Joe Biden tourne le dos à Donald Trump dans l’Arctique // Joe Biden turns his back on Donald Trump in the Arctic

Alors que l’ouest des États-Unis est victime de la sécheresse, le Secrétaire d’État américain Antony Blinken s’est rendu au Danemark, en Islande et au Groenland dans le cadre de la politique de l’Arctique face au changement climatique qui affecte la région. Pendant son séjour à Reykjavik (Islande), M. Blinken a assisté à la réunion du Conseil de l’Arctique, une structure créée il y a 25 ans pour favoriser la coopération entre les huit pays de l’Arctique à un moment où la Russie est de plus en plus agressive pour affirmer sa présence militaire dans la région.

A côté de la Russie, des pays qui ne se situent pas physiquement en bordure du Cercle Polaire arctique, comme la Chine et la Corée du Sud, ont cherché à pouvoir s’exprimer au sein du Conseil.

La présence d’Antony Blinken à cette réunion du Conseil de l’Arctique est un revirement complet par rapport à la politique de l’administration Trump dans la région. Le président Trump avait cherché à acheter le Groenland au Danemark, une offre qui a été rejetée par le Premier ministre danois. Le secrétaire d’État de l’administration Trump, Mike Pompeo, avait affirmé que le changement climatique était une opportunité économique plutôt qu’un danger.

En plus des intérêts maritimes, la Chine s’intéresse au Groenland où elle n’aurait aucun scrupule à extraire des minéraux rares. Afin de contrer les projets chinois, les États-Unis ont ouvert en 2020 un consulat à Nuuk, la capitale du Groenland.

Alors que l’Arctique se réchauffe de plus en plus et que la glace de mer risque fort d’avoir disparu d’ici le milieu du siècle, les rivalités géopolitiques font rage dans la région.

Source: Médias d’information américains.

————————————-

While western U.S. is sweltering, the U.S. Secretary of State Antony Blinken travelled to Denmark, Iceland and Greenland to address Arctic policies amid the sweeping climate change that is affecting the region. While in Reykjavik (Iceland), Mr. Blinken attended the ministerial meeting of the Arctic Council, an organization created 25 years ago to foster cooperation among the eight Arctic nations at a time when Russia has been increasingly aggressive in building up its military presence in the region. Besides, countries that do not physically border the Arctic Circle, such as China and South Korea, have sought to have a greater voice within the Council.

Antony Blinken’s presence at the ministerial meeting is a complete turnaround from the Trump administration’s approach to the Arctic. President Donald Trump had sought to buy Greenland from Denmark, an offer that was dismissed by the country’s prime minister. Trump’s Secretary of State Mike Pompeo had portrayed climate change as an economic opportunity rather than a danger.

In addition to shipping interests, China has targeted Greenland as a possible location for mining rare Earth minerals. Partly in response to China’s investments, the U.S. in 2020 opened a consulate in Greenland’s capital city of Nuuk.

As the Arctic warms further and the region heads for a seasonally ice-free Arctic Ocean by the middle of the century, geopolitical competition is clearly on the increase in the region.

Source: U.S. news media.

Groenland, l’objet de nombreuses convoitises

Dieu et le réchauffement climatique en Louisiane // God and global warming in Louisiana

Au cours de ma conférence « Glaciers en Péril », j’explique que la religion joue parfois un rôle important dans les pays qui doivent faire face aux conséquences du réchauffement climatique. Ainsi, au Népal, la population est persuadée que ce sont les dieux qui habitent les lacs et les montagnes et ce sont eux qui gèrent la Nature.

Aux Etats-Unis, la Louisiane est l’un des états où les impacts du réchauffement climatiques sont les plus évidents. La région est le lieu de prédilection des ouragans qui rôdent dans le Golfe du Mexique. « Delta » a montré à quel point les éléments peuvent se déchaîner.

