Nouvelle structure volcanique au large de la Sicile // New volcanic structure off the coast of Sicily

Si de nombreux volcans sont visibles sur Terre ou émergent des océans, un grand nombre se cachent dans les profondeurs. Ainsi, dans la mer Méditerranée de nombreux édifices pointent leurs sommets à quelques dizaines ou quelques centaines de mètres sous la surface. C’est le cas du volcan Actea qui se trouve à six kilomètres seulement de la côte sud-ouest de la Sicile, avec une coulée de lave solidifiée qui s’étire sur quatre kilomètres vers l’ouest.

Ce volcan a attiré l’attention d’un chercheur à l’Institut national italien d’océanographie et de géophysique expérimentale (OGS). Il s’agit de l’une des six structures récemment mises au jour lors de la cartographie du Canal de Sicile (Mar di Sicilia).

L’expédition scientifique à laquelle appartient ce chercheur a pour nom M191 Suave. Elle a réuni des scientifiques du centre Geomar de Kiel, de l’Institut de recherche de la baie de Monterey (MBARI), de l’OGS italien et de l’Université Victoria de Wellington. Pendant trois semaines, à bord du navire de recherche allemand Meteor, ils ont scruté les fonds de cette voie maritime très fréquentée, au large de la côte sud-ouest de l’île.

Parmi les instruments utilisés au cours de l’expédition, on notera un échosondeur multifaisceaux et un magnétomètre qui ont permis de cartographier les structures volcaniques, aussi bien celles affleurant sur le plancher océanique que celles enfouies dans les sédiments. Le relevé a révélé trois centres volcaniques d’au moins six kilomètres de large et 150 mètres de haut, tous enfouis sous l’eau.

La bathymétrie a permis de constater que de nombreuses formations que les géologues interprétaient depuis longtemps comme des édifices volcaniques n’étaient en réalité pas d’origine magmatique. Le phénomène s’explique en partie par la complexité des lieux. En effet, le Canal de Sicile occidental se situe en Méditerranée centrale, une zone d’extension marquée de la croûte terrestre où les formes volcaniques se regroupent le long des failles, ce qui rend la région difficile à interpréter sans cartographie haute résolution. Si certains reliefs ne présentent pas d’intérêt volcanique, d’autres comme Actea et ses cinq compagnons méritent une étude plus poussée

Carte bathymétrique du secteur nord-ouest du Canal de Sicile (données issues du portail EMODnet)

Actea est l’édifice le plus proche du littoral, posé sur le secteur nord de la zone de faille de Capo Granitola, entre 62 et 70 mètres de profondeur. Son sommet culmine à seulement 34 mètres sous la surface. C’est la seule structure volcanique à porter des signes de réactivation magmatique. Cette dernière a probablement eu lieu entre le dernier maximum glaciaire et la remontée des eaux qui a suivi, comme en témoigne une importante coulée de lave récente.

À noter que Actea et son voisin Climène laissent échapper des bulles de leurs cratères. Il sera nécessaire de prélever des échantillons chimiques pour en déterminer l’origine. Elles pourraient signaler une activité biogénique libérant du méthane, ou une circulation hydrothermale.

A) Image montrant le site, près du sommet du volcan Actea. (B) Photographie sous-marine du sommet du volcan Actea, densément colonisé par des communautés benthiques.

Cette région de la Méditerranée a déjà démontré sa capacité à surprendre. En juillet 1831, le cône sous-marin de Ferdinandea est entré en éruption, édifiant une île volcanique d’environ 65 mètres au-dessus du niveau de la mer, et large de moins de 300 mètres. L’Angleterre, la France, l’Espagne et le Royaume des Deux-Siciles se disputèrent sa possession, mais la mer en décida autrement et l’île disparut sous les assauts des vagues dès janvier 1832. Elle a percé la surface à quatre reprises dans l’histoire.

Illustration de Ferdinandea en éruption en 1831.

