Le volcan de Mayotte (suite) // The Mayotte volcano (continued)

Au mois de juin 2020, j’indiquais qu’un un très bon documentaire intitulé Mayotte, naissance d’un volcan avait été réalisé sur l’activité sismique et volcanique dans cette île de l’archipel des Comores. Le film montre l’île entre la première crise sismique enregistrée le 10 mai 2018 et la dernière expédition scientifique à bord du Marion Dufresne.

https://la1ere.francetvinfo.fr/mayotte/emissions/mayotte-naissance-volcan

Le Journal de Mayotte nous apprend que la mission MAYOBS 15 vient de s’achever, et les opérations de dragage à 3,5 km sous la mer ont permis de remonter à la surface de nombreux échantillons de magma solidifié (voir photo ci-dessous). La mission a livré ses premières découvertes, notamment à propos des nouvelles coulées de lave aux abords du volcan sous-marin. Les échantillons de lave remontés à la surface seront analysés par le REVOSIMA, le réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte. Ils permettront de mieux comprendre le volcan, sa composition, sa formation et l’origine du magma.

Les scientifiques ont symboliquement remis au Musée de Mayotte (MuMa) plusieurs de ces fragments volcaniques afin de les présenter à l’ensemble de la population. Ils sont les seules preuves matérielles de la naissance de ce volcan encore invisible à l’œil nu.

De nombreux événements organisés par la préfecture et le rectorat ont permis de présenter aux Mahorais l’état des connaissances sur le volcan, dont plusieurs sensibilisations dans les écoles, la rencontre entre les scientifiques et les 160 professeurs de SVT de l’île. Ce fut aussi l’occasion d’organiser le premier colloque scientifique de l’histoire de Mayotte, diffusé en direct sur les réseaux sociaux. Il était prévu de baptiser le volcan sous-marin ; une dizaine de noms ont été proposés, mais aucun consensus ne s’est dégagé et il faudra donc relancer un nouveau processus de consultation…

Source : Le Journal de Mayotte.

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In June 2020, I indicated that a very good documentary entitled Mayotte, naissance d’un volcan, had been made on seismic and volcanic activity in this island in the Comoros archipelago. The film shows the island between the first seismic crisis recorded on May 10th, 2018 and the last scientific expedition aboard the Marion Dufresne.
https://la1ere.francetvinfo.fr/mayotte/emissions/mayotte-naissance-volcan

The Journal de Mayotte tells us that the MAYOBS 15 mission has just ended, and the dredging operations 3.5 km under the sea have brought many samples of solidified magma to the surface (see photo below). The mission delivered its first discoveries, in particular about the new lava flows near the submarine volcano. The samples of lava brought to the surface will be analyzed by REVOSIMA, the volcanological and seismological monitoring network of Mayotte. They will provide a better understanding of the volcano, its composition, its formation and the origin of the magma.
The scientists symbolically handed over several of these volcanic fragments to the Mayotte Museum (MuMa) in order to present them to the general population. They are the only material evidence of the birth of this volcano still invisible to the naked eye.
Numerous events organized by the prefecture and the rectorate made it possible to present to the Mahorais the state of knowledge on the volcano, including several sensitizations in schools, the meeting between scientists and the 160 ES teachers. It was also an opportunity to organize the first scientific conference about the history of Mayotte, with a live broadcast on social networks. It was planned to name the submarine volcano; about ten names were proposed, but no consensus emerged and a new consultation process will therefore have to be relaunched …

Au mois de juin 2020, j’indiquais qu’un un très bon documentaire intitulé Mayotte, naissance d’un volcan avait été réalisé sur l’activité sismique et volcanique dans cette île de l’archipel des Comores. Le film montre l’île entre la première crise sismique enregistrée le 10 mai 2018 et la dernière expédition scientifique à bord du Marion Dufresne.

https://la1ere.francetvinfo.fr/mayotte/emissions/mayotte-naissance-volcan

Echantillon remonté par la dernière mission scientifique

Source: Le Journal de Mayotte.

