Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Une puissante éruption s’est produite dans le cratère Laki-laki du Lewotobi (Indonésie) le 18 avril 2025, avec un panache de cendres qui est monté jusqu’à environ 9 km d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne est passée de l’Orange au Rouge. Il est conseillé à la population et aux visiteurs d’éviter toute activité dans un rayon de 6 km autour du sommet du volcan.
Le Lewotobi a montré une activité continue ces derniers mois, avec un épisode éruptif le 20 mars qui a projeté des panaches de cendres jusqu’à 16 km d’altitude.
Source : CVGHM.

 

Image de l’éruption du 18 mai 2025

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Une forte éruption s’est produite sur le Sheveluch (Kamchatka, Russie) le 16 mai 2025, avec un panache de cendres qui s’est élevé jusqu’à 12,2 km au-dessus du niveau de la mer. L’activité extrusive-effusive du « Jeune Sheveluch » et l’éruption extrusive du dôme de lave « 300 ans RAS » se poursuivent. La croissance des dômes de lave s’accompagne d’importantes émissions de gaz et de vapeur. La couleur de l’alerte aérienne reste Orange et est maintenue à ce niveau depuis décembre 2006.

La couleur de l’alerte aérienne reste également Orange sur le Karymsky. Elle est maintenue au Jaune sur le Bezymianny et le Klyuchevskoy.
Source : KVERT.

Activité extrusive-effusive sur le « Jeune Sheveluch » (Crédit photo: KVERT)

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Une lueur orange est visible au niveau des deux bouches éruptives dans le cratère de l’Halema’uma’u du Kilauea (Hawaï), signe que le magma reste proche de la surface. Le 19 mai 2025, les inclinomètres ont enregistré environ 6 microradians d’inflation depuis la fin de l’épisode 22. Dans sa mise à jour du 19 mai, le HVO a écrit : « L’épisode 23 devrait commencer dans les 3 à 5 prochains jours. »

Dernière minute : Dans sa mise à jour du 23 mai à 9h40 (heure locale), le HVO revoit sa prévision et prévoit l’apparition des fontaines de lave de l’Épisode 23 d’ici le 25 mai. En effet, l’inflation sommitale a ralenti.

Image webcam de la bouche éruptive nord

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Le Met Office islandais indique que le soulèvement du sol continue à Svartsengi, signe que le magma continue de s’accumuler dans la région. Si la vitesse de soulèvement continue au même rythme que ces derniers jours, on peut s’attendre à une éruption à l’approche de l’automne islandais. Cependant, des changements dans la vitesse de soulèvement du sol pourraient brouiller les cartes. L’activité sismique près du dyke qui s’est formé le 1er avril 2025 continue de diminuer. La plupart des séismes se sont produits dans la partie sud du dyke, mais leur nombre a régulièrement diminué ces derniers jours. L’activité sismique à Fagradalsfjall a également diminué.

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Le PHIVOLCS indique aujourd’hui que la brève éruption du Kanlaon (Philippines), le 13 mai 2025, a consisté en deux émissions successives de matériaux incandescents, avec un panache de cendres qui s’est élevé jusqu’à 8 km au-dessus du cratère. On a également observé des coulées pyroclastiques qui ont parfois dévalé le flanc sud du volcan sur 2 km. Les retombées de cendres ont affecté 51 communautés. Les émissions de SO2 ont atteint en moyenne 5 241 tonnes par jour.
L’activité s’est poursuivie les jours suivants. Le réseau sismique a enregistré 2 à 16 événements quotidiens. Le niveau d’alerte reste à 3 sur une échelle de 0 à 5.

Crédit photo: PHIVOLCS

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L’activité éruptive se poursuit dans le cratère Minamidake du Sakurajima (Japon). Des panaches de cendres s’élèvent encore jusqu’à 3 km au-dessus du sommet. De gros blocs sont parfois éjectés jusqu’à 1,2 km de la bouche éruptive. Les données de déformation ont montré une période de déflation après les explosions du 15 mai 2025, suivie d’une reprise de l’inflation accompagnée de nombreux événements éruptifs. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5).
Source : JMA.

Séquence éruptive sur le Sakurajima (Crédit photo: JMA)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

A powerful eruption occurred at Lewotobi Laki-laki (Indonesia) on April 18, 2025, with an ash plume up to about 9 km above sea level. The Aviation Color Code was raised from Orange to Red. Residents and visitors are advised to avoid activities within a 6 km radius of the volcano’s summit.

