Un nouvel outil Copernicus ! // A new Copernicus tool !

Dans mes informations sur le climat et le réchauffement de notre planète, je fais souvent référence à Copernicus – Copernicus Climate Change Service (C3S) – le programme d’observation de la Terre de l’Union européenne. Copernicus offre des services d’information basés sur l’observation de la Terre par satellite et les données in situ. Toutes ces informations aident les prestataires de services, les autorités publiques et les autres organisations internationales à améliorer la qualité de vie des citoyens européens. A noter que les services d’information fournis sont accessibles gratuitement et librement à ses utilisateurs.

Copernicus a récemment lancé un nouvel outil, une page intitulée « Climate Pulse », qui permet de visualiser les données journalières sous forme de graphique, de fichier CSV – Comma-separated values – valeurs séparées par des virgules) et de carte d’anomalies. Le lien vers cette page est le suivant : https://pulse.climate.copernicus.eu.

L’avantage principal de cet outil est d’obtenir les données beaucoup plus rapidement. Ainsi, les données du 24 avril (image ci-dessous) sont désormais disponibles dès le 26 avril, ce qui n’était pas la cas ces dernières années. Copernicus précise que les graphiques sont basés sur les données de la réanalyse climatique ERA5, un ensemble de données mondial produit pour le C3S par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (European Centre for Medium-Range Weather Forecasts – ECMWF).

En regardant le graphique de gauche, on se rend compte que le niveau de température le 24 avril 2024 est supérieur à ce qu’il était au même moment en 2023 (14,97°C en 2023 et 15,25°C en 2024). Ce n’est pas parce que nous avons une sensation de froid en ce moment en France qu’il faut s’empresser de généraliser à l’ensemble de la planète !

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My information on the climate and the warming of our planet often refers to Copernicus – Copernicus Climate Change Service (C3S) – the Earth observation program of the European Union. Copernicus offers information services based on satellite Earth observation and in situ data. All this information helps service providers, public authorities and other international organizations improve the quality of life of European citizens. The information services provided are free and freely accessible to its users.
Copernicus recently launched a new tool, a page called « Climate Pulse », which allows to visualize daily data in the form of a graph, a CSV file (Comma-separated values) and an anomaly map. The link to this page is: https://pulse.climate.copernicus.eu

The main advantage of this tool is to get the data much faster. Thus, the data for April 24th (image above) are now available on April 26th, which was not the case in recent years. Copernicus specifies that the graphs are based on data from the ERA5 climate reanalysis, a global dataset produced for C3S by the European Center for Medium-Range Weather Forecasts (ECMWF).

El Niño se termine. Et maintenant ? // El Niño is coming to an end. What now ?

El Niño – El Niño-Southern Oscillation, ou ENSO pour le nom complet – est tenu pour responsable des températures record qui ont affecté notre planète au cours des derniers mois. Aujourd’hui, les scientifiques affirment qu’El Niño a pris fin. Le Bureau australien de météorologie confirme que l’océan Pacifique s’est « considérablement refroidi » entre le 8 et le 15 avril 2024.
Le dernier épisode El Niño a débuté en juin 2023 et a entraîné une hausse de la température des eaux de surface du Pacifique, ce qui a contribué à ajouter un surplus de chaleur dans l’atmosphère. La question est maintenant de savoir ce qui va se passer dans les prochains mois. Les derniers records mensuels de températures ont fait craindre à certains scientifiques que le monde ne bascule dans une nouvelle phase de réchauffement climatique encore plus rapide. Quoi qu’il en soit, les mois qui suivront la fin d’El Niño nous indiqueront si les récents records de température sont dus ou non à une accélération du réchauffement climatique.
L’évolution de la situation climatique englobe en général trois phases différentes : un épisode El Niño chaud suivi de conditions neutres et/ou une période La Niña plus fraîche.