Le sommet de Ferdinandea se trouve aujourd’hui à six mètres seulement sous la surface et est donc susceptible de représenter un danger pour les navires à fort tirant d’eau. En 2000, des plongeurs militaires italiens y ont planté un drapeau sicilien, pour prévenir toute nouvelle revendication de souveraineté si l’île venait à réapparaître.

Ces derniers travaux scientifiques et leurs découvertes montrent à quel point le terrain sous-marin proche du rivage sicilien reste méconnu. Il est donc urgent d’évaluer le risque volcanique pour ces zones qui hébergent des infrastructures comme les câbles de communication ou les gazoducs.

Source : Futura Sciences.

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While many volcanoes are visible on land or rise above the ocean surface, a vast number remain hidden in the depths. This is the case in the Mediterranean Sea, where numerous volcanic structures have summits reaching to within a few tens or hundreds of meters of the surface. One such example is the Actea volcano, located just six kilometers off the southwestern coast of Sicily, featuring a solidified lava flow that stretches four kilometers to the west.
This volcano caught the attention of a researcher from the Italian National Institute of Oceanography and Applied Geophysics (OGS). It is one of six structures recently discovered during the mapping of the Strait of Sicily.
The scientific expedition involving this researcher is named M191 Suave. It brought together scientists from the GEOMAR centre in Kiel, the Monterey Bay Aquarium Research Institute (MBARI), Italy’s OGS, and Victoria University of Wellington. Over the course of three weeks aboard the German research vessel Meteor, the team surveyed the seabed of this busy waterway off the island’s southwestern coast.
Instruments used during the expedition included a multibeam echosounder and a magnetometer, enabling the mapping of volcanic structures, both those exposed on the seafloor and those buried beneath sediment. The survey revealed three volcanic centers, each at least six kilometers wide and 150 meters high, all submerged underwater.
Bathymetric data revealed that many formations long interpreted by geologists as volcanic structures were not, in fact, of magmatic origin. This can be attributed in part to the complexity of the area. The western Strait of Sicily is located in the central Mediterranean, a zone of significant crustal extension where volcanic features cluster along fault lines, making the region difficult to interpret without high-resolution mapping. While some landforms are of no volcanic interest, others, such as Actea and its five neighbors, demand further study.
Actea is the feature closest to the coast, situated on the northern section of the Capo Granitola fault zone at depths of 62 to 70 meters. Its summit rises to just 34 meters below the surface. It is the only volcanic structure showing signs of magmatic reactivation. This reactivation likely occurred between the Last Glacial Maximum and the subsequent rise in sea level, as evidenced by a large, recent lava flow.
Notably, both Actea and its neighbour, Climène, release bubbles from their craters. Chemical sampling will be required to determine their origin; they could indicate methane-releasing biogenic activity or hydrothermal circulation.
This region of the Mediterranean has already proven capable of surprises. In July 1831, the submarine cone of Ferdinandea erupted, building a volcanic island that rose approximately 65 meters above sea level and spanned less than 300 meters in width. England, France, Spain, and the Kingdom of the Two Sicilies vied for its possession, but the sea decided otherwise; the island vanished beneath the waves as early as January 1832. It has broken the surface four times in recorded history. Today, the summit of Ferdinandea lies just six meters below the surface, potentially posing a danger to deep-draft vessels. In 2000, Italian military divers planted a Sicilian flag there to preempt any future sovereignty claims should the island re-emerge.
These recent scientific studies and their findings highlight just how little is known about the underwater terrain near the Sicilian coast. There is, therefore, an urgent need to assess the volcanic risk to these areas, which host infrastructure such as communication cables and gas pipelines.
Source: Futura Sciences.

