Aide aux victimes de l’éruption du Sinabung // Helping the victims of the Mt Sinabung eruption

drapeau francaisUn groupe d’habitants de la Baie de San Francisco vient d’organiser une collecte de dons pour venir en aide aux victimes de l’éruption du Sinabung. On se souvient que l’éruption a tué au moins 14 personnes et déplacé des dizaines de milliers d’autres. Six semaines plus tard, la situation est loin d’être redevenue normale. C’est pourquoi une cinquantaine de personnes (d’origine indonésienne pour la plupart) se sont réunies samedi soir dans une maison de Daly City où elles ont partagé un repas, écouté de la musique et, surtout, fait preuve de générosité.

L’argent ainsi collecté permettra également de venir en aide aux victimes des inondations et, plus récemment, d’un violent incendie qui a dévasté une partie de l’Ile de Java.

Le but de la soirée était de collecter une somme de 2000 dollars. Cet argent sera envoyé à un parent qui habite dans la région affectée part l’éruption afin qu’il puisse acheter en temps voulu de la nourriture et les biens de première nécessité.

Cette initiative me rappelle la collecte que j’avais organisée lors de l’éruption du Merapi en 2010. Grâce à la collaboration des Pompiers de l’Urgence Internationale, de France 3 et d’un ami vivant sur l’île de Java, une somme de 4000 euros avait pu être rassemblée afin d’acheter de la nourriture et de venir en aide aux habitants qui avaient tout perdu.

Dans les deux cas, 2000 dollars ou 4000 euros ce n’est pas grand-chose, mais c’est mieux que rien. Je me suis alors rendu compte à quel point il était difficile de collecter de l’argent quand la population ne se sent pas vraiment concernée. L’Indonésie est loin de la France et ce n’est pas une destination touristique de premier ordre…

Source : ABC News.

 ————————————————

drapeau anglaisA Bay Area community has just raised money for the people affected by the eruption of Mount Sinabung during which at least 14 people were killed and tens of thousands were evacuated.

Six weeks later, the recovery is far from over. That’s why about 50 people (with a Indonesian origin for most of them) gathered Saturday night at a home in Daly City. They got together to share a meal, listen to music, and most of all to donate money.

This fundraiser will also help those affected by a flood in the area, and more recently, a wildfire that burnt a large section of Java.

The goal was to raise at least $2,000. The money will be sent directly to a relative in the affected region, who will then buy necessities for people and spend all the money as he sees fit.

This initiative reminds me of what I did in 2010 in the wake of the eruption of Mount Merapi. Thanks to the help of the Pompiers de l’Urgence Internationale (International Emergency Firefighters); the French TV channel France 3 and a friend living in Java, a sum of 4000 euros was collected in order to buy food and help those victims of the eruption who had lost everything.

In both cases, $2,000 or 4,000 € is not a lot of money, but it is better than nothing. I then realised it was very difficult to raise money when the population does not really feel concerned. Indonesia is a faraway country and not a favourite tourist destination…

Source: ABC News.

Kelud, Sinabung, Marapi (Indonésie)

drapeau francaisSuite à une baisse régulière de l’activité, le niveau d’alerte du Kelud a été abaissé à 2 (sur une échelle de 4 niveaux) le 28 février dernier.

Le VAAC de Darwin indique qu’entre la fin du mois de février et le début du mois de mars les panaches de cendre émis par le Sinabung atteignaient une altitude de 3 à 4 km avant de s’étirer vers l’E, NE, N, NO, O, et SO.

D’après la presse indonésienne, une explosion a secoué le Marapi le 26 février et généré un panache de cendre qui a entraîné des retombées jusqu ‘à une dizaine de kilomètres vers le sud. Le niveau d’alerte est maintenu à 2, sur une échelle de 4 niveaux.

Source: Global Volcanism Network.

 ——————————————–

drapeau anglaisDue to a regular decrease in activity, the alert level for Kelud was lowered to 2, on a scale of 1-4, on February 28th.

The Darwin VAAC indicates that by the end of February and in early March ash plumes from Sinabung rose to altitudes of 3-4 km a.s.l. and drifted 25-55 km E, NE, N, NW, W, and SW.

According to news articles, an explosion at Marapi on February 26th produced an ash plume that caused ashfall in areas as far as 10 km to the south. The alert level remains at 2, on a scale of 1-4.

Source: Global Volcanism Network.

Sinabung (Ile de Sumatra / Indonésie)

drapeau francaisL’activité éruptive du Sinabung décline progressivement et les villageois dont les fermes se trouvent en dehors de la zone de sécurité d’un rayon de 5 km continuent à revenir chez eux. Selon le VAAC de Darwin, les panaches de cendre atteignent encore des altitudes comprises entre 3,5 et 4,5 km avant de s’étirer le plus souvent vers l’E-NE sur 25 à 45 km.

Le 24 février, 16 361 personnes résidaient encore dans 34 centres d’évacuation.

Source : Global Volcanism Network.

drapeau anglaisActivity at Mt Sinabung is decreasing progressively and villagers outside the 5-km evacuation zone continue to return to their homes. According to the Darwin VAAC, the ash plumes are rising up to 3.5 -4.5 km a.s.l. on average and usually drifting 25-45 km E-NE. On February 24th, 16,361 people remained in 34 evacuation shelters.