Pourtant, même avec de l’eau jusqu’aux chevilles, une grande partie de la population de la Louisiane s’est rangée aux côtés du président Trump et a nié l’influence du changement climatique sur les événements extrêmes. Pourtant, le monde scientifique a prouvé que le réchauffement climatique est causé par les activités humaines. Les ouragans sont de plus en plus puissants et leurs vents de plus en plus violents. Les régions côtières des Etats-Unis, comme la Louisiane, sont donc de plus en plus exposées à des ouragans de catégorie 4 – comme ce fut la cas avec Laura – avec des conséquences humaines, sanitaires, écologiques et économiques désastreuses.

Certains habitants de la Louisiane expliquent les ouragans à répétition à travers la religion. Un habitant de Lake Charles a déclaré : « J’accepte ces ouragans parce que l’on ne peut rien faire d’autre que prendre tout ça comme ça vient. On n’a pas de pouvoir dessus, seul le bon Dieu l’a ». Partout dans les rues de cette agglomération, des messages implorant la clémence divine ont fleuri avant le passage de Delta.

La Louisiane, Etat très religieux et conservateur qui a voté pour Donald Trump en 2016 et en 2020, fait en majorité partie de la « Bible Belt » du Sud des Etats-Unis. Selon une étude publiée en 2020 par l’université de Yale, de tous les Etats américains régulièrement impactés par des ouragans, la Louisiane est celui où l’on croit le moins à ce phénomène.

A côté de cette approche religieuse, d’autres habitants bottent en touche quand on aborde le sujet du réchauffement climatique avec eux. Beaucoup expliquent ne pas savoir, ou que ce n’est pas vraiment un sujet dont on parle par ici.

Il existe toutefois des personnes qui, par la force des choses, se sentent obligées de reconnaître la responsabilité du changement climatique. Une habitante de la côte du Golfe du Mexique a déclaré : « Le réchauffement climatique est bel et bien réel. Je pense que ceux qui nient la réalité du changement climatique sont assez idiots. J’ai vécu près du Golfe du Mexique la majeure partie de ma vie et tout cela est inédit. Sans l’être humain, on n’aurait pas tout cela ».

Le déni du réchauffement climatique en Louisiane peut s’expliquer par la présence de l’industrie pétrolière dans la région. La Louisiane représente à elle seule 20% des capacités de raffinage du pays. Les ouvriers travaillent pour des entreprises qui ne souscrivent pas forcément au changement climatique parce que cela aurait un impact sur leur fonctionnement. Malgré tout, les entreprises pétrolières sont de plus en plus inquiètes pour leur chiffre d’affaires à cause de la montée des eaux ou des ravages causés par les ouragans, comme Harvey au Texas en 2017.

Source : AFP.

——————————————–

During my conference « Glaciers in Peril », I explain that religion sometimes plays an important role in countries that have to face the consequences of global warming. Thus, in Nepal, the population is convinced that it is the gods who inhabit the lakes and the mountains and that they manage Nature.
In the United States, Louisiana is one of the states where the impacts of global warming are most evident. The region is a favourite spot for hurricanes lurking in the Gulf of Mexico. “Delta” showed how powerful the elements can be.
Yet even with ankle-deep water, much of Louisiana’s people sided with President Trump and denied the influence of climate change on extreme events. Yet the scientific world has proven that global warming is caused by human activities. Hurricanes are more and more powerful and their winds more and more violent. Coastal regions of the United States, such as Louisiana, are therefore increasingly exposed to category 4 hurricanes – as was the case with Laura – with disastrous human, health, ecological and economic consequences.
Some residents of Louisiana explain recurrent hurricanes through religion. A resident of Lake Charles said: « I accept these hurricanes because there is nothing we can do but take it all as it comes. We have no power over it, only the good Lord has it. « . Everywhere in the streets of this community, messages imploring divine mercy flourished before the passage of Delta.
Louisiana, a very religious and conservative state that voted for Donald Trump in 2016 ans in 2020, is mostly part of the « Bible Belt » of the southern United States. According to a study published in 2020 by Yale University, of all the American states regularly affected by hurricanes, Louisiana is the one where people believe the least in this phenomenon.
Alongside this religious approach, other residents kick in when one tackles the topic of global warming with them. Many explain that they do not know, or that it is not really a topic that residents are talking about.
There are, however, people who feel compelled to admit the responsibility for climate change. A resident of the Gulf Coast of Mexico said: « Global warming is very real. I think those who deny the reality of climate change are pretty stupid. I have lived near the Gulf of Mexico most of my life and this is all new. Without the human activitues, we would not have all of this ».
The denial of global warming in Louisiana can be explained by the presence of the oil industry in the region. Louisiana alone represents 20% of the country’s refining capacity. Workers work for companies that do not necessarily subscribe to climate change, because it would have an impact on their operations. Still, oil companies are increasingly worried about their bottom line because of rising waters or the devastation caused by hurricanes, like Harvey in Texas in 2017.
Source: AFP.

