Vers la fin de l’éruption islandaise? // Is the Icelandic eruption coming to an end?

Comme je l’ai écrit précédemment, le tremor de l’éruption de Fagradalsfjall sur la Péninsule de Reykjanes présente un comportement très irrégulier. Selon les volcanologues islandais, cela pourrait être le signe que l’éruption « entre dans sa phase finale ». Le débit éruptif a diminué au cours des trois dernières semaines, indiquant une baisse de la pression magmatique.

Les mesures effectuées par l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande ont révélé qu’entre le 2 et le 19 juillet 2021, le débit moyen était d’environ 7,5 mètres cubes par seconde, contre un peu plus de 10 mètres cubes au cours de la période entre le 26 juin et le 2 juillet. Depuis la fin juin, l’émission de lave est sporadique et le débit moyen est actuellement d’environ 60 à 65 % de ce qu’il était en mai et juin. Le 26 juillet, lors de l’une des rares éclaircies, la webcam montrait que la lave continuait à s’agiter dans le cratère.

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Depuis le début de l’éruption le 19 mars 2021, quelque 96 millions de mètres cubes de lave ont recouvert le paysage environnant, avec un champ de lave dont la superficie est estimée à environ quatre kilomètres carrés.

Début juillet, la lave ne coulait plus dans la vallée de Nátthagi, de sorte qu’elle n’était plus une menace pour le câble à fibre optique et la route côtière. Cependant, certains points de la coulée étaient encore très chauds et émettaient des gaz.

Alors que la coulée côté sud était inactive, la lave coulait vers le nord. En partant de Nátthagi, il faut atteindre et grimper la colline Langihryggur d’où l’on est censé avoir une belle vue sur le cratère actif. Cependant, au cours des derniers jours, la colline était constamment dans les nuages ​​et il était rarement possible d’entrevoir le cratère. Depuis le sommet de la colline où se trouve la webcam, il faut marcher encore 45 minutes pour atteindre les coulées de lave actives. Cela signifie un aller-retour d’une dizaine de kilomètres.

Il est bon de rappeler que depuis le 26 juillet 2021 les tests PCR ont fait leur retour dans l’aéroport de Keflavik, même pour les visiteurs qui ont été vaccinés. 

Source : Iceland Monitor

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As I put it before, the eruptive tremor of the Fagradalsfjall eruption is behaving in an irregular way. According to Icelandic volcanologists, this might be the sign the the eruption is « entering its final stages ». The flow of lava has been decreasing for the past three weeks, indicating a fall in magna pressure.

The measurements performed by the Institute of Earth Sciences at the University of Iceland have revealed that between July 2nd and July19th, 2021 the average flow of lava at Fagradalsfjall was around 7.5 cubic metres per second compared to just over 10 cubic metres in the period from June 26th to July 2nd. Since late June the lava flow has been sporadic, and the average flow rate is now around 60-65% of what is was in May and June.

Since the eruption started on March 19th, some 96 million cubic metres of lava have covered the surrounding landscape, with a surface are of approximately four square kilometres.

In early July, lava was no loger flowing in the Nátthagi valley, so that it was no longer a thrteat to the optic fibre cable and the coastal road. However, some spots in the lava flow were still quite hot and emitting gases.

While the southern flow was inactive, lava was flowing to the north. From Nátthagi it is possible to walke up to a hill called Langihryggur where hikers get view over the crater opening. However, during the past days, the hill was constantly in the clouds and it was rarely possible to see the crater. From the top of the hill, you need walk another 45 minutes to reach the active lava flows. This means a return trip of about 10 kilometres.

It is worth remembering that since July 26th, 2021 PCR tests returned to Keflavik airport, even for visitors who have been fully vaccinated

Source : Iceland Monitor.

