Le Mont Garibaldi (Canada) un volcan éteint ? // Is Mt Garibaldi (Canada) an extinct volcano ?

La Smithsonian Institution explique qu’au Canada, le mont Garibaldi est un stratovolcan dacitique du Pléistocène coiffé d’un complexe de dômes de lave. La dernière activité a formé l’Opal Cone sur le flanc SE ainsi que la coulée de lave de Ring Creek qui a rempli une vallée glaciaire sur le flanc sud. Cette éruption a eu lieu il y a environ 10 000 ans, avec un VEI 3.
Aujourd’hui, pour les communautés autochtones locales, le Mont Garibaldi est un symbole de solidité et de force. Il est sacré car il fournit aux familles un endroit assez haut et solide pour mettre les canots à l’abri en cas de grande inondation.
Dans un récent article paru dans le Canadian Journal of Earth Sciences, une géologue canadienne décrit les risques volcaniques potentiels pour la région entre Squamish et Whistler, notamment les coulées de lave, les coulées pyroclastiques et les lahars.
Une telle mise en garde peut sembler inutile car on sait que la dernière éruption du mont Garibaldi remonte à environ 10 000 ans. Il ne faudrait toutefois pas oublier que le système volcanique du Garibaldi fait partie de la Chaîne des Cascades, qui s’étend du sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’au nord de la Californie, en passant par les États de Washington et d’Oregon. Les stratovolcans du sud de la Colombie-Britannique présentant un potentiel d’éruptions explosives comprennent le mont Garibaldi, le mont Meager et le champ volcanique du mont Cayley qui s’étend du Pemberton Icefield à la rivière Squamish. La Chaîne des Cascades comprend aussi le mont St. Helens dont l’éruption de 1980 a causé d’énormes dégâts et tué 57 personnes.
La géologue canadienne ne sous-entend pas qu’une éruption du mont Garibaldi est imminente, mais elle pense que le système volcanique mérite qu’on y accorde davantage d’attention car la région a aujourd’hui une plus grande densité de population et parce que « l’activité volcanique reste en grande partie imprévisible ». Le Garibaldi est un volcan potentiellement actif ; il n’est pas mort. Une éruption majeure pourrait affecter les quelque 40 000 habitants de Pemberton, Whistler et Squamish, et couper la Highway 99. Une meilleure évaluation des risques et une meilleure surveillance volcanique pourraient permettre aux populations de se préparer à des événements volcaniques.
En ce qui concerne la surveillance volcanique, le Canada est en retard par rapport aux autres pays. Elle est quasi inexistante, en partie parce que priorité est donnée à la surveillance sismique sur la côte ouest où l’on redoute un méga tremblement de terre. La surveillance des volcans nécessiterait des capteurs sismiques suffisamment sensibles pour détecter les épisodes de tremor et les essaims sismiques qui pourraient indiquer les mouvements du magma et des gaz liés à l’activité volcanique.
S’agissant du mont Garibaldi, un volcan qui n’a montré aucune activité pendant 10 000 ans est considéré comme éteint, mais la nature peut réserver des surprises. Il ne faudrait pas oublier qu’un cône de scories – Opal Cone – sur le flanc sud-est du mont Garibaldi est entré en éruption il y a environ 2 400 ans et a affecté la région sur 20 km autour le la source. Deux mille ans, c’est il y a très longtemps à l’échelle humaine, mais à l’échelle géologique, c’est hier.
Le ministre en charge de la Gestion des urgences a déclaré aux médias canadiens qu’« il sait que plusieurs volcans ont un potentiel d’activité future, y compris le mont Garibaldi. De nouvelles stations de détection précoce des séismes sont installées en Colombie-Britannique pour permettre à la province de répondre plus efficacement aux catastrophes et aux situations d’urgence. »
Source : médias d’information canadiens.

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The Smithsonian Institution explains that in Canada Mount Garibaldi is a Pleistocene dacitic stratovolcano capped by a lava dome complex. The final activity formed the Opal Cone on the SE flank and the Ring Creek lava flow, which filled a glaciated valley on the South flank about 10,000 years ago, with a VEI 3.

