L’Arctique continue à se réchauffer // The Arctic keeps warming up

drapeau-francaisLes dernières données fournies par la NASA et la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) montrent que le mois de janvier 2016 a été extraordinaire d’un point de vue climatique pour l’ensemble de la planète. Venant après 2015 qui a été l’année la plus chaude de tous les temps, janvier 2016 a battu de nouveaux records
Cependant, le réchauffement n’a pas été uniformément réparti. Il a été particulièrement prononcé dans les régions arctiques, avec des anomalies de température supérieures de 4 degrés Celsius à la moyenne enregistrée entre 1951 et 1980 dans cette région.
On sait depuis pas mal de temps que le réchauffement climatique est particulièrement prononcé dans l’Arctique – phénomène connu sous l’appellation « amplification arctique »- mais même en tenant compte de ce paramètre, on peut affirmer que le réchauffement a été particulièrement marqué ces derniers temps.
Cette chaleur inhabituelle de l’Arctique s’est accompagnée d’une nouvelle réduction de la banquise, avec plus de 1 100 000 kilomètres carrés dessous de la moyenne pour le mois de janvier. La situation s’est poursuivie en février. L’étendue de la banquise est bien inférieure à ce qu’elle était en 2012 qui représente la plus faible étendue minimale de glace de mer.
En ce qui concerne les causes de ce phénomène, les scientifiques disent qu’elles sont complexes. Le phénomène El Niño, très puissant en 2015, porte probablement une large part de responsabilité. Ce n’est toutefois pas nécessairement le seul facteur, mais les scientifiques américains ne s’attardent pas sur ce point! Il leur faudrait aborder le problème de l’effet de serre causé par les activités humaines et industrielles, un thème qui n’est guère apprécié par certains hommes politiques américains qui votent les budgets scientifiques!
Les impacts du réchauffement de l’Arctique comprennent la fonte des grands glaciers de l’Arctique et du Groenland (dont la fonte intégrale aurait le potentiel de faire s’élever de 7 mètres le niveau de la mer), le dégel du pergélisol riche en carbone (qui pourrait s’ajouter aux émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère) et l’augmentation des incendies à travers les forêts boréales.
Sources: NASA et de la NOAA.

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drapeau anglaisNew data from NASA and the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) suggest that January 2016 was, for the globe, a truly extraordinary month. Coming after the hottest year (2015) ever observed, January broke new records
However, the heat wasn’t uniformly distributed. It was particularly pronounced in Arctic regions, with temperature anomalies above 4 degrees Celsius higher than the 1951 to 1980 average in this region.
Global warming has long been known to be particularly intense in the Arctic — a phenomenon known as « Arctic amplification », but even so, lately the phenomenon has been extremely pronounced.
This unusual Arctic heat has been accompanied by a new record low level for Arctic sea ice extent, more than 1,100,000 square kilometres below average for the month.
The low sea ice situation has now continued into February. Current ice extent is well below levels at the same point in 2012, which went on to set the current record for the lowest sea ice minimum extent.
As far as the causes of this phenomenon are concerned, scientists say it is a complicated picture. It has likely much to do with the very strong El Niño event that has carried over from 2015. This is not necessarily the only factor, but U.S. scientists don’t linger on this point! They would have to deal with greenhouse gases produced by human and industrial activities, a theme which is not appreciated by some politicians who vote U.S. scientific budgets!
The impacts of Arctic warming include the melting of major Arctic glaciers and Greenland (containing the potential for up to 7 metres of sea level rise if it were to melt entirely), the thawing of carbon rich permafrost (which could add to atmospheric greenhouse gas emissions) and signs of worsening wildfires across the boreal forests.
Sources: NASA & NOAA.

