Le réchauffement climatique et les incendies à Los Angeles (suite) // Global warming and wildfires in Los Angeles (continued)

C’est fou : suivant leur futur président qui un jour a prétendu que le réchauffement climatique était un canular, la plupart des médias américains font tout ce qu’ils peuvent pour essayer d’expliquer les incendies qui ont ravagé Los Angeles par d’autres causes que le réchauffement climatique. Heureusement, au sein de toute cette cacophonie d’arguments parfois farfelus, certains organes de presse reconnaissent que la hausse des températures est largement responsable du désastre. Ainsi, le très sérieux  New York Times débute son article en rappelant que 2024 A ÉTÉ L’ANNÉE LA PLUS CHAUDE DE TOUS LES TEMPS.

Avec la hausse des températures partout dans le monde et des océans anormalement chauds, les scientifiques expliquent que lnous sommes entrés dans une nouvelle ère où se multiplient les inondations de grande ampleur, les tempêtes et les incendies. Tous ces phénomènes sont aggravés par le réchauffement climatique d’origine anthropique.
Les très violents incendies qui ravagent Los Angeles ne sont que la dernière conséquence de conditions météorologiques extrêmes qui deviennent de plus en plus furieuses et imprévisibles. Les incendies sont très inhabituels dans le sud de la Californie en janvier, qui est censé être la saison des pluies. Il en va de même pour les cyclones dans les Appalaches, où les ouragans Helene et Milton ont détruit des localités en octobre.
Les incendies de végétation sont plus violents et se déplacent plus rapidement. Les tempêtes deviennent plus fortes et véhiculent plus d’humidité. De plus, la hausse des températures dans le monde entraîne des vagues de chaleur et des sécheresses, qui peuvent être dévastatrices et exposer les populations à des dangers tels que des coulées de boue avec le retour de fortes pluies.
Partout dans le monde, les conditions météorologiques extrêmes et la chaleur torride ont tué des milliers de personnes en 2024 et en ont déplacé des millions. C’est ainsi que des pèlerins ont perdu la vie sous une chaleur torride en Arabie saoudite. En Europe, la chaleur extrême a contribué à au moins 47 000 décès en 2024. Aux États-Unis, les décès liés à la chaleur ont doublé au cours des dernières décennies.
L’ancien vice-président Al Gore, qui met en permanence en garde contre les effets du réchauffement climatique depuis des décennies, a déclaré : « Nous sommes désormais dans une nouvelle ère. Ces événements extrêmes liés au climat augmentent rapidement, à la fois en fréquence et en intensité. »
Les incendies qui font actuellement rage à Los Angeles sont parmi les plus destructeurs de l’histoire des États-Unis. Le 13 janvier, les flammes avaient consumé plus de 1150 kilomètres carrés et détruit des milliers de bâtiments. Au moins 24 personnes sont mortes et, selon AccuWeather, les pertes pourraient atteindre 150 milliards de dollars.
Bien qu’il ne soit pas possible de dire avec certitude si le réchauffement climatique est, à lui seul, à l’origine des incendies de Los Angeles, ceux-ci sont provoqués par un certain nombre de conditions de plus en plus courantes sur une planète de plus en plus chaude.
L’hiver dernier, le sud de la Californie a reçu d’énormes quantités de pluie qui ont entraîné une croissance extensive de la végétation. Aujourd’hui, plusieurs mois après le début de la saison des pluies, Los Angeles connaît une sécheresse. Il n’a pas plu depuis le 5 mai 2024. Depuis cette date, Los Angeles connaît la deuxième période la plus sèche de son histoire.
Les températures dans la région ont également été plus élevées que la normale. En conséquence, de nombreuses plantes qui avaient poussé l’année dernière sont desséchées, ce qui transforme les arbres, les herbes et les buissons en sources d’incendies potentielles. Cette combinaison de chaleur et de sécheresse, que les scientifiques attribuent au réchauffement climatique, a créé les conditions idéales pour que des incendies se déclenchent à Los Angeles.