Today, Mt Garibaldi is towering above Howe Sound. For local native communities it is a symbol of solidity and strength, and is sacred for giving families a place high and solid enough to anchor their canoes during the great flood.

In a recent article in the Canadian Journal of Earth Sciences, a Canadian geologist outlines potential volcanic hazards for the Squamish-to-Whistler region, including voluminous lava flows, pyroclastic flows and lahars.

This warning may seem pointless as geological evidence shows the last eruption of Mount Garibaldi was about 10,000 years ago. But the Garibaldi volcanic system is part of the Cascade Volcanic Arc, extending from southwestern British Columbia (B.C.). through Washington state and Oregon to Northern California. Southern B.C.’s stratovolcanoes, with potential for explosive eruptions, include Mount Garibaldi, Mount Meager and the Mount Cayley volcanic field that stretches from the Pemberton Icefield to the Squamish River. The Cascade Arc includes Mount St. Helens whose explosion in 1980 caused large-scale damage and killed 57 people.

The Canadian geologist is not suggesting that an eruption of Mt Garibaldi is imminent, but she argues that the volcanic system deserves more study, because the region has become more populous and because “volcanic activity remains largely unpredictable.” Garibaldi is a potentially active volcano. It is not dead. A major eruption could affect the 40,000 or so residents of Pemberton, Whistler and Squamish, cut off Highway 99. Better assessment and monitoring could help the communities be better prepared for volcanic events.

As far as volcanoes are concerned, Canada’s monitoring lags behind other nations. It is almost non-existent, in part because seismic monitoring on the West Coast is focused on measuring for a mega quake off the coast. Volcano monitoring would require networks of seismic monitors sensitive enough to detect tremors and seismic swarms that may indicate the movement of magma and gases connected to volcanic activity.

As for just how active Mount Garibaldi is, or could be, if a volcano has shown no activity for 10,000 years, it is considered extinct. But nature can pull surprises. One should not forget that a cinder cone on the southeast flank of Mount Garibaldi, erupted some 2,400 years ago, spewing lava for 20 km. Two thousand years might seem like a long time ago, but on the geological scale, it is yesterday.

The Emergency Management and Climate Readiness Ministry told Canadian news media that « it’s aware of several volcanoes that have the potential for future activity, including Mount Garibaldi, and that more early quake sensor stations are being installed in B.C. to help the province respond more effectively to disaster and emergency situations. »

Source : Canadian news media.

Photos: C. Grandpey

Santorin (Grèce) sous la menace d’un volcan sous-marin // Santorini (Greece) under threat from an underwater volcano

L’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai le 15 janvier 2022 a montré à quel point l’éruption d’un volcan sous-marin peut être puissante. Elle a également confirmé que nous en savons très peu sur ces volcans et que davantage d’études devraient être entreprises.
Le Kolumbo est un bon exemple des volcans sous-marins potentiellement dangereux. Il est situé à une dizaine de kilomètres de l’île de Santorin en Grèce. Le volcan, dont le cratère mesure 1,5 km de diamètre, est connu pour ses éruptions explosives. La plus récente a eu lieu en l’an 1650 de notre ère. Quelque 70 personnes et plusieurs animaux ont été tués. Le Kolumbo est situé à la frontière entre deux plaques tectoniques, là où la plaque africaine est en subduction sous la plaque égéenne. Aujourd’hui, le sommet du Kolumbo se trouve à une dizaine de mètres sous le niveau de la mer et la base à environ 500 m de profondeur..
Une nouvelle étude publiée dans la section Geochemistry, Geophysics, Geosystems de l’American Geophysical Union (AGU) a révélé l’existence d’une chambre magmatique sous le Kolumbo, entre 2 et 4 km sous le plancher. A l’aide d’une technologie haute résolution, les chercheurs ont découvert que la chambre magmatique présente une grave menace car elle pourrait produire une éruption hautement explosive, accompagnée d’un tsunami, dans un proche avenir.
Les chercheurs ont détecté un corps magmatique qui s’est développé à un rythme moyen de 4 millions de mètres cubes par an depuis son éruption en 1650. La chambre contient maintenant environ 1,4 kilomètre cube de magma. Ce volume pourrait atteindre environ 2 kilomètres cubes dans les 150 prochaines années, ce qui correspond à la quantité estimée de magma que Kolumbo a éjecté il y a près de 400 ans.
Le volcan est situé sur l’Arc Hellénique. Les volcans de ce type, à la frontière courbe entre des plaques tectoniques convergentes, sont le siège des événements les plus explosifs sur Terre. Le risque dépend de la quantité de magma présente sous un volcan. Les méthodes tomographiques classiques utilisées jusqu’à présent ont une résolution relativement faible et ne donnent qu’une image floue des plus gros corps magmatiques.
L’étude montre également que des réservoirs magmatiques semblables pourraient ne pas avoir été détectés sur d’autres volcans actifs. Le Kolumbo représente une menace sérieuse et un système de surveillance en temps réel serait le bienvenu.
Compte tenu de l’impact sociétal potentiellement élevé d’une éruption explosive du Kolumbo, les auteurs de l’étude conseillent de mettre en place un observatoire permanent avec une surveillance continue de la sismicité,. Cet observatoire assurerait la surveillance de toute activité potentielle et permettrait de prendre les précautions nécessaires pour protéger la population locale.