 

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Dernière minute! Le niveau d’alerte du Merapi (Indonésie) a été élevé de 2 à 3 (sur une échelle de 1 à 4) le 5 novembre 2020 en raison d’une augmentation de la sismicité. La sismicité s’est intensifiée depuis le mois octobre. Bien qu’aucune nouvelle croissance du dôme de lave n’ait été observée depuis le 3 novembre, une extrusion rapide du magma ou une éruption explosive reste possible. C’est la raison pour laquelle les autorités ont décidé de porter le niveau d’alerte à 3. Il est conseillé aux mineurs d’arrêter leurs activités dans les ravines à proximité du volcan. Les touristes sont priés de ne pas gravir la montagne.   :

Source : VSI.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour le Klyuchevskoy, le Karymsky, le Sheveluch et l’Ebeko. Elle reste Jaune pour le Bezymianny.

Source : KVERT.

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Au Guatemala, l’activité est restée stable sur le Fuego, le Pacaya et le Santiaguito.

Sur le Fuego, on observe toujours des explosions accompagnées d’ondes de choc, des avalanches de blocs dans plusieurs ravines et des retombées de cendres dans les zones sous le vent.

Il est fait état d’explosions sur le cône Mackenney du Pacaya ainsi que des coulées de lave sur les flancs NE et SO du volcan.

Les extrusions de lave produisent des effondrements sur le Santiaguito, avec de petites coulées pyroclastiques.

Source : INSIVUMEH.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Sinabung avec son cortège d’explosions, coulées pyroclastiques et retombées de cendre. Le niveau d’alerte reste à 3 sur une échelle de 4. Des zones d’exclusion de 3 km et 5m de rayon restent en place autour du volcan.

Source : CVGHM.

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On continue à enregistrer une faible sismicité sur le Korovin (Aléoutiennes / Alaska), mais il n’y a aucun signe d’une activité volcanique. L’AVO a fait passer à la couleur Jaune l’alerte aérienne et à Advisory (Vigilance conseillée) le niveau d’alerte volcanique le 28 octobre 2020. La dernière éruption du Korovin a eu lieu en 2007  L’événement éruptif le plus significatif a été observé en 1998 avec un VEI de 3.

Source : AVO.

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Avec le réchauffement climatique, le Vieux Fidèle (Parc National de Yellowstone) pourrait s’essouffler et même arrêter de fonctionner car les épisodes de sécheresse deviennent de plus en plus sévères. C’est la conclusion d’une étude publiée dans les Geophysical Research Letters.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/11/03/le-vieux-fidele-pas-eternel-will-old-faithful-stop-erupting-some-day/

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Dans son dernier bulletin couvrant le mois d’octobre 2020, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) fait état de la poursuite de la sismicité sous la zone sommitale et de l’inflation de l’édifice volcanique suite à l’intrusion du 28-29 septembre. Les flux élevés de CO2 dans le sol confirment la poursuite de la pressurisation du réservoir magmatique superficiel et sa réalimentation par du magma profond tout au long du mois d’octobre 2020.

Suite à l’intrusion magmatique du 28-29 septembre 2020, la sismicité a persisté en octobre 2020, à la fois sous le sommet et sous le flanc Est. L’activité sismique sommitale superficielle, après une augmentation entre le 10 et le 16 octobre, est restée présente jusqu’à la fin du mois avec une moyenne de 4 événements par jour, même si une diminution a été observée sur les 4 derniers jours du mois.

Suite à l’intrusion magmatique du 28-29 septembre, une inflation de l’édifice a été de nouveau observée tout au long du mois d’octobre 2020. Ainsi, il a été mesuré une élongation d’environ 4,4 cm de la zone sommitale et une élongation d’environ 5,8 cm de la base du cône sommital.

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Here is some news of volcanic activity around the world :

Latest ! The alert level of Merapi (Indonesia) was raised from 2 to 3 (on a scale of 1 – 4) on November 5th, 2020 due to an increase in seismicity. Seismicity has intensified since October.