El Niño et La Niña dans le Pacifique oriental (Source : NOAA)

Toutes les quelques années, l’apparition d’El Niño entraîne des changements spectaculaires dans la météo de nombreuses régions du monde. Ainsi, l’arrivée d’eaux plus chaudes à la surface de l’océan au large des côtes du Pérou en Amérique du Sud provoque une augmentation des sécheresses et des inondations dans différentes parties du monde.
Les scientifiques ne sont pas tous d’accord sur ce qui se passera après El Niño. Des chercheurs américains ont récemment déclaré qu’il y avait 60 % de chances qu’un épisode La Niña se développe entre juin et août 2024, et 85 % de chances qu’il se produise d’ici l’automne. De son côté, le Bureau météorologique australien affirme que de telles affirmations doivent être traitées avec prudence. Ils s’attendent à ce que des conditions neutres perdurent au moins jusqu’en juillet de cette année. Ils attirent l’attention sur la chaleur actuelle des océans qui, selon eux, affecte El Niño.
Il est important de savoir si La Niña suivra immédiatement El Niño car elle peut avoir un impact significatif sur les tempêtes et les ouragans. Certains climatologues pensent que si La Niña arrive, cela annoncera une saison d’ouragans très active dans l’Atlantique. L’effet de refroidissement La Niña pourrait également ralentir légèrement le réchauffement climatique même si son impact a été limité la dernière fois qu’il s’est produit, avec une hausse continue des températures.
Source : BBC News.

 

Evolution de la situation climatique entre octobre 2022 et mars 2024,avec le passage d’El Niño à La Niña

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El Niño – El Niño-Southern Oscillation or ENSO for its full name – has been held responsible for the record high temperatures that affected our planet in the past months. Today, scientists say that the weather event has come to an end. The Australian Bureau of Meteorology says the Pacific Ocean has « cooled substantially » in the past week.

The last El Niño episode began in June 2023 and brought warmer waters to the surface of the Pacific, adding extra heat to the atmosphere. The question is now to know what will happen next. A string of recent global monthly high temperature records has led some scientists to fear that the world could be tipping into a new phase of even faster global warming. Other scientists say that the months after the end of El Niño will give a strong indication as to whether the recent high temperatures are due to an acceleration of global warming, or not.

The evolution of the global situation is marked by three different phases, the hot El Niño, neutral conditions or a cooler period called La Niña.

Every few years, the onset of El Niño brings dramatic change to weather in many parts of the world. Thus, the surge of warmer water that comes to the surface off the coast of Peru in South America is linked to increased droughts and floods in different parts of the world.

Scientists are divided as to what will happen after El Niño. US researchers recently said there was 60% chance of a La Niña developing between June-August 2024, and an 85% chance of this happening by Autumn. However, the Australian Bureau says such statements such be treated with caution. They expect neutral conditions to last until at least July of this year. They point to the current hot state of the global oceans which they believe is affecting ENSO.

It is important to know whether La Niña will immediately follow El Niño because it can have a significant impact on storms and hurricanes. Some experts predict that if La Niña does arrive, it will herald a highly active hurricane season in the Atlantic. La Niña’s cooling effect may also slightly slow the rate of global heating, even if its impact was limited the last time it occurred, with a continuous rise in temperatures.

Source : BBC News.

Les coraux en urgence absolue // Corals in absolute emergency

Cela fait plusieurs années que j’alerte sur ce blog (voir, entre autres, mes notes du 4 juillet 2018, 23 décembre 2025, 3 mars 2024) sur la situation catastrophique des récifs coralliens dans le monde, et leur blanchissement sous l’effet du réchauffement climatique. Une note rédigée le 12 mars 2024 attirait l’attention sur La Grande Barrière de Corail, au large de la côte du Queensland au nord-est de l’Australie. Long de 2 300 kilomètres, c’ est le plus grand écosystème sur Terre, visible depuis l’espace. Il abrite une biodiversité extraordinaire, mais est sous la menace de la hausse de la température de l’océan.

 La Grande Barrière de Corail vue depuis l’espace (Source : NASA)

Il y a quelques semaines, l’agence européenne COPERNICUS a indiqué que la température moyenne de la surface des océans en février 2024 atteignait 21,06 °C, battant le précédent record de 20,98 °C établi en août 2023.

Dans une publication en date du 15 avril 2024, la NOAA alerte sur un épisode massif de blanchissement des coraux dans le monde en raison de ces températures record. Ce phénomène de dépérissement des coraux menace la survie même des récifs. Le blanchissement actuel des coraux à l’échelle planétaire est le quatrième enregistré par la NOAA depuis 1985, le troisième en quinze ans après 2010 et 2016.