Les vents violents de Santa Ana constituent un troisième facteur qui alimente les incendies. Soufflant tous les ans vers l’ouest depuis l’Utah et le Nevada, ils ne peuvent pas être directement liés au réchauffement climatique. Cependant, les vents qui ont attisé les flammes à Los Angeles ont été particulièrement violents, avec des rafales de plus de 160 kilomètres par heure, aussi puissantes qu’un ouragan de catégorie 2. C’est cette vitesse inhabituelle qui peut être attribuée au réchauffement climatique. Comme je l’ai écrit précédemment, les scientifiques expliquent que la fonte des glaces de l’Arctique crée des changements dans le comportement du jet-stream qui favorisent les grands incendies de végétation provoqués par le vent en Californie. Des études récentes ont montré que les épisodes de vent de Santa Ana pourraient devenir moins fréquents, mais aussi plus intenses pendant les mois d’hiver en raison de la crise climatique.
Les incendies dans l’Ouest des États Unisse sont intensifiés ces dernières années. En 2017, des milliers de maisons ont brûlé à Santa Rosa, en Californie. L’année suivante, le Camp Fire a rasé plus de 13 000 maisons à Paradise. En 2021, environ un millier de maisons ont brûlé près de Boulder, dans le Colorado.

Alors que les incendies sévissaient à Los Angeles, la tragédie est devenue la cible d’attaques politiques. Le président élu Donald Trump a accusé la gouverneur de Californie, une Démocrate, d’être responsable de la catastrophe. M. Trump a prétendu à tort que les protections étatiques et fédérales pour une espèce de poissons menacée avaient entravé les efforts de lutte contre les incendies en provoquant des pénuries d’eau.
Elon Musk, l’homme le plus riche de la planète et allié de M. Trump, s’est immiscé dans le débat sur le rôle du réchauffement climatique dans les incendies. M. Musk a déclaré : « Le risque de changement climatique est réel, mais beaucoup plus lent que ne le prétendent les alarmistes »,. Il a ajouté que la destruction des maisons était principalement le résultat d’une « surréglementation absurde » et d’une « mauvaise gouvernance au niveau des États et au niveau local qui a entraîné une pénurie d’eau ». Ces affirmations ont été réfutées par les scientifiques, qui ont rappelé qu’à mesure que les humains continuent de réchauffer la planète avec des émissions de gaz à effet de serre, les conditions météorologiques extrêmes deviennent plus fréquentes.
Source : Adapté de l’article paru dans le The New York Times

Carte des principaux foyers d’incenie à Los Angeles le 12 janvier 2024 (Source : California Department of Forestry and Fire Protection / Cal Fire)

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Des milliers d’habitants d’Anchorage, la plus grande ville d’Alaska, étaient toujours privés d’électricité le 13 janvier 2025, au lendemain d’une puissante tempête qui a provoqué des vents de force ouragan.. Les rafales tempétueuses ont abattu des lignes électriques, endommagé des arbres, forcé plus d’une douzaine d’avions à se dérouter et provoqué l’effondrement d’une passerelle piétonne au-dessus d’une route.
Une rafale de vent de 212 km/h a été enregistrée dans une station météorologique au sud d’Anchorage. Au nord de la ville, une rafale de 172 km/h a été enregistrée dans la vallée de l’Arctique, et dans la ville, une rafale de 121 km/h a également été enregistrée. Les vents de force ouragan commencent à 119 km/h.
Les services météorologiques expliquent ces vents violents par un important système dépressionnaire en Mer de Béring qui a véhiculé de l’humidité, avec des températures plus chaudes que la moyenne (supérieures 4 degrés Celsius) à Anchorage le 12 janvier 2025.

Là encore, pas un mot sur le réchauffement climatique qui, comme pour les vents de Santa Ana en Californie, est probablement responsable de ces vents jamais vus auparavant à Anchorage, et des températures inhabituellement chaudes en Mer de Béring.

Source: Anchorage Daily News.

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It’s crazy: Following their future president who once claimed that global warming was a hoax, most American media are doing everything they can to try to explain the wildfires that ravaged Los Angeles by causes other than global warming. Fortunately, in the midst of all this cacphony of sometimes outlandish arguments, some news outlets acknowledge that rising temperatures are largely responsible for the disaster. For example, the New York Times  begins its article by recalling that 2024 WAS THE WARMEST YEAR EVER.

With temperatures rising around the globe and the oceans unusually warm, scientists are warning that the world has entered a dangerous new era of chaotic floods, storms and fires made worse by human-caused global warming

The firestorms ravaging the country’s second-largest city are just the latest spasm of extreme weather that is growing more furious as well as more unpredictable. Wildfires are highly unusual in Southern California in January, which is supposed to be the rainy season. The same is true for cyclones in Appalachia, where Hurricanes Helene and Milton shocked the country when they tore through mountain communities in October.

