Opérations de secours dans des tunnels de lave à la Réunion

Le vendredi 4 octobre 2024, la Préfecture de la Réunion avait organisé un exercice dans le tunnel de lave 2007, dont l’objectif était de mettre en pratique la coordination des services de secours dans le cadre du « plan ORSEC interventions en site souterrain ». Placés sous la direction du sous-préfet de Saint-Pierre, les services ont eu à sécuriser et évacuer deux victimes ayant chuté après s’être aventurées non-accompagnées par un professionnel dans le tunnel.

Une soixantaine de personnes appartenant aux différents organismes de sécurité (SDIS, gendarmerie, etc) ont pris part à l’exercice, avec le concours de la police municipale de Saint-Philippe.

L’exercice a permis de tester les modes opératoires inter-services, la communication entre personnels de secours, ainsi que les manœuvres de brancardage sur ce type de terrain accidenté.

Le lundi 28 octobre, rebelote, mais cette fois ci pour de bon ! Pompiers et spéléologues ont été mobilisés pour porter secours à une femme blessée au genou (déboitement de la rotule) dans le tunnel de la coulée de 2004 lors d’une excursion avec un groupe encadré par un guide professionnel qui a donné l’alerte.

Le groupe se trouvait à 150 mètres environ de l’entrée de la cavité. Le tunnel, comportant quelques passages à franchir en position courbée ou à plat ventre, présentait certaines difficultés d’accès pour les secours.

Aussi, après évaluation de la situation par le centre 15, le service départemental d’incendie et de secours (SDIS) et le groupement de gendarmerie, il a été convenu de déclencher le « plan ORSEC en milieu souterrain ». Dix pompiers spécialement formés, ainsi que de dix civils du Spéléo secours français sont intervenus.

L’opération était délicate, car il fallait brancarder la victime depuis l’intérieur du tunnel réputé être le plus beau de La Réunion. C’est un milieu géologique fragile, comportant des stalactites volcaniques et autres plafonds chocolatés qu’il convient d’essayer de préserver au maximum. La délicate intervention a duré près de cinq heures, durant lesquelles les secouristes se sont relayés pour porter le brancard. La victime a été finalement extraite du tunnel, puis évacuée vers un centre hospitalier.

Il faut espérer que ce sauvetage dans un tunnel, réalisé avec succès, ne freinera pas le Préfet actuel dans ses efforts pour ouvrir les sites volcaniques aux visiteurs. Il montre que des groupes accompagnés par des guides professionnels qualifiés peuvent parfaitement se rendre sur le terrain volcanique, même en période éruptive, sous réserve que les mesures de sécurité adéquates soient mises en œuvre.

Photos: C. Grandpey

Mystère autour de l’histoire volcanique de l’île de Pâques // Mystery around Easter Island’s volcanic history

Le 30 septembre 2024, j’ai publié une note expliquant qu’aucun effondrement de population n’avait eu lieu dans le passé sur l’île de Pâques. De nouveaux articles parus dans la presse scientifique ces derniers jours nous apprennent que les plus anciennes laves de l’île de Pâques se sont formées il y a environ 2,5 millions d’années dans la partie supérieure d’une plaque océanique à peine plus ancienne que les volcans eux-mêmes. C’était, du moins, la théorie généralement acceptée jusqu’à présent.
En 2019, une équipe de géologues cubains et colombiens s’est rendue sur l’île de Pâques pour dater avec précision l’île qui héberge plusieurs volcans éteints. Pour ce faire, ils ont eu recours à la datation des minéraux de zircon qui permettent d’évaluer l’âge des chambres magmatiques. Lorsque le magma refroidit, ces minéraux se cristallisent. Ils contiennent un peu d’uranium, qui se transforme en plomb par désintégration radioactive.
Dans la mesure où on connaît le temps mis par ce processus, on peut mesurer depuis combien de temps ces minéraux se sont formés. L’équipe scientifique a donc recherché ces minéraux et en a trouvé des centaines. Leur analyse a surpris les chercheurs car non seulement leur âge n’est pas de 2,5 millions d’années (l’âge supposé de l’île de Pâques), mais leur origine remonte bien plus loin dans le temps, jusqu’à 165 millions d’années. De plus, l’analyse chimique des zircons montre que leur composition est plus ou moins la même dans tous les cas.
Les volcans de Rapa Nui – l’autre nom de l’île de Pâques – n’ont pas pu être actifs pendant 165 millions d’années, car la plaque située en dessous d’eux n’était pas aussi ancienne. La seule explication est que les minéraux anciens proviennent de la source du volcanisme de l’île, dans le manteau terrestre sous la plaque, bien avant la formation des volcans actuels.

