Éruptions volcaniques et Peste Noire // Volcanic eruptions and Black Death

Bien que son parcours à travers l’Asie centrale demeure incertain, deux chercheurs allemands pensent avoir découvert comment – et pourquoi – la Peste Noire est parvenue en Europe médiévale. Une catastrophe climatique ayant entraîné une refonte des routes commerciales serait probablement à l’origine de l’introduction de la maladie en Europe au 14ème siècle.
La Peste Noire, l’une des pandémies les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité, a ravagé l’Europe entre 1347 et 1353, causant la mort de 25 à 50 millions de personnes. Elle est provoquée par la bactérie Yersinia pestis. La morsure d’un animal infecté par cette bactérie, comme une puce ou un rongeur, provoque l’apparition de bubons (gonflement des ganglions lymphatiques) et parfois de la fièvre, de la fatigue, des vomissements, nausées et courbatures. Si les poumons sont atteints, la peste bubonique devient la peste pulmonaire, une forme plus rapide et toujours mortelle. Heureusement, la mise au point d’antibiotiques a permis d’éradiquer en grande partie cette maladie qui persiste dans certaines régions du monde, notamment à Madagascar, en République démocratique du Congo et au Pérou. Des cas continuent d’être signalés dans l’ouest des États-Unis, dans certaines parties du Brésil et de la Bolivie, ainsi qu’en Asie du Sud et en Asie centrale.
Les historiens ignoraient jusqu’alors pourquoi la Peste Noire avait débuté précisément à cette période, où, pourquoi elle avait causé autant de décès et comment elle s’était propagée si rapidement.
Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de Cambridge au Royaume-Uni et de l’Institut Leibniz (GWZO) en Allemagne a permis de mieux comprendre les circonstances qui ont conduit à l’arrivée de la peste bubonique en Europe. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Communications Earth & Environment.
S’appuyant sur un ensemble de données climatiques et de documents comme l’analyse des cernes des arbres, l’étude conclut qu’une éruption volcanique – ou une série d’éruptions – survenue vers 1345 a entraîné une baisse des températures pendant plusieurs années consécutives, à cause de la brume de cendres et de gaz volcaniques générée par cette – ou ces – éruptions.
Ce phénomène a provoqué de mauvaises récoltes dans toute la région méditerranéenne. Pour éviter les émeutes et la famine, les cités-États italiennes ont exploité leurs relations commerciales avec les producteurs de céréales de la Horde d’Or qui dominait alors l’Asie centrale. Cette méthode leur a permis d’éviter la famine, mais a également introduit la Peste Noire par le biais des navires étrangers.
Les auteurs de l’étude ont analysé les cernes de croissance des arbres des Pyrénées espagnoles et découvert des cernes bleus consécutifs révélant des étés exceptionnellement froids et humides en 1345, 1346 et 1347 dans une grande partie de l’Europe du Sud. Ils ont également trouvé des preuves, datant de la même période, d’une nébulosité inhabituelle et d’éclipses lunaires sombres, signes d’une activité volcanique.
Un historien du GWZO, spécialiste du climat et de l’épidémiologie médiévale, a collaboré avec l’équipe scientifique pour reconstituer le tableau le plus complet à ce jour de la conjonction de facteurs qui a conduit la peste jusqu’aux ports européens. Il explique que, pendant plus d’un siècle, les puissantes cités-États italiennes avaient établi des routes commerciales sur de longues distances à travers la Méditerranée et la mer Noire, ce qui leur a permis de mettre en place un système très efficace pour prévenir la famine. Mais au final, ces facteurs ont involontairement conduit à une catastrophe bien plus grave : l’apparition et la diffusion de la Peste Noire.
En 2022, une autre équipe de chercheurs allemands et britanniques a réussi à identifier l’origine de la souche originelle de la bactérie Yersinia pestis. Ils ont établi un lien entre les preuves de la maladie qui a ravagé l’Europe et les épidémies survenues dans les montagnes du Tian Shan, à la frontière du Kirghizistan actuel, en 1338. Il est probable que, par le biais du commerce et des migrations humaines, des rongeurs et des insectes porteurs de la maladie aient été transportés sur de longues distances jusqu’en Eurasie occidentale et en Europe, propageant ainsi la peste.
Les auteurs de la dernière étude ajoutent que leurs recherches sont « particulièrement pertinentes » dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Selon eux,« bien que la conjonction de facteurs ayant contribué à la Peste Noire semble rare, la probabilité que des zoonoses (maladies infectieuses se transmettant de l’animal à l’homme) émergent sous l’effet du réchauffement climatique et se transforment en pandémies est susceptible d’augmenter dans un monde globalisé.»
Source : Médias britanniques et allemands.

 

Enterrement de victimes de la peste noire à Tournai, dans les Annales de Gilles Le Muisit (1272-1352), Bibliothèque royale de Belgique. (Source : Wikipedia)

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Though its route through Central Asia remains elusive, two German researchers believe they have discovered how — and why — the Black Death made it to Medieval Europe. A climate catastrophe that forced a rethink in trade routes was probably responsible for causing the Black Death in the 14th century.