The volcano has been exhibiting continuous activity in recent months, with an event on March 20 which sent ash plumes up to 16 km above sea level.

Source : CVGHM.

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A strong eruption occurred at Sheveluch (Kamchatka, Russia) on May 16, 2025, with an ash plume of ash that rose up to 12.2 km above sea level. Extrusive-effusive activity at the ‘Young Sheveluch’ volcano and extrusive eruption of the ‘300 years RAS’ lava dome continue. The growth of the lava domes is accompanied by vigorous gas-steam emissions. The Aviation Color Code remains at Orange and has been kept at this level since December 2006.

The aviation color code also remains Orange for Karymsky. It is kept at Yellow for Bezymianny and Klyuchevskoy.

Source : KVERT.

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Orange glow is visible from both vents in Kilauea‘s Halema’uma’u Crater (Hawaii), indicating that magma remains close to the surface within the conduits. On May 19th, 2025, tiltmeters recorded approximately 6 microradians of inflationary tilt since the end of episode 22. In its update of May 19th, HVO wrote : « Episode 23 is likely to begin in the next 3-5 days. »

Last minute : In its May 23 update at 9:40 a.m. (local time), HVO revised its forecast and predicted the appearance of Episode 23 lava fountains by May 25. Indeed, summit inflation has slowed in the past hours.

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The Icelandic Met Office indicates that continued uplift is being measured in Svartsengi, indicating ongoing magma accumulation in the area. If the rate of uplift continues at the same rate as recent days, it can be assumed that the likelihood of an eruption will begin to increase as Icelandic autumn approaches. However, changes in the rate of uplift could affect this assessment. Seismic activity near the dike that formed on April 1st 2025 continues to decrease. Most of the earthquakes have occurred at the southern part of the dike, however it has steadily declined in recent days. Seismic activity in Fagradalsfjall has also decreased.

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PHIVOLCS indicates today that the five-minute eruption at Kanlaon (Philippines) on 13 May 2025 consisted of two successive ejections of incandescent material and an ash plume that rose as high as 8 km above the crater, and pyroclastic flows that descended the S flanks as far as 2 km. Ashfall impacted 51 communities. SO2 emissions averaged 5,241 tonnes per day.
Activity continued the next days. The seismic network recorded 2-16 daily events. The Alert Level remains at 3 on a scale of 0-5.

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Eruptive activity continues at Sakurajima‘s Minamidake Crater (Japan). Ash plumes still rise as high has 3 km above the summit. Large blocks are sometimes ejected as far as 1.2 km from the eruptive vent. Deformation data showed a period of deflation after explosions on 15 May 2025, then inflation resumed followed by numerous eruptive events. The Alert Level remains at 3 (on a 5-level scale).

Source : JMA.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Prévision de l’activité éruptive par la couleur de la végétation // Prediction of eruptive activity by vegetation colour