Cependant, cette hypothèse a posé à l’équipe scientifique une autre énigme. Les volcans comme ceux de l’île de Pâques sont des « volcans de point chaud » qui sont fréquents dans l’océan Pacifique ; Hawaï en est un bon exemple. Ils sont formés par des panaches mantelliques qui s’élèvent lentement des profondeurs de la Terre. En s’approchant de la base de la plaque tectonique, les roches du panache et du manteau environnant fondent et donnent naissance à des volcans. Les scientifiques savent depuis les années 1960 que le panache mantellique reste en place très longtemps quand la plaque se déplace au-dessus de lui. Au fur et à mesure que la plaque se déplace, le panache mantellique produit un nouveau volcan. Là encore, l’archipel hawaïen illustre parfaitement ce processus. Cela explique les alignements de volcans sous-marins éteints dans l’océan Pacifique, avec un ou plusieurs volcans actifs à l’extrémité de la chaîne. Les chercheurs se sont demandé si cela signifiait que le panache mantellique sous l’île de Pâques était actif depuis 165 millions d’années.
Pour répondre à cette question, ils avaient besoin de preuves issues de la géologie de la Ceinture de Feu du Pacifique où les plaques océaniques plongent dans le manteau terrestre. Ils se sont alors heurtés à une nouvelle difficulté. En effet, en s’enfonçant, les plaques datant d’il y a 165 millions d’années ont depuis longtemps disparu dans les zones de subduction. S’agissant de l’île de Pâques, il semble que le plateau qui existait à l’époque de la formation de l’île ait disparu sous la Péninsule Antarctique il y a environ 110 millions d’années. La chaîne de montagnes, dont les traces sont encore bien visibles à Rapa Nui, pourrait être le résultat de la subduction d’un plateau volcanique qui s’est formé il y a 165 millions d’années. En conséquence, cela montre que le panache mantellique de l’île de Pâques a pu avoir été actif pendant cette période. Cela permettrait de résoudre le mystère géologique de l’île : les anciens minéraux de zircon seraient des vestiges de magmas antérieurs qui ont été ramenés à la surface de la terre, en même temps que des magmas plus jeunes, lors d’éruptions volcaniques.
Un autre problème se pose. La théorie classique du tapis roulant (pour expliquer le mouvement des plaques tectoniques) est difficile à concilier avec l’observation selon laquelle les panaches mantelliques restent en place alors que tout ce qui les entoure continue de bouger. Un scientifique de l’Université d’Utrecht (Pays Bas) a déclaré : «Les panaches mantelliques montent si vite qu’ils ne sont pas affectés par le manteau qui se déplace avec les plaques, et de nouveaux matériaux de panache arrivent constamment sous la plaque pour former de nouveaux volcans.» Dans ce cas, les anciens fragments du panache, avec les anciens zircons, ont probablement été emportés par ces courants mantelliques, loin de l’emplacement de l’île de Pâques, et ne peuvent donc pas se trouver maintenant à la surface. Le scientifique d’ajouter : «Nous en tirons la conclusion que ces minéraux anciens n’ont pu être préservés que si le manteau entourant le panache est resté aussi immobile que le panache proprement dit.» La découverte des minéraux anciens sur l’île de Pâques tend donc à montrer que le manteau terrestre se déplace probablement plus lentement qu’on ne l’a toujours supposé.
Source : Synthèse de plusieurs articles parus dans la presse scientifique.

 

Illustration de la tectonique et du comportement du panache mantellique sur l’île de Pâques (Source : Université d’Utrecht)

——————————————

On September 30th, 2024, I wrote a post explaining that no population collapse had occurred in the past on Easter Island. New articles released in the scientific press explain us today that Easter Island’s oldest lava deposits formed some 2.5 million years ago on top of an oceanic plate not much older than the volcanoes themselves.

In 2019, a team of Cuban and Colombian geologists travelled to Easter Island to accurately date the island which harbours several extinct volcanoes. To do so, they resorted to the dating of dating zircon minerals. When magma cools, these minerals crystallize. They contain a bit of uranium, which turns into lead through radioactive decay.