The Black Death, one of the most fatal pandemics in human history, ravaged Europe between 1347 and 1353, and killed an estimated 25 to 50 million people. It is caused by Yersinia pestis bacteria. If bitten by an animal, such as a flea or a rodent, that is infected with the bacteria, a person would develop symptoms of swollen lymph nodes — called « buboes » — and potentially a mix of fever, fatigue, vomiting, nausea, and aches. If the lungs were infected, the bubonic plague became pneumonic plague, a type that spread faster and was always fatal. Fortunately, the development of bacteria-killing antibiotics has largely consigned plague to the past. But it still exists as a problem in some parts of the world, especially Madagascar, DR Congo and Peru. Cases continue to occur in the western United States, parts of Brazil and Bolivia, South and Central Asia.

Historians had not previously understood why the Black Death began precisely when it did, where it started, why it was so deadly, and how it spread so quickly.

A new study by researchers at the University of Cambridge in the UK and the Leibniz Institute (GWZO) in Germany has shed light on the circumstances that led to the bubonic plague coming to Europe. Their research was published in the journal Communications Earth & Environment,

Using a combination of climate data and documentary evidence, including analysing tree rings, the study suggests that a volcanic eruption – or cluster of eruptions – around 1345 caused annual temperatures to drop for consecutive years due to the haze from volcanic ash and gases.

This, in turn, caused crops to fail across the Mediterranean region. To avoid riots or starvation, Italian city states used their connections to trade with grain producers of the Golden Hord, which dominated Central Asia at the time. This method helped them avoid famine, but introduced the Black Death through foreign ships.

The authors of the study analysed tree rings from the Spanish Pyrenees, discovering consecutive Blue Rings, which suggest unusually cold and wet summers in 1345, 1346 and 1347 across much of southern Europe. They found evidence from the same period that documented unusual cloudiness and dark lunar eclipses, which also suggest volcanic activity.

A historian of medieval climate and epidemiology from the GWZO, worked with the scientific team to piece together “the most complete picture to date” of the “perfect storm” that led the plague to Europe’s ports. He explains that for more than a century, the powerful Italian city states had established long-distance trade routes across the Mediterranean and the Black Sea, allowing them to activate a highly efficient system to prevent starvation. But ultimately, these inadvertently led to a far bigger catastrophe.

In 2022, another group of researchers from Germany and the UK were able to pinpoint the origin of the so-called « source strain » of Yersinia pestis. They connected evidence of the disease that tore through Europe to outbreaks in the Tian Shan mountains, which border modern day Kyrgyzstan, in 1338. It’s likely that through trade and human movement, disease-carrying rodents and insects were transported the long distances into western Eurasia and Europe — bringing the plague with them.

The authors of the latest study add that the research is “especially relevant” following the Covid-19 pandemic. “Although the coincidence of factors that contributed to the Black Death seems rare, the probability of zoonotic diseases emerging under climate change and translating into pandemics is likely to increase in a globalised world.”

Source : British and German news media.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

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Dans une note publiée le 27 novembre 2025, l’indiquais que depuis la mi-septembre une légère hausse de la sismicité était observée sous le massif du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion). Cette activité ne signifiait pas forcément une éruption prochaine, mais elle sortait un peu de la léthargie observée ces derniers mois.

Depuis la mi-septembre 2025, l’activité sismique est observée à une vingtaine de kilomètres de profondeur sous la région des Plaines. Elle semble traduire une réactivation de la zone de transfert profonde, « potentiellement liée à des mouvements de magma en profondeur ou à une pressurisation accrue dans les conduits internes du Piton de la Fournaise », selon l’Observatoire. De plus, depuis le 22 novembre 2025, on enregistre également une augmentation modérée de la sismicité sous la zone sommitale.

L’OVPF ajoutait le 30 novembre que les GPS de la zone sommitale enregistraient une inflation, témoin de la mise en pression d’une source superficielle. Les GPS en champ lointain n’enregistraient pas de signaux particuliers. L’absence de changement notable dans les émissions de CO2 signifie probablement qu’il n’existe pas de réalimentation majeure du réservoir magmatique superficiel.

Au vu de ces différentes observations, le préfet de l’île de la Réunion a déclenché le 28 novembre la phase de vigilance du plan Orsec Volcan. En conséquence, l’accès à la partie haute de l’Enclos n’est désormais possible que via trois itinéraires balisés et entretenus par l’ONF. La préfecture rappelle que le public doit strictement respecter les consignes de sécurité ainsi que les informations diffusées sur les panneaux installés par l’ONF.