Although no new lava dome growth has been observed since November 3rd, a rapid extrusion of magma or an explosive eruption is possible.

This is the reason why authorities have decided to raise the alert level to 3. Miners are advised to stop activities in the river channels nearby. Tourists are asked not to climb the mountain.

Source : VSI.

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In Kamchatka, the aviation colour code remains Orange for Klyuchevskoy, Karymsky, Sheveluch and Ebeko. It remains Yellow for Bezymianny.

Source: KVERT.

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In Guatemala, activity remained stable on Fuego, Pacaya and Santiaguito.

On the Fuego, there are still explosions accompanied by shock waves, block avalanches in several drainages, and ashfall in downwind areas.

Explosions are reported on Pacaya’s Mackenney cone, as well as lava flows on the NE and SW flanks of the volcano.

Lava extrusions produce collapses on Santiaguito, with small pyroclastic flows.

Source: INSIVUMEH.

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Eruptive activity continues on Sinabung with explosions, pyroclastic flows and ashfall. The alert level remains at 3 on a scale of 4. Exclusion zones of 3 km and 5 km remain in place around the volcano.

Source: CVGHM.

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Low-level seismicity continues at Korovin Volcano (Aleutians / Alaska) with no other signs of volcanic activity. AVO raised the Aviation Colour Code and the Alert Level to Yellow and Advisory, respectively, on October 28th, 2020. The last eruption at this volcano took place in 2007. Its strongest known eruption took place in 1998, with a VEI 3.

Source : AVO.

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With climate change, the Old Faithful (Yellowstone National Park) could erupt less frequently, or entirely stop erupting, as severe drought conditions become more prolonged and widespread. This is the conclusion of a study published in Geophysical Research Letters.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/11/03/le-vieux-fidele-pas-eternel-will-old-faithful-stop-erupting-some-day/

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 In its latest report for the month of October 2020, the Volcanological Observatory of Piton de la Fournaise (Reunion Island) indicates that seismicity is going on bebeath the summit area and the inflation of the volcanic edifice continued after the intrusion of September 28-29. The high fluxes of CO2 in the soil confirm the continued pressurization of the shallow magma reservoir and its recharge by deep magma throughout the month of October 2020.
Following the magma intrusion of September 28-29, 2020, seismicity persisted in October 2020, both beneath the summit and under the eastern flank. The shallow summit seismic activity, after an increase between October 10th and October 16th, was still recorded until the end of the month with an average of 4 events per day, although a decrease was observed over the last 4 days of the month.
Following the magma intrusion of September 28-29, an inflation of the edifice was again observed throughout the month of October 2020. Thus, an elongation of about 4.4 cm of the summit area and an elongation of about 5.8 cm. of the base of the summit cone were measured by the instruments.

Coulée de lave sur le Klyuchevskoy le 23 octobre 2020 (Crédit photo : KVERT)

Le Vieux Fidèle pas éternel? // Will Old Faithful stop erupting some day?

Les touristes qui visitent le Parc National de Yellowstone ne sauraient manquer les éruptions du Vieux Fidèle, le vénérable « Old Faithful ». Le geyser se manifeste si régulièrement que ses éruptions peuvent être prédites et leurs horaires sont indiqués dans le lodge principal du Parc. Elles se produisent à des intervalles allant, en moyenne, de 90 à 94 minutes. Cependant, les scientifiques préviennent que ce geyser pourrait cesser son activité dans les années à venir.
Une étude publiée dans les Geophysical Research Letters indique que le Vieux Fidèle pourrait entrer en éruption moins fréquemment, ou s’arrêter définitivement, si les conditions actuelles de forte sécheresse se prolongent et se généralisent.