Vues de la coulée de lave dans la vallée de Nátthagi (Photos : C. Grandpey)

Eruption du Nyiragongo (RDC) : la situation humanitaire reste fragile // Nyiragongo eruption (DRC) : the humanitarian situation remains fragile

Vers 16 heures le 22 mai 2021, les habitants de Goma ont vu des villageois accompagnés de leurs enfants arriver en courant des environs du Nyiragongo, avec des matelas sur la tête et de gros sacs contenant leurs affaires. Ces villageois ont expliqué qu’il y avait le feu dans la forêt et qu’il se rapprochait très vite. Vers 17 heures, une forte lueur est apparue dans le ciel et la population a entendu des explosions. Vers 18 heures, tout le monde s’est rendu compte qu’il s’agissait d’une éruption du Nyiragongo. Vers 3 heures du matin, la lave s’est arrêtée à une centaine de mètres de la porte d’entrée de la clinique de Buhene et à moins de 800 mètres de l’aéroport de Goma. Selon l’ONU, plus de 13 villages et 3 629 maisons ont été détruits, laissant plus de 20 000 personnes sans abri.
Alors que la lave détruisait les lignes électriques et téléphoniques, des quartiers entiers comme celui de Buhene se sont retrouvés sans téléphone et un quart des habitants de Goma n’avaient plus d’électricité. Au moins 37 personnes sont mortes, soit par exposition à la lave ou aux gaz, soit dans des accidents pendant les évacuations. Selon l’UNICEF, 939 enfants se trouvaient dans les centres de réunification après avoir été séparés de leurs familles. Les membres de la famille de 243 enfants étaient portés disparus. Le 23 mai, plus de 170 enfants étaient portés disparus par leurs proches.

Deux mois après l’éruption du Nyiragongo, de nombreuses personnes vivent toujours dans des camps provisoires et ne peuvent rentrer chez elles. Certains enfants n’ont toujours pas retrouvé leur famille. Des organisations humanitaires internationales ont travaillé avec des organisations locales pour tenter de les réunir. Une jeune Congolaise, Sarah, qui s’occupe des enfants des rues, s’est donné pour mission de réunir les enfants et les parents. En cliquant sur ce lien, vous en saurez plus sur sa mission :
https://www.bbc.com/news/av/world-africa-57947193

Source : BBC News.

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It was around 4 pm on May 22nd, 2021 when the residents of Goma could see villagers from the foothills of Mount Nyiragongo hurrying with mattresses on their heads and large sacks with their belongings, children in tow. These villagers said there was a forest fire, and it was getting closer. By 5 pm, a fiery glow appeared in the sky and explosions could be heard in the distance. At about 6pm, everybody realized it was a volcanic eruption. At around 3 o’clock in the morning, the flow of lava stopped, about 100 metres from the front gate of the clinic in Buhene, and less that 800 metres from Goma’s airport. According to the U.N., over 13 villages and 3,629 houses were destroyed, leaving over 20,000 people homeless.

As the lava wiped out power lines, entire neighbourhoods, including Buhene, lost phone signals, and a quarter of Goma’s inhabitants were left without electricity. At least 37 people died, either from exposure to the lava or gases, or in accidents while trying to evacuate. According to UNICEF, 939 children arrived at reunification centres after being separated from their families. While many parents could be located, family members of 243 children remained missing. In addition, on May 23rd, over 170 children were reported missing by their relatives.

Two months after the eruption of Nyiragongo, many people are still living in temporary camps, unable to return to their homes, and some children still haven’t found their families. International aid groups have been working with local organisations to try and reunite them. One young local woman, Sarah, who works with street children, has made it her mission to reunite children and parents. Just click on this link to know more about it.

https://www.bbc.com/news/av/world-africa-57947193

Hébergements provisoires après l’éruption du Nyiragongo

La lave du Nyiragongo a anéanti certains quartiers de Goma

(Captures d’écran de la vidéo de la BBC)

Les belles couleurs du Lagon Bleu (Islande) // The nice colours of the Blue Lagoon (Iceland)

Le Lagon Bleu – Blue Lagoon en anglais, Bláa Lónið en islandais – est l’un des sites touristiques les plus populaires d’Islande. C’est un spa géothermique situé pas très loin de Grindavik, sur la péninsule de Reykjanes. Il est alimenté par l’eau utilisée dans la centrale voisine de Svartsengi dont les panaches de vapeur blanche sont visibles de loin.