Il ne faudrait tout de même pas se précipiter pour acheter un billet d’avion pour la Réunion. L’OVPF précise que « ce processus de pressurisation du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant la rupture du toit du réservoir, donnant ainsi lieu à une injection de magma vers la surface et potentiellement à une éruption, mais peut également s’arrêter sans donner lieu -à brève échéance- à une éruption. »

Photo: C. Grandpey

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Dans un bulletin publié le 25 novembre 2025, le Met Office islandais indique que le soulèvement du sol et l’accumulation de magma sous Svartsengi se poursuivent. L’apport de magma est resté relativement stable ces deux dernières semaines. Les modélisations montrent qu’un volume d’environ 16 à 17 millions de mètres cubes de magma s’est accumulé sous Svartsengi depuis la dernière éruption de juillet.
La quantité de magma qui est entrée sous la chaîne de cratères de Sundhnúksgígar depuis Svartsengi lors de l’éruption du 16 juillet est estimée entre 11 et 13 millions de mètres cubes. Compte tenu des éruptions précédentes dans cette région, la probabilité d’une nouvelle intrusion magmatique et d’une nouvelle éruption est censée augmenter une fois qu’un volume de magma sensiblement équivalent à celui évacué lors de l’événement précédent s’est réaccumulé sous Svartsengi. Début octobre, on estimait qu’un volume d’environ 11 millions de mètres cubes de magma s’était accumulé sous Svartsengi. C’est pourquoi la probabilité d’une nouvelle intrusion magmatique et d’une éruption est considérée comme élevée.

 

Accumulation de magma à 4 km de profondeur sous Svartsengi depuis le 17 juillet 2025

Les différentes modélisations montrent toutefois que l’afflux global de magma a progressivement diminué depuis le début de l’activité en 2023. Plus l’accumulation de magma est lente, plus il devient difficile de prévoir la date de la prochaine éruption. Compte tenu des connaissances actuelles sur les éruptions le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar, il est impossible de prédire la date du prochain événement avec une précision supérieure à quelques mois.
Le volume de magma qui a alimenté le réservoir sous Svartsengi avant les quatre dernières éruptions le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar a été estimé à au moins 23 millions de mètres cubes. Si un volume similaire doit être reconstitué avant le déclenchement de la prochaine éruption, et en supposant que la vitesse d’accumulation reste inchangée, ce volume maximal serait atteint début février 2026.

L’activité sismique demeure faible à Svartsengi et à Grindavík. La sismicité à Krýsuvík continue de diminuer, et les mesures de déformation indiquent que l’affaissement du sol à Krýsuvík a cessé.

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Suite à une hausse d’activité du volcan Puracé (Colombie), le Service géologique colombien (SGC) a fait passer le volcan au niveau d’alerte Orange. Des signaux sismiques liés aux mouvements de fluides, avec des épisodes de tremor et des événements longue période (LP), continuent d’être enregistrés. Ces signaux indiquent un dégagement continu de gaz volcaniques. Certains de ces signaux ont été associés à des émissions de cendres.
Les colonnes de gaz et de cendres ont atteint des hauteurs comprises entre 500 mètres et 1,4 km au-dessus du sommet du volcan. En conséquence, plusieurs alertes ont été émises à l’attention de l’aviation civile. Des retombées de cendres et de fortes odeurs de soufre ont également été signalées dans plusieurs secteurs.
Le SGC ajoute que tant que le niveau d’alerte Orange reste en vigueur, des fluctuations temporaires de l’activité volcanique sont possibles. Par conséquent, il est recommandé de ne pas accéder à l’édifice volcanique et de suivre de près l’évolution de la situation grâce aux bulletins spéciaux et autres informations publiés sur les canaux officiels. Les autorités ont conseillé l’évacuation de 70 personnes vivant dans un secteur particulièrement menacé.

 

Image webcam du Puracé le 1er décembre 2025

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À Hawaï, il n’y a pas d’activité sur le Kilauea depuis la fin de l’Épisode 37 et ses fontaines de lave le 25 novembre 2025. La nouvelle inflation observée au sommet et la lueur émise par les bouches éruptives indiquent qu’un nouvel épisode de fontaines est probable entre le 6 et le 10 décembre. C’est du moins ce que révèlent les modèles de déformation du sol. Cependant, cette fourchette pourrait être révisée si l’inflation sommitale cessait.

Source: HVO.

Image webcam de l’Épisode 37

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Suite à la crise éruptive du 21 au 2 novembre 2025 sur le Bezymianny (Kamchatka), marquée par des explosions et des coulées pyroclastiques sur le flanc sud-est du volcan, la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée à l’Orange, puis au Jaune le 27 novembre.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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Des images satellites de l’Erta Ale (Éthiopie) et la région environnante ont été enregistrées les 23 et 25 novembre, avant et après l’éruption du 23 novembre de l’Hayli Gubbi. L’image du 25 novembre montre d’importantes retombées de cendres sur l’Erta Ale et une nouvelle zone d’effondrement dans la caldeira nord, au sud-est des pit craters actifs précédemment. Cette zone s’étend sur environ 685 m du nord-nord-ouest au sud-sud-est et sur environ 385 m de l’est-nord-ouest au sud-ouest. Des panaches de gaz et/ou de vapeur s’élèvent des pit craters nord et sud sur les deux images satellitaires.
Source: Copernicus.