Source : Magma Chamber Detected Beneath an Arc Volcano With Full-Waveform Inversion of Active-Source Seismic Data – AGU Geochemistry, Geophysics, Geosystems – October 2022, via The Watchers.

A lire aussi : A distinct source and differentiation history for Kolumbo submarine volcano, Santorini volcanic field, Aegean arc – AGU – 2026.

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The eruption of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai on January 15th, 2022 showed how powerful the eruption of underwater volcanoes can be. It also confirmed that we know very little about these volcanoes and that more studies should be undertaken.

Kolumbo is a good example of the potentially dangerous submarine volcanoes. It is located about 10 km from the island of Santorini in Greece. The volcano, with a 1.5-km crater, is known for its explosive eruptions, with the most recent one occurring in 1650 CE. About 70 persons and several animals were killed. The volcano is situated on the boundary between two tectonic plates, where the African plate is subducting beneath the Aegean plate. Today, the summit of Kolumbo lies about 10 meters beneath the surface of the sea while the base is about 500 m deep.

A new study published in AGU’s Geochemistry, Geophysics, Geosystems has revealed the existence of a magma chamber beneath Kolumbo, 2-4 km beneath the seafloor. Using a high-resolution technology, the study found that the magma chamber poses a serious hazard as it could produce a highly explosive, tsunamigenic eruption in the near future.

Researchers were able to detect a body of mobile magma that has been growing at a rate of 4 million cubic meters per year ever since its eruption in 1650. The chamber now holds roughly 1.4 cubic km of magma. It could reach roughly 2 cubic km within the next 150 years, which was the estimated amount of magma Kolumbo ejected nearly 400 years ago.

The volcano is located on the Helleneic Arc. Arc volcanoes, which mark the curved boundaries between converging tectonic plates, host the most explosive events on Earth. The associated hazard depends on how much mobile magma is currently present beneath a volcano. Standard tomographic methods used so far have relatively low resolution and give a blurred picture of only the largest magma bodies.

The study also suggests that similar reservoirs may have gone undetected at other active volcanoes and suggests that Kolumbo poses a serious threat and deserves a real-time monitoring facility.

Given the potentially high societal impact of an explosive eruption at Kolumbo, the authors of the study suggest establishing a permanent observatory involving continuous earthquake monitoring, to ensure that any future activity is closely monitored, and the necessary precautions can be taken to mitigate the risk to the local population.

Source : Magma Chamber Detected Beneath an Arc Volcano With Full-Waveform Inversion of Active-Source Seismic Data – AGU Geochemistry, Geophysics, Geosystems – October 2022, via The Watchers.

A distinct source and differentiation history for Kolumbo submarine volcano, Santorini volcanic field, Aegean arc – AGU – 2026.