Wildfires are burning hotter and moving faster. Storms are getting bigger and carrying more moisture. And soaring temperatures worldwide are leading to heat waves and drought, which can be devastating on their own and leave communities vulnerable to dangers like mudslides when heavy rains return.

Around the globe, extreme weather and searing heat killed thousands of people in 2024 and displaced millions, with pilgrims dying as temperatures soared in Saudi Arabia. In Europe, extreme heat contributed to at least 47,000 deaths in 2024. In the United States, heat-related deaths have doubled in recent decades.

Former Vice President Al Gore, who has warned of the threats of global warming for decades, declared : “We’re in a new era now, These climate related extreme events are increasing, both in frequency and intensity, quite rapidly.”

The fires currently raging in Los Angeles are already among the most destructive in U.S. history. By January 13th, the blazes had consumed more than 150 square kilometers and destroyed thousands of buildings. At least 24 people have died, and losses could top $150 billion, according to AccuWeather.

Although it is not possible to say with certainty whether it was caused by global warming, the Los Angeles fires are being driven by a number of conditions that are becoming increasingly common on a hotter planet.

Last winter, Southern California got huge amounts of rain that led to extensive vegetation growth. Now, months into what is typically the rainy season, Los Angeles is experiencing a drought. The last time it rained more than a 0.2 centimeters was on May 5th. Since then, it has been the second-driest period in the city’s recorded history.

Temperatures in the region have also been higher than normal. As a result, many of the plants that grew last year are parched, turning trees, grasses and bushes into kindling that was ready to explode. That combination of heat and dryness, which scientists say is linked to global warming, created the ideal conditions for an urban firestorm.

A third factor fueling the fires, the fierce Santa Ana winds, which blow West from Utah and Nevada, cannot be directly linked to global warming. But the winds that blew the flames in L.A. have been particularly ferocious, gusting at more than 160 kilometers per hour, as fierce as a Category 2 Hurricane.This unusual speed can be attributed to global warming. Scientists explain that melting Arctic ice creates changes in the jetstream’s behavior that make wind-driven large wildfires in California more likely. Recent studies have found that Santa Ana wind events could get less frequent but perhaps more intense in the winter months due to the climate crisis..

Fires across the West have been getting worse in recent years. In 2017, thousands of homes in Santa Rosa, California, burned to the ground. The next year, the Camp fire leveled more than 13,000 homes in Paradise. In 2021, roughly a thousand homes burned near Boulder, Colorado.

As the Los Angeles fires consumed some of the most valuable real estate in the world, an unfolding tragedy became fodder for political attacks. President-elect Donald Trump blamed The Californian Governor, a Democrat, for the disaster. Mr. Trump inaccurately claimed that state and federal protections for a threatened fish had hampered firefighting efforts by leading to water shortages.

Elon Musk, the world’s richest man and an ally of Mr. Trump, inserted himself into the debate over the role global warming plays in wildfires. Said Mr. Musk : “Climate change risk is real, just much slower than alarmists claim,” He said the loss of homes was primarily the result of “nonsensical overregulation” and “bad governance at the state and local level that resulted in a shortage of water.” Those claims were rebutted by scientists, who noted that, as humans continue to warm the planet with emissions, extreme weather is becoming more common.

Source : Adapted from the article in The New York Times.

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Thousands of residents across Anchorage, Alaska’s largest city were still without power on January 13th, 2025, a day after a powerful storm brought hurricane-force winds that downed power lines, damaged trees, forced more than a dozen planes to divert, and caused a pedestrian bridge over a highway to partially collapse.

A 212-kph wind gust was recorded at a weather station south of Anchorage. Just north of the city, a 172-kph gust was recorded in Arctic Valley, and within the city a 121-kph gust was recorded. Hurricane-force winds start at 119 kph.

The weather services explain these powerful winds by a large low-pressure system in the Bering Sea that brought the high winds, moisture and warmer than average temperatures (slightly over 4.4 degrees Celsius) to Anchorage on January 12th, 2025.

Here again, not a word about global warming which, like for the Ana winds in California, was probably responsible for these winds never seen before in Anchorage, and for the unusually warm temperatures in the Bering Sea.

Source: Anchorage Daily News.

Groenland : Trump remet ça ! // Greenland: Trump is at it again!