Cartographie des volcans sous-marins dans le sud-est asiatique // Mapping undersea volcanoes in Southeast Asia

J’ai souvent écrit sur ce blog que nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que les profondeurs de nos propres océans. Cela est confirmé en volcanologie puisque la plupart des volcans sous-marins n’ont jamais été explorés, et encore moins étudiés.
De nombreux volcans sous-marins sont situés à proximité de zones de formation de plaques tectoniques. On estime que les volcans qui sont nés sur ces dorsales médio-océaniques représentent à eux seuls 75 % de la production de magma sur Terre. Bien que la plupart des volcans sous-marins soient situés à grande profondeur dans les mers et les océans, certains existent également dans des eaux peu profondes. Ils peuvent rejeter des matériaux très haut dans l’atmosphère lors d’une puissante éruption comme on a pu le voir lors de celle du Hunga Tonga Hunga Ha’apai en 2022.
On peut lire sur Wikipédia que le nombre de volcans sous-marins sur Terre est estimé à plus d’un million, dont environ 75 000 s’élèvent à plus de 1 000 mètres au-dessus du plancher océanique. Seuls 119 de ces volcans sous-marins sont connus pour être entrés en éruption au cours des 11 700 dernières années.

Les scientifiques de l’Observatoire de la Terre de Singapour (EOS) ont collecté un ensemble de données pour la région SEATANI – Asie du Sud-Est, Taïwan et îles Andaman et Nicobar. Ils ont compilé les données de 466 volcans sous-marins, en évaluant le potentiel de danger au niveau régional. Cela servira de point de départ pour de futures études.

L’étude a été motivée par l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en 2022, qui a illustré les dégâts majeurs que peuvent causer les volcans sous-marins. Les chercheurs voulaient déterminer les menaces potentielles que ces volcans pourraient faire peser sur Singapour et ses environs. Il ressort de l’étude que Taïwan présente le potentiel de danger et d’exposition le plus élevé parmi les régions étudiées, avec une menace considérable pour des secteurs comme les câbles de communication et le trafic maritime.
Les auteurs de l’étude ont utilisé une approche régionale globale plutôt qu’individuelle des volcans sous-marins pour évaluer le risque pour les pays d’Asie du Sud-Est et ils ont compilé une liste de plus de 450 volcans sous-marins dans les eaux de l’Asie du Sud-Est, de Taïwan et des îles Andaman et Nicobar (SEATANI). Les chercheurs ont utilisé des ensembles de données publiés sur les volcans sous-marins dans le monde ainsi que des données bathymétriques qui révèlent la topographie des fonds marins et les caractéristiques des volcans. Ils ont ensuite classé ces volcans pour comprendre à quel point ils peuvent être dangereux.
Les résultats montrent qu’il existe plusieurs volcans sous-marins potentiellement dangereux dans cette région du globe. Taïwan présente le risque et le potentiel d’exposition les plus élevés, tandis que les Philippines, l’Indonésie et le Vietnam ont un potentiel d’exposition relativement élevé pour les câbles de communication sous-marins et la densité du trafic maritime. Singapour peut également être menacé car ces câbles font des milliers de kilomètres de long, et Singapour possède certains des principaux câbles sous-marins et sites d’atterrissage d’Asie du Sud-Est.
Dans le nord de la mer de Chine méridionale, un volcan particulièrement inquiétant a pour nom KW-23612. Ce volcan endormi possède une caldeira de 7 km de large, signe évident qu’il a connu une éruption cataclysmale et qu’il possède un potentiel d’activité explosive future. Sa caldeira est deux fois plus grande que celle du Hunga Tonga et du Pinatubo et elle est particulièrement menaçante en raison de sa proximité avec la surface de la mer, à seulement 200 m de profondeur. Selon les simulations, une éruption de ce volcan provoquerait des vagues de tsunami qui recouvriraient les plages de Singapour. Bien que les vagues ne mesureraient que quelques centimètres de haut, elles pourraient affecter considérablement la circulation des bateaux, les plages et même provoquer des inondations côtières.
Les résultats de l’étude ont également mis en évidence la nécessité d’une surveillance et d’une préparation proactives. Bien qu’aucune éruption spécifique ne soit prévue dans un avenir proche ou lointain, l’étude montre la nécessité d’une exploration et d’une évaluation plus poussées de ces volcans submergés.
Source : The Watchers.

