Hawaii: Brouillard volcanique et aide à la population // Hawaii: The « vog » and how to manage it

drapeau-francaisL’interruption des alizés est un phénomène fréquent sur l’île Hawai’i pendant les mois d’hiver. La présence de ces vents, ou leur absence, joue un rôle essentiel, car ce sont eux qui gèrent la répartition du brouillard volcanique du Kilauea – le « vog », raccourci pour « volcanic fog » – à travers la Grande Ile.

Le « vog », provoqué par le dioxyde de soufre (SO2) émis par le Kilauea, est un problème fréquent, en particulier depuis l’ouverture de la bouche active dans le cratère de l’Halema’uma’u en 2008. On a alors enregistré une augmentation spectaculaire de la quantité de SO2 et d’autres gaz libérés par le volcan, ainsi que les effets néfastes du « vog » sur l’île. Les émissions de gaz ont légèrement diminué par rapport au début de l’éruption sommitale en 2008, mais le « vog » reste un problème pour les zones habitées, avec des conséquences sur la santé, l’agriculture et les infrastructures.

De mai à septembre, les alizés soufflent de 80 à 95% du temps, mais d’octobre à avril, la fréquence passe de 50 à 80%. Lorsque ces vents sont absents, les zones touchées par le « vog » couvrent la partie orientale de la Grande Ile, voire l’île toute entière, et même parfois l’ensemble de l’État d’Hawaii.

Afin de mieux gérer le « vog » cet hiver, de nouvelles ressources sont disponibles pour permettre à la population de se familiariser avec le brouillard, et de minimiser son impact. Un nouveau site Internet intitulé “Hawaii Interagency Vog Information Dashboard” fournit les premières informations sur le « vog ». Les sujets abordés incluent les prévisions concernant ce brouillard, ses concentrations en temps réel, les effets sur la santé, les impacts environnementaux et comment les gens peuvent se protéger. On trouve aussi sur le site des liens vers des publications scientifiques.

Le site oriente également les utilisateurs vers de nouveaux produits d’information sur le « vog ». On trouve, entre autres, un « booklet of frequently asked questions » (livret de questions fréquemment posées), une brochure et une affiche sur la protection contre le « vog » qui sont disponibles en ligne et qui peuvent être consultées ou téléchargées. Des exemplaires imprimés sont disponibles auprès des services de santé. Ils sont également distribués dans les bibliothèques et les écoles de la Grande Ile.

Les services sanitaires hawaiiens diffusent une rubrique intitulée “Hawaii ShortTerm SO2 Advisory”  qui fournit en temps réel des données sur le niveau de SO2, ce qui est extrêmement utile pour les zones proches du Kilauea. Pour les habitants de la partie ouest d’Hawaii (région de Kona en particulier), les informations sur les particules sont disponibles via l’onglet “AirNow particle data” du site Internet mentionné précédemment.

Source: USGS / HVO.

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drapeau-anglaisA common occurrence on Hawai‘i Island during winter months is the frequent interruption of the trade winds. These winds, or the lack of them, play a leading role in determining where vog (a short word for volcanic fog) from Kilauea volcano is distributed across Big Island.

Vog, caused by sulfur dioxide gas (SO2) emitted from Kilauea, has been a frequent problem on Hawaii Big Island. Since the onset of the summit eruption in 2008, there has been a dramatic increase in the amount of SO2 and other gases released from the volcano and in the damaging effects of vog on the island. Gas emissions have decreased somewhat since the summit eruption began in 2008, but vog continues to challenge Hawai‘i communities, causing impacts to health, agriculture, and infrastructure.

From May to September, trade winds blow 80 to 95% of the time, but from October to April, the frequency drops to 50 to 80%. When trade winds are absent, areas impacted by vog can include East Hawaii, the whole Island of Hawaii, and, at times, the entire State of Hawaii.

For this winter’s vog season, new resources are available to help people become familiar with, and minimize their exposure to vog. A new internet-based “Hawaii Interagency Vog Information Dashboard”   provides a user-friendly starting point to search for information about vog. Topics on this dashboard include vog forecasts, real-time vog concentrations, health effects and environmental impacts of vog, and how people can protect themselves from vog, as well as links to published scientific literature.