L’ouragan Delta frappe la Louisiane (Source : NASA /NOAA)

Vers une course au lithium aux Etats Unis? // A race to lithium in the United States?

Les États-Unis vont-ils se ruer sur le lithium ? Ce métal pourrait bien devenir l’une des clés de voûte du programme d’énergie propre de 2 mille milliards de dollars prévu par le président Joe Biden. Le minéral se trouve dans le sol de Thacker Pass, une région du comté de Humboldt dans le Nevada.  Il s’agit d’une plaine, riche en sel, qui recouvre une très ancienne zone volcanique, juste au sud de la limite entre l’Oregon et le Nevada.

Lithium Americas, la société qui gère l’exploitation, estime qu’elle pourra fournir « une quantité suffisante de lithium pour alimenter une chaîne d’approvisionnement à l’échelle nationale, essentielle à une économie à faible émission de carbone. »

Le lithium, utilisé depuis longtemps dans la fabrication des batteries de téléphones et ordinateurs portables, devrait devenir un produit de plus en plus précieux si la nouvelle administration Biden demande aux constructeurs automobiles d’augmenter la production de véhicules électriques. L’extraction du lithium n’a pas vraiment la faveur des écologistes. D’un côté, l’industrie est impatiente de l’utiliser pour s’éloigner des combustibles à forte émission de carbone ; de l’autre, les défenseurs de l’environnement s’inquiètent de l’impact que les nouvelles mines peuvent avoir sur les espèces menacées et sur l’environnement. J’ai insisté à plusieurs reprises sur ce blog sur les dégâts causés aux salars d’Amérique du Sud par l’extraction du lithium.

L’approbation de la mine de Thacker Pass faisait partie des dernières décisions de l’administration Trump pour accélérer les projets énergétiques et miniers. Contrairement à certains autres projets signés à la hâte par Donald Trump dans les derniers jours de sa présidence et critiqués par les Démocrates, la production de lithium pourrait renforcer le projet de Biden visant à faire sortir l’économie américaine des combustibles fossiles. L’administration Trump considérait le lithium comme l’un des minéraux essentiels à la sécurité nationale et expliquait que son extraction pourrait permettre aux Etats Unis de se passer de l’approvisionnement étranger. Pour Biden, l’augmentation de la production nationale pourrait permettre de réduire le prix d’un élément clé de son plan climatique. Cela permettrait de proposer des offres intéressantes  aux consommateurs et les inciter à échanger leurs voitures à essence contre des voitures électriques.

De plus, favoriser l’extraction du lithium pourrait compenser la récente annulation décrétée par Biden du projet d’oléoduc Keystone XL. En octobre, le candidat démocrate à la présidence a déclaré aux mineurs, pendant sa campagne électorale, qu’il souhaitait augmenter la production de lithium dans le pays.