En volcanologie, on sait que la modification des feuilles des arbres peut indiquer qu’un volcan montre des signes d’activité et risque d’entrer en éruption. Grâce à une nouvelle collaboration entre la NASA et la Smithsonian Institution, des scientifiques pensent désormais pouvoir détecter depuis l’espace les changements intervenus dans la végétation.
Lorsque le magma traverse la croûte terrestre, il libère du dioxyde de carbone et d’autres gaz qui remontent eux aussi à la surface. Les arbres qui absorbent ce dioxyde de carbone deviennent plus verts la végétation devient plus luxuriante. Ces changements sont visibles sur les images des satellites de la NASA, comme le Landsat 8, ainsi que sur celles des instruments à bord des vaisseaux spatiaux.
Dix pour cent de la population mondiale vit dans des zones exposées aux risques volcaniques. Il est impossible de prévoir les éruptions volcaniques. Il est donc essentiel de prendre en compte les premiers signes d’activité volcanique dans l’intérêt de la sécurité publique, en particulier aux États-Unis qui sont l’un des pays les plus volcaniques au monde.
Lorsque le magma remonte vers la surface avant une éruption, il libère des gaz, notamment du dioxyde de carbone (CO2) et du dioxyde de soufre (SO2). Les composés soufrés sont facilement détectables depuis l’espace. Cependant, les émissions de CO2 – qui précèdent celles de SO2 – et indiquent qu’un volcan est prêt à se réveiller, sont difficiles à détecter depuis l’espace.
La détection à distance du verdissement de la végétation par le dioxyde de carbone est susceptible d’offrir aux scientifiques un outil supplémentaire – en complément de la sismicité et du gonflement du sol – pour se faire une idée de ce qui se passe sous le volcan.
Les volcans émettent beaucoup de dioxyde de carbone, mais la quantité de CO2 déjà présente dans l’atmosphère est telle qu’il est souvent difficile de mesurer précisément celle d’origine volcanique. Si les éruptions majeures peuvent expulser suffisamment de dioxyde de carbone pour être mesurables depuis l’espace grâce à des capteurs comme l’Orbiting Carbon Observatory 2 de la NASA, la détection de ces signaux d’alerte pré-éruptive, beaucoup plus faibles, reste difficile.
De ce fait, les scientifiques doivent se rendre sur le terrain pour mesurer directement le dioxyde de carbone. Parmi les quelque 1 350 volcans potentiellement actifs dans le monde, beaucoup se trouvent dans des régions reculées ou sur des terrains montagneux difficiles d’accès. La surveillance du dioxyde de carbone sur ces sites est donc difficile, coûteuse et parfois dangereuse. C’est pourquoi des équipes de volcanologues se sont associées à des botanistes et à des climatologues pour observer les arbres afin de surveiller l’activité volcanique. De nombreux satellites peuvent être utilisés pour effectuer ce type d’analyse. Les scientifiques ont comparé les images recueillies par le Landsat 8, le satellite Terra de la NASA, le Sentinel-2 de l’Agence spatiale européenne et d’autres satellites d’observation de la Terre pour surveiller les arbres autour de l’Etna en Sicile. Les observations ont montré une forte corrélation entre la couleur des feuilles des arbres et le dioxyde de carbone généré par le magma.
La validation de l’imagerie satellitaire par les observations sur le terrain est un défi que certains climatologues relèvent en effectuant des relevés d’arbres autour des volcans. Lors de la mission Airborne Validation Unified Experiment: Land to Ocean de mars 2025 avec la NASA et la Smithsonian Institution, les scientifiques ont utilisé un spectromètre installé sur un avion pour analyser les couleurs de la végétation au Panama et au Costa Rica. Un groupe de chercheurs a collecté des échantillons de feuilles d’arbres près du volcan Rincon de la Vieja au Costa Rica tout en mesurant les niveaux de dioxyde de carbone. Ces travaux ont permis une interaction entre écologie et volcanologie. Les chercheurs s’intéressent non seulement à la réaction des arbres au dioxyde de carbone volcanique, un signe avant-coureur d’une éruption, mais aussi à la quantité que les arbres sont capables d’absorber, ce qui est une fenêtre sur l’avenir de la Terre lorsque tous les arbres de la planète seront exposés à des niveaux élevés de dioxyde de carbone.
Toutefois, l’utilisation des arbres comme indicateurs du dioxyde de carbone volcanique présente des limites. De nombreux volcans présentent des environnements où les arbres ne sont pas en nombre suffisant pour être photographiés par satellite. Dans certains environnements forestiers, les arbres réagissent différemment aux variations des niveaux de dioxyde de carbone. De plus, les incendies, les conditions météorologiques changeantes et les maladies des plantes peuvent compliquer l’interprétation des données satellitaires sur les gaz volcaniques.
Cependant, les observations du dioxyde de carbone d’origine volcanique présentent de nombreux avantages. Une équipe scientifique a modernisé le réseau de surveillance du volcan Mayon, aux Philippines, en y intégrant des capteurs de dioxyde de carbone et de dioxyde de soufre. En décembre 2017, des chercheurs philippins ont utilisé ce système pour détecter les signes d’une éruption imminente et ont conseillé des évacuations de la zone autour du volcan. Plus de 56 000 personnes ont été évacuées en toute sécurité avant le début d’une éruption majeure le 23 janvier 2018. Grâce aux alertes précoces, aucune victime n’a été à déplorer.
On peut donc conclure que l’utilisation des satellites pour surveiller les arbres autour des volcans peut permettre aux scientifiques d’avoir un aperçu plus précoce de l’activité volcanique.
Source : NASA.

Végétation en milieu volcanique en Nouvelle Zélande (Photo : C. Grandpey)

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Scientists know that changing tree leaves can indicate when a nearby volcano is becoming more active and might erupt. In a new collaboration between NASA and the Smithsonian Institution, scientists now believe they can detect these changes from space.

As volcanic magma ascends through the Earth’s crust, it releases carbon dioxide and other gases which rise to the surface. Trees that take up the carbon dioxide become greener and more lush. These changes are visible in images from NASA satellites such as Landsat 8, along with airborne instruments.