As we know the time it takes this process to happen, we can measure how long ago those minerals formed. The scientific team team thus looked for those minerals and found hundreds of them. They came as a surprise because not only they were not 2.5 million years old as expected (this was the supposed age of Easter Island), but from much further back in time, up to 165 million years ago.

Chemical analysis of the zircons showed that their composition was more or less the same in all cases.

The volcanoes of Rapa Nui – the other name for Easter Island – cannot have been active for 165 million years, because the plate below them is not even that old. The only explanation then is that the ancient minerals originated at the source of volcanism, in the Earth’s mantle beneath the plate, long before the formation of today’s volcanoes. However, that theory presented the team with another conundrum.

Volcanoes like those on Easter Island are ‘hotspot volcanoes’ which are common in the Pacific Ocean; Hawaii is a good example. They form from large mantle plumes that slowly rise from the Earth’s depths. When they get close to the base of the Earth’s plates, the rocks of the plume as well as from the surrounding mantle melt and form volcanoes. Scientists have known since the 1960s that mantle plumes stay in place for a very long time while the Earth’s plates move over them. Every time the plate shifts a bit, the mantle plume produces a new volcano. One again, the Hawaiian archipelago perfectly illustrates the process. It explains the rows of extinct underwater volcanoes in the Pacific Ocean, with one or a few active ones at the end. The researchers wondrered whether that meant that the mantle plume under Easter Island had been active for 165 million years.

To answer that question, they needed evidence from the geology of the ‘Ring of Fire’ where oceanic plates subduct into the Earth’s mantle. They encountered a new difficulty because the plates from 165 million years ago have long since disappeared in the subduction zones. It appears that the plateau that existed at the time of the formation of Easter Island must have disappeared under the Antarctic Peninsula some 110 million years ago. The mountain range, whose traces are still clearly visible at Rapa Nui could well be the effect of subduction of a volcanic plateau that formed 165 million years ago. As a consequence, it shows that the Easter Island mantle plume could very well have been active for that long. This would solve the geological mystery of Easter Island: the ancient zircon minerals would be remnants of earlier magmas that were brought to the surface from deep inside the earth, along with younger magmas in volcanic eruptions.

But then another problem presents itself. The classical ‘conveyor belt theory’ is already difficult to reconcile with the observation that mantle plumes stay in place while everything around them continues to move.

One researcher said : “People explained this by saying that plumes rise so fast that they are not affected by a mantle that was moving with the plates. And that new plume material is constantly being supplied under the plate to form new volcanoes.” But in that case, old bits of the plume, with the old zircons, should have been carried off by those mantle currents, away from the location of Easter Island, and could not now be there at the surface. “From that, we draw the conclusion that those ancient minerals could have been preserved only if the mantle surrounding the plume is basically as stationary as the plume itself.” The discovery of the ancient minerals on Easter Island therefore suggests that the Earth’s mantle moves much slower than has always been assumed.

Source : Summary of several articles in the scientific press.

Conséquences du réchauffement climatique dans la région du Taal (Philippines) // Consequences of global warming in the Taal area (Philippines)

Jusqu’à présent, aux Philippines, la région autour du Taal était surtout sous la menace des éruptions. Aujourd’hui, les habitants redoutent les typhons et les glissements de terrain liés au réchauffement climatique.
Au bord du lac Taal, les 40 000 habitants de Talisay n’avaient jamais connu de glissement de terrain, mais le 24 octobre 2024, un déluge de pluie, de boue, de rochers et d’arbres déracinés a dévalé une colline aux pentes abruptes et enseveli une douzaine de maisons.
Talisay, à environ 70 kilomètres au sud de Manille, a été l’une des nombreuses localités ravagées par la tempête tropicale Trami. C’est le plus meurtrier des 11 typhons qui ont frappé les Philippines cette année. La tempête s’est ensuite dirigée vers le Vietnam après avoir traversé la mer de Chine méridionale, et laissé derrière elle au moins 126 morts et disparus. Plus de 5,7 millions de personnes se trouvaient sur la trajectoire du typhon dans les provinces du nord et du centre.