Cet enthousiasme pour le lithium  pourrait toutefois mettre Joe Biden face à l’opposition des écologistes qui sont vent debout contre une autre mine de lithium dans le Nevada. Selon eux, la mine détruirait l’eriogonum tiehmii, mieux connu sous le nom de sarrasin de Tiehm, une fleur du désert qui ne pousse nulle part ailleurs. La société minière australienne Ioneer Ltd. qui gère l’exploitation a étudié des solutions et proposé des plantes de remplacement. Les dirigeants de la société ne comprennent pas pourquoi les écologistes veulent entraver le développement d’un élément clé d’une «énergie propre». Selon le PDG, le changement climatique constitue une menace immédiate pour toutes les espèces sur Terre. Le lithium permettrait aux Etats Unis d’opérer la transition entre les forages pétroliers et gaziers et les énergies renouvelables.

Une grande partie du lithium de la planète provient d’Australie et d’Amérique du Sud où les entreprises chinoises sont fortement investies. Thacker Pass serait la deuxième mine de lithium en exploitation commerciale aux États-Unis, à côté d’une installation déjà implantée au Nevada et qui prévoit d’investir entre 30 et 50 millions de dollars pour doubler sa production. Ailleurs dans le pays, des milliers de concessions d’exploitation du lithium sont en attente de validation. Elles appartiennent à des spéculateurs qui pensent que les constructeurs automobiles vont augmenter leurs investissements dans les véhicules électriques.

Lithium Americas a déclaré que la société allait rechercher des financements pour le projet d’extraction du lithium à Thacker Pass. Le Nevada a déjà accordé à la société une réduction d’impôts de 9 millions de dollars sur une période de 10 ans. La mine devrait faire naître 1 000 emplois pendant la construction et 300 autres une fois qu’elle sera opérationnelle. Elle générera chaque décennie environ 75 millions de dollars de recettes fiscales à l’échelle nationale et locale.

Source: Yahoo News.

——————————————–

One of the keys to President Joe Biden’s $2 trillion clean energy plan could be LITHIUM. The mineral lies in Thacker Pass, a salt flat above a prehistoric volcano just south of the Oregon-Nevada line.

Lithium Americas, the company behind the mine, affirms it “can supply a quantity critical for establishing a strong domestic lithium supply chain required to support a low-carbon economy.”.

Lithium, long used for rechargeable batteries found in cellphones and laptops, is expected to become an increasingly valuable commodity if the new administration pushes carmakers to scale up electric vehicle production. But its extraction has splintered environmentalists. While technologists are eager to use it to transition away from carbon-based fuels, conservationists worry about the impact new mines can have on endangered species and the environment. I have insisted on this blog on the damage already caused to the salars in South America by the extraction of lithium.

The approval of the mine is among the last decisions issued by Trump’s Department of Interior to advance energy and mining projects. Unlike some other projects signed in a hurry by Donald Trump in his final days, lithium production could bolster Biden’s plans to transition the economy away from fossil fuels.

The Trump administration listed lithium among the minerals critical to national security and thought mines could help wean the country off of foreign supply. For Biden, boosting domestic production could potentially lower the price tag on a key component of his climate plan: offering rebates to consumers to trade in gas-powered for electric cars.

What is more, favouring the mining of lithium might compensate Joe Biden’s cancellation of permits for the Keystone XL oil pipeline. In October, the Democrat candidate to the presidency told miners during his campaign that he wanted to increase lithium production domestically.

The enthusiasm could put him at odds with conservationists, who are fighting another proposed Nevada lithium mine they say would destroy Tiehm’s Buckwheat, a desert flower not known to exist elsewhere. Australia-based mining company Ioneer Ltd. is developing plans to mitigate damage to the flower by trying to grow replacement plants. The executive chairman of its board does not understand why environmentalists want to prevent development of a key element to future “clean energy.” In his opinion, climate change poses an immediate threat to all the species on Earth. Lithium would enable the nation’s transformation from oil and gas drilling to renewable energy.

