lave, avant de faire sa réapparition en 1963. Plus grande que la précédente, peinte en bleue et blanc, elle tenait toujours à la main son éternel parasol. Elle a été réinstallée à quelques kilomètres du premier oratoire, dans un lieu où elle était censée être à l’abri de la lave.

Mauvais calcul, car en janvier 2002 le Piton de la Fournaise menace à nouveau la statue qui est mise en sécurité sur le site de Piton Sainte Rose.

En 2005, elle est à nouveau mise à l’abri lors d’une autre éruption volcanique.

Suite à ces malheurs à répétition, la statue est installée au Grand Brûlé le 15 août 2011. La même année, une réplique de la statue est façonnée pour que la Vierge n’ait pas à être déplacée pour le 15 août, jour de la fête de l’Assomption.

Le 8 janvier 2014, la statue a été décapitée par des inconnus. Une réplique en résine fut alors installée au Grand Brûlé où elle fut vandalisée le 28 avril 2015, taguée à la peinture rouge avec, entre autres, l’inscription « Satan est de retour. »

Depuis cette époque, une reproduction de la Vierge au Parasol trône à l’intérieur de l’église Notre-Dame-des-Laves de Sainte Rose qui fut épargnée de justesse par une coulée de lave en 1977.

Le 15 août 2019, plus de 10 000 fidèles ont assisté à la messe de l’Assomption à Piton Sainte-Rose. On a craint un moment que la messe soit annulée car le Piton de la Fournaise était en éruption quelques jours plus tôt et les coulées qui descendaient les Grandes Pentes menaçaient de couper la RN 2 qui permet d’accéder à Sainte Rose. Heureusement pour les pèlerins, l’église Notre-Dame-des-Laves est restée parfaitement accessible. Comme chaque année, la Vierge au Parasol fut installée sur l’esplanade de Piton Sainte-Rose.

On peut voir une petite stèle avec une minuscule statue de la Vierge au Parasol le long de la RN 2, mais je conseille d’entrer dans l’église de Sainte Rose. En plus de la Vierge au Parasol, on pourra admirer les vitraux qui rappellent le passé tumultueux du site. On pourra aussi feuilleter quelques pages du Journal de l’Ile de la Réunion à propos de l’éruption de 1977.

Source : Guide local, Journal de l’Ile.

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Le long de la RN 2…

L’église Notre-Dame-des Laves, épargnée par une coulée en 1977…

A l’intérieur de l’église…

L’église reste sous la menace de la lave.

Photos: C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

La webcam SKYLINE est en panne depuis quelques jours et il faut donc se fier aux informations données par le Laboratorio Geofisica Sperimentale pour avoir des informations sur l’activité du Stromboli. Cette dernière reste soutenue. Le dernier bulletin fait état d’un dégazage faible et d’une intensité explosive moyenne au niveau des différentes bouches éruptives. Le tremor éruptif est stable et montre des valeurs moyennes. En revanche, le nombre d’événements longue période (VLP) – autrement dit les événements explosifs – présente des valeurs très élevées. On dénombre une trentaine d’explosions stromboliennes par heure. Deux anomalies thermiques ont été détectées par le système MODIS au cours des dernières 24 heures. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne 210 tonnes par jour. On enregistrait une moyenne de 7 retombées de blocs sur la Sciara del Fuoca au cours des dernières 24 heures.

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Dans un rapport publié le 6 septembre 2019, l’INGV indiquait que l’amplitude moyenne du tremor volcanique  sur l’Etna présentait une tendance à la hausse, confirmant ainsi l’activité strombolienne et de spattering observée ce même jour dans la Bocca Nuova.
Une augmentation lente et progressive de l’amplitude moyenne du tremor est enregistrée depuis la deuxième quinzaine d’août. Les valeurs actuelles sont comparables à celles observées peu avant l’éruption de décembre 2018 et supérieures à celles observées avant les épisodes éruptifs de mai à juillet 2019.
A deux reprises en 24 heures, on a assisté à une hausse brutale du tremor, probablement liée à la présence d’une activité strombolienne dans le Cratère NE, la Bocca Nuova ou le Cratère SE (voir les images de la caméra thermique). Le deuxième hausse, la plus significative, a eu lieu le 9 septembre 2019. Selon Boris Behncke, la montée en puissance du tremor est plus impressionnante que l’activité sommitale proprement dite. Il se peut que le magma cherche une autre porte de sortie. Le sommet du volcan est dans les nuages en ce moment, mais les sismographes montrent que le volcan a repris du service.