Ten percent of the world’s population lives in areas susceptible to volcanic hazards. There’s no way to prevent volcanic eruptions, which makes the early signs of volcanic activity crucial for public safety and the United States is one of the world’s most volcanically active countries.

When magma rises underground before an eruption, it releases gases, including carbon dioxide and sulfur dioxide. The sulfur compounds are readily detectable from orbit. But the volcanic carbon dioxide emissions that precede sulfur dioxide emissions – and provide one of the earliest indications that a volcano is no longer dormant – are difficult to distinguish from space.

The remote detection of carbon dioxide greening of vegetation potentially gives scientists another tool — along with seismic waves and changes in ground height—to get a clear idea of what’s going on underneath the volcano.

Volcanoes emit a lot of carbon dioxide, but thereis so much existing carbon dioxide in the atmosphere that it is often hard to measure the volcanic carbon dioxide specifically. While major eruptions can expel enough carbon dioxide to be measurable from space with sensors like NASA’s Orbiting Carbon Observatory 2, detecting these much fainter advanced warning signals has remained elusive.

Because of this, scientists must trek to volcanoes to measure carbon dioxide directly. However, many of the roughly 1,350 potentially active volcanoes worldwide are in remote locations or challenging mountainous terrain. That makes monitoring carbon dioxide at these sites labor-intensive, expensive, and sometimes dangerous.

This why seceral volcanologists have joined forces with botanists and climate scientists to look at trees to monitor volcanic activity. Plenty of satellites cen be used to do this kind of analysis. Scientists have compared images collected with Landsat 8, NASA’s Terra satellite, ESA’s (European Space Agency) Sentinel-2, and other Earth-observing satellites to monitor trees around Mount Etna in Sicily. They have shown a strong correlation between tree leaf color and magma-generated carbon dioxide.

Confirming accuracy on the ground that validates the satellite imagery is a challenge that some climate scientists are tackling with surveys of trees around volcanoes. During the March 2025 Airborne Validation Unified Experiment: Land to Ocean mission with NASA and the Smithsonian Institution, they deployed a spectrometer on a research plane to analyze the colors of plant life in Panama and Costa Rica. A group of investigators collected leaf samples from trees near the active Rincon de la Vieja volcano in Costa Rica while also measuring carbon dioxide levels. The research is a two-way interdisciplinary intersection between ecology and volcanology. The researchers are interested not only in tree responses to volcanic carbon dioxide as an early warning of eruption, but also in how much the trees are able to take up, as a window into the future of the Earth when all of Earth’s trees are exposed to high levels of carbon dioxide.

Relying on trees as proxies for volcanic carbon dioxide has its limitations. Many volcanoes display environments twith not enough trees for satellites to image. In some forested environments, trees respond differently to changing carbon dioxide levels. Moreover, fires, changing weather conditions, and plant diseases can complicate the interpretation of satellite data on volcanic gases.

However, volcanic carbon dioxide observations show many benefits. A scientific team upgraded the monitoring network at Mayon volcano in the Philippines to include carbon dioxide and sulfur dioxide sensors. In December 2017, government researchers in the Philippines used this system to detect signs of an impending eruption and advocated for mass evacuations of the area around the volcano. Over 56,000 people were safely evacuated before a massive eruption began on January 23, 2018. As a result of the early warnings, there were no casualties.

One can conclude that using satellites to monitor trees around volcanoes may give scientists earlier insights into volcanic activity.

Source : NASA.

Remodelage de la Lune par les volcans // Reshaping of the Moon by volcanoes

Les photos prises par les différentes sondes spatiales montrent que la face visible de la Lune est marquée par d’importants bassins d’impact, tandis que sa face cachée présente des bassins beaucoup moins nombreux et plus petits, avec une croûte nettement plus épaisse. Ce déséquilibre intrigue les scientifiques depuis des décennies. Au fil des ans, les chercheurs ont proposé diverses théories pour expliquer cette asymétrie; elles allaient d’un réchauffement dû aux marées provoqué par l’orbite de la Lune autour de la Terre à une collision géante qui aurait remodelé sa structure interne. Toutefois, aucune preuve claire n’a été apportée quant à un mécanisme capable de justifier une évolution aussi inégale.