Grâce à un forage à plus de 2 000 mètres de profondeur, la centrale puise une eau sous pression (12 bars) qui sort à une température de 240 °C. La force de la vapeur est utilisée pour actionner des turbines qui produisent de l’électricité. Cette eau chaude permet aussi de chauffer les villes de Grindavik et Reykjavik. Après avoir fait tourner les turbines, la vapeur et l’eau chaude passent à travers un échangeur de chaleur. L’eau ressort de la centrale entre 30 et 39 °C pour alimenter directement la station thermale et le lac artificiel.

La teinte bleu laiteux de l’eau est due à sa forte teneur en silice. En raison de cette concentration minérale, l’eau ne peut pas être recyclée et doit être évacuée dans le paysage voisin, un champ de lave perméable dont l’épaisseur varie de 50 cm à 1 m. L’eau s’infiltre peu à peu dans le sol, mais les dépôts rendent le sol imperméable au fil du temps, de sorte qu’il est nécessaire de creuser de nouveaux bassins dans le champ de lave voisin, avec un impact environnemental qui n’est donc pas négligeable. L’eau présente un pH moyen de 7,5 et une teneur en sel est de 2,5 %.

Très peu d’organismes vivent dans l’eau à part quelques algues bleu-vert. Sa qualité pour soigner les maladies de la peau comme le psoriasis attire de nombreux visiteurs au spa. Les installations ont ouvert en 1987 et en 1992 la société Blue Lagoon a été créée. Une structure spécialisée dans le psoriasis a été ouverte en 1994 et en 1995 la société Blue Lagoon a commencé à commercialiser des produits pour la peau.

La baignade dans l’eau laiteuse était bon marché la première fois que j’ai visité le Blue Lagoon dans les années 1990, mais c’est maintenant beaucoup plus cher. Le Big Business est passé par là et vous devrez débourser entre 45 et 75 euros pour profiter des bienfaits de l’eau.

Un sentier (accès gratuit) a été aménagé autour des bassins. On avance dans un autre monde, très photogénique…

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One of Iceland’s most popular tourist sites, the Blue Lagoon is a geothermal spa, not very far from Grindavik, on the Reykjanes Peninsula. It is supplied by water used in the nearby Svartsengi geothermal power station whose white steam plumes can be seen from afar. The power of the steam is used to run turbines that generate electricity. After going through the turbines, the steam and hot water passes through a heat exchanger to provide heat for a municipal water heating system. Then the water is fed into the lagoon.
The water’s milky blue shade is due to its high silica content. It is also rich in salts and algae. The water temperature in the bathing area of the lagoon averages 37–39 °C.
The water’s rich mineral content is provided by the underground geological layers and pushed up to the surface by the hot water at about 12 bar pressure and 240 °C temperature. Because of its mineral concentration, the water cannot be recycled and must be disposed of in the nearby landscape, a permeable lava field that varies in thickness from 50 cm to 1 m. After the minerals have formed a deposit, the water reinfiltrates the ground, but the deposits render the ground impermeable over time, so the plant needs to continuously dig new ponds in the nearby lava field, with a non negligible environmental impact. The average pH is 7.5 and the salt content is 2.5%.
Very few organisms live in the water apart from some blue-green algae. Its quality to cure skin diseases like psoriasis attracts many visitors to the spa. Bathing facilities opened in 1987 and in 1992 the Blue Lagoon company was established. A psoriasis clinic was opened in 1994 and in 1995, the Blue Lagoon company began marketing skin products.
Bathing in the milky water was quite cheap the first time I visited the Blue Lagoon in the 1990s but it is now far more expensive. It means big business and you will have to pay an entry fee between 45 and 75 euros to enjoy the water.
There is a free footpath around the site. It takes you into an unreal but photogenic world.