Les chercheurs ont découvert que des arbres poussaient pendant les années 1233-1362 au sommet du monticule où se manifeste le geyser. Il s’agit d’une découverte importante car les arbres ne peuvent pas survivre aux eaux chaudes et hautement alcalines expulsées par les geysers. Pour que des arbres poussent dans un tel lieu, il a fallu qu’un événement empêche le Vieux Fidèle d’entrer en éruption pendant plusieurs décennies.
Les geysers ont besoin d’une bonne alimentation en eau et ne se trouvent que dans les zones d’activité volcanique soutenue où le magma joue le rôle de source de chaleur. Après avoir analysé les composants dissous dans l’eau éjectée par le geyser, les scientifiques ont exclu un changement dans l’activité volcanique pour expliquer le sommeil du geyser il y a 800 ans. De la même façon, l’activité sismique a été laissée de côté car il n’y a pas eu de grands tremblements de terre à Yellowstone entre 800 et 1300.
Le seul facteur qui puisse expliquer l’inactivité du Vieux Fidèle et à la croissance des arbres qui l’a accompagnée est la grande sécheresse observée à la fin de l’anomalie climatique médiévale, lorsque des températures anormalement élevées ont persisté en Amérique du Nord entre 900 à 1300 environ.
De petites particules de bois remontant à la période 1233-1362 et appartenant à ce qui était autrefois des souches et des racines d’arbres ont été trouvées dans le monticule où se manifeste le Vieux Fidèle. La taille des fragments de bois était de 2 cm ou plus et les tiges prélevées étaient en grande partie intactes et pouvaient atteindre 2 mètres de long. Il s’est écoulé un laps de temps d’environ 81 ans entre les échantillons les plus anciens et les plus jeunes du même arbre. L’étude indique qu’il s’agit de la durée pendant laquelle les températures chaudes et sèches ont eu un impact sur la croissance des arbres et l’alimentation en eau du geyser.
Les archives scientifiques indiquent que les arbres du monticule du Vieux Fidèle sont morts au milieu des années 1300 en raison d’un événement pluvieux important, qui, selon les chercheurs, a augmenté les niveaux d’eau dans la région et a permis aux éruptions du geyser de reprendre.
Les archives du Vieux Fidèle remontent à près de 150 ans, date à laquelle Yellowstone est devenu le premier parc national des États-Unis en 1872. Les chercheurs expliquent qu’il s’écoulait 60 à 65 minutes entre les éruptions du geyser dans les années 1950. Cet intervalle de temps est ensuite passé à 90 – 94 minutes depuis 2001. Une fois encore, ces changements dans le rythme éruptif du geyser sont liés aux conditions de sécheresse qui ont persisté dans cette partie des États-Unis jusqu’en 2010.
Les modèles climatiques prévoient une augmentation des conditions de sécheresse intense dans la région de Yellowstone ainsi que de grands incendies de forêt d’ici 2050, en partie en raison de la hausse des températures qui devrait atteindre près de 3°C. Cela entraînera par ailleurs une modification majeure des écosystèmes de Yellowstone».
Dans la conclusion de leur étude, les chercheurs expliquent que le tourisme dans le Parc National de Yellowstone pourrait être affecté si les éruptions du Vieux Fidèle et des autres geysers deviennent moins fréquentes. En raison des récentes périodes de sécheresse et de le réduction de l’alimentation en eau, il convient de noter que les couleurs des Mammoth Hot Springs ont considérablement changé.
Source: Yahoo News.
Vous pourrez voir les éruptions du Vieux Fidèle en direct en cliquant sur ce lien:
https://www.nps.gov/yell/learn/photosmultimedia/webcams.htm

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The tourists who visit Yellowstone National Park would never miss the eruptions of Old Faithful. Yhe geyser comes to lfe so regularly that its eruptions can be predicted ansd are indicated in the park’s main lodge. The eruptions occur at typical intervals of 90 to 94 minutes. However, scientists warn that this geyser might stop erupting in the coming years.

A study published in Geophysical Research Letters states that Old Faithful could erupt less frequently, or entirely stop erupting, as severe drought conditions become more prolonged and widespread.