Much of the world’s lithium supply comes from Australia and South America, where Chinese firms are heavily invested. Thacker Pass would be the second commercial lithium mine in operation in the U.S., following a central Nevada facility that plans to invest between 30 and 50 million dollars to double production. Elsewhere, thousands of claims for the mineral have been staked on federal lands by speculators who anticipate carmakers will expand investments into electric vehicles.

Lithium Americas said that the company now plans to seek financing for the project. Nevada has offered the company 9 million dollars in tax rebates over a 10-year period. The mine is projected to require 1,000 jobs during construction and 300 once completed, generating roughly 75 million dollars in state and local tax revenue over a decade.

Source : Yahoo News.

Vue du site de Thacker Pass (Source : Lithium Americas)

Sites d’extraction du lithium aux Etats Unis (Source : Proactive Investors)

Le dernier coup d’éclat de Trump // Trump’s latest glorious feat

Les gens qui, comme moi, aiment l’Alaska et l’Arctique ont inévitablement entendu parler de l’Arctic National Wildlife Refuge (ANWR), 78000 kilomètres carrés d’une beauté sauvage à couper le souffle dans la région de North Slope, au nord-est de l’Alaska. C’est le plus grand refuge faunique des États-Unis. On y rencontre une grande variété de plantes, d’animaux et d’oiseaux migrateurs.

La menace planait  depuis plusieurs années. Le président Barack Obama avait fait la sourde oreille, mais Donald Trump ne pouvait pas quitter la présidence sans prendre une de ces décisions stupides dont il a le secret : ouvrir l’ANWR au forage pétrolier et gazier. Les protagonistes du  projet parlent de forage «écologiquement sûr» mais oublient de mentionner les innombrables fuites d’hydrocarbures à Prudhoe Bay et le long de l’oléoduc Trans-Alaska, sans oublier les dizaines de milliers de mètres cubes qui ont pollué le sol pendant des jours.

Le 6 janvier 2021, le Bureau of Land Management, qui dépend de l’administration Trump, doit organiser une vente virtuelle de baux pétroliers et gaziers pour forer dans l’ANWR. Plus précisément, les forages auront lieu dans la vaste plaine côtière, au coeur même du Refuge. Cette zone est un lieu de naissance de la faune arctique, en particulier pour les ours polaires de la Mer de Beaufort, une espèce menacée qui ne compte que 900 individus.

Avec ce projet de forage, ce sont 10 000 années de beauté naturelle qui seront bientôt proposées au plus offrant, à partir de 25 dollars l’acre (0,40 ha). L’acquéreur pourra donc librement effectuer des tests sismiques, ce qui revient à faire vibrer la terre avec un énorme équipement. Si les tests montrent une belle promesse de pétrole (qui reste à prouver), on verra probablement apparaître un complexe industriel avec des routes, des pistes d’atterrissage et des oléoducs connectés à Prudhoe Bay, à environ 130 kilomètres à l’ouest. De toute façon, même si les tests sismiques ne sont pas concluants, ils laisseront de nombreuses cicatrices qui seront visibles pendant des décennies.

Avec Donald Trump, l’initiatrice du projet est Lisa Murkowski, la sénatrice de l’Alaska. Elle et ses collègues républicains ont déclaré que le projet injecterait des revenus importants dans les finances de l’Etat, malgré la mise en garde de l’organisation Taxpayers for Common Sense selon laquelle le projet serait «de toute évidence irresponsable et imprudent sur le plan financier».

Il y a plusieurs mois, cinq grandes banques américaines ont déclaré qu’elles ne financeraient pas l’extraction de combustibles fossiles dans le Refuge Arctique. Selon elles, les forages dans cette réserve naturelle de l’Arctique n’ont aucun sens actuellement avec la forte volatilité du marché pétrolier. L’administration Trump a décidé d’ignorer cette recommandation et a hâte de vendre l’un des endroits les plus sauvages et les plus beaux de la planète avant que Joe Biden ne prenne ses fonctions en janvier. Trump se moque des mises en garde des experts selon lesquels la politique économique américaine reposant sur les combustibles fossiles est, à long terme, suicidaire. Le problème, c’est que l’Alaska est politiquement républicain et le pétrole finance 85% du budget de fonctionnement de l’État. Chaque habitant reçoit un chèque annuel de dividende pétrolier !