Le gouvernement danois vient d’annoncer une augmentation considérable des dépenses de défense pour le Groenland, quelques heures après que le président élu Donald Trump a réitéré son désir d’acheter le territoire arctique. Trump a déclaré que la possession et le contrôle de l’immense île étaient une « nécessité absolue » pour les États-Unis. Trump a également plaisanté (pas si sûr !) en disant qu’il aimerait que le Canada soit le 51ème État des États Unis.
Le Groenland, un territoire danois autonome, abrite de grandes installation spatiales américaines et est stratégiquement important pour les États-Unis car l’île est située sur la route la plus courte entre l’Amérique du Nord et l’Europe. De plus, le Groenland possède d’importantes réserves minérales. Copenhague prévoit de dépenser l’équivalent d’environ 1,5 milliard de dollars dans le nouveau projet de défense qui comprend deux patrouilleurs de classe Thetis, deux drones à longue portée, deux équipes de chiens de traîneau et davantage de personnel militaire danois.
Jusqu’à présent, le Danemark a mis beaucoup de temps à étendre sa capacité militaire au Groenland, Si le pays n’est pas en mesure de protéger rapidement ses eaux territoriales contre les empiètements de la Chine et de la Russie, les Américains vont probablement faire pression pour avoir la mainmise sur le territoire.
La proposition initiale de Trump, en 2019, d’acquérir le Groenland a suscité une vive protestation de la part des dirigeants de ce pays. À l’époque, le Premier ministre danois avait qualifié l’idée d' »absurde », ce qui a conduit Trump à annuler un voyage d’État dans le pays.
Trump n’est pas le premier président américain à suggérer d’acheter le Groenland. L’idée a été évoquée pour la première fois dans les années 1860 sous la présidence d’Andrew Johnson.
L’Arctique est une sphère majeure de sécurité nationale car les États-Unis cherchent à contrer l’influence croissante de la Russie et de la Chine dans une région qui s’ouvre davantage à la navigation à mesure que le réchauffement climatique fait fondre les glaces et crée de nouvelles voies de navigation.
Les États-Unis travaillent également en étroite collaboration avec des alliés de l’Arctique comme le Canada et la Finlande pour construire davantage de navires de patrouille capables de naviguer dans la région. Les garde-côtes ont annoncé que les travaux avaient été approuvés pour le premier nouveau brise-glace polaire lourd depuis plus de cinq décennies. Le Danemark est également membre de l’alliance de l’OTAN et un partenaire des États-Unis dans la région arctique.
Outre le Groenland, Trump a également déclaré que les États-Unis devraient avoir le contrôle du canal de Panama, qui appartient et est exploité par le Panama depuis 1999. Les États-Unis ont contribué à la construction du canal et ont exploité cette voie navigable, essentielle pour le transport maritime mondial, pendant la majeure partie du 20ème siècle.
Source : La BBC.

Intérêt grandissant des États Unis pour le Groenland pour des raisons stratégiques, de navigation et minières

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The Danish government has announced a huge boost in defence spending for Greenland, hours after President-elect Donald Trump repeated his desire to purchase the Arctic territory. Trump said ownership and control of the huge island was an « absolute necessity » for the US. Trump has also joked (not so sure!) about making Canada the 51st state.

Greenland, an autonomous Danish territory, is home to a large US space facility and is strategically important for the US, lying on the shortest route from North America to Europe. It has major mineral reserves. Copenhagen plans to spend the equivalent of around $1.5 billion in the new defense package.The package includes two Thetis-class patrol boats, two long-range drones, two sled dog teams and more Danish military personnel in Greenland.

Until now Denmark has been very slow to expand its military capacity in Greenland but if the country is not able to protect waters around the territory against encroachments by China and Russia then US demands for greater control are likely to grow.

Trump’s original suggestion in 2019 that the US acquire Greenland, which is the world’s largest island, led to a similarly sharp rebuke from leaders there. At the time the Danish Prime Minister described the idea as « absurd », leading Trump to cancel a state trip to the country.

He is not the first US president to suggest buying Greenland. The idea was first mooted during the 1860s under the presidency of Andrew Johnson.

The Arctic is a major sphere of national security as the U.S. is looking to counter growing Russian and Chinese influence in a region that is opening up more as climate change melts ice and creates new pathways.

The U.S. is also working closely with Arctic allies like Canada and Finland to build more patrol ships that can navigate the region, and the Coast Guard has announced work had been approved for the first new heavy polar icebreaker in more than five decades.Denmark is also a member of the Western security alliance NATO and a U.S. partner in the Arctic region.