La souffrance des coraux dans un tel environnement est facile à comprendre. En raison du stress thermique provoqué par la chaleur, les colonies de corail éjectent les algues symbiotiques qu’elles abritent et qui leur procurent des nutriments. Sans ces algues colorées, les coraux deviennent transparents et ne montrent plus que la blancheur de leur squelette de calcaire.

Crédit photo : NOAA

Les scientifiques font toutefois remarquer que lphénomène n’est pas irréversible. Les coraux touchés peuvent survivre si les températures baissent et si d’autres facteurs de stress (surpêche, pollution, activités humaines) se réduisent. Mais cela fait beaucoup de ‘si’ et la tendance n’est pas bonne.

Dans un rapport publié en 2018, le GIEC prédisait la disparition de 70 à 90% des coraux si la hausse de la température moyenne atteignait 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, et 99% à + 2°C. Même si des travaux sont réalisés pour déplacer des coraux vers des eaux plus profondes, où la température est plus fraîche, ou en replanter, comme cela se fait au large de la Floride (voir ma note du 3 mars 2024), le meilleur moyen de préserver les coraux passe par une réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Les conséquences du blanchissement des récifs coralliens sont multiples. Ce phénomène bouleverse la vie sous-marine et les écosystèmes, car de nombreuses espèces se réfugient dans les coraux pour se nourrir et se reproduire. Selon une publication de l’IRD, ils « hébergent la plus grande diversité en poissons marins alors qu’ils ne couvrent que 0,1 % de la surface des océans ». À côté de cela, le CNRS rappelle que plus de 500 millions de personnes dépendent de ces écosystèmes à travers le monde, pour leur alimentation avec la pêche, leur emploi avec le tourisme ou pour leur sécurité, les récifs coralliens agissant comme une protection contre les risques de submersion, notamment en cassant la houle.

Source : France Info, presse nationale et internationale.

Coraux sur l’île de la Réunion (Photo : C. Grandpey)

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I have been warning for several years (see, among others, my posts of July 4th, 2018, December 23rd, 2025, March 3rd, 2024) about the disastrous situation of coral reefs in the world, and their bleaching under the effect of global warming. A post written on March 12th, 2024 drew attention to The Great Barrier Reef, off the coast of Queensland in northeastern Australia. At 2,300 kilometers long, it is the largest ecosystem on Earth, visible from space. It is home to extraordinary biodiversity, but is under threat from rising ocean temperatures. A few weeks ago, the European agency COPERNICUS reported that the average ocean surface temperature in February 2024 reached 21.06°C, beating the previous record of 20.98°C set in August 2023.
In a report released on April 15th, 2024, NOAA warns of a massive episode of coral bleaching worldwide due to these record temperatures. This phenomenon threatens the very survival of reefs. The current global coral bleaching is the fourth recorded by NOAA since 1985, and the third in fifteen years after 2010 and 2016.
The suffering of corals in such an environment is easy to understand. Due to thermal stress caused by heat, coral colonies eject the symbiotic algae they harbour and which provide them with nutrients. Without these colored algae, the corals become transparent and only show the whiteness of their limestone skeleton.
Scientists point out, however, that the phenomenon is not irreversible. Affected corals can survive if temperatures drop and other stressors (overfishing, pollution, human activities) are reduced. But that’s a lot of ‘ifs’ and the trend is not good.
In a report published in 2018, the IPCC predicted the disappearance of 70 to 90% of corals if the increase in average temperature reached 1.5°C compared to the pre-industrial era, and 99% at + 2°C. Even if work is carried out to move corals to deeper waters, where the temperature is cooler, or to replant them, as is being done off the coast of Florida (see my note of March 3rd, 2024), the best way to preserving corals requires reducing greenhouse gas emissions.
The consequences of coral reef bleaching are multiple. This phenomenon disrupts underwater life and ecosystems, because many species take refuge in corals to feed and reproduce. According to an IRD publication, they “host the greatest diversity of marine fish even though they cover only 0.1% of the ocean surface”. Besides this, the CNRS recalls that more than 500 million people depend on these ecosystems throughout the world, for their food through fishing, employment through tourism or for their security as coral reefs act as a protection against risks of submersion, particularly when breaking the swell.
Source ; France Info, national and international press.

