Occupation des tunnels de lave en Arabie Saoudite // Occupation of lava tubes in Saudi Arabia

Des fouilles archéologiques ont révélé des périodes d’occupation humaine du tunnel de lave d’Umm Jirsan à Harrat Khaybar, au nord-ouest de l’Arabie saoudite, datant au moins du Néolithique au Chalcolithique/Âge du Bronze (il y a 10 000 à 3 500 ans).

La partie occidentale de la péninsule arabique ne présente pas que de vastes étendues de sable ; on y trouve également de vastes champs de lave appelés localement haraat. L’un d’eux est le Harrat Khaybar, d’une superficie de 14 000 kilomètres carrés, à environ 137 kilomètres au nord-est de la ville de Médine. Il a été formé par des éruptions le long d’un alignement de bouches éruptives orienté nord-sud sur 100 kilomètres de long au cours des 5 derniers millions d’années. L’éruption la plus récente a eu lieu entre 600 et 700 après J.-C. Le tunnel de lave d’Umm Jirsan est le plus long du champ volcanique Harrat Khaybar.
Le résultat des fouilles, publié en ligne dans la revue PLoS ONE, donne un aperçu très intéressant de la vie des anciens peuples d’Arabie. Il révèle des phases répétées d’occupation humaine et met en lumière les activités pastorales qui prospéraient autrefois dans la région. Ce site était probablement un très important point de passage le long des routes pastorales reliant les principales oasis ; il facilitait aussi les échanges culturels et le commerce.
L’art rupestre et les archives fauniques attestent de l’utilisation pastorale d’Umm Jirsan et de ses environs, dressant un tableau vivant des modes de vie de cette époque lointaine. L’art rupestre découvert au fond du tunnel ainsi que la présence d’ossements de bovins, de moutons, de chèvres et de chiens corroborent les pratiques d’élevage et la composition des troupeaux de la région.
Une analyse isotopique des restes animaux découverts dans le tunnel de lave indique que le bétail broutait principalement des herbes et des arbustes sauvages, tandis que les humains avaient une alimentation riche en protéines, avec des niveaux élevés d’un certain isotope du carbone associé à l’agriculture des oasis.

Même si les humains n’avaient pas de présence permanente dans le tunnel de lave, la structure naturelle fournissait un abri à des personnes et à leurs troupeaux pour des milliers de personnes. Dans l’environnement désertique hostile, la promesse d’une pause loin du soleil, du vent et de la chaleur à Umm Jirsan était probablement très appréciée.
L’étude montre que les tunnels de lave et autres abris naturels constituaient des ressources précieuses pour les communautés vivant dans un environnement difficile et ils constituent une source importante d’informations archéologiques sur l’histoire de l’occupation humaine en Arabie.
Source : Médias d’information internationaux.

Vue du champ volcanique de Harrat Khaybar depuis la Station Spatiale Internationale (Crédit photo : NASA).

Entrée du tunnel de lave d’Umm Jirsan (Crédit photo: Green Arabia Project)

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Archaeological excavations have revealed phases of human occupation of the Umm Jirsan lava tube in Harrat Khaybar, northwest Saudi Arabia, dating from at least the Neolithic to the Chalcolithic/Bronze Age (there 10,000 to 3,500 years ago).

The western half of the Arabian peninsula contains not only large expanses of sand and gravel, but extensive lava fields known as haraat. One such field is the 14,000-square kilometer Harrat Khaybar, located approximately 137 kilometers to the northeast of the city of Medina. It was formed by eruptions along a 100-kilometer long north-south linear vent system over the past 5 million years; the most recent recorded eruption took place between 600 – 700 A.D. The Umm Jirsan lava tube is the longest in the Harrat Khaybar volcanic field.

The research, published online in the journal PLoS ONE, provides a rare glimpse into the lives of ancient peoples in Arabia, revealing repeated phases of human occupation and shedding light on the pastoralist activities that once thrived in this landscape. Thev site likely served as a crucial waypoint along pastoral routes, linking key oases and facilitating cultural exchange and trade.

Rock art and faunal records attest to the pastoralist use of Umm Jirsan and surrounding areas, painting a vivid picture of ancient lifeways. Depictions of cattle, sheep, goat and dogs corroborate the prehistoric livestock practices and herd composition of the region.

An isotopic analysis of animal remains from the lava tube indicates that livestock primarily grazed on wild grasses and shrubs, while humans maintained a diet rich in protein, with a notable increase in the consumption of C3 plants over time, suggesting the emergence of oasis agriculture.

Although humans did not have a permanent presence in the lava tube, the natural structure provided shelter for thousands of people and their herds. In the harsh desert environment, the promise of a break from the sun, wind and heat made Umm Jirsan a perfect prehistoric stop.

The findings shows that lava tubes and other natural shelters were valuable resources for communities surviving in a challenging environment, and with further investigation, they present a key source of archaeological information about the history of human occupation in Arabia.

Source : International news media.