 

Carte montrant la zone étudiée par les scientifiques de l’EOS. On peut y voir l’emplacement des volcans sous-marins et des principales failles (Source : les auteurs de l’étude pour la European Geosciences Union – EGU).

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I have often written on this blog that we know the surface of Mars better than the depths of our own oceans. This is confirmed in volcanology as most undersea volcanoes have never been explored, let alone studied.

Many submarine volcanoes are located near areas of tectonic plate formation. The volcanoes at these mid-ocean ridges alone are estimated to account for 75% of the magma output on Earth. Although most submarine volcanoes are located in the depths of seas and oceans, some also exist in shallow water, and these can discharge material into the atmosphere during an eruption as could be seen during the Hunga Tonga Hunga Ha’apai eruption in 2022.

One can read on Wikipedia that the total number of submarine volcanoes is estimated to be over one million, with about 75,000 rising more than 1,000 meters above the seabed. Only 119 submarine volcanoes in Earth’s oceans and seas are known to have erupted during the last 11,700 years.

A new SEATANISoutheast Asia, Taiwan, and Andaman and Nicobar Islands – dataset made by Earth Observatory of Singapore (EOS) has compiled 466 seamounts, assessing hazard and exposure potential on a regional level for future studies. The study was spurred by the 2022 Hunga Tonga-Hunga Ha’apai eruption, which illustrated the devastation that underwater volcanoes may cause. Researchers wanted to determine the potential threats that these undersea volcanoes could cause to Singapore and the surrounding area. Taiwan was identified as having the highest hazard and exposure potential among the studied regions, significantly affecting assets like communication cables and ship traffic.

The authors used a regional approach rather than only looking at specific seamounts to assess the combined hazard of all seamounts on Southeast Asian countries and compiled a list of over 450 submarine volcanoes in the waters of Southeast Asia, Taiwan, and Andaman and Nicobar Islands (SEATANI). The researchers used published datasets of global undersea volcanoes and bathymetry data, which reveal the topography of seafloors and characteristics of the volcanoes, and they classified these volcanoes to understand how hazardous they could be.

The results show that there are several potentially hazardous seamounts in this region. Taiwan has the highest hazard and exposure potential, while the Philippines, Indonesia, and Vietnam have relatively high exposure potential for submarine communication cables and ship traffic density. Singapore can be affected too because these cables are thousands of kilometers long, and Singapore has some of the main subsea cables and landing sites in Southeast Asia.

In the northern South China Sea, a particularly worrying volcano called KW-23612 was identified. This dormant volcano has a 7 km wide caldera, a clear sign of a previous catastrophic eruption and the potential for future explosive activity. This caldera is twice as big as the Tonga Volcano and Mount Pinatubo and is particularly important because of its vicinity to the sea surface, being only 200 m deep. According to simulations, an eruption from this volcano would cause tsunami waves to flood the beaches of Singapore. Although the waves will only be a few centimeters high, they can significantly affect boat traffic, beach areas, and even cause coastal flooding

The research findings also raised awareness of the need for proactive monitoring and preparedness.

While no specific eruptions are foreseen in the near or distant future, the study shows the need for further exploration and assessment of these submerged volcanoes.

Source : The Watchers.