Quand la montagne s’effondre … // When the mountain collapses…

Un gros effondrement s’est produit dimanche 14 avril 2024 vers 7 heures dans le massif de la Bernina, près de la frontière avec l’Italie. Selon les premières informations, il n’a pas fait de victime ou de blessé. Il est vrai qu’à cette heure matinale, il n’y avait encore pas grand monde sur la montagne.

L’éboulement a eu lieu au Piz Scerscen qui culmine à 3970 mètres d’altitude. Il a mobilisé un volume de matériaux estimé à plus d’un million de mètres cubes. Ce volume est de l’ordre de grandeur d’un événement semblable qui s’était produit à Bondo. L’effondrement a été détecté par les sismomètres de la région. La roche qui s’est détachée de la montagne a dévalé le Val Roseg où elle s’est accumulée sur une longueur de plus de cinq kilomètres. Des vols ont été effectués pour rechercher d’éventuelles personnes en détresse, mais personne ne manque à l’appel. Les autorités déconseillent de se rendre dans le Val Roseg et dans la zone de l’éboulement.

L’effondrement au Piz Scerscen (Crédit photo : SAC Bernina)

Un effondrement d’une telle ampleur est très rare. Une analyse de la situation est en cours en collaboration avec l’Office cantonal des forêts et des risques naturels qui prendra d’éventuelles mesures. Le risque de formation d’un lac dans la vallée en raison de l’éboulement sera aussi examiné.

La zone à l’origine de ce glissement de terrain avait subi une rupture importante en janvier 2023 et montrait une fragilité, de sorte qu’il était conseillé aux alpinistes d’éviter cette partie de la montagne.
À première vue, il semble que l’effondrement se soit déclenché à partir d’une paroi rocheuse fortement inclinée qui aurait subi une fragmentation au pied de la pente initiale, avec formation d’une longue avalanche de matériaux.
De tels effondrements se produisent en général au printemps et au début de l’été. Cette année, ils sont bien sûr favorisés par les hautes températures qui règnent sur le massif alpin et en Europe en général depuis plusieurs semaines. Elles provoquent aussi le dégel du permafrost de roche qui assure la stabilité des montagnes. Sans ce ciment naturel, les flancs des montagnes s’effondrent de plus en plus souvent.

En relation avec cet événement, je vous invite à lire une note que j’ai rédigée le 8 juillet 2019 à propos de glissements de terrain similaires en milieu glaciaire en Alaska :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/07/08/nouvel-effondrement-glaciaire-en-alaska-new-glacial-landslide-in-alaska/

Effondrement sur le glacier Lamplugh (Alaska) le 28 juin 2016 (Crédit photo: Paul Swanstrom)

Glissement de terrain sur le volcan Iliamna le 21 juin 2019 (Crédit photo: USGS)

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A major landslide occurred on Sunday April 14th, 2024 around 7 a.m. in the Bernina massif, close to the border with Italy. According to initial information, there were no casualties or injuries. At this early hour, there were not many people on the mountain.
The landslide occurred at Piz Scerscen, which peaks at an altitude of 3,970 meters. it mobilized a volume of materials estimated at more than a million cubic meters. This volume is of the order of magnitude of a similar event which occurred in Bondo. It was detected by seismic networks in the region. The rock that broke away from the mountain accumulated in Val Roseg over a length of more than five kilometers. Search flights were carried out to look for possible people in distress, but no one was missing. The authorities advise against going to Val Roseg and the landslide area.
A landslide of this magnitude is very rare. An analysis of the situation is underway in collaboration with the Cantonal Office of Forests and Natural Hazards which will take possible measures. The risk of possible lake formation in the valley due to the landslide will also be examined.
The area where this landslide originated had suffered a significant rupture in January 2023 and was showing fragility, so climbers were advised to avoid this part of the mountain.
At first glance, it appears that the collapse was triggered by a steeply inclined rock wall which probably suffered fragmentation at the foot of the initial slope, with the formation of a long avalanche of material.
Such collapses usually occur in spring and early summer. They are of course favored by the high temperatures in the Alpine massif and in Europe in general for several weeks. They also cause the thawing of rock permafrost which ensures the stability of the mountains. Without this natural cement, mountain sides collapse more and more often.
In connection with this event, I invite you to read a post I wrote on July 8th , 2019 about similar landslides in glacial environments in Alaska:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/07/08/nouvel-collapse-glaciaire-en-alaska-new-glacial-landslide-in-alaska/