The dashboard also leads users to a new suite of concise vog information products. These products, which include a « booklet of frequently asked questions »  and a brochure and poster on protecting yourself from vog, are available online, where they can be viewed or downloaded. Print copies of these vog information products are available through the Hawai‘i Department of Health District offices. They are also in the process of being distributed to public libraries and schools around the Island of Hawai‘i.

The Hawai‘i Department of Health has released “Hawaii ShortTerm SO2 Advisory” which provides data on current SO2 gas levels, is extremely helpful for areas close to Kīlauea. But for West Hawaiʻi (Kona) residents, the more relevant particle information is available through the vog dashboard link to “AirNow particle data.”

Source: USGS / HVO.

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Le panache de gaz de l’Halema’uma’u contribue à la présence du « vog » à Hawaii.

(Photo: C. Grandpey)

 

 

 

 

 

 

Sabancaya (Pérou): Poursuite de l’éruption // Sabancaya (Peru): The eruption continues

drapeau-francaisLe rapport que l’INGEMMET vient de m’adresser pour la journée du 21 novembre 2016 indique que l’éruption du Sabancaya continue de manière relativement stable. La sismicité se caractérise par des épisodes de tremor et des séquences explosives avec 18 événements le 21 novembre. La colonne de cendre s’élève à plus de 4000 mètres au-dessus de la lèvre du cratère avant de s’étirer sur une quarantaine de km en direction du SSO. Des retombés de cendre sont observées dans les localités sous le vent. Les instruments continuent à montrer une inflation du versant SE du volcan. Les émissions de SO2 atteignent une moyenne de 7000 tonnes par jour. La couleur d’alerte du Sabancaya reste Jaune.

Plus d’informations sur ces deux sites :

http://ovi.ingemmet.gob.pe/

http://ovs.igp.gob.pe/

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drapeau-anglaisThe report INGEMMET has just sent me for 21 November 2016 indicates that the eruption of Sabancaya volcano continues in a relatively stable way. Seismicity is characterized by tremor episodes and explosive sequences with 18 events on 21 November. The ash column rises more than 4,000 meters above the crater rim before drifting forty kilometers SSW. Ashfall has been observed in leeward municipalities. The instruments continue to show an inflation of the SE slope of the volcano. SO2 emissions average 7,000 tonnes per day. The alert color for Sabancaya remains Yellow.
More information on these two sites:
http://ovi.ingemmet.gob.pe/

http://ovs.igp.gob.pe/

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Sismicité actuelle du Sabancaya (Source: INGEMMET)

 

Conséquences environnementales de la guerre en Iraq // Environmental consequences of the war in Irak

drapeau-francaisLes images satellite mises en ligne par la NASA montrent un panache de dioxyde de soufre (SO2) en provenance de la mine et de l’usine de traitement de soufre d’Al-Mishraq près de Mossoul, en Irak. Les images montrent également un panache de fumée noire en train de s’échapper du champ de pétrole de Qayyarah. Les deux panaches sont la conséquence de la guerre qui fait rage au Moyen-Orient.
Déjà en juin 2003, les scientifiques de la NASA avaient utilisé des satellites pour analyser la quantité de dioxyde de soufre envoyée dans l’atmosphère par un incendie à cette même mine de soufre. Ils avaient calculé que le feu, qui a brûlé pendant près d’un mois, émettait 21 kilotonnes de SO2 par jour. C’est quatre fois plus que ce que rejette chaque jour le plus grand émetteur de dioxyde de soufre au monde, la fonderie de Noril’sk en Russie.
Treize ans plus tard, l’histoire semble se répéter. Un incendie dans la même usine de traitement de soufre en Irak envoie d’énormes quantités de SO2 dans l’atmosphère. De nouveau, les scientifiques observent les événements en temps réel, avec davantage d’instruments satellitaires à leur disposition. Les émissions de SO2 en provenance de l’incendie sont déjà importantes. Si le dioxyde de soufre provenait d’un volcan, ce serait déjà l’une des plus grandes éruptions de 2016.
Dans les premiers jours, l’incendie – qui a été détecté le 20 octobre – ne semblait pas être particulièrement violent et les premières observations laissaient supposer qu’une grande partie du dioxyde de soufre se concentrait dans la couche limite et la basse troposphère, avec un impact sur la qualité de l’air et donc sur la santé. Plus récemment, le SO2 a atteint des altitudes plus élevées où il peut être véhiculé sur de longues distances. Selon des articles de presse, deux personnes sont mortes après avoir respiré des vapeurs de soufre, et un millier d’autres ont été traitées pour des problèmes respiratoires.
La carte ci-dessous montre l’étendue du panache dans l’atmosphère le 24 octobre 2016. Sur l’image satellite, le panache de l’usine de soufre d’Al-Mishraq est grisâtre tandis que celui émis par le champ de pétrole de Qayyarah est carrément noir.