Besides Greenland, Trump also said the U.S. should have control of the Panama Canal, which has been owned and operated by Panama since 1999. The U.S. helped build the canal and operated the waterway, which is vital for world shipping, for most of the 20th century.

Source : The BBC.

2024, l’année la plus chaude. Les 1,5°C de réchauffement sont dépassés !

On s’en doutait et les climatologues l’annonçaient depuis plusieurs mois : l’agence européenne Copernicus vient d’indiquer que l’année 2024 sera la plus chaude jamais enregistrée et la première à dépasser les 1,5°C promis par l’Accord de Paris à l’issue de la COP 21 de 2015. Jamais le coup de marteau de Laurent Fabius n’a semblé aussi ridicule.

L’année 2023 avait déjà battu des records et frôlé le seuil fatidique de 1,5°C. 2024 l’a atteint et même dépassé. Tout laisse à penser que les records vont se succéder au cours des prochaines années. On parle ici de la température globale de la planète et pas de températures locales qui, en de nombreux points du globe ont déjà pulvérisé ce niveau de chaleur moyenne.

Il est bien évident qu’avec un tel dépassement des températures, les événements météorologiques extrêmes vont se multiplier et devenir de plus en plus violents. On vient d’en avoir des échantillons avec les ouragans Helene et Milton aux États-Unis et avec l’épisode méditerranéen qui a ravagé la région de Valence en Espagne.

C’est dans ce contexte que la COP 29 va s’ouvrir à Bakou en Azerbaïdjan. Le titre de la note à paraître demain sur ce blog montre tout le bien que j’en pense. Avec l’élection de Donald Trump, on se retrouve dans le même contexte que la COP 22 de Marrakech en 2016 qui, comme les autres conférences, n’avait débouché sur rien de concret et de contraignant.

Avec Trump à la Maison Blanche, les États-Unis vont sans aucun doute changer radicalement de politique environnementale. Le futur président n’a jamais caché son climatoscepticisme. Il avait qualifié le réchauffement de la planète de « canular » et il a promis de relancer l’extraction des énergies fossiles. Parmi ses autres promesses, il y a la fin des réglementations sur les émissions polluantes des voitures et la fin des normes pour limiter les émissions des centrales à charbon. Il est donc peu probable que l’Oncle Sam participe au financement climatique, autrement dit à l’effort de solidarité visant à aider les pays en voie de développement qui sont victimes du réchauffement climatique sans en être la cause. Je crains fort que Trump réduise considérablement le financement des agences climatiques. Les communiqués qui étaient devenus fréquents sous l’ère Biden risquent de se réduire comme peau de chagrin.

Avec la hausse des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, les États Unis vont prendre des gifles de plus en plus sévères à l’occasion de nouveaux ouragans que je me propose d’appeler « Trump 1 », « Trump 2 », etc. à partir du mois de janvier 2025 lorsque le milliardaire sera effectivement en poste à la Maison Blanche…

De puissants ouragans comme Helene vont devenir de plus en plus fréquents et de plus en plus violents (Source: NASA)

Du lithium dans un volcan // Lithium in a volcano

A l’heure des voitures électriques, on parle beaucoup – mais pas assez à mon avis – du lithium, composant essentiel des batteries de cette nouvelle génération de véhicules. J’ai attiré l’attention dans plusieurs notes sur les dégâts causés à l’environnement par l’extraction de ce minéral. En particulier, en Amérique du Sud, on se dirige vers un saccage des salars comme celui d’Uyuni en Bolivie, l’un des lieux les plus extraordinaires que j’aie jamais visités.

On apprend aujourd’hui qu’une couche d’argile dans le cratère du volcan McDermitt, dans l’ouest des Etats-Unis, pourrait contenir 20 à 40 millions de tonnes de lithium. Il s’agit d’une région du comté de Humboldt dans le Nevada. C’est une plaine, riche en sel, qui recouvre une très ancienne zone volcanique, juste au sud de la limite entre l’Oregon et le Nevada. Ce gigantesque cratère volcanique, formé il y a 16 millions d’années, aurait une réserve de ce minéral qui dépasserait celle du salar d’Uyuni et ses 10,2 millions de tonnes.

L’annonce de ce nouveau gisement provient d’une des entreprises minière reconnue et déjà présente sur site, Lithium Americas, qui a publié ses résultats via un article scientifique dans la revue Science Advances, fin août 2023.