Arctique

Source: NASA

Des événements climatiques extrêmes // Extreme weather events

drapeau-francaisLes événements extrêmes se multiplient en ce moment sur notre planète. Les médias se sont faits l’écho des tornades qui ont sévèrement affecté le Mississippi, l’Alabama, le Texas, et maintenant le Missouri aux Etats-Unis. La ville d’Anchorage en Alaska vient de subir des rafales de vent de 150 km/h. La température est anormalement haute et la neige a quasiment disparu. L’Amérique du Sud n’est pas épargnée, avec des inondations au Brésil, au Paraguay, en Uruguay et en Argentine. Plus près de nous, le nord de l’Angleterre est sous les eaux. Un puissant système dépressionnaire vient de traverser l’Islande. La pression atmosphérique a chuté de 54 hectopascals en seulement 18 heures pour atteindre 928 hPa. Le dernier record était de 900 hPa en décembre 1986. Selon les météorologues, ce système dépressionnaire fait partie du même phénomène qui a provoqué les tornades aux Etats-Unis. Au niveau du Pôle Nord, les températures sont anormalement élevées, entre +1,11°C et +1,66°C, ce qui est une dizaine de degrés au-dessus de la normale saisonnière ! Ces températures correspondent à celles enregistrées normalement au cœur de l’été.
Mais, bien sûr, certains diront que nous ne sommes pas responsables, que tout cela fait partie d’un cycle naturel et que nos émissions de CO2 et autres gaz n’y sont pour rien ! La COP 21 ? Le fantasme d’une poignée de gens !
Tout cela en attendant la neige en montagne et en redoutant une prochaine tempête comme celle qui a dévasté la France les 26 et 27 décembre 1999 !

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drapeau-anglaisExtreme events are increasing right now on our planet. The media have echoed tornadoes that have severely affected Mississippi, Alabama, Texas, and now Missouri in the United States. The city of Anchorage in Alaska has just experienced wind gusts of 150 km / h. The temperature is abnormally high and snow has almost disappeared. South America is not spared, with floods in Brazil, Paraguay, Uruguay and Argentina. Closer to France, the North of England is under water. A strong low pressure system just went through Iceland. Atmospheric pressure fell by 54 hectopascals in only 18 hours to reach 928 hPa. The last record was 900 hPa in December 1986. According to meteorologists, the storm system is part of the same phenomenon that caused tornadoes in the United States. At the North Pole, temperatures are abnormally high, between + 1.11 ° C and + 1.66 ° C, which is ten degrees above seasonal averages! These temperatures correspond to those normally recorded at the heart of the summer.
But, of course, some people will say we are not responsible, that it is all part of a natural cycle and that our CO2 emissions and other gases are not to blame! COP 21? The fantasy of a handful of people!
Meantime, we are waiting for the snow in the mountains and fearing the next storm like the one that devastated France on 26 and 27 December, 1999!

La COP 21 : Un accord ambitieux ? Pas si sûr ! // An ambitious agreement? Not so sure !

drapeau-francais« Un accord différencié, juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant. » C’est en ces termes que le président de la COP21, Laurent Fabius, avait présenté l’accord universel sur le climat qui vient d’être adopté par les 195 Etats parties à la conférence.
L’adoption a été suivie d’une « standing ovation » qui ne veut pas forcément dire que l’accord est parfait, tout comme la « ola » pendant un match de football ne signifie pas forcément que le match est de qualité.

Selon la plupart des observateurs, l’accord est plus ambitieux que l’objectif initial de la COP21, qui visait à contenir le réchauffement sous le seuil des 2 °C. Il prévoit de le maintenir « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels » et de «poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C ».

Toutefois, ce volontarisme est contrebalancé par la faiblesse de l’objectif à long terme de réduction des émissions mondiales. Il est seulement prévu de viser « un pic des émissions mondiales de gaz à effet de serre dès que possible ». Des versions antérieures retenaient un objectif de baisse de 40 % à 70 %, ou même de 70 % à 95 %, d’ici à 2050. Ces mentions, jugées trop contraignantes par certains pays (suivez mon regard !), ont été gommées. A plus long terme, « dans la seconde moitié du siècle », l’objectif est de parvenir à « un équilibre entre les émissions d’origine anthropique et leur retrait de l’atmosphère par des puits de carbone comme les océans et forêts ».
Rappelons que le GIEC juge nécessaire de baisser de 40 % à 70 % les émissions mondiales d’ici à 2050, pour éviter un emballement climatique incontrôlable.
Sur ce point précis, extrêmement important, il n’est pas du tout certain que la COP 21 soit un succès.

La différenciation des efforts financiers qui doivent être demandés aux différents pays, en fonction de leur responsabilité historique dans le changement climatique et de leur niveau de richesse ou de pauvreté a, cette fois encore, révélé l’opposition entre Nord et Sud.
Les pays du Nord avaient promis à ceux du Sud, en 2009, de débloquer en leur faveur 100 milliards de dollars par an, d’ici à 2020. Les nations pauvres veulent davantage, après 2020, pour faire face aux impacts du dérèglement climatique, sécheresses, inondations, cyclones et montée des mers. Le texte entrouvre une porte, en faisant de ces 100 milliards « un plancher », qui est donc appelé à être relevé. C’est une nette avancée, même si elle laissera les pays pauvres sur leur faim.