Crédit photo: Wikipedia

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Après des mois d’activité réduite, le volcan Ambae (Vanuatu) est entré dans une nouvelle phase éruptive de faible intensité, avec des émissions de cendres intermittentes atteignant jusqu’à 1,8 km d’altitude. Le VAACde Wellington a publié son dernier bulletin le 4 décembre 2025 ; il décrit l’éruption comme étant « continue mais se limitant à la zone sommitale du volcan. »
Malgré cette activité, l’Ambae demeure au niveau d’alerte 2 depuis décembre 2021. Il est conseillé à la population et aux visiteurs d’éviter la zone d’exclusion de 2 km autour des bouches éruptives actives et de rester vigilants car une activité explosive ou phréatique peut se produire sans prévenir.
L’éruption de 2017-2018 de l’Ambae a été la plus importante de son histoire récente, avec d’importantes retombées de cendres, des pluies acides et des évacuations temporaires.
Source : Département de météorologie et des risques géologiques du Vanuatu (VMGD);

Zones de sécurité à Ambae (Source: GeoHazards)

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Une hausse de la sismicité a été observée en novembre 2025 sur l’Iliwerung (Indonésie). En conséquence, le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 4) le 30 novembre. Il est demandé au public de se tenir à au moins 2 km du cratère et de faire preuve de prudence aux alentours de Bualan.

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Toujours en Indonésie, un rapport spécial concernant le Lewotobi Laki-laki indiquait le 3 décembre 2025 qu’un lahar avait impacté des villages proches du volcan. Les conditions météorologiques perturbaient la visibilité mais des grondements avaient été entendus dans un rayon de 3 km. Plusieurs maisons ont été gravement endommagées. L’effondrement d’un poteau électrique à Dulipali a provoqué des coupures de courant. Une route a également été temporairement bloquée par la coulée de boue. Le niveau d’alerte pour le Lewotobi reste à 4 (niveau maximal sur une échelle de 1 à 4).
Source : PVMBG.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is the latest news about volcanic activity around the world.

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In a post published on November 27, 2025, I indicated that since mid-September, a slight increase in seismicity has been observed beneath the Piton de la Fournaise(Réunion Island). This activity does not necessarily signify an imminent eruption.
Since mid-September 2025, seismic activity has been observed at a depth of approximately 20 kilometers beneath the Plaines region. This appears to indicate a reactivation of the deep transfer zone, « potentially linked to magma movements at depth or increased pressurization within the internal conduits of Piton de la Fournaise, » according to the Observatory.Furthermore, since November 22, 2025, a moderate increase in seismicity has also been recorded beneath the summit area.

On November 30, the OVPF indicated that GPS receivers in the summit area are recording inflation, indicating the pressurization of a shallow source. GPS receivers in the far field are not recording any unusual signals.

The absence of any notable change in CO2 emissions likely does not indicate a major replenishment of the shallow magma reservoir.
In light of these observations, the Prefect of Réunion Island activated the alert phase of the Orsec Volcan plan on November 28. Consequently, access to the upper part of the Enclos is now only possible via three marked trails maintained by the ONF (National Forestry Office). The Prefecture reminds the public that visitors must strictly adhere to safety instructions and the information displayed on the signs installed by the ONF.

However, there’s no need to rush into buying a plane ticket to Réunion Islaand. The OVPF specifies that « this pressurization process of the shallow reservoir can last from several days to several weeks before the reservoir roof ruptures, thus resulting in an injection of magma towards the surface and potentially an eruption, but it can also stop without leading to an eruption in the short term. »

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In a bulletin released on 25 November 2025, the Icelandic Met Office indicates that uplift and magma accumulation beneath Svartsengi continues. The rate of magma inflow has remained relatively stable over the past two weeks. Modelling results indicate that a volume of about 16–17 million cubic meters of magma has accumulated beneath Svartsengi since the last eruption in July.

The amount of magma that intruded from Svartsengi into the Sundhnúksgígar crater row during the eruption that began on 16 July was estimated to be around 11–13 million cubic maters. Based on previous eruptions in this region, the likelihood of a new magma intrusion and eruption is thought to increase once roughly the same volume of magma has reaccumulated beneath Svartsengi as was withdrawn during the preceding event.

In early October, modelling results indicated that about 11 million cubic meters of magma had reaccumulated beneath Svartsengi. That’s why the likelihood of a new magma intrusion and eruption is considered elevated.

Modelling of geodetic data shows that the overall inflow rate has gradually decreased over time since the start of the activity in 2023. The slower the accumulation, the more difficult it becomes to estimate the timing of the next eruption. Based on current knowledge of the eruptions along the Sundhnúkagígar crater row, it is not possible to predict the timing of the next event with accuracy greater than a few months.

The magma volume recharged to the Svartsengi reservoir prior the past four events in Sundhnúks crater row has been assessed to have an upper bound of 23 million cubic meters. If a similar volume needs to be recharged before the next eruption is triggered, and assuming the current accumulation rate remains unchanged, then this upper bound volume would be reached by early February 2026.

Seismic activity continues to be low at Svartsengi and Grindavík. Seismicity at Krýsuvík continues to decrease, and deformation measurements indicate that land subsidence at Krýsuvík has ceased.