Quatre vues hémisphériques de la Lune, obtenues à partir d’images prises par la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA. En haut à gauche : la face visible. En haut à droite : l’hémisphère est. En bas à gauche : la face cachée. En bas à droite : l’hémisphère ouest. (Source : NASA/GSFC/Arizona State University)

Une équipe de scientifiques du Jet Propulsion Laboratory de la NASA a analysé les données de la mission GRAIL et identifié les premiers signes de différences de température au cœur même de la Lune. L’étude, publiée le 14 mai 2025 dans la revue Nature, montre que des éléments producteurs de chaleur dans la croûte lunaire ont maintenu une face de la Lune plus fine et plus chaude que l’autre, même après des milliards d’années.
En 2012, la mission GRAIL de la NASA a utilisé deux sondes spatiales pour cartographier la gravité lunaire avec une précision remarquable. En suivant d’infimes variations de distance entre les deux sondes lors de leur vol autour de la Lune, les chercheurs ont pu détecter de subtiles variations de son attraction gravitationnelle, des différences liées à des structures inégales en profondeur sous la surface lunaire.
En étudiant ces données, les chercheurs ont constaté une différence de 2 à 3 % dans la déformation du manteau lunaire entre ses faces visible et cachée. Des simulations informatiques de la structure lunaire révèlent que cette différence peut être attribuée à un écart de température de 100 à 200 °C entre les hémisphères visible et caché, la face visible étant plus chaude.
Ce contraste est probablement dû à une concentration plus élevée d’éléments radioactifs sur la face visible de la Lune, vestiges d’une activité volcanique datant d’il y a 3 à 4 milliards d’années. En effet, les données de la mission Lunar Prospector de la NASA ont révélé que la face visible de la Lune contient jusqu’à 10 fois plus de thorium que sa face cachée. L’abondance de thorium et d’éléments radioactifs similaires a probablement généré un excès de chaleur, ce qui a provoqué des différences de température de plusieurs centaines de degrés dans le manteau de la face visible au début de l’histoire de la Lune. Cette chaleur a pu créer de vastes poches de roche en fusion contribuant à façonner des formations volcaniques, telles que les maria ou mers lunaires que nous observons aujourd’hui. Les maria sont de vastes plaines basaltiques sombres sur la Lune, formées par la lave en s’écoulant dans d’anciens bassins d’impact. Les auteurs de l’étude pensent que les processus qui ont formé les mers lunaires il y a plusieurs milliards d’années sont toujours présents et actifs aujourd’hui. Des missions comme GRAIL, qui mesurent l’évolution du champ gravitationnel d’une planète lors du déplacement d’une sonde spatiale, permettent aux scientifiques d’obtenir à distance de précieux indices sur les caractéristiques internes des corps planétaires. Comme cette technique ne nécessite pas l’atterrissage d’une sonde spatiale, elle permet de révéler plus facilement les structures internes de planètes comme Mars, Encelade, lune de Saturne, ou Ganymède, lune de Jupiter.
Source : space.com.

À voir sur France 5, dans le cadre de Science Grand Format, un très intéressant documentaire intitulé « De l’autre côté de la Lune« . Il nous montre parfaitement la face cachée de notre voisine, mais aussi les enjeux de la conquête spatiale de la Lune et le Mars.

https://www.france.tv/france-5/science-grand-format/4725331-de-l-autre-cote-de-la-lune.html

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Photos taken by the different spacecraft show that the moon’s nearside is scarred by massive impact basins, while its farside features far fewer and smaller basins, and a significantly thicker crust. This imbalance has puzzled scientists for decades. Over the years, researchers have proposed various theories to explain this asymmetry, ranging from tidal heating caused by the moon’s orbit around Earth to a giant early collision that reshaped its internal structure. But there has been no clear evidence pointing to a mechanism capable of driving such an uneven evolution.

A team of scientists at NASA’s Jet Propulsion Laboratory analyzed data from NASA’s GRAIL mission and identified the first clear signs of temperature differences deep within the moon. The study, published on May 14th, 2025 in the journal Nature, suggests heat-producing elements lingering in the moon’s crust have kept one side of the moon thinner and warmer than the other, even after billions of years.

In 2012, NASA’s GRAIL mission used a pair of spacecraft to map the moon’s gravity with remarkable precision. By tracking tiny shifts in the distance between the two orbiters as they flew around the moon, the researchers were able to detect subtle variations in its gravitational pull, differences linked to uneven structures deep beneath the lunar surface.

Studying this data, the researchers found a 2–3% difference in how the moon’s mantle deforms between its near and far sides. Computer simulations of the moon’s structure suggest this difference can be attributed to a temperature gap of 100-200 degrees Celsius between the nearside and farside hemispheres, with the nearside being warmer.