 

Source : AGU

Surveillance des volcans sous-marins // Monitoring of underwater volcanoes

Comme je l’ai écrit précédemment, l’éruption du 15 janvier 2022 du volcan sous-marin Hunga Tonga-Ha’apai a été exceptionnelle par sa puissance et son intensité. Aujourd’hui, les scientifiques réalisent qu’elle aura des répercussions pour les centaines de volcans sous-marins qui parsèment les océans de la Terre. Un volcanologue néo-zélandais a déclaré fort justement : « L’éruption du Hunga met en évidence un nouveau type de volcan et de nouvelles menaces sous la surface des océans. »
Très peu de volcans sous-marins font l’objet d’une surveillance digne de ce nom. Parmi eux figure l’Axial, à quelques centaines de kilomètres au large de la côte de l’Oregon et qui est étudié depuis les années 1970. Il ne faudrait pas oublier, non plus, le Kick ’em Jenny près de la Grenade. Ces deux volcans reçoivent régulièrement des missions scientifiques et sont dotés de capteurs qui surveillent leur activité
Le problème est que beaucoup d’autres volcans sous-marins sont situés loin de tout dans des arcs du Pacifique, loin des grandes villes ou des ports où les navires de recherche font escale. Leurs voisins les plus proches sont de petites nations insulaires, comme les Tonga, qui n’ont pas de programmes dédiés à la surveillance volcanique ou sismique. Cela est dû en partie à des problèmes géographiques. Les Tonga, par exemple, sont un alignement d’îles, ce qui n’est pas l’idéal pour trianguler les sources d’ondes sismiques. De plus, le personnel et l’argent font défaut dans ces pays où la population a la taille de celle d’une grande ville américaine. Il existe des solutions à l’échelle internationale, comme le réseau de surveillance sismique de l’USGS, qui offrent une couverture globale et permettent de détecter une activité géologique inhabituelle, mais ces stations sont trop peu nombreuses pour capter l’activité discrète qui précède une éruption sous-marine.
La plupart de ces éruptions n’atteindront jamais la puissance de celle du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, mais l’événement a attiré l’attention sur l’activité de ces volcans. Même si les éruptions du volcan tongien ne se produisent pas souvent, elles ne doivent pas être laissées de côté.
L’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai a mis en jeu un processus exceptionnellement explosif qui a peu de chance de se reproduire ailleurs. Pendant environ un mois, l’éruption a progressé comme on pouvait s’y attendre. Elle a été d’intensité moyenne, avec des gaz et des cendres. Puis tout a basculé. Les volcanologues pensent que ce changement soudain est le résultat d’au moins deux facteurs. D’une part, il y a eu, en profondeur sous le volcan,le mélange de sources magmatiques de composition chimique légèrement différente. Au fur et à mesure de leur interaction, elles ont produit des gaz qui ont fait augmenter le volume du magma dans son encaissant. Sous cette pression énorme, les roches au-dessus ont commencé à se fracturer, ce qui a permis à l’eau de mer de s’infiltrer. Il s’en est suivi une double explosion très violente qui a expédié d’énormes quantités de matériaux à travers le plancher de la caldeira.
Les deux explosions ont généré de puissants tsunamis. La plus grosse vague est venue plus tard, probablement déclenchée par l’arrivée brutale d’eau dans la cavité d’un kilomètre de profondeur qui s’était soudainement creusée dans le plancher océanique. Ce phénomène a surpris les volcanologues. C’est un nouveau type de menace qui devra être pris en compte sur les autres volcans sous-marins. Auparavant, les scientifiques pensaient que ce type de volcan ne pouvait produire un puissant tsunami que si un côté d’une caldeira s’effondrait.
L’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai a mis en évidence l’importance et la difficulté de l’étude des volcans sous-marins. Une expédition de cartographie classique implique un grand navire de recherche avec équipage complet, ainsi qu’un sonar multifaisceaux qui cartographie les changements intervenus sur les fonds marins, sans oublier une batterie d’instruments d’échantillonnage d’eau susceptibles de détecter les signes chimiques d’une activité en cours. De plus, placer un bateau au-dessus d’une caldeira potentiellement active présente des risques, pas tellement parce que le volcan peut entrer en éruption, mais parce que les bulles de gaz émises pourraient faire couler un navire.
Les Tonga, qui ont reçu quatre visites scientifiques au cours de l’année écoulée, ne devraient pas recevoir une autre grande mission au cours des prochaines années. Le coût est trop élevé. Il faudra probablement des décennies avant que chaque volcan sous-marin soit surveillé étroitement, même ceux de l’arc des Tonga. C’est dommage car ces expéditions sont l’un des rares moyens dont disposent les scientifiques pour comprendre réellement comment se comportent ces volcans.
Sans de telles expéditions, les scientifiques sont contraints de surveiller les volcans sous-marins à distance. Heureusement, les satellites peuvent repérer les bancs de pierre ponce ainsi que les proliférations d’algues qui sont nourries par les minéraux émis par les volcans. En outre, l’USGS, ainsi que ses homologues australiens, sont en train d’installer autour des Tonga un réseau de capteurs qui peuvent mieux détecter l’activité volcanique. On a une combinaison de stations sismiques avec des capteurs sonores et des webcams qui surveillent les explosions. S’assurer que ce système de surveillance reste opérationnel est un autre défi.
Source : Yahoo Actualités.