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Following increased activity at the Puracé volcano (Colombia), the Colombian Geological Survey (SGC) has raised the volcano’s alert level to Orange. Seismic signals related to fluid movement, including episodes of tremor and long-period (LP) events, continue to be recorded. These signals indicate a continuous release of volcanic gases. Some of these signals have been associated with ash emissions.
The gas and ash plumes have reached heights of between 500 meters and 1.4 kilometers above the volcano’s summit. Consequently, several alerts have been issued to civil aviation authorities. Ashfall and strong sulfur odors have also been reported in several areas. The SGC adds that while the Orange alert level remains in effect, temporary fluctuations in volcanic activity are possible. Therefore, it is recommended not to access the volcanic edifice and to closely watch the evolving situation through special bulletins and other information published on official channels. Authorities have recommended the evacuation of 70 residents living in a high-threat sector.

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At Kilauea (Hawaii), eruptive activity is paused following the end of episode 37 lava fountaining on November 25, 2025. The recent inflation of the summit and glow from the vents indicate that another fountaining episode is likely between December 6 and 10, based on ground deformation models. However, these dates may be updated if summit inflation remains stalled.

Source : HVO.

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After the eruptive crisis of 21-2- November 2025 on Bezymianny (Kamchatka), with explosions and pyroclastic flows that descended the SE flank of the volcano, the Aviation Color Code was lowered to Orange and then to Yellow on 27 November.

Source : KVERT.

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Satellite images captured Erta Ale (Ethiopia) and the surrounding region on 23 and 25 November, before and after the 23 November eruption at Hayli Gubbi. The 25 November image showed extensive ashfall across Erta Ale and a new collapsed area, in the northern caldera SE of the previously active pit craters, was about 685 m NNW-SSE and about 385 m ENE-WSW. White plumes rose from both the N and S pit craters in both images.

Source: Copernicus.

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After months of reduced surface activity, Ambae volcano (Vanuatu) has entered a renewed phase of low-level eruption, with intermittent ash emissions reaching up to 1.8 km above sea level. The Wellington VAAC issued its latest advisory on December 4, 2025, describing the eruption as « continuous but confined within the volcano’s summit area. »

Despite this activity, Ambae remains at Alert Level 2, since December 2021. Residents and visitors are advised to avoid the restricted 2 km zone around the active vents and remain alert to possible explosive or phreatic activity that can occur without warning.

The 2017-2018 eruption at Ambae was its largest in recent history, producing widespread ashfall, acid rain, and temporary evacuations.

Source : Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD).

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Increased seismicity was observed in November 2025 at Iliwerung (Indonesia). As a consequence, the Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-4) on 30 November. The public is asked to stay at least 2 km away from the crater and to be cautious around the Bualan area.

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Still in Indonesia, a special report for Lewotobi Laki-laki indicated on 3 December 2025 that a lahar had impacted local villages near the volcano. Weather conditions prevented views of the flanks, though rumbling could be heard within a radius of 3 km. Several houses were severely damaged. A collapsed utility pole in Dulipali resulted in power outages. A road was also temporarily blocked by the lahar. The Alert Level for Lewotobi remains at 4 (the highest level on a scale of 1-4).

Source : PVMBG.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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L’éruption de Yellowstone et la « Pompéi des rhinocéros » // The Yellowstone eruption and the « Rhino Pompeii »

Il y a 12 millions d’années, une super-éruption à Yellowstone a recouvert une vaste étendue de l’Amérique du Nord d’une épaisse couche de cendres qui a anéanti toute vie.
Aujourd’hui, des chercheurs de l’Université du Nebraska ont découvert d’anciennes empreintes révélant que de grands canidés, avec des mâchoires capables de broyer des os, parcouraient les étendues désertiques recouvertes de cendres après l’éruption.
Ces empreintes ont été mises au jour au-dessus des squelettes de rhinocéros disparus, les Teleoceras, dans les gisements fossilifères d’Ashfall – Ashfall Fossil Beds – au nord-est du Nebraska. Elles constituent la première preuve directe de la présence de grands carnivores dans cette région surnommée « la Pompéi des rhinocéros » en raison de la richesse des fossiles de rhinocéros Teleoceras qui y ont péri lors des importantes retombées de centres pendant l’activité volcanique de Yellowstone. L’éruption fut si importante que les cendres retombèrent probablement comme de la neige jusqu’en Idaho, à 1 600 kilomètres du site éruptif. Il est probable que le ciel s’est obscurci, la végétation et les sources d’eau ont été ensevelies, et le cataclysme a inévitablement représenté un danger pour tout être vivant doté d’un système respiratoire fragile.
Des chevaux anciens, des chameaux ressemblant à des girafes, de nombreux rhinocéros et divers autres animaux ont été ensevelis sous les cendres du site du Nebraska.

 

Source : Smithsonian Institution

Jusqu’à la découverte de ces empreintes, les chercheurs n’avaient trouvé aucune preuve tangible de la présence de grands carnivores dans la région, ce qui est surprenant compte tenu de l’abondance de proies conservées.
Les empreintes mesurent jusqu’à 8 centimètres de long et 7,5 centimètres de large et correspondent à celles des grands canidés qui broyaient et consommaient des os comme le font les hyènes de nos jours.