Les volcans sous-marins de l’Antarctique // Antarctic seamounts

Quand on parle de volcans en Antarctique, on pense immédiatement au Mont Erebus (3,794 m) sur l’Île de Ross, mais les fonds marins autour du continent blanc offrent également des édifices volcaniques très intéressants. De nouvelles cartes haute résolution des fonds marins de la région, à mi-chemin entre la Tasmanie et l’Antarctique, ont révélé une chaîne de volcans sous-marins – seamounts en anglais – dont les sommets peuvent influencer le comportement des courants océaniques qui circulent au-dessus d’eux.
Ces monts sous-marins sont situés à environ 4 000 mètres de profondeur et se trouvent en plein sur la trajectoire du Courant circumpolaire qui circule dans le sens des aiguilles d’une montre autour de l’Antarctique. Le courant agit comme une barrière qui isole le continent et permet de le maintenir sous sa forme glacée
Les scientifiques ont cartographié une zone où cette barrière semble présenter une fuite, ce qui permet à des tourbillons d’eau plus chaude d’atteindre les côtes de l’Antarctique et contribue peut-être à sa fonte et à l’élévation du niveau de la mer qui s’ensuit. Cette fuite est connue depuis longtemps mais les scientifiques espèrent que les nouvelles cartes pourront aider à comprendre son évolution à mesure que la température des océans augmente en raison du réchauffement climatique et que des quantités importantes d’eau de fonte pénètrent dans l’Océan Austral.
Les chercheurs ont collecté des données océaniques à l’intérieur du Courant circumpolaire depuis le navire de recherche australien Investigator. Ils ont également utilisé le satellite SWOT (Surface Water and Ocean Topography) de la NASA et du CNES, qui mesure la hauteur de la surface de l’océan depuis l’espace afin de savoir ce qui se trouve en dessous. Les mesures satellite ont révélé une chaîne de montagnes qui s’étend sur 20 000 kilomètres carrés dans une région à l’ouest de l’île Macquarie et de la dorsale tectoniquement active de Macquarie. La chaîne de montagnes comprend huit anciens monts sous-marins avec des sommets atteignant 1 500 mètres de hauteur et l’un d’eux possède un double cratère. Quatre parmi ces monts sous-marins n’ont jamais été étudiés auparavant.
Les monts sous-marins se sont formés au cours des 20 derniers millions d’années et ont probablement joué un rôle dans la formation des courants océaniques autour de l’Antarctique. Selon les auteurs de la nouvelle carte, « le Courant circumpolaire antarctique est sensible au relief des fonds marins et donc aux montagnes sur son chemin. Là où il rencontre des barrières comme des crêtes ou des monts sous-marins, des ‘ondulations’ apparaissent dans la circulation de l’eau. » Ces ondulations forment des tourbillons qui jouent un rôle majeur dans le transport de la chaleur et du carbone de la couche supérieure de l’océan vers les couches plus profondes. Ils représentent donc un tampon essentiel contre le réchauffement climatique.

Les chercheurs expliquent que la connaissance de la profondeur et du relief des fonds marins est cruciale pour quantifier l’influence des montagnes, collines et vallées sous-marines sur le Courant circumpolaire antarctique et évaluer la fuite de chaleur vers l’Antarctique. À terme, la cartographie de l’Océan Austral fournira des indices sur l’ampleur de la fonte des glaces en Antarctique et permettra de prévoir l’élévation du niveau de la mer qui en résultera.
Adapté d’un article du site space.com.

 

Modélisation d’un volcan sous-marin à double cratère découvert à l’ouest de l’île Macquarie (Source: FOCUS volyage/CSIRO).

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When speaking about volcanoes in Antarctica, one immediately thinks about Mount Erebus (3,794 m) on Ross Island, but the seafloor of the region around the white continent also shows very interesting volcanic features. New high-resolution maps of the seafloor halfway between Tasmania and Antarctica have revealed a chain of underwater volcanoes – or seamounts – whose summits may influence the behaviour of ocean currents above.

These seamounts are located about 4,000 meters below the sea surface and directly in the path of the Antarctic Circumpolar Current which flows clockwise around Antarctica. The Current acts as a barrier that helps keep the icy continent frozen.

Scientists have mapped an area where this barrier appears to be leaking, enabling swirls of warm water to reach the shores of Antarctica and possibly contributing to its melting and to sea level rise.The leak has long been known but the scientists hope the new maps could help predict how the leak will evolve as oceans warm due to global warming and meltwater floods into the Southern Ocean.