Cette zone volcanique est connue depuis longtemps (voir mes notes du 29 janvier et du 27 février 2021) . La caldeira McDermitt s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés de superficie et compte déjà deux gisements bien identifiés dans la zone Sud : celui de Thacker Pass, développé par Lithium Americas, ainsi qu’un autre porté par Jindalee Resources. Dans les deux cas, des années d’exploration, de forages et d’études ont permis de prouver que les gisements font partie des plus grands des Etats-Unis.

L’approbation de la mine de Thacker Pass faisait partie des dernières décisions de l’administration Trump pour accélérer les projets énergétiques et miniers. Contrairement à certains autres projets signés à la hâte par Donald Trump dans les derniers jours de sa présidence et critiqués par les Démocrates, la production de lithium pourrait renforcer le projet de Biden visant à faire sortir l’économie américaine des combustibles fossiles. L’administration Trump considérait le lithium comme l’un des minéraux essentiels à la sécurité nationale et expliquait que son extraction pourrait permettre aux Etats Unis de se passer de l’approvisionnement étranger. Pour Biden, l’augmentation de la production nationale pourrait permettre de réduire le prix d’un élément clé de son plan climatique. Cela permettrait de proposer des offres intéressantes  aux consommateurs et les inciter à échanger leurs voitures à essence contre des voitures électriques.

Une grande partie du lithium de la planète provient d’Australie et d’Amérique du Sud où les entreprises chinoises sont fortement investies. Thacker Pass serait la deuxième mine de lithium en exploitation commerciale aux États-Unis, à côté d’une installation déjà implantée au Nevada et qui prévoit d’investir entre 30 et 50 millions de dollars pour doubler sa production. Ailleurs dans le pays, des milliers de concessions d’exploitation du lithium sont en attente de validation. Elles appartiennent à des spéculateurs qui pensent que les constructeurs automobiles vont augmenter leurs investissements dans les véhicules électriques.

Source : Médias internationaux.

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In the age of electric cars, we talk a lot – but not enough in my opinion – about lithium, an essential component of the batteries of this new generation of vehicles. I have drawn attention in several posts to the damage caused to the environment by the extraction of this mineral. In particular, in South America, we are heading towards a salar rampage like that of Uyuni in Bolivia, one of the most extraordinary places I have ever visited.
We learn today that a layer of clay in the crater of the McDermitt volcano, in the western United States, could contain 20 to 40 million tons of lithium. It is an area in Humboldt County, Nevada. It is a plain, rich in salt, which covers a very ancient volcanic zone, just south of the border between Oregon and Nevada. This gigantic volcanic crater, formed 16 million years ago, would have a reserve of this mineral which would exceed that of the Uyuni salar and its 10.2 million tonnes.
The announcement of this new deposit comes from one of the mining companies already present on site, Lithium Americas, which published its results via a scientific article in the journal Science Advances, at the end of August 2023.
This volcanic area has been known for a long time (see my posts of January 29th and February 27th, 2021). The McDermitt caldera extends over several dozen square kilometers and already has two well-identified deposits in the southern zone: that of Thacker Pass, developed by Lithium Americas, as well as another carried by Jindalee Resources. In both cases, years of exploration, drilling and studies have proven that the deposits are among the largest in the United States.

The approval of the mine is among the last decisions issued by Trump’s Department of Interior to advance energy and mining projects. Unlike some other projects signed in a hurry by Donald Trump in his final days, lithium production could bolster Biden’s plans to transition the economy away from fossil fuels.

The Trump administration listed lithium among the minerals critical to national security and thought mines could help wean the country off of foreign supply. For Biden, boosting domestic production could potentially lower the price tag on a key component of his climate plan: offering rebates to consumers to trade in gas-powered for electric cars.

Much of the world’s lithium supply comes from Australia and South America, where Chinese firms are heavily invested. Thacker Pass would be the second commercial lithium mine in operation in the U.S., following a central Nevada facility that plans to invest between 30 and 50 million dollars to double production. Elsewhere, thousands of claims for the mineral have been staked on federal lands by speculators who anticipate carmakers will expand investments into electric vehicles.

Source : International news media.

 

Vue du site de Thacker Pass (Source : Lithium Americas)

Sites d’extraction du lithium aux Etats Unis (Source : Proactive Investors)

Salar d’Uyuni (Photo: C. Grandpey)