Aucune variation significative n’a été observée dans la déformation du sol.
Source: INGV.

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L’Alaska Volcano Observatory (AVO) doté d’instruments de surveillance sismique le Mont Dutton (près de l’extrémité de la péninsule de l’Alaska), et le Mont Wrangell (situé dans la Wrangell-St. Elias National Park and Preserve). L’AVO peut maintenant contrôler de manière fiable l’activité sismique sur ces volcans. Le niveau d’alerte volcanique est actuellement NORMAL et la couleur de l’alerte aérienne VERTE sur ces deux volcans.

S’agissant des autres volcans de l’Alaska, l’AVO continuera à utiliser les données satellitaires, infrasoniques et de la foudre, ainsi que les rapports des pilotes et des observateurs au sol pour détecter les signes d’activité éruptive.
Source : AVO.

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La sismicité a augmenté sur le Villarrica (Chili) et le petit lac de lave à l’intérieur du cratère est devenu plus actif. En conséquence, le SERNAGEOMIN a décidé d’élever le niveau d’alerte. à ORANGE. le 9 septembre 2019. Les localités proches du volcan doivent se tenir prêtes à une possible évacuation car une éruption majeure semblable à celle de 2015 est susceptible de se produire à court terme. Une zone d’exclusion de 2 km a été mise en place autour du cratère.
Source: SERNAGEOMIN.

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The SKYLINE webcam has been offline for a few days and we must therefore rely on the information provided by the Laboratorio Geofisica Sperimentale to get information on activity at Stromboli which is still elevated. The last bulletin reports weak degassing and medium explosive intensity at the different eruptive vents in the crater terrace. The eruptive tremor is stable and shows medium values. On the other hand, the number of very long period events (VLPs) – in other words explosive events – shows very high values. There are about thirty strombolian explosions per hour. Two thermal anomalies were detected by the MODIS system during the last 24 hours. SO2 emissions average 210 tonnes per day. An average of 7 rockfall events were recorded on the Sciara del Fuoca during the last 24 hours.

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In a report released on September 6th, 2019, INGV indicated that the mean volcanic tremor amplitude at Mt Etna is showing an increasing trend, confirming the strombolian activity and spattering heard on that same day within the Bocca Nuova crater.

A slow and gradual rise of the mean tremor amplitude has been recorded since the second half of August. Today’s values are comparable to those seen shortly before the December 2018 eruption, and higher than those observed before the eruptive episodes of May -July 2019.

Twice in 24 hours, there has been a sharp rise of the tremor, probably linked to Strombolian activity in the NE Crater, Bocca Nuova and the SE Crater (see thermal cam images). The most significant rise of the tremor occurred on September 9th, 2019. According to Boris Behncke, the rise of the remor is more impressive than the summit activity. It might mean that magma ifs teying to come out somewhere else. The summit of the volcano is currently hidden by the clouds, but seismographs show that Mt Etna has gone back to work.

No significant variations are being observed in ground deformation.

Source: INGV.

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 The Alaska Volcano Observatory (AVO) has reestablished seismic monitoring instruments at Mount Dutton near the tip of the Alaska Peninsula, and Mount Wrangell located in the Wrangell-St. Elias National Park and Preserve. AVO can now confidently monitor seismic unrest at these volcanoes. The volcanic alert level is now NORMAL and the aviation colour code is GREEN for both volcanoes.

As at other Alaska volcanoes, AVO will continue to use satellite, infrasound, and lightning data, and reports from pilots and ground observers to detect signs of eruptive activity.

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Seismicity has increased on Villarrica (Chile) and the lava pond in the crater has become more active. As a consequence, SERNAGEOMIN decided to raise the alert level. to ORANGE. on September 9th, 2019. Nearby communities should be ready for evacuations as a major eruption similar to the 2015 event may occur in the short term. An exclusion zone of 2 km has been set up around the crater.

Source : SERNAGEOMIN.