Un lac de lave à la surface de Io, la lune de Jupiter // A lava lake on Io’s surface, Jupiter’s moon

Une nouvelle animation réalisée à partir de données fournies par la sonde spatiale Juno de la NASA montre un impressionnant lac de lave à la surface de Io, l’une de lunes de Jupiter. Juno a s’est approchée à seulement 1 500 kilomètres de la surface de Io en décembre 2023 et janvier 2024. Ces survols ont permis d’observer de plus près la lune de Jupiter qui héberge des centaines de volcans actifs. Selon la NASA, leurs éruptions sont parfois si puissantes qu’elles peuvent être observées avec des télescopes sur Terre.
Les nouvelles images montrent Loki Patera, un lac de lave de 200 km de large à la surface de Io. Les scientifiques l’observent depuis des décennies. Il se trouve au-dessus des réservoirs magmatiques sous la surface de Io. La lave en cours de refroidissement au centre du lac est entourée de magma possiblement en fusion sur les bords.
L’analyse des données révèle que certaines parties de la surface de Io sont aussi lisses que du verre, rappelant ainsi l’obsidienne sur Terre.
Les instruments à bord de Juno montrent que la surface de Io est plus lisse que celle des trois autres lunes de Jupiter (Europe, Ganymède et Callisto). Io est légèrement plus grande que notre Lune et les surfaces qui ne sont pas constituées de lave en fusion sont en grande partie recouvertes de soufre à la belle couleur jaune et de dioxyde de soufre.
Juno continue de survoler Jupiter et collecte des données sur les spectaculaires cyclones au niveau des pôles. Chacun d’eaux est aussi grand que les États-Unis. La sonde spatiale mesure également les niveaux d’oxygène et d’hydrogène dans l’atmosphère de Jupiter. Elle effectuera un 61ème survol de Jupiter le 12 mai 2024.
Source : NASA, Live Science.

Les données fournies par Juno ont permis de créer une animation du relief de « Steeple Mountain » (la montagne clocher) et du lac de lave Loki Patera :
https://youtu.be/GsbEpYNVTFc

Image du lac de lave extraite de l’animation

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A new animation performed with NASA Juno spacecraft data reveals an enormous lava lake on the surface of Jupiter’s moon Io. Juno swept within 1,500 kilometers of the volcanic surface of Io in December 2023 and January 2024. These flybys provided the closest look ever at Jupiter’s moon. Io hosts hundreds of active volcanoes. According to NASA, their eruptions are sometimes so powerful that they can be seen with telescopes on Earth.

The new images show Loki Patera, a 200-km-wide lava lake on Io’s surface. Scientists have been observing this lava lake for decades. It sits over the magma reservoirs under Io’s surface. The cooling lava at the center of the lake is ringed by possibly molten magma around the edges.

Analysis of the data suggests parts of Io’s surface are as smooth as glass, reminiscent of volcanically created obsidian glass on Earth.

Juno‘s instruments have determined that Io’s surface is smoother than the surfaces of Jupiter’s three other Galilean moons (Europa, Ganymede and Callisto). Io is slightly larger than Earth’s moon, and the surfaces that aren’t molten are largely covered with yellow sulfur and sulfur dioxide.

Juno continues to fly over Jupiter, collecting data about its dramatic polar cyclones, each of which is the width of the continental U.S. The mission is also measuring levels of oxygen and hydrogen in Jupiter’s atmosphere. The spacecraft will complete its 61st flyby of Jupiter on May 12th, 2024.

Source : NASA, Live Science.

Juno spacecraft data has been used to create an animation of « Steeple Mountain » and the lava lake Loki Patera :

https://youtu.be/GsbEpYNVTFc

Nouvelle éruption à court terme en Islande ? // New eruption in the short term in Iceland ?

Alors que l’éruption qui a débuté le 16 mars 2024 se poursuit à Sundhnúksgígaröð, le Met Office islandais prévient qu’une nouvelle éruption pourrait commencer très prochainement dans la même zone. C’était l’un des scénarios imaginés par les volcanologues islandais il y a quelques jours.
L’activité sismique sur la péninsule de Reykjanes montre qu’une éruption pourrait se produire à tout moment. Les scientifiques pensent qu’elle interviendra plus ou moins dans le même secteur que les éruptions précédentes.
Un soulèvement du sol est de nouveau observé à Svartsengi depuis début avril, signe évident d’une accumulation de magma sous la surface. Le Met Office explique que la hausse a atteint un niveau tel qu’une éruption est désormais possible à tout moment. Cependant, il est peu probable qu’elle se produise ailleurs sur la péninsule. L’éruption pourrait avoir lieu près de Grindavík ou de Svartsengi.

Image webcam de l’éruption le 21 avril 2024 au matin. Les projections sont moins intenses depuis quelques jours dans la bouche active. Pas sûr que le projet d’ouverture du site aux touristes tienne la route si une nouvelle éruption se déclenche…!

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While the eruption that started on March 16th, 2024 is still going on at Sundhnúksgígaröð, the Icelandic Met Office warns that another eruption might start very soon in the same area. It was one of the scenarios imagned by the Met Office a few days ago.