The researchers discovered that trees grew on top of the geyser mound during the years 1233-1362, which was a peculiar finding since trees cannot survive the hot and highly alkaline waters that geysers release. They figured that for this to happen, something must have stopped Old Faithful from erupting for several decades.

Geysers require an abundant water supply and are only found in areas with active volcanic activity because the magma acts as a source of heat. While changes in volcanic activity might seem like a probable explanation for Old Faithful’s inactivity 800 years ago, the researchers ruled this out after studying dissolved components in the geyser’s erupted water.

Earthquakes were also ruled out as a potential contributor to the frequency of the geyser’s eruptions due to the lack of large earthquakes that occurred between 800-1300.

The only factor that was correlated with Old Faithful’s inactivity and the tree growth on the geyser mound was a severe drought at the end of the Medieval Climate Anomaly, which was when abnormally warm temperatures persisted in North America from approximately 900 to 1300.

Small particles of wood that were once tree stumps and roots were found in the Old Faithful geyser mound, which date back to 1233-1362. The size of the wood fragments were 2 cm or larger and stems that were largely intact stretched over 2 metres in length. There were roughly 81 years between the oldest and youngest samples from the same tree, which the study says indicates the length of time the hot, dry temperatures impacted tree growth and the geyser’s water supply.

Records indicated that trees on the Old Faithful mound died in the mid-1300s due to a significant rainfall event, which the researchers said increased water levels in the region and allowed the geyser’s eruptions to resume.

Old Faithful’s records date back nearly 150 years to the date that Yellowstone became the United State’s first National Park in 1872. The researchers say that 60-65 minutes used to pass between Old Faithful’s eruptions in the 1950s, which then increased to 90-94 minutes since 2001. These changes in the geyser’s eruptions were once again linked to the drought conditions that were persistent in this part of the U.S. until 2010.

Climate models project an increase in severe drought conditions in the Yellowstone area as well as large wildfires by 2050, partly due to temperatures increasing by nearly 3°C, which will lead to “a major transportation of Yellowstone’s ecosystems.”

The researchers conclude that tourism at Yellowstone National Park could be impacted if the eruptions of Old Faithful and other geysers become less frequent. Due to the recent droughts and the reduced water supply, it should be noted that the colours of Mammoth Hot Springs have changed considerably.

Source: Yahoo News.

The eruptions of Old Faithful can be seen live by clicking on this link:

https://www.nps.gov/yell/learn/photosmultimedia/webcams.htm

Eruption du Vieux Fidèle (Photo : C. Grandpey)

Les Mammoth Hot Springs en 2002 et en 2015, avec modification de la couleur du travertin suite à la réduction d’alimentation en eau. (Photos : C. Grandpey).