The researchers collected ocean data inside the Circumpolar Current from aboard the Australian research vessel Investigator. They also used NASA’s and the French CNES Surface Water and Ocean Topography (SWOT) satellite, which measures the height of the ocean surface from space to know what lies beneath. The satellite measurements revealed a chain of mountains which spans 20,000 square kilometers of a region west of Macquarie Island and the tectonically active Macquarie Ridge. Actually, the chain of mountains includes eight ancient seamount with peaks up to 1,500 meters high and one with a double vent. Four of the seamounts have never been studied before.

The seamounts formed within the last 20 million years and likely play a role in shaping ocean currents around Antarctica. According to the authors of the new map, « the Antarctic Circumpolar Current ‘feels’ the seafloor and the mountains in its path, and where it encounters barriers like ridges or seamounts, ‘wiggles’ are created in the water flow. » These wiggles form eddies that play a major role in transporting heat and carbon from the upper ocean to deeper layers, a critical buffer against global warming.

The researchers explain that knowledge of the depth and shape of the sea floor is crucial to quantify the influence of undersea mountains, hills and valleys on the Antarctic Circumpolar Current and the leaking of heat toward Antarctica. Ultimately, mapping the Southern Ocean will deliver clues about the extent of ice melt in Antarctica and help predict the resulting rise in sea levels.

Adapted from an article on the website space.com.

Des volcans sous-marins potentiellement actifs découverts au large de la Sicile // Potentially active underwater volcanoes discovered off Sicily

Au cours d’une expédition de plusieurs semaines en haute mer, une équipe internationale de chercheurs de plusieurs universités ont découvert trois volcans sous-marins au large de la côte sud-ouest de la Sicile. Pour le moment, on ne peut pas dire s’ils sont actifs.
Selon les scientifiques, les volcans nouvellement découverts mesurent au moins 6 km de large et s’élèvent à plus de 150 mètres au-dessus des fonds marins. Ils viennent s’ajouter à une série d’autres cônes volcaniques découverts en 2019 par l’Institut national d’océanographie et de géophysique expérimentale dans la zone située entre Mazara del Vallo et Sciacca. (voir ma note du 5 août 2019 décrivant cette expédition).
Cette dernière découverte de volcans sous-marins est importante car elle met en lumière des fonds marins jusque là inexplorés. La Méditerranée est sillonnée par des bateaux depuis des millénaires, mais nous savons très peu de choses sur ses profondeurs. Comme je l’ai écrit à maintes reprises, nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que les profondeurs de nos propres océans.
L’expédition scientifique a été menée à bord du navire allemand Meteor et s’est terminée par l’exploration de fonds marins jamais visités jusque-là le long du Canal de Sicile. Elle a permis aux chercheurs de collecter des échantillons de roche, notamment à partir de dépôts de lave, qu’ils analyseront dans les prochains mois.
Les membres de l’expédition ont remarqué la présence d’une activité hydrothermale dans la région mais il est encore trop tôt pour savoir si ces volcans sont actifs. Les chercheurs doivent analyser les roches et interpréter les profils sismiques à haute résolution acquis autour de ces volcans.
Au cours de l’expédition, les chercheurs ont également découvert l’épave d’un navire à une profondeur de 110 mètres sur la Banco Senza Nome, une plateforme à mi-chemin entre l’île volcanique de Linosa et la Sicile. Il est encore impossible de dire de quelle époque elle date.
Bien que les éruptions sous-marines passent souvent inaperçues, la majorité des volcans se trouvent sous l’eau et ils sont à l’origine de 80% de l’activité volcanique dans le monde. Dans le passé, les volcans sous-marins de cette région spécifique de l’Italie sont e très à un certain moment en éruption, avec l’apparition éphémère d’ilôts qui ont disparu dans la mer peu de temps après.
C’est ce qui s’est passé le 18 juillet 1831, à quelques kilomètres de la dernière découverte. Une île volcanique a percé la surface de la Méditerranée, à environ 50 km de la ville de Sciacca. Peu de temps après, le Capitaine Sir Humphrey Le Fleming Senhouse a conduit un groupe de marins britanniques au sommet de la nouvelle île et lui a donné le nom du premier lord de l’amirauté, Sir James Robert George Graham. Le roi des Deux-Siciles, Ferdinand II, furieux de voir lui échapper une base potentiellement stratégique, a envoyé un navire de guerre pour remplacer le drapeau britannique. Un groupe français a également débarqué et a nommé l’île Giulia. Cependant, la dispute pour s’accaparer l’île a pris fin en quelques mois. En décembre 1831, l’île que les Siciliens avaient baptisée Isola Ferdinandea, en l’honneur de Ferdinand II, disparut de la surface de la mer. En novembre 2000, des plongeurs siciliens ont planté un drapeau sur ce volcan sous-marin bouillonnant pour contrecarrer toute revendication de souveraineté britannique s’il refait surface. Une plaque a été descendue et apposé sur l’édifice sous-marin ; on peut y lire: « L’île sera toujours sicilienne ».
Source : The Guardian.