Image satellite de Trami sur les Philippines

Le glissement de terrain est une nouvelle source d’inquiétude à Talisay et vient rappeler la dure réalité aux Philippines, pays considéré comme l’un des plus exposés aux catastrophes naturelles extrêmes avec le réchauffement climatique. Situé entre l’océan Pacifique et la mer de Chine méridionale, l’archipel philippin est la porte d’entrée d’une vingtaine de typhons et tempêtes qui s’abattent sur ses 7 600 îles chaque année, certains avec une force dévastatrice. Le pays, qui compte plus de 110 millions d’habitants, se trouve également sur la Ceinture de Feu du Pacifique où se produisent de nombreuses éruptions et la plupart des séismes dans le monde.
Des conditions météorologiques de plus en plus destructrices imputées au réchauffement climatique viennent s’ajouter aux difficultés économique qui ont forcé les gens à vivre et à travailler dans des zones auparavant interdites car jugées trop dangereuses. Une telle situation expose aux catastrophes de plus en plus de communautés à travers l’Asie du Sud-Est. C’est ainsi que des villages ont surgi sur des flancs de montagnes sujets aux glissements de terrain, sur des pentes de volcans actifs, sur des lignes de faille sismiques, ou encore sur des côtes souvent inondées par des raz-de-marée.
Lors d’une récente conférence aux Philippines, le sous-secrétaire général des Nations Unies a averti que les catastrophes, notamment celles causées par des tempêtes de plus en plus féroces, menacent davantage de personnes. Elles risquent d’entraver le progrès économique de la région si les autorités n’investissent pas davantage dans la prévention des catastrophes.
Talisay se trouve au nord du Taal, l’un des 24 volcans les plus actifs du pays. Des milliers de gens pauvres sont venus à Talisay au fil des décennies et de nouveaux villages sont apparus à l’intérieur des terres, loin du lac, en direction d’une colline de forme allongée, de 32 kilomètres de long et d’une hauteur moyenne de 600 mètres. Cette colline n’avait jamais posé de risque majeur jusqu’à présent. La principale préoccupation a toujours été le Taal, qui entre en éruption de façon intermittente depuis les années 1500. En 2020, l’une d’elles a déplacé des centaines de milliers de personnes et envoyé des nuages de cendres jusqu’à Manille, obligeant la fermeture de l’aéroport international.

Carte de la région du Taal avec Talisay au nord du lac

Aujourd’hui, avec les précipitations plus intenses provoquées par les nouvelles conditions météorologiques, la zone proche de la colline n’est plus sûre.
Source : The Manila Bulletin.

—————————————–

Up to now in the Philippines, the area around Taal Volcano was under the threat of eruptions. Today, people fear the typhoons and the landslides linked to global warming.

In the lakeside town of Talisay, the 40,000 inhabitants had never experienced landslides in their lifetime, but on October 24th, 2024, an avalanche of rainwater, mud, boulders and toppled trees cascaded down a steep ridge and buried about a dozen houses.

Talisay, about 70 kilometers south of Manila, was one of several towns ravaged by Tropical Storm Trami, the deadliest of 11 typhoons to hit the Philippines this year. The storm veered toward Vietnam across the South China Sea after leaving at least 126 people dead and missing. More than 5.7 million people stood in the storm’s path in northern and central provinces.

https://youtu.be/PxcxEvN5JXw

Such a landslide is a new cause of worry in Talisay and the latest reality check in the Philippines, long regarded as one of the world’s most disaster-prone countries, in the era of global warming extremes. Located between the Pacific Ocean and the South China Sea, the Philippine archipelago is regarded as the doorway for about 20 typhoons and storms that barrel through its 7,600 islands each year, some with devastating force. The nation of more than 110 million people also lies in the Pacific “Ring of Fire,” where many volcanic eruptions and most of the world’s earthquakes occur.

A deadly mix of increasingly destructive weather blamed on global warming and economic desperation that has forced people to live and work in previously off-limits disaster zones has exposed to disasters many communities across Southeast Asia. Villages have sprouted in landslide-prone mountainsides, on active volcano slopes, on earthquake fault lines and coast lines often inundated by tidal surges.

A United Nations Assistant Secretary-General warned during a recent conference in the Philippines that disasters, including those caused by increasingly ferocious storms, were threatening more people and could derail the region’s economic progress if governments don’t invest more in disaster prevention.

Talisay lies north of Taal, one of the country’s 24 most-active volcanoes. Thousands of poor settlers have descended on Talisay over the decades and new villages had expanded inland away from the lake toward a 32-kilometer long ridge with an average height of 600 meters. The ridge had never posed any major risks up to now. The key worry has always been the volcano, which has been erupting on and off since the 1500s. In 2020, Taal’s eruption displaced hundreds of thousands and sent clouds of ash all the way to Manila, shutting the main international airport.

Today, with the heavier rains triggered by the new weather conditions, the area close to the ridge is no longer safe.

Source : The Manila Bulletin.