Source: INGV

Vue du Mt Wrangell depuis la Glenn Highway (Photo: C. Grandpey)

Etna : Hausse du tremor ! // Mt Etna: Tremor on the rise!

Il va falloir surveiller attentivement l’activité de l’Etna dans les prochains jours. Pour la deuxième fois en 24 heures, on assiste à une hausse  du tremor, probablement liée à la présence d’une activité strombolienne dans le Cratère NE. Le sommet du volcan est dans les nuages ce matin, mais les sismographes montrent que le volcan a repris du service.

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Activity at MtEtna will have to be carefully monitored in the coming days. For the second time in 24 hours, there is an increase in the tremor, probably related to Strombolian activity in the NE Crater. The summit of the volcano is in the clouds this morning, but the seismographs show that the volcano is back on the job!

Source: INGV

Volcanisme et sécurité en Ethiopie

Il y a quelques jours, un visiteur de mon blog me demandait si le lac de lave de l’Erta Ale était remonté dans le cratère et quelles étaient les conditions de sécurité dans la région.

S’agissant de l’activité volcanique, l’agence Volcano Discovery indiquait le 19 août que de nouvelles coulées de lave étaient visibles sur les images satellitaires à 3 ou 4 km de la caldeira sommitale. De son côté, l’agence Aventure et Volcans fait état d’un « regain d’activité dans le pit crater sud de l’Erta Ale depuis quelques jours », là aussi au vu des images satellitaires. Il semble malgré tout que le lac de lave n’ait pas encore retrouvé sa splendeur passée

S’agissant de la sécurité, quand je ne dispose pas d’informations fiables, je renvoie les visiteurs potentiels de cette région aux recommandations des différents gouvernements.

Les autorités canadiennes indiquent qu’il faut « éviter tout voyage dans les régions suivantes en raison d’opérations militaires, de rébellions armées et d’actes de banditisme :

– à moins de 10 km de la frontière avec l’Érythrée;

– dans le désert Danakil (y compris Dallol);

– à proximité du volcan Erta Ale dans la région Afar;

– dans la région Somali. »

De son côté, le Ministère des Affaires Etrangères français est plus nuancé et consacre un paragraphe au « cas particulier du Dallol et de l’Erta Ale. »

Voici l’intégralité du texte validé le 31 août 2019 par le Ministère :
« Il est possible de visiter le Dallol et l’Erta Ale en respectant strictement les prescriptions des autorités locales : accompagnement obligatoire par des forces de sécurité locales ou des militaires en charge de la sécurisation des deux sites, visite dans le cadre d’un voyage organisé par des professionnels expérimentés.
Les voyageurs doivent aussi signaler leurs itinéraires aux autorités locales à Berhale et s’assurer que les agences de voyage qui les prennent en charge ont bien déposé leur feuille de route auprès du bureau du tourisme Afar.
Avant son départ, et au regard des conditions climatiques extrêmes, il est également recommandé de s’assurer auprès de son médecin traitant que son état de santé permet l’excursion. Elle est formellement déconseillée aux enfants de moins de 15 ans et aux personnes âgées ou cardiaques.
Même parmi les agences spécialisées dans les voyages « extrêmes », en France comme en Éthiopie, les services offerts sont de qualité inégale. En tout état de cause, il est déconseillé de recourir aux agences qui démarchent les touristes à l’aéroport de Makalé. Parmi les critères de référence qui peuvent servir de repères pour sélectionner les agences, il paraît impératif de retenir au moins les points suivants :
o déplacement avec au moins deux véhicules en bon état et emport de pièces mécaniques de rechange ;
o avoir à disposition un téléphone satellitaire, garantissant une liaison sûre avec la base de départ ou l’ambassade (la zone du Erta Ale ne bénéficie d’aucune couverture téléphonique à moins de 15 km) ;
o ressources suffisantes en vivres, en eau et en carburant ;
o emport d’un nécessaire médical approprié à la zone (cachets de sel, vitamines, anti-diarrhéiques…) ;
o un encadrement professionnel des touristes impliquant un temps de séjour sur le site limité à quelques heures et des itinéraires de visite sécurisés. »

Le lac de lave dans le cratère de l’Erta Ale il y a quelques années (Crédit photo: Wikipedia)