Photos old f, mamm

webcam

La datation au Carbone 14 à Hawaii // Radiocarbon dating in Hawaii

Afin d’étudier et d’essayer de prévoir le comportement d’un volcan, les géologues analysent en général les dépôts laissés par les éruptions du passé et déterminent l’âge de ces dépôts. Cette datation se fait par le carbone14 (14C), ou radiocarbone.
Les âges déterminés par la datation au carbone 14 sont exprimés en «années BP» (avant le présent). Le présent est l’année 1950 car après cette date, les essais nucléaires ont contaminé l’atmosphère avec un excès de carbone 14 (voir courbes ci-desssous).
La datation au carbone 14 a été initiée à Hawaï par Meyer Rubin, décédé en mai 2020, victime du COVID-19. Rubin a étudié à l’Université de Chicago en compagnie du prix Nobel Willard Libbey.
Meyer Rubin a commencé à travailler pour l’US Geological Survey (USGS) à Washington, D.C. où il a collaboré avec Hans Suess pour affiner la datation au carbone 14. Il a contribué à introduire cette technique à Hawaï et à la rendre accessible aux géologues.
Les premiers échantillons de carbone 14 utilisés pour dater les coulées de lave à Hawaï ont été collectés en 1955 et datés de 1958. Ils ont été découverts accidentellement à Hilo, quand un bulldozer a dégagé de la terre révélant des matières végétales carbonisées. Le premier échantillon provenait d’un ohi’a , une espèce d’arbre endémique à Hawaii et souvent associée à la déesse Pélé. L’échantillon avait un âge de 2 000 ± 250 ans BP. Le deuxième échantillon était un hapu’u, une espèce de fougère répandue à Hawaii. La datation a révélé un âge de 2070 ± 250 BP. Ces datations étaient cohérentes et proposaient un âge fiable des coulées de lave.
Un autre échantillon a été recueilli en 1959, à Wai’ohinu, dans la partie sud-est de l’île d’Hawaï. Il a été prélevé dans un cimetière, au cours du creusement d’une tombe. Un ouvrier a perforé une coulée de pahoehoe et a trouvé du charbon de bois. L’échantillon avait un âge de 3740 ± 250 ans B.P.
Ce n’est cependant qu’au début des années 1970 qu’une analyse systématique et méthodique du charbon de bois a commencé à Hawaii. Ce travail a été effectué par Jack Lockwood et Peter Lipman. Dans un article publié en 1980, les auteurs ont déclaré: «Après une vaste observation sur le terrain des contacts basaux préhistoriques et historiques des coulées de lave, nous avons effectué un travail de repérage sur le terrain pour détecter les zones de présence du charbon de bois et nous sommes maintenant en mesure de trouver du bois carbonisé sous la plupart des coulées de lave hawaïennes dans les zones de végétation.»
Avant 1974, seulement 11 coulées de lave du Mauna Loa et du Kilauea avaient été datées par la méthode du carbone 14. Très vite, avec de nouvelles connaissances sur la formation du charbon de bois, les géologues ont commencé à en prélever pour découvrir les secrets de la déesse Pélé. Jusqu’à présent, sur l’île d’Hawaï, les géologues du HVO ont recueilli plus de 1500 échantillons de charbon de bois et ont pu effectuer plus de 1000 datations au radiocarbone. Environ la moitié de ces échantillons proviennent du Mauna Loa.
Voici comment s’opère la datation au radiocarbone. La plus grande partie du carbone n’est pas radioactive, mais un isotope, le  14C, est radioactif et a une demi-vie de 5 700 ans. Le 14C est produit par décomposition radioactive de l’azote et est facilement utilisé par les plantes pour fabriquer des tissus, des fibres et du bois.
La quantité de 14C dans la plante diminue continuellement par désintégration radioactive, de sorte qu’après 5 700 ans, la quantité de 14C est de 50% de la quantité d’origine, lorsqu’elle est incorporée dans le tissu végétal. Après 5 700 autres années, la concentration chute à 25% de sa valeur initiale. Les scientifiques utilisent cette décomposition pour donner un âge au charbon de bois. Les techniques relativement nouvelles, comme le spectromètre de masse par accélérateur, peuvent théoriquement fournir des datations comprises entre 80 et 100 000 ans.
En réalité, la datation au carbone 14 est fiable jusqu’à environ 50 000 ans BP. Le carbone 14 a permis d’évaluer l’histoire géologique de l’île d’Hawaï. Grâce au regretté Meyer Rubin, à Jack Lockwood et à Peter Lipman, l’utilisation de la datation au carbone 14 a révolutionné la capacité des géologues à déterminer avec précision la date et fréquence des éruptions, et donc à découvrir la périodicité des dangers et évaluer les risques.
En permettant la datation des coulées de lave, le carbone 14 a été une véritable pierre de Rosette* pour comprendre l’histoire des volcans d’Hawaï!
Source: HVO / USGS.

* La pierre de Rosette est un fragment de stèle sur laquelle sont gravées trois écritures différentes d’un même texte et dans deux langues. Ce texte connut plusieurs tentatives de traduction avant que Champollion ne parvienne à déchiffrer les hiéroglyphes et à traduire intégralement les inscriptions.