This contrast has likely been sustained by a higher concentration of radioactive elements on the moon’s nearside, which are remnants of volcanic activity from 3 billion to 4 billion years ago. Indeed, data from NASA’s Lunar Prospector mission revealed the lunar nearside contains up to 10 times more thorium than lunar farside. The abundance of thorium and similar radioactive elements probably generated additional heat, driving temperature differences of several hundred degrees throughout the nearside mantle during the moon’s early history. This heat may have created large pockets of molten rock, helping shape volcanic features, such as the lunar maria we see today. The lunar maria are large, dark, basaltic plains on Earth’s Moon, formed by lava flowing into ancient impact basins. The authors of the study think that the processes which formed the lunar maria several billion years ago are still present and active today.

Missions like GRAIL that measure how a planet’s gravity field changes as a spacecraft orbits allow scientists to gain valuable clues about the internal characteristics of planetary bodies from afar. Because this technique does not require a spacecraft to land on the surface, it can more easily reveal interior structures of worlds like Mars, Saturn’s moon Enceladus, or Jupiter’s moon Ganymede.

Source : space.com.

Kilauea (Hawaï) : Épisode 22 !

16 mai 2025. 18 h30 (heure française) – 6 heures (heure locale) : Comme on pouvait le prévoir au vu de l’activité de spattering dans la bouche éruptive nord du cratère de l’Halema’uma’u, l’épisode 22 de l’éruption du Kilauea a débuté à 5 h 13 (heure locale) le 16 mai 2025. Les fontaines de lave ont atteint des hauteurs maximales de 300 mètres au début de l’épisode.

Elles ont culminé à 200-300 mètres de hauteur vers 6 h, puis ont commencé à osciller autour de 100-150 mètres. Elles alimentent plusieurs coulées de lave.

(Captures écran webcam)

Le tilt sommital avait atteint une inflation d’un peu plus de 7 microradians depuis la fin du dernier épisode. Il est passé rapidement de l’inflation à la déflation au début des fontaines de lave.
Source : HVO.

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7h30 (heure locale) : Un peu plus d’une heure après le début de l’événement, l’intensité des fontaines de lave reste soutenue.

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10 heures (heure locale) : l’épisode éruptif ne faiblit pas. Les fontaines de lave sont toujours aussi spectaculaires, comme le montre cette image panoramique extraite de la webcam. .

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16 mai 2025 – 18h30 (heure locale) – 17 mai 2025 – 6h30 (heure française) : L’Épisode 22 de l’éruption du Kilauea s’est terminé brutalement à 15h29 (heure locale) le 16 mai 2025. La bouche éruptive nord a cessé son activité après 10 heures et 16 minutes de puissantes fontaines de lave. Les coulées émises pendant cet épisode ont recouvert environ 40 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu. Le volume de lave émis est estimé à 3,8 millions de mètres cubes. La fin de l’éruption a coïncidé avec un changement rapide du tilt sommital de la déflation à l’inflation et une diminution de l’intensité du tremor. Un 23ème épisode éruptif est donc probable dans quelques jours.
Source : HVO.

Dernière minute de l’Épisode 22

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May 16, 2025. 6:30 PM (French time) – 6:00 AM (local time) : As could be predicted with the spattering in the north vent within Halema’uma’u Crater, Episode 22 of the Kilauea eruption began at 5:13 a.m. (local time) on May 16, 2025. Fountains from the north vent have reached maximum heights of up to 300 meters. The fountains peaked at 200-300 meters high around 6:00 a.m. and began to oscillate in height around 100-150 meters after this time. They are feeding multiple lava streams.

Inflationary tilt reached just over 7 microradians since the end of the last episode.and switched from inflation to deflation at the start of the fountains.

Source : HVO.

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7:30 a.m. (local time): A little over an hour after the start of the event, the intensity of the lava fountains remains high.

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10 a.m. (local time) : The eruptive episode continues unabated. The lava fountains are still spectacular, as shown in the panoramic image above, taken from the webcam.

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May 16 2025 – 6:30pm (local time) – May 17 2025 – 6:30am (French time) : Episode 22 of the Kilauea eruption ended abruptly at 3:29 p.m.(local time) on May 16 2025. The north vent stopped erupting after 10 hours and 16 minutes of high fountains.  Lava flows from this episode covered about 40% of the floor of Halemaʻumaʻu Crater. The estimated volume of erupted lava is 3.8 million cubic meters. The end of the eruption was coincident with a rapid change from deflation to inflation at the summit and a decrease in seismic tremor intensity.  A23rd eruptive episode is likely in a few days.

Source : HVO.