Seismic activity in Reykjanes is giving every indication that an eruption could occur at any moment. Scientists believe it will go off at roughly the same location as before.

Ground uplift has been again observed at Svartsengi since early April, a typical sign of magma gathering beneath the surface. The Met Office explains that the rising has reached a level where now an eruption is predicted to occur at any moment. However, it is unlikely that it will occur anywhere else but where it already is. As such, it may erupt near Grindavík or Svartsengi.

Où sont passés les avions renifleurs de cendre volcanique ? // Where are the volcanic ash detecting planes ?

En raison de l’éruption du Ruang, l’aéroport Sam Ratulangi de Manado, en Sulawesi du Nord, sera fermé au moins jusqu’au dimanche 21 avril 2024 à 12h00 (heure locale). La prolongation de l’arrêt d’activité a été décrétée pour des raisons de sécurité. Les autorités locales expliquent qu’il serait très dangereux que des cendres volcaniques entrent en contact avec les avions. En conséquence, des dizaines de vols en provenance et à destination de Manado et d’autres aéroports voisins ont dû être annulés en raison de la présence des cendres volcaniques provoquées par l’éruption du Ruang. Actuellement, des panaches de cendres s’élèvent encore du volcan jusqu’à une altitude de 4 500 mètres, ce qui peut potentiellement endommager les moteurs des avions. Afin de minimiser les pertes pour les passagers, les compagnies aériennes rembourseront tous les billets jusqu’à ce que l’aéroport de Manado soit de nouveau opérationnel.
On remarquera que la situation du trafic aérien ne s’est pas améliorée depuis l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande en 2010, événement qui a cloué au sol les avions qui devaient voler dans l’espace européen. À l’époque, certaines compagnies avaient promis d’installer à bord des appareils des équipements permettant de détecter les cendres dans le ciel, mais aucune mesure n’a vraiment été prise. On se souvient que des sacs de cendres de l’Etna ont été déversés au-dessus du Golfe de Gascogne et que des avions ont traversé ces cendres, mais quelques mois plus tard, lorsque le volcan sicilien est véritablement entré en éruption, aucun avion ne s’est aventuré à l’intérieur des nuages de cendres ! En 2014, alors que je voyageais vers l’Alaska depuis Londres à bord d’un Boeing 767 de la British Airways, j’ai aperçu la fumée noire de l’éruption dans l’Holuhraun au-dessus du nord de l’Islande. J’ai demandé à un steward d’informer le pilote de l’événement. Le pilote est venu me voir et m’a dit qu’il n’avait jamais entendu parler de cette éruption et que, de toute façon, il n’y avait pas de système de détection de cendres à bord de l’avion… Je pense que ce n’est pas demain que les compagnies aériennes accepteront de mettre en danger la vie de milliers de passagers dans un texte contexte éruptif. C’est une sage décision quand on se souvient des catastrophes aériennes évitées de justesse lors des éruptions du Galunggung (Indonésie) en 1982 et du Redoubt (Alaska) en 1989. Ces deux incidents sont indirectement responsables des perturbations causées au trafic aérien au printemps 2010 par l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande. En effet, ils ont largement été évoqués pour justifier le principe de précaution et l’annulation de nombreux vols.

Panaches de cendres sur l’Etna (Photo: C. Grandpey)

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Because of the Mt Ruang eruption the Sam Ratulangi Airport in Manado, North Sulawesi, will be closed at least until Sunday at 12:00 p.m. local time. The extension was made considering safety concerns. Local authorities explain that it would be very dangerous if volcanic ash were attached to the aircraft. As a consequence, dozens of flights from and to Manado and other nearby airports had to be canceled due to the spread of volcanic ash from the eruption of Mount Ruang. Currently, ash clouds are still observed at an altitude of 4,500 meters, which has the potential to damage aircraft engines during flight. To minimize the losses for the passengers, the airlines have refunded all tickets until Manado Airport resumes operations.

It should be noticed that the situation of air traffic has not improved since the 2010 eruption of Eyjafjallajökull in Iceland that brought planes to a standstill in the European airspace. At the time, there were promises by some air companies that equipment would be installed aboard the aircraft to detect ash in the sky, but nothing has really happened since that time. One can remember that bags of ash from Mt Etna were poured above the Bay of Biscay with planes flying across it, but a few months later, when the Sicilian volcano really erupted, no plane ventured inside the ash clouds ! In 2014, while travelling to Alaska on board a British Airways Boeing 767, I could see the dark smoke from the Holuhraun eruption over northern Iceland. I asked a steward to inform the pilot about the vent. The pilot came to me and told me he had never heard about the eruption and that there was no ash detection system aboard the plane… I think air companies are not ready to endanger the lives of thousands of passengers during an eruptive period.  It is a wise decision when we remember the air disasters narrowly avoided during the eruptions of Galunggung (Indonesia) in 1982 and Redoubt (Alaska) in 1989. These two incidents are indirectly responsible for the disruptions caused to air traffic in spring 2010 by the eruption of Eyjafjallajökull in Iceland. Indeed, they have been widely cited to justify the precautionary principle and the cancellation of numerous flights.