 

Squelette d’épicyon, l’un des grands canidés qui fréquentaient la région (Source : Natural History Museum de Los Angeles)

Non seulement ces empreintes confirment la présence de grands carnivores dans les couches de cendres, mais leur position au-dessus des couches de rhinocéros montre que ces canidés ont survécu à l’événement cataclysmique qui a décimé de nombreuses espèces animales.
Selon un chercheur, « la survie de superprédateurs après un désastre écologique est quelque peu inattendue et nous apprend beaucoup de choses sur la façon dont la vie réagit et se rétablit après une catastrophe. » En effet, les grands prédateurs se situent au sommet de la chaîne alimentaire et meurent généralement de faim si celle-ci vient à disparaître.
Les empreintes les plus révélatrices ont été découvertes en 2014 et 2023. Bien qu’elles n’aient pas encore fait l’objet d’une description formelle dans une revue scientifique, leur existence ne fait aucun doute. Elles sont d’ailleurs observables par les visiteurs de l’Ashfall Fossil Beds State Historical Park.

Source : Ashfall Fossil Beds State Historical Park

Le nord-est du Nebraska possédait autrefois un environnement similaire aux plaines africaines. Le site fossilifère d’Ashfall héberge un lac qui abritait une faune aquatique riche, avec notamment des tortues, et attirait toutes sortes d’animaux.
Les traces de canidés sont présentes dans plusieurs couches de cendres et pointent dans différentes directions, ce qui indique que les prédateurs fréquentaient la zone de manière prolongée ou répétée après qu’elle ait été recouverte de cendres volcaniques. On ignore encore comment les canidés ont survécu à cette époque, mais une hypothèse est qu’ils se nourrissaient des carcasses de rhinocéros enfouis et de celles d’autres animaux juste après l’éruption. Cependant, comme aucun ossement de ces carnivores n’a été retrouvé, les chercheurs ignorent encore si cette alimentation leur a permis de survivre jusqu’à des jours meilleurs, ou s’ils ont finalement dû partir chercher fortune ailleurs.

Source : Live Science via Yahoo News.

 

Photo : Ashfall Fossil Beds State Historical Park

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A super eruption at Yellowstone 12 million years ago blanketed a large area of North America with a thick layer of ash and anihilated all life in the area.

Today, researchrs ahve discovered ancient footprints that reveal that large, bone-crushing dogs stalked the ashy wastes of North America in the wake of the eruption.

Researchers uncovered the footprints above the skeletons of extinct rhinoceroses called Teleoceras in the Ashfall Fossil Beds of northeastern Nebraska. The dog tracks mark the first direct evidence of large carnivores in region which has been nicknamed « Rhino Pompeii » because it has preserved so many Teleoceras rhinos that perished in widespread fallout from volcanic activity at Yellowstone. The eruption was so massive that ash probably fell like snow as far as Idaho, 1,600 kilometers away from the eruption site. It darkened the skies, buried plant life and water sources, and inevitably was a real hazard to anything with a delicate respiratory system.

Ancient horses, giraffe-like camels, numerous rhinos and various other animals were entombed in the ash at the Nebraska site. However, until the footprint discovery, researchers hadn’t found hard evidence of large meat eaters in the region, which is unusual, given the abundance of preserved prey.

The footprints were up to 8 centimeters long and 7.5 cm wide, matching those of the large, extinct canids which crushed and ate bones like modern hyenas do. Not only do the footprints confirm the presence of large carnivores in the beds, but their positioning above the rhino layers suggests that the dogs survived the cataclysmic event that wiped out many animals.

According to one researcher, « eurvival of top predators after ecological collapse is a little unexpected and has a lot to teach us about how life responds and recovers after disasters. » Indeed, big predators sit at the top of the food chain, so they normally starve if it collapses.

The clearest trackways were uncovered in 2014 and 2023. While the footprints have yet to be formally described in a journal, their existence is not a secret. People visiting the Ashfall Fossil Beds State Historical Park can see the footprints. Northeastern Nebraska once had a similar environment to the African plains. The Ashfall Fossil Beds preserved a lake that hosted aquatic life, like turtles, and attracted all manner of animals.

The dog tracks are present in multiple ash layers and point in different directions, which is an indication that the predators were making extended or repeated visits to the area after it was caked in volcanic fallout. It is not yet clear how the dogs were surviving at the time, but one possibility is that they fed on buried rhinos and other carcasses in the immediate aftermath of the eruption.

However, since the bones of these meat eaters haven’t found, the researchers are not sure yet whether this was enough to see them through to better times, or whether they eventually had to depart to seek their fortunes elsewhere.

Source : Live Science via Yahoo News.

Nouveau projet géothermique dans l’Oregon // New geothermal project in Oregon

Le 12 octobre 2012, j’ai publié une note sur ce blog à propos d’un projet de développement de l’énergie géothermique dans la région du volcan Newberry (Oregon). Ce projet avait suscité de nombreuses protestations dans cette région potentiellement volcanique et sismiquement active, ce qui présentait des risques évidents.
Aujourd’hui, en 2025, nous apprenons que des ingénieurs construisent la centrale géothermique la plus chaude au monde. Elle exploitera l’énergie de ce qui est, selon l’USGS, « l’un des volcans actifs les plus dangereux des États-Unis ».