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As I put it before, the January 15, 2022 eruption of Hunga Tonga-Ha’apai submarine volcano was exceptional for its power and intensity. Today, scientists realize it has implications for the hundreds of underwater volcanoes dotting the Earth’s oceans. A New Zealand volcanologist aptly said : “The Hunga eruption highlights a new type of volcano, and new types of underwater threats.”

Only a handful of underwater volcanoes have been the site of extensive research. Those include the Axial seamount, which lies a few hundred kilometers off the coast of Oregon and has been studied since the 1970s. One should not forget either Kick ’em Jenny near the Caribbean nation of Grenada. Both receive regular visits from research cruises and are covered with sensors that monitor their activity

The problem is that many more submarine volcanoes are located in remote arcs of the Pacific, far from big cities or ports where research vessels make harbour. Their closest neighbours are small island nations, like Tonga, that do not have dedicated volcano-monitoring programs or much capacity to install seismic monitors. This is in part due to geographical problems. Tonga, for example, is a line of islands, which is not ideal for triangulating the sources of seismic waves. Moreover, staffing and funds can be scarce in countries where the population is similar in size to a large US town. There are international options, like the USGS’ Seismic Monitoring Network, that offer global coverage for unusual geologic activity, but the stations are generally too few and far between to pick up the discreet activity foretelling a coming undersea eruption.

Most of those eruptions are unlikely to match the explosiveness of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, but the event awakened the world to the possibile activity of these volcanoes. Even though eruptiond loke the o,e at the Tongan volcano do not occur often, they should not be neglected.

Hunga Tonga-Hunga Ha’apai involved an unusually explosive process that may not be easily replicated. For about a month, the eruption progressed as expected. It was moderately violent, with gas and ash, but was still manageable. Then everything went sideways. Volcanologists think it was the result of at least two factors, One was the mixing of sources of magma with slightly different chemical compositions deep beneath the volcano. As these interacted, they produced gasses, expanding the volume of the magma within the confines of the rock. Under tremendous pressure, the rocks above began to crack, allowing the cold seawater to seep in. A double massive explosion ensued which blew huge quantities of material out through the top of the caldera.

Both explosions produced big tsunamis. But the biggest wave came later, potentially caused by water flooding into the kilometer-deep hole suddenly dug out of the seafloor. This phenomenon came as a surprise to volcanologists. It isa new type of threat that should be taken into account elsewhere. Previously, scientists thought that this kind of volcano could only really produce a big tsunami if a side of a caldera collapsed.

But the process of understanding the eruption of the Tongan volcano has also highlighted the challenges of studying submarine volcanoes. A typical mapping expedition will involve a large, fully crewed research vessel, equipped with multibeam sonar that maps the seafloor for changes and a battery of water sampling instruments that search for chemical signs of ongoing activity. However, taking a boat over a potentially active caldera is risky, not so much because the volcano might erupt, but because the gas bubbles burbling up might cause a ship to sink.