La décision de l’administration Trump va à l’encontre du dernier rapport du GIEC dont la conclusion était que «nous devons réduire de moitié nos émissions de CO2 d’ici 2030 et laisser dans le sol 80% de toutes les réserves pétrolières connues, sans les faire brûler. Sinon, notre planète connaîtra une hausse de température estimée à quatre degrés Celsius d’ici 2100.» Pour la population de la région, les Gwich’in, l’Arctic National Wildlife Refuge est «le lieu sacré où la vie commence». Pour essayer de sauver le Refuge, ils ont intenté des poursuites avec d’autres groupes autochtones ; ils ont essayé de convaincre de grandes banques, vêtus de leur tenue traditionnelle. En vain. C’était le pot de terre contre le pot de fer…

Source: Yahoo News, The Guardian.

———————————————-

People who, like me, love Alaska and the Arctic have inevitably heard of the Arctic National Wildlife Refuge (ANWR), a 78,000-square-kilometre place of stunning wild beauty in north-east Alaska, in the North Slope region. It is the largest national wildlife refuge in the United States. The refuge includes a large variety of species of plants and animals and migratory birds.

The threat had been there for several years. President Barack Obama had turned a deaf ear, but Donald Trump could not leave the presidency without making another stupid decision: open ANWR to oil and gas drilling. The people who encourage the project talk about drilling in an “environmentally safe” manner without mentioning the hundreds of oil spills in Prudhoe Bay and along the Trans-Alaska Oil pipeline, including a 267,000-gallon spill that went undetected for days.

On January 6th, 2021, the Bureau of Land Management, directed by the Trump administration, is scheduled to hold a virtual oil and gas lease sale for drilling in ANWR. More specifically, the drilling would take place in the vast coastal plain, the Refuge’s biological heart: the birthing grounds of the Arctic fauna, especially the Beaufort Sea population of polar bears, a threatened species, numbering only 900.

Thus, 10,000 years of natural beauty will soon be granted to the highest bidder, beginning at $25 an acre. The winner could initiate seismic testing, which means shaking the earth with massive vibration trucks. If the testing shows a strong promise of oil (which is currently unknown), they may build an industrial complex of roads, desalinization plants, airstrips and pipelines, all tied into Prudhoe Bay, about 130 kilometres to the west. Even if the seismic testing does not prove successful, it will produce many scars visible for decades.

Together with Donald Trump, the initiator of the project is Alaska’s Republican senator Lisa Murkowski.. She and her Republican colleagues said it would pump significant revenue into the treasury, despite the Taxpayers for Common Sense’s warning that it would be “blatantly irresponsible and fiscally reckless”.

Months ago, five major U.S. banks announced they would not finance fossil fuel extraction in the Arctic Refuge. They said that Arctic refuge drilling makes zero sense in today’s reality of high oil market volatility. The Trump Administration is ignoring the warning and rushing to sell off one of the wildest places before President-elect Biden takes office in January. Trump does it despite the experts’ warning that the US fossil fuel economy is, in the long run, suicidal. However, in politically conservative Alaska, where oil finances 85% of the state’s operating budget and every resident gets an annual oil dividend check.

The Trump Administration’s decision goes against the recent report of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) whose conclusion was that “we must cut our CO2 emissions in half by 2030, and leave 80% of all known oil reserves in the ground, unburned. If not, our planet will experience an estimated four-degree Celsius rise by 2100.”

The local Gwich’in people call the Arctic national wildlife refuge “the sacred place where life begins.” To save the refuge, they have filed lawsuits with other Native groups, and visited major banks, dressed in their traditional attire. But it was definitely the earthen pot against the iron pot…

Source: Yahoo News, The Guardian.

Source : Wikipedia