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During a several week-deepsea expedition, researchers from several universities around the world have discovered three underwater volcanoes off Sicily’s south-west coast. For the moment, they cannot say whether they are active.

According to scientists, the newly discovered volcanoes are at least 6 km wide and rise more than 150 metres above the surrounding seabed. They join a series of other volcanic cones discovered in 2019 by the National Institute of Oceanography and Experimental Geophysics in the area between Mazara del Vallo and Sciacca. (see my post of August 5th, 2019 describing this expedition)

This discovery on new undersea volcanoes is important because it sheds light on unexplored seabed. The Mediterranean has been navigated for millennia, yet, surprisingly, we know very little about its seabed. As I have put it many times, we know the surface of Mars better than the depths of our own oceans.

The campaign was conducted onboard the German vessel Meteor and ended with the scanning of previously unexplored seabed along the Sicily Channel. It allowed researchers to collect rock samples, including lava deposits, to be analysed in the coming months.

The members of the expedition have noticed hydrothermal activity in the area but it is still early to understand if these volcanoes are active. They must first analyse their rocks and interpret the high-resolution seismic profiles acquired around them.

During the expedition, researchers also discovered the wreck of a ship at a depth of 110 metres on the so-called Nameless Bank (Banco Senza Nome) about halfway between the volcanic island of Linosa and Sicily. It is still impossible to establish when it dates back.

Though undersea eruptions often go unnoticed, the largest number of volcanoes are believed to be underwater, and they are the source of 80% of volcanic activity around the world. In the past, submarine volcanoes in that specific area of Italy erupted once with the appearance of small islands which disappeared into the sea shortly afterwards.

This is what happened on July 18th, 1831, a few kilometers from the recent discovery. A volcanic island broke the surface of the Mediterranean, about 50 km off the town of Sciacca. Soon after, Captain Sir Humphrey Le Fleming Senhouse led a British naval party to the summit of the new island and named it after the first lord of the admiralty, Sir James Robert George Graham. The king of the Two Sicilies, Ferdinand II, was furious at losing a potentially strategic base and sent a warship to replace the union flag. A French party also landed and named it Giulia. However, the controversy ended in a few months. By December 1831, the island called by Sicilians Isola Ferdinandea, in honour of Ferdinand II, had disappeared. In November 2000, Sicilian divers planted a flag on this bubbling underwater volcano to thwart any claims of British sovereignty should it resurface. A plaque was lowered into the waves. It reads: “It will always be Sicilian.” My posts of August 5th, 2019 gives more details about the story of Isola Ferdinandea.

Source : The Guardian.

Illustration de Ferdinandea en éruption en 1831.