Even Tonga, which has been visited four times in the past year is not likely to get another big crewed mission in the next few years. The cost is just so high. It would likely take decades to survey every volcano in detail, even just those in the Tongan arc. This is a pity because those expeditions are one of the few ways scientists have to actually see how volcanoes are behaving.

Without such expeditions, scientists have to monitor submarine volcanoes from a distance. Fortunately, satellites can spot pumice rafts as well as algal blooms, which are nurtured by the minerals released by volcanoes. Besides, the USGS, as well as counterparts in Australia, are in the process of installing a network of sensors around Tonga that can better detect volcanic activity, combining seismic stations with sound sensors and webcams that watch for active explosions. Ensuring it stays up and running is another challenge.

Source : Yahoo News.

Source: University of Auckland

Surveillance des éruptions avec les webcams // Webcam surveillance of the eruptions

Aujourd’hui, grâce aux caméras installées sur les volcans, il est possible de surveiller leur activité depuis son fauteuil. Ces caméras sont appréciées du grand public, mais elles sont aussi une aide précieuse pour les scientifiques qui doivent contrôler les éruptions et communiquer avec les autorités pour assurer la sécurité des populations.

À Hawaii, le Hawaiian Volcano Observatory (HVO) dispose d’un réseau de webcams fonctionnant en continu sur le Mauna Loa et le Kilauea. Elles ont permis de contrôler les récentes éruptions de ces volcans.
Lorsque l’éruption du Kilauea a commencé le 5 janvier 2023, les webcams ont montré la lave en train de percer la surface. Aujourd’hui, le grand public peut suivre cette nouvelle activité grâce à l’une des nombreuses webcams installées au sommet du volcan et disponibles à cette adresse :
https://www.usgs.gov/volcanoes/kilauea/summit-webcams
La récente éruption du Mauna Loa a fait jaillir des fontaines de lave spectaculaires et généré une longue coulée de lave qui a menacé la Saddle Road. Compte tenu du danger potentiel pour les infrastructures, il fallait que les scientifiques du HVO surveillent l’éruption, 24 heures sur 24.
Ils ne pouvaient pas être en permanence sur le terrain, mais les webcams, elles, étaient constamment présentes.

La dernière éruption du Mauna Loa a permis aux scientifiques du HVO de tester et d’améliorer certaines fonctions des caméras à distance. Ces webcams ont permis de repérer sur quelle zone de rift se concentrait l’activité. Les scientifiques ont aussi utilisé des caméras sur la zone de rift sud-ouest pour s’assurer que des bouches éruptives ne s’ouvraient pas dans cette partie du volcan qui est plus proche des zones habitées.
Une fois qu’une éruption commence, le HVO s’appuie sur de petites webcams portables qui fournissent des vues rapprochées de l’activité éruptive 24h/24 et 7j/7. Ces caméras transmettent des images sur le réseau cellulaire et peuvent facilement tenir dans un sac à dos. Le personnel du HVO les a donc déployées autour de la nouvelle éruption du Mauna Loa quelques heures après son début.
Un autre outil utilisé par le HVO a été une caméra vidéo envoyant en streaming et en continu des vues des fontaines de lave au niveau de la bouche éruptive. Cet outil est utile pour savoir si l’activité éruptive s’intensifie ou ralentit.
Plusieurs caméras timelapse pour prises de vues en accéléré ont également été déployées pour fournir des informations détaillées sur les hauteurs des fontaines de lave et l’activité dans les chenaux de lave. Ces caméras ne transmettent pas leurs images en temps réel, mais elles les stockent sur une carte pour une analyse ultérieure.
Bon nombre de ces caméras ont été installées et améliorées lors de l’éruption du Kilauea en 2018, et les leçons apprises lors de cette éruption ont été directement appliquées à celle du Mauna Loa.
Le personnel du HVO a également testé une nouvelle caméra videolapse qui génère des images vidéo en accéléré. A la différence des caméras timelapse qui prennent un seul cliché à intervalles réguliers, la caméra videolapse capture périodiquement de courts clips vidéo. La caméra a ainsi réalisé un clip vidéo de 20 secondes de la lave dans la partie supérieure du chenal de lave toutes les 15 minutes.
Ces clips vidéo à intervalle régulier sont utiles pour mesurer les variations du débit éruptif dans le temps. Tout comme le débit est l’une des variables les plus importantes pour comprendre le comportement d’une rivière, le débit éruptif en mètres cubes par seconde est un paramètre fondamental pour comprendre et prévoir le comportement des coulées de lave. La façon la plus simple de mesurer le débit d’une coulée de lave est d’estimer la vitesse de la lave dans le chenal et de la multiplier par la profondeur et la largeur du chenal. À partir des clips vidéo, les scientifiques du HVO ont pu effectuer des mesures directes de la vitesse de la lave dans le chenal. Cela se fait en utilisant un ordinateur pour suivre les éléments en mouvement dans une vidéo. Dans un chenal, il peut s’agir de fragments de croûte véhiculés à la surface de la rivière de lave.
La technologie des caméras s’améliore chaque année. Les caméras de terrain permettant de contrôler une éruption à distance sont une aide précieuse pour les géologues de terrain lors des crises éruptives.
Source : USGS/HVO.