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In order to study and try to forecast how a volcano will behave, geologists usyally analyse the deposits from past eruptions and determine the ages of those deposits. Radiocarbon dating is the principal tool of use.

Radiocarbon ages are expressed in “years BP” (Before Present). The present is the year 1950 because after that date nuclear weapons testing has contaminated the atmosphere with excess Carbon-14 ( 14C) [see graphs below]..

Radiocarbon dating was initiated in Hawaii by Meyer Rubin who died in May 2020, a victim of COVID-19. Rubin worked as a student at the University of Chicago with Nobel Prize winner Willard Libbey.

Meyer Rubin began his work with the US Geological Survey (USGS) in Washington, D.C., working with Hans Suess to refine radiocarbon dating. Meyer Rubin was instrumental in bringing radiocarbon dating to Hawaii and making this technique accessible to geologists.

The first radiocarbon samples used to date flows in Hawaii were collected in 1955 and dated in 1958. The samples were accidental finds, from Hilo, after a bulldozer cleared some land revealing carbonized plant materials. The first sample was from an ohi’a tree and yielded an age of 2,000 ± 250 years BP. A second sample, from hapu’u, gave an age of 2,070 ± 250 BP. These ages were internally consistent and yielded a reliable age of the flow.

Another sample was collected in 1959, in Wai’ohinu, on the southeast portion of the Island of Hawaii. The sample was collected in a churchyard, during the course of digging a grave, a worker broke through a pahoehoe flow and found charcoal. The sample provided an age of 3,740 ± 250 y B.P.

It was not until the early 1970s, however, that a systematic and methodical approach to charcoal recovery in Hawaii commenced. This effort was spearheaded by Jack Lockwood and Peter Lipman. In a paper published in 1980, the authors stated, “After extensive field observation of prehistoric and historic lava-flow basal contacts, we gradually developed field guidelines to predict areas of charcoal preservation and can now find carbonized wood under most Hawaiian lava flows that extend into vegetated areas.”

Prior to 1974, only 11 lava flows from Mauna Loa and Kilauea had been dated by the radiocarbon method. Soon, with new understandings of how charcoal is formed, geologists began to collect charcoal in earnest to uncover the secrets of Pele. So far, on the Island of Hawaii, HVO geologists have gathered over 1,500 charcoal samples and obtained more than 1,000 radiocarbon ages. About half of the dated material is from Mauna Loa.

Here is how radiocarbon dating works. Most carbon is not radioactive, but one isotope, 14C, is radioactive and has a half-life of 5,700 years. 14C  is produced by radioactive decay of nitrogen and is readily utilized by plants to build tissue, fiber, and wood.

The quantity of 14C  in the plant continuously diminishes through radioactive decay, so that after 5,700 years the amount of 14C is 50% of the amount when incorporated into plant tissue. After another 5,700 years, the concentration is down to 25% of its initial amount. Scientists use this decay to get an age from charcoal. The relatively new accelerator mass spectrometer techniques can theoretically provide ages between 80 and 100,000 years.

Realistically, radiocarbon dating is good to about 50,000 years BP. It has allowed to evaluate the geologic history of the Island of Hawaii. Thanks to the late Meyer Rubin, Jack Lockwood, and Peter Lipman, the use of radiocarbon dating has revolutionized grologists’ ability to firmly establish eruption frequency, unearth the periodicity of hazards, and assess risk.

One can say that for dating young lava flows, radiocarbon dating has proven to be a Rosetta Stone* for understanding the histories of Hawaii’s volcanoes!

Source : HVO / USGS.

*The Rosetta Stone is a fragment of a stele on which are engraved three different writings of the same text and in two languages. This text saw several attempts at translation before Champollion succeeded in deciphering the hieroglyphs and translating the inscriptions in full.

Influence des essais nucléaires atmosphériques (1950-1970 pour l’essentiel) sur la concentration atmosphérique en 14C.