Vue du site exploité par Mazama Energy sur le Newberry

La société Mazama Energy a déjà atteint des températures de 331 °C, ce qui en fait l’un des sites géothermiques les plus chauds au monde. Elle commencera à vendre de l’électricité aux foyers et aux entreprises des environs dès 2026.
Mazama Energy souhaite maintenant atteindre une température de 389 °C et devenir la première à produire de l’électricité à partir de « roche surchauffée ». Certains affirment que l’on est à l’aube d’une nouvelle ère pour l’énergie géothermique. Aujourd’hui, la géothermie produit moins de 1 % de l’électricité dans le monde. Toutefois, l’exploitation de la chaleur extrême des roches, combinée à d’autres avancées technologiques, pourrait porter cette part à 8 % d’ici 2050 ; c’est ce que prétend l’Agence internationale de l’énergie (AIE). L’AIE explique qu’ en utilisant des températures extrêmement élevées la géothermie pourrait théoriquement produire 150 fois plus d’électricité que la consommation mondiale.

Le projet entrepris sur le volcan Newberry combine deux grandes tendances susceptibles de rendre l’énergie géothermique moins chère et plus accessible. Mazama Energy achemine sa propre eau jusqu’au volcan, grâce à une méthode baptisée « géothermie améliorée ». Au cours des dernières décennies, des projets pionniers ont commencé à produire de l’énergie à partir de roches chaudes et sèches en fracturant la pierre et en y injectant de l’eau pour produire de la vapeur, en s’inspirant des techniques de fracturation hydraulique développées par l’industrie pétrolière et gazière. Des projets pilotes ont été mis en place au Nevada et en Utah, et des chercheurs internationaux ont démontré l’efficacité de cette technologie en France, en Allemagne, en Suisse et au Japon. Injecter de l’eau dans des fractures rocheuses comporte des risques sismiques, tout comme l’injection d’eaux usées issues de la fracturation hydraulique. Une expérience de ‘géothermie améliorée’ en Suisse a été interrompue après avoir déclenché un séisme de magnitude 3,4 en 2006. Les capteurs du site de Newberry ont enregistré cinq secousses sismiques au cours des six derniers mois ; la plus importante a atteint une magnitude de 2,5 le 24 juillet 2025. Les scientifiques affirment que les séismes constitueront toujours un risque, mais qu’il peut être géré grâce à une surveillance et une ingénierie efficaces.

Le Département de l’Énergie indique que les risques de pollution de l’eau sont faibles car les centrales géothermiques recyclent l’eau dans des puits étanches, et cette eau passe par des réservoirs beaucoup plus profonds que la plupart des nappes phréatiques.
Le projet de Newberry exploite également une roche plus chaude que tous les projets précédents. Cependant, même les 331 degrés de Newberry restent inférieurs au seuil de surchauffe de 373 degrés ou plus. À cette température, et sous une pression très élevée, l’eau devient « supercritique » et se comporte comme un fluide à mi-chemin entre un liquide et un gaz. L’eau supercritique emmagasine une grande quantité de chaleur comme un liquide, tout en s’écoulant avec la fluidité d’un gaz.
Un puits géothermique à très haute température peut produire cinq à dix fois plus d’énergie qu’un puits à température classique, qui avoisine les 204 °C. De ce fait, les exploitants géothermiques n’ont plus besoin de forer autant de puits coûteux, ce qui permet de réduire les coûts.
À terme, l’énergie géothermique issue de roches à très haute température pourrait être aussi économique que le gaz naturel ou l’énergie solaire, sans la pollution des énergies fossiles ni la variabilité des énergies renouvelables.

Mazama Energy prévoit de forer de nouveaux puits l’an prochain afin d’atteindre des températures supérieures à 398 °C. À proximité d’un volcan actif, elle espère atteindre cette température à moins de 5 kilomètres de profondeur. Ailleurs, les exploitants géothermiques doivent souvent creuser jusqu’à 20 kilomètres.
Forer dans une roche à 398 °C représente un défi de taille. Les centrales géothermiques conventionnelles utilisent des équipements prévus pour l’industrie pétrolière et gazière, mais dans une roche surchauffée, les foreuses classiques deviennent inutilisables car leurs composants électroniques sont défaillants. Les ingénieurs de Mazama Energy ont refroidi leurs installations de forage en injectant un flux constant de dioxyde de carbone liquide. Cela leur a permis de forer à 3,2 km de profondeur sur le flanc du volcan et d’atteindre une roche à 331 °C en début d’année.
D’autres puits expérimentaux ont atteint des températures encore plus élevées, mais aucun n’a résisté longtemps. Des expériences de forage en Islande et à Hawaï ont été interrompues après avoir rencontré du magma de manière inattendue, ce qui a endommagé les trépans. Des puits forés au Japon et en Italie ont atteint des roches à plus de 482 °C, approchant la zone de la croûte terrestre où la roche rigide commence à se comporter comme de la pâte à modeler. Cependant, ces forages ont été abandonnés suite à des problèmes rencontrés avec le matériel de forage et les tubages en ciment.
Pour l’instant, Mazama Energy affirme que son puits est stable. Cependant, les scientifiques prévoient que les difficultés s’accumuleront à mesure que l’entreprise forera dans des roches plus chaudes et exploitera ses puits pendant des années. Les tubages en ciment et en acier seront alors exposés à des variations extrêmes de température et de pression.
Cependant, les avantages potentiels de cette nouvelle géothermie sont bien supérieurs aux défis qu’elle suppose. Mazama Energy prévoit de produire 15 mégawatts d’électricité sur le flanc ouest du volcan Newberry en 2026, avec une augmentation progressive de la production jusqu’à 200 mégawatts, soit suffisamment d’énergie pour alimenter un grand centre de données ou une petite ville.
Source : Médias américains.