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Today, thanks to the cameras installed on volcanoes, it is possible to monitor their activity from your armchair. These cameras are appreciated by the general public, but they are also a valuable aid for scientists who must control eruptions and communicate with the authorities to ensure the safety of populations.

In Hawaii, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) maintains a network of continuously operating webcams across Mauna Loa and Kīlauea, which have provided views of recent eruptions at these volcanoes.

When the Kilauea eruption started on January 5th, 2023, webcams provided views of lava reaching the surface. Today, the general public can monitor this new activity through one of the many summit webcams available at this address:

https://www.usgs.gov/volcanoes/kilauea/summit-webcams

The recent eruption of Mauna Loa produced spectacular lava fountains and a long lava flow that threatened the Saddle Road. Given the potential hazard to infrastructure, HVO scientists needed to keep a close eye on the eruption, around the clock.

HVO geologists could not be at the mountain-top eruption site all hours of the day but webcams could. The recent eruption of Mauna Loa allowed HVO scientists to test and improve some of the Observatory’s remote camera capabilities.

These webcams allowed to pinpoint which rift zone the activity was focusing on. HVO scientists used cameras on the Southwest Rift Zone to confirm that vents were not opening on that section of the volcano, which has greater proximity to residential areas.

Once an eruption starts, HVO relies on small, portable webcams to provide close-up, 24/7 views of the eruptive activity. These cameras transmit images over the cellular network, and can easily fit in a backpack, so HVO staff deployed them around the new Mauna Loa eruption within hours of its start.

Another tool HVO deployed was a live-streaming video camera, to provide continuous views of the fountaining at the vent. This is valuable to track whether eruptive activity is picking up or slowing down.

Several time-lapse cameras were also deployed to provide detailed documentation of the lava fountain heights and lava channel activity. These time-lapse cameras did not transmit their images in real time, but simply stored the images onto a data card for later analysis.

Many of these camera techniques were developed and improved during the 2018 eruption of Kilauea, and lessons learned there were directly applied to the Mauna Loa response.

HVO staff also tested a new “video-lapse” camera. Unlike time-lapse cameras that take a single snapshot at intervals, the video-lapse camera periodically captures short video clips. The camera captured a 20 second video clip of the lava flowing through the upper channel every 15 minutes.

These periodic video clips are useful for measuring the eruption rate through time. Just as the flow rate is one of the most important variables to understand a river’s behaviour, the volumetric eruption rate (cubic meters per second) is a fundamental parameter for understanding, and forecasting, lava flows. The simplest way to measure the eruption rate of a lava flow is to estimate the velocity of lava in the channel and multiply that by the depth and width of the channel. From the video-lapse clips HVO scientists can make direct measurements of the velocity of lava in the channel. This is done by using a computer to track moving features in a video. In a lava channel, these might be distinct pieces of crust carried on the surface.

Camera technology improves every year. Remote field cameras are a valuable complement to field geologists during eruption crises.

Source : USGS / HVO.

Les webcams du HVO fournissent des images de bonne qualité du Kilauea…

….et du Mauna Loa :