Source: NASA.

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drapeau-anglaisSatellite images released by NASA show one sulphur dioxide (SO2) plume from the Al-Mishraq sulphur mine and processing facility near Mosul, Iraq . They also show a black smoke plume emitted by the Qayyarah oil field. Both plumes are consequences of the war that rages in the Middle East.

Back in June 2003, NASA’s atmospheric scientists had used satellites to track how much sulphur dioxide streamed into the atmosphere from a fire at this same sulphur mine. They calculated that the fire, which burned for nearly a month, released 21 kilotons of SO2 per day. That is roughly four times as much as is emitted each day by the world’s largest single-source emitter of sulfur dioxide, a smelter in Noril’sk, Russia.

Thirteen years later, history seems to be repeating itself. A fire at the same sulphur facility in Iraq is emitting tremendous quantities of SO2 into the atmosphere. Once again, this group of scientists is closely watching the events in real time, with a more capable set of satellite instruments at their disposal. Already, SO2 emissions from the fire have been significant. If the sulphur dioxide were coming from a volcano rather than a fire, it would already be among the largest eruptions of 2016.

In the first few days, the fire – which was first detected on October 20th – did not appear to be particularly energetic and preliminary observations suggested that much of the sulphur dioxide remained in the boundary layer and the lower troposphere, which accentuates the impact on air quality and health. More recently, SO2 has been lofted to higher altitudes where it may undergo long-range transport. According to news reports, two people have died after breathing sulphur fumes, and up to 1,000 people have been treated for breathing problems.

The map below shows the extent of the plume within the planetary boundary layer on October 24th, 2016. On the satellite image, the plume from the Al-Mishraq sulphur plant appears white-gray. Smoke plumes from the Qayyarah oil field are black.  Source: NASA.

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Etendue du nuage de dioxyde de soufre (Source: NASA)

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Image satellite des deux sources de pollution en Iraq (Source: NASA)

Vers un réveil du Mayon (Philippines) ? // Mayon (Philippines) might wake up

drapeau-francaisLe PHILVOCS a élevé à 1 le niveau d’alerte du Mayon suite à l’observation de signes d’activité volcanique. L’édifice a tendance a gonfler et un essaim sismique de 146 événements a été enregistré entre le 3 et le 6 août. Les émissions de SO2 sont en hausse, avec plus de 1000 tonnes par jour contre 500 tonnes habituellement.
Contrairement à ce qu’ont écrit certains journaux à sensations, une éruption ne semble pas imminente, mais il est rappelé à la population de ne pas pénétrer dans la zone de sécurité de 6 km de rayon mise en place autour du Mayon.

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drapeau-anglaisPHILVOCS has raised Mount Mayon’s alert level to 1 on Thursday morning after it observed abnormalities around the volcano. The volcanc edifice has inflated and 146 earthquakes were also recorded from August 3rd to 6th.SO2 emissions have increased beyond the baseline level of 500 tons/day, exceeding 1 000 tons/day in some days, since July 2016.
While there was no imminent danger of an eruption, residents in towns surrounding the volcano are reminded not to venture into the 6-km permanent danger zone around Mayon.