Photos : C. Grandpey

Prise du pouls de la Terre // Taking Earth’s pulse

Des chercheurs du University College London (UCL) vont larguer cinquante sismomètres sur le fond de l’Océan Atlantique pour tenter de prendre le « pouls » de la Terre. Les instruments détecteront les vibrations causées par les ondes sismiques et enregistreront en continu les mouvements qui se produisent à des centaines de kilomètres de profondeur à l’intérieur de notre planète. Les sismomètres seront positionnés dans une zone qui comprend les îles Canaries, Madère et les Açores, et utiliseront une technique précédemment utilisée pour étudier les galaxies. Les instruments seront largués par bateau au cours des prochaines semaines, ancrés au fond de la mer, avant d’être récupérés un an plus tard.

Les scientifiques expliquent que le but premier du projet UPFLOW (Upward Mantle Flow), basé sur des observations sismiques innovantes, est de mieux comprendre les grandes remontées de matière depuis le manteau terrestre. Le phénomène se produit loin des limites des plaques continentales et ne peut pas être expliqué par la théorie de la tectonique des plaques. Le projet permettra également de faire avancer la recherche sur les séismes tectoniques et volcaniques, ainsi que le suivi des baleines à partir des sons qu’elles émettent.

Les chercheurs de l’UCL Earth Sciences expliquent que c’est la première fois qu’une aussi vaste région de l’océan Atlantique Nord est couverte avec ces instruments très sensibles. En analysant les données fournies, ils espèrent mieux comprendre les importants mouvements qui se produisent à des centaines de kilomètres de profondeur dans le manteau terrestre, en particulier, les remontées de matière. Ces mouvements sont à l’origine des éruptions volcaniques et peuvent également provoquer des séismes. La méthode d’imagerie sismique utilisée était auparavant mise en pratique par les astrophysiciens pour étudier des galaxies lointaines.

L’existence des îles Canaries, de Madère et des Açores est le résultat de mouvements qui se produisent en profondeur sous la surface de la Terre. Le projet permettra de découvrir s’il existe un lien dans la formation de ces îles.

Source : Sky News.

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University College London (UCL) researchers are going to drop fifty seismometers on the floor of the Atlantic Ocean in an attempt to measure the Earth’s « pulse ». They will detect vibrations caused by seismic waves and continuously record motions hundreds of kilometres deep within the planet.

The seismometers will be positioned across an area that includes the Canary Islands, Madeira and the Azores, and use a technique previously used to study galaxies. The instruments will be dropped by boat over the next few weeks, anchoring themselves to the sea bed, before being collected a year later.

Experts say the project, called UPFLOW (Upward mantle flow from novel seismic observations) aims to understand more about large upwellings of material from the Earth’s mantle.This occurs far from the boundaries of continental plates and cannot be explained by the theory of plate tectonics. The project will also aid research on earthquakes and volcanic tremors, as well as helping track whales from the sounds they make.

Researchers at UCL Earth Sciences explain that it is the first time such a large region of the North Atlantic ocean has been covered with these highly sensitive instruments. By analysing their data, they hope to better understand the massive motions occurring hundreds of kilometres deep in the Earth’s mantle – in particular, upward flows of material that are not well understood. These motions are what cause volcanic eruptions and can also lead to earthquakes. The seismic image method that will be used was previously employed by astrophysicists to study far-away galaxies.

The existence of the Canary Islands and the volcanic islands in Madeira and the Azores are a result of massive motions deep under the Earth’s surface. The project will allow to uncover if there is a link in how these islands formed.

Source : Sky News.

Le projet UPFLOW permettra-t-il d’en savoir plus sur les volcans des Canaries, comme ici à Lanzarote? (Photo : C. Grandpey)