Big Obsidian Flow dans le parc du Newberry (Photo: C. Grandpey)

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On October 12, 2012 I released a post on this blog, about a geothermal energy development project in the Newberry volcano area (Oregon). Such a project had triggered numerous protests because the region is potentially volcanically and seismically active, and the project therefore presented obvious risks.

Today in 2025, we learn that engineers are building in the region the hottest geothermal power plant on Earth. The plant will tap into the energy of what is, according to the USGS, “one of the largest and most hazardous active volcanoes in the United States.”.

Newberry

Vue du site exploité par Mazama Energy sur le Newberry (Source : Mazama Energy)

The structure has already reached temperatures of 331 degrees Celsius, making it one of the hottest geothermal sites in the world, and next year it will start selling electricity to nearby homes and businesses.

But the start-up behind the project, Mazama Energy, wants to reach a temperature of 389°C and become the first to make electricity from “superhot rock.”

Enthusiasts say that could usher in a new era of geothermal power. Today, geothermal produces less than 1 percent of the world’s electricity. But tapping into superhot rock, along with other technological advances, could boost that share to 8 percent by 2050, according to the International Energy Agency (IEA) which explains that geothermal using superhot temperatures could theoretically generate 150 times more electricity than the world uses..

The Newberry Volcano project combines two big trends that could make geothermal energy cheaper and more widely available. First, Mazama Energy is bringing its own water to the volcano, using a method called “enhanced geothermal energy.” Over the past few decades, pioneering projects have started to make energy from hot dry rocks by cracking the stone and pumping in water to make steam, borrowing fracking techniques developed by the oil and gas industry. Pilot projects have been developed in Nevada and Utah, and international researchers have demonstrated the technology in France, Germany, Switzerland and Japan.

Pumping water into rock fractures risks causing earthquakes, much like injecting wastewater from fracking. A Swiss enhanced geothermal experiment was shut down after setting off an M 3.4 quake in 2006. Sensors at the Newberry site recorded five tremors in the past six months, with the biggest reaching M2.5 on July 24, 2025.

Scientists say earthquakes will always be a risk, but it can be managed with good monitoring and engineering. The Energy Department says water pollution risks are low because geothermal plants recirculate the same water in sealed wells, passing through reservoirs much deeper than most groundwater.

The Newberry project also taps into hotter rock than any previous enhanced geothermal project. But even Newberry’s 331 degrees fall short of the superhot threshold of 373 degrees or above. At that temperature, and under a lot of pressure, water becomes “supercritical” and starts acting like something between a liquid and a gas. Supercritical water holds lots of heat like a liquid, but it flows with the ease of a gas, combining the best of both worlds for generating electricity.

A superhot geothermal well can produce five to 10 times more energy than a well at typical temperatures, which hover around 204°C. That means geothermal operators don’t have to drill as many multimillion-dollar holes in the ground, bringing down costs.

Eventually, superhot rock geothermal energy could be about as cheap as natural gas or solar — without the pollution of fossil fuels or the variability of renewables.

The Mazama company will dig new wells to reach temperatures above 398°C next year. Alongside an active volcano, the company expects to hit that temperature less than 5 kilometers beneath the surface. But elsewhere, geothermal developers might have to dig as deep as 20 kilometers.

Drilling into 398°C rock presents some devilish challenges. Conventional geothermal plants can use gear developed by the oil and gas industry, which can stand up to lower temperatures. But in superhot rock, standard drills die as their electronic components fail. Mazama engineers cooled their drilling rigs by pumping in a constant stream of liquid carbon dioxide. That allowed them to burrow3.2 km into the flank of the volcano to find 331 degrees rock earlier this year.

Other experimental wells have hit even higher temperatures, but none has survived for long. Drilling experiments in Iceland and Hawaii were called off after they unexpectedly hit magma, which broke their drill bits. Wells in Japan and Italy reached rock hotter than 482°C approaching the region of Earth’s crust where rigid rock starts behaving more like putty, but were abandoned after facing problems with their drilling equipment and cement casings.

So far, Mazama says its well has remained stable. But experts say challenges will pile up as the company drills into hotter rock and operates its wells for years on end, exposing the cement and steel casings to punishing up-and-down cycles of temperature and pressure.

However, the potential rewards loom larger than the challenges. Mazama plans to generate 15 megawatts of electricity on the western flank of Newberry Volcano in 2026, eventually ramping up to 200 megawatts, enough to power a big data center or a small city.

Source : US news media.