Sur le sujet très sensible de la compensation pour les pertes et dommages pour les pays les plus menacés par le dérèglement climatique, l’accord reconnaît l’importance de prévenir, minimiser et aborder les pertes et dommages associés aux effets négatifs du changement climatique, incluant les événements extrêmes et les événements à évolution lente tels que la montée des eaux. Mais il exclut toute « responsabilité ou compensation » des pays du Nord pour les préjudices subis par les pays en développement.

Les engagements seront revus tous les cinq ans. C’est un point essentiel de l’accord. A ce jour, cent quatre-vingt-six pays, sur cent quatre-vingt-quinze, ont remis leurs contributions qui, additionnées, mettent la planète sur une trajectoire de réchauffement d’environ 3 °C. Ces engagements seront annexés à l’accord, mais ils n’en font pas partie stricto sensu. Etant volontaires, ils n’ont pas de valeur contraignante.
Le texte prévoit un mécanisme de révision de ces contributions tous les cinq ans, donc théoriquement à partir de 2025, l’accord global devant entrer en vigueur en 2020. Pour les ONG, le rendez-vous de 2025 est beaucoup trop tardif.
L’accord, pour entrer en vigueur en 2020, devra avoir été ratifié, accepté ou approuvé par au moins cinquante-cinq pays représentant au moins 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais, « à tout moment après un délai de trois ans à partir de l’entrée en vigueur de l’accord », tout pays pourra s’en retirer, sur simple notification.

Source: Différents organes de presse.

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drapeau-anglais« The agreement is differentiated, fair, sustainable, dynamic, well-balanced and legally binding. »It was with these words that the president of COP21, Laurent Fabius, had introduced the universal climate agreement which has just been adopted by the 195 States involved in the conference.
The adoption was followed by a « standing ovation » that does not necessarily mean that the agreement is perfect, just like the « ola » during a football game does not mean the game is quality.

According to most observers, the agreement is more ambitious than the initial objective of the COP21, which was designed to contain global warming to below 2°C. It plans to maintain it « well below 2°C above pre-industrial levels » and « continue efforts to limit the temperature rise to 1.5°C. »

However, this volunteerism is counterbalanced by the weak long-term goal of reducing global emissions. It is intended to target only « a peak of global emissions of greenhouse gases as soon as possible. » Earlier versions were holding down a target of 40% to 70% or even 70% to 95% by 2050. These statements, deemed too restrictive by some countries, have been erased. In the longer term, « in the second half of the century », the goal is to achieve « a balance between anthropogenic emissions and their removal from the atmosphere by carbon sinks such as oceans and forests. »
It is important to remember that the IPCC considers necessary to drop from 40% to 70% the global emissions by 2050 to avoid an uncontrollable climate change.
On this point, which is extremely important, it is not at all certain that the COP 21 was a success.

The differentiation of the financial efforts that have to be applied to different countries, based on their historical responsibility for climate change and their level of wealth or poverty, once again, revealed the contrast between North and South.
In 2009, Northern countries had promised the South to grant them $100 billion per year by 2020. Poor nations want more, after 2020, to address the impacts of climate change, droughts, floods, cyclones and rising seas. The new text is a progress, making the 100 $ billion a « floor » (ie, a minimum) which could be raised in the future. This is a clear advance, although it will leave poor countries dissatisfied.

On the very sensitive issue of compensation for losses and damages for the countries most threatened by climate change, the agreement recognizes the importance of preventing, minimizing and addressing loss and damage associated with the adverse effects of climate change, including extreme events and slow onset events such as the rising waters. But it excludes any « liability or compensation » of the North to the damage suffered by developing countries.

The commitments will be reviewed every five years. This is a key point of the agreement. To date, one hundred eighty-six countries out of one hundred ninety-five, have presented their contributions which, added together, are putting the world on a warming trend of about 3°C. These commitments will be annexed to the agreement, but they will not be part of it, strictly speaking. As volunteer initiatives, they have no binding force.
The text provides a review of these contributions every five years, so theoretically starting from 2025, and the global agreement will be enforced in 2020. For NGOs, 2025 is far too late.
The agreement, due to take effect in 2020, must previously be ratified, accepted or approved by at least fifty-five countries representing at least 55% of global emissions of greenhouse gases. But « at any time after a period of three years from the enforcement of the Agreement, » any country may withdraw, upon notification.