Nouvelles du Popocateptl (Mexique) // News of Popocatepetl (Mexico)

Le Popocatépetl a montré une hausse d’activité au cours des derniers jours, avec d’importantes émissions de cendres et de SO2.

À partir du 16 octobre 2024, le réseau sismique a enregistré entre 9 et 89 événements longue période (LP) par jour, accompagnés d’émissions de vapeur et de gaz. Des épisodes de tremor ont également été enregistrés avec des périodes d’une durée de 54 minutes à 13 heures. Le 20 octobre, l’un de ces épisodes s’est accompagné d’un panache de gaz et de cendres qui s’est élevé à 2 km au-dessus du cratère, avec projection de matériaux incandescents à une courte distance du cratère. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités.
L’activité volcanique a augmenté au cours des jours suivants. Un panache de cendres a été signalé à 6,7 km d’altitude ; il s ‘étirait sur 130 km au nord-ouest du sommet.

Le 25 octobre, un panache de cendres dense détecté sur l’imagerie satellite s’élevait à environ 10 km d’altitude.

Le 26 octobre 2024, un nuage de cendres a été estimé à environ 9,1 km au-dessus du niveau de la mer ; il s’étirait jusqu’à environ 833 km au nord-est du sommet dans le golfe du Mexique. Selon le bureau du National Weather Service de Jacksonville (Floride), des pilotes ont signalé avoir vu des cendres dans l’air près de Sarasota. Un coucher de soleil coloré a été observé grâce aux concentrations élevées de cendres dans l’atmosphère.

Le CENAPRED demande expressément à la population et aux touristes de ne pas escalader le volcan en raison des explosions qui projettent des fragments incandescents. De plus, il est conseillé au public de rester vigilant en raison de la menace de coulées de boue en cas de fortes pluies. Il est rappelé à la population de respecter la zone d’exclusion de 12 km de rayon autour du cratère.
La phase éruptive actuelle a commencé le 9 janvier 2005.

°°°°°°°°°°

Le Popocatepetl, dont le nom est un mot aztèque qui signifie ‘montagne fumante’, se dresse à 70 km au sud-est de Mexico et ses 22 millions d’habitants. Le stratovolcan montre à son sommet un cratère aux parois abruptes de 400 m de diamètre. Depuis le milieu de l’Holocène, le volcan a connu trois éruptions pliniennes majeures, la dernière vers l’an 800 de notre ère, avec des coulées pyroclastiques et des lahars.
Les éruptions historiques se sont poursuivies jusqu’à l’époque moderne. 15 éruptions majeures ont été observées depuis l’arrivée des Espagnols en 1519. Voici quelques exemples de l’activité la plus récente :
– En décembre 2000, des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées par le gouvernement, sur la recommandation des scientifiques. Le volcan a ensuite montré sa plus grande activité éruptive depuis 1 200 ans.
– Le 25 décembre 2005, une explosion a généré une grande colonne de gaz et de cendres à environ 3 km dans l’atmosphère et a projeté des matériaux incandescents hors du cratère.
– 8 mai 2013 : À 17h00 heure locale, le Popocatépetl est entré en éruption avec un épisode de tremor de forte amplitude qui a été enregistré pendant 3,5 heures. Des panaches de cendres se sont élevés à 3 km dans les airs, recouvrant ensuite plusieurs villages. Des explosions ont éjecté des fragments incandescents jusqu’à 700 m du cratère. Le 4 juillet de la même année, au moins six compagnies aériennes américaines ont annulé plus de 40 vols à destination et en provenance des aéroports de Mexico et de Toluca.
– Le 28 mars 2016, une colonne de cendres de 2 000 m de hauteur a entraîné la mise en place d’un «anneau de sécurité» de 12 kilomètres autour du sommet.
– Le 28 mars 2019, en raison de l’activité continue et sur la base de l’analyse des informations disponibles, l’alerte volcanique au préalable de couleur Jaune Phase 2 est passée à la Phase 3.
– Le 22 juin 2022, quatre alpinistes et un guide ont commencé à escalader le Popocatépetl malgré l’interdiction de grimper sur le volcan. Une femme est décédée et une autre a été grièvement blessée par une pluie de roches et de débris volcaniques, avant de chuter dans une ravine à 300 mètres du cratère.