Source: Various media outlets.

Des chiffres à méditer avant la COP 21 // Figures to take into account before the Paris Climate Conference

drapeau-francaisMon amour de l’Alaska n’est un secret pour personne et je garde des contacts quasi permanents avec le 49ème Etat de l’Union. Plusieurs visites m’ont permis de constater avec effroi la vitesse avec laquelle les glaciers fondent. Les relevés de températures de ces dernières années sont plutôt inquiétants et devraient inciter les participants à la COP 21 à prendre des mesures contraignantes car il y a urgence.
Voici les relevés des températures moyennes dans les principales villes de l’Alaska pour le mois d’octobre des trois dernières années. Ce sont les chiffres officiels communiqués par l’Alaska Climate Research Center (http://climate.gi.alaska.edu/). Les températures sont communiquées en degrés Fahrenheit, mais cela ne change rien au problème. Hormis un réchauffement moins flagrant en 2014, 2013 et 2015 affolent le mercure !

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drapeau-anglaisMy love for Alaska is no secret and I keep almost permanent contact with the 49th State of the Union. Several visits have enabled me to see how fast glaciers are melting. The temperature readings of recent years are rather worrying and should encourage participants to the COP 21 to take binding measures because it is urgent.
Here are the average temperatures recorded in the main cities of Alaska in October for the last three years. These are the official figures provided by the Alaska Climate Research Center (http://climate.gi.alaska.edu/). Temperatures are reported in degrees Fahrenheit, but this does not change the problem. Apart from some less blatant warming in 2014, 2013 and 2015 temperatures were incredibly high!

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Températures moyennes pour octobre 2013// Average temperatures for October 2013:

Fairbanks: 36.1°F, 11.9°F au-dessus de la normale. (= above normal)
Anchorage: 43.0°F, 8.2°F au-dessus de la normale (= above normal). Le mois le plus chaud depuis que des relevés sont effectués en Alaska // The warmest October on record.
Barrow: 24.7°F, 7.5°F au-dessus de la normale (= above normal).
Delta Junction: 37.2°F, 13.1°F au-dessus de la normale (= above normal).
Juneau: 44.7°F, 2.3°F au-dessus de la normale (= above normal).
Ketchikan: 47°F, 1.7°F au-dessus de la normale (= above normal).
King Salmon: 42.9°F, 9.4°F au-dessus de la normale (= above normal).
Kodiak: 44.4°F, 3.9°F au-dessus de la normale (= above normal).
Nome: 35.6°F, 6.9°F au-dessus de la normale (= above normal).

Températures moyennes pour octobre 2014 // Average temperatures for October 2014:

Fairbanks: 25.2°F, 1.0°F au-dessus de la normale (= above normal).
Anchorage: 33.4°F, -1.4°F en-dessous de la normale (= below normal).
Barrow: 21.3°F, 4.1°F au-dessus de la normale (= above normal)..
Delta Junction: 21.7°F, 2.4°F en-dessous de la normale (= below normal)..
Juneau: 43.8°F, 1.4°F au-dessus de la normale (= above normal)..
Ketchikan: 48.7°F, 3.4°F au-dessus de la normale (= above normal).
King Salmon: 32.0°F, 1.5°F en-dessous de la normale (= below normal)..
Nome: 29.1°F, 0.4°F au-dessus de la normale (= above normal).

Températures moyennes pour octobre 2015 // Average temperatures for October 2015:

Fairbanks: 31.8°F, 7.6°F au-dessus de la normale (= above normal). .
Anchorage: 40.5°F, 5.7°F au-dessus de la normale (= above normal).
Barrow: 20.6°F, 3.4°F au-dessus de la normale (= above normal).
Delta Junction: 31.9°F, 7.8°F au-dessus de la normale (= above normal).
Juneau: 44.6°F, 2.2°F au-dessus de la normale (= above normal).
Ketchikan: 49.8°F, 4.5°F au-dessus de la normale (= above normal).
Kodiak: 45.5°F, 5.0°F au-dessus de la normale (= above normal).

Gla 14

…et pendant ce temps, les glaciers fondent!

…and in the meantime, glaciers are melting!

(Photo: C. Grandpey)