– Le 19 mai 2023, le Popocatépetl a émis des nuages ​​de cendres provoquant la fermeture d’écoles dans 11 villes voisines. Deux jours plus tard, le 21 mai, le niveau d’alerte a de nouveau été élevé à la couleur Jaune Phase 3 car des projections de fragments incandescents ont été observées et les aéroports de Mexico et de Puebla ont été temporairement fermés. Le niveau d’alerte a ensuite été abaissé à la couleur Jaune Phase 2, qui est le niveau d’alerte actuel.
– Les 27 et 28 février 2024, le Popocatépetl est entré en éruption 13 fois en 24 heures, provoquant l’annulation de 22 vols dans les aéroports internationaux de Mexico et de Puebla.
Source : CENAPRED, Smithsonian Institution, Wikipedia.

Image webcam du Popocatepetl le 22 octobre 2024

——————————————-

Popocatépetl has shown an increase in activity over the past few days, with significant ash and SO2 emissions.

Starting on October 16th, 2024, the seismic network recorded 9 – 89 long-period (LP) events per day, accompanied by steam-and-gas emissions. Episodes of tremor were also recorded with periods lasting from 54 minutes to 13 hours. On October 20th, one of these episodes was accompanied by a gas-and-ash plume that rose 2 km above the crater and incandescent material ejected a short distance from the crater. Ashfall was reported in several municipalities.

Volcanic activity at the volcano increased in the following days. Ash was reported reaching 6.7 km a.s.l. and extending 130 km northwest of the summit.

On October 25th, a dense ash plume detected in satellite imagery was rising to about 10 km a.s.l.

On October 26th, 2024, an ash cloud was estimated at approximately 9.1 km above sea level, extending about 833 km northeast of the summit into the Gulf of Mexico. According to the National Weather Service office in Jacksonville, Florida, pilots reported seeing the ash in the air near Sarasota, along Florida’s Gulf Coast. A colorful sunset was observed around the elevated concentrations of ash in the atmosphere.

CENAPRED is urging residents and tourists not to climb the volcano due to explosions that project incandescent fragments. Additionally, the public is advised to remain aware of the threat of mud and debris flows in case of heavy rain. The population is reminded to respect the 12 km radius exclusion zone around the crater.

The current eruptive phase at the volcano started on January 9, 2005.

Popocatepetl, whose name is the Aztec word for smoking mountain, rises 70 km southeast of Mexico City (population 22 million). The stratovolcano contains a steep-walled, 400 x 600 m wide crater. Since the mid-Holocene, the volcano has experienced three major Plinian eruptions, the latest around 800 CE, producing pyroclastic flows and lahars.

Historical eruptions, first noted in Aztec records, have continued into modern times. 15 major eruptions have been observedsince the arrival of the Spanish in 1519. Here are a few examples of the most recent activity :

In December 2000, Tens of thousands of people were evacuated by the government, based on the warnings of scientists. Then the volcano showed its largest eruptive activity in 1,200 years.

On 25 December 2005, an explosion ejected a large column of smoke and ash about 3 km into the atmosphere and projected incandescent material out of the crater.

8 May 2013: at 7:28 p.m. local time, Popocatépetl erupted again with a high amplitude tremor that was recorded for 3.5 hours. Ash plumes rose 3 km into the air, later covering several villages in smoke and ash. Explosions subsequently ejected incandescent fragments as far as700 m from the crater. On July 4th of that same year, at least six U.S. airlines canceled more than 40 flights into and out of Mexico City and Toluca airports.

On 28 March 2016, an ash column 2,000 m high prompted the establishment of a 12-kilometre « security ring » around the summit.

On 28 March 2019, due to the continuing activity, and based on the analysis of the available information, the phase of the Yellow Volcanic Warning Light Phase 2 was raised to Yellow Phase 3.

On 22 June, 2022, four climbers and a guide began climbing Popocatépetl despite the prohibition of climbing the volcano. One woman died and another was seriously injured when they were showered with volcanic rocks and debris and fell into a gully 300 meters from the volcano’s crater.

On 19 May, 2023: Popocatépetl emitted ash clouds causing the closure of schools in 11 nearby towns. Two days later on May 21st, the alert level in Mexico City was raised to Yellow Phase 3 as incandescent fragments were observed and the airports in Mexico City and Puebla were temporarily shut down. It was lowewered to Yellow Phase 2, which is the current alert level.

On 27-28 February, 2024: Popocatépetl erupted 13 times within 24 hours, causing the cancellation of 22 flights at Mexico City and Puebla International Airports.

Source : CENAPRED, Smithsonian Institution, Wikipedia.