Source : Global Volcanism Network

L’Indonésie est-elle prête à affronter une catastrophe volcanique? // Is Indonesia ready to face a volcanic disaster?

drapeau francaisAlors que l’Indonésie doit faire face aux conséquences des deux éruptions du Sinabung et du Kelud, les experts scientifiques se demandent si le pays est bien équipé pour affronter les menaces que représentent tous les volcans de l’archipel.
Au moins 24 personnes ont été tuées au cours des deux dernières éruptions. 17 personnes sont mortes lorsque le Sinabung s’est manifesté et l’éruption du Kelud a fait 7 victimes supplémentaires. Plus de 130 000 personnes ont été déplacées à la suite des deux catastrophes.
Chaque province indonésienne possède sa propre agence de gestion des catastrophes, mais les niveaux varient. Dans l’est de Java, où se dresse le Kelud, le niveau de gestion des risques est acceptable. Beaucoup de vies ont été sauvées au cours des dernières éruptions, en sachant que la zone située autour du volcan est habitée par des centaines de milliers de personnes.
Dans le cas du Sinabung, la plupart des gens ne connaissaient pas le comportement du volcan qui était resté en sommeil pendant des siècles.
L’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB) a travaillé avec les organismes locaux et les ONG sur des programmes visant à préparer les populations à de tels événements. Il s’agit notamment d’identifier les menaces, former des responsables locaux et effectuer des simulations et des exercices, tout en établissant une cartographie des risques et une quantification des populations susceptibles d’être touchées.
Cependant, les gouvernements locaux ne consacrent qu’une petite partie de leurs budgets à la gestion des catastrophes, bien que les choses aient tendance à s’améliorer.
Les récentes éruptions peuvent être considérés comme des événements mineurs. L’Agence nationale de gestion des catastrophes se demande comment le pays réagirait si une éruption majeure comme celle du Krakatau en 1883 avait eu lieu aujourd’hui. Comme l’a déclaré un responsable : « Le plus grand aéroport du pays serait paralysé. Si l’éruption devait durer des mois, l’économie serait réduite à néant. L’Indonésie doit encourager la modélisation scientifique, y compris les simulations, pour estimer les pertes et les coûts humains dans le cas d’une éruption majeure comme celle du Krakatau ».
Les systèmes de surveillance sont corrects, avec des capteurs installés sur la plupart des volcans du pays, mais les autorités doivent inclure ces données de surveillance dans leurs programmes d’évaluation des risques, y compris les scénarios d’éruptions, et mettre sur pied des plans de reconstruction.
Selon la BNPB, au moins 197 personnes ont été tuées pendant les dernières catastrophes qui ont pris la forme d’inondations, glissements de terrain, éruptions volcaniques à travers tout le pays depuis Janvier 2014.

Source : The Jakarta Globe.

La plupart de mes sources sur ce qui se passe en Indonésie proviennent de journaux locaux ou nationaux. Il faut être prudent avec le contenu de ces articles car ces médias cautionnent souvent la politique du gouvernement.
Voici un lien vers un article (en anglais) qui donne une vision différente de l’aide fournie aux populations après l’éruption du mont Kelud :
http://dissidentvoice.org/2014/02/kelud-volcano-tears-washing-ash-away/

Voici quelques extraits :
L’une des victimes de l’éruption du Kelud raconte : « Je suis tombée malade avant l’éruption du Kelud. L’éruption était énorme et spectaculaire. Ensuite, rien ne s’est passé pendant deux nuits, rien en termes d’opérations de sauvetage ou d’aide substantielle du gouvernement ou de l’armée. La cendre était partout ; le toit et même les murs de ma maison ont été endommagés. Et toujours rien, presque rien du gouvernement ! Il n’y avait pas d’ambulances et de camions militaires. Regardez autour de ce village – il n’y a rien ici « .
Voici une autre partie du texte :
« Plusieurs antennes médicales mises en place par l’armée indonésienne juste en face du complexe de gouvernement à Wates (une ville près de Kediri et à une vingtaine de kilomètres de Sugihwaras) sont propres et, selon les normes locales, bien équipées. Le seul problème semble être qu’elles sont vides. Pas totalement vides, bien sûr. Sur les lits, il y a plusieurs médecins civils et militaires en train de dormir. D’autres sont inoccupés et discutent. En voyant mes deux appareils photo professionnels, certains font tout juste l’effort de se lever, mais cela semble être trop pénible ; ils se remettent vite sur le dos et couvrent leurs visages avec leurs bérets.
Les bottes des médecins militaires sont impeccables. Il est évident qu’ils n’ont pas marché dans la cendre, le sable ou la poussière au cours de la journée.
Derrière les tentes, on peut voir des dizaines de gros camions militaires sans personne à bord. Des centaines de véhicules – camions, motos et 4 × 4 d’intervention – sont dispersés autour de la zone.
Non loin de ces tentes médicales, un groupe de sauveteurs erre sans but précis. Ces gens portent des blousons jaunes. Des masques à gaz sont placés soigneusement sur leurs visages. Il va sans dire que les masques ne sont guère utiles ici car les fortes pluies ont emporté cendre et sable dans cette partie de la régence de Kediri il y a plusieurs heures « .
Plus loin dans l’article, on peut lire à propos de la visite du président indonésien dans les camps :
« Presque tous les réfugiés sont rentrés chez eux … pour réparer les toits et pour nourrir les animaux. Mais quand SBY (le Président) a annoncé son arrivée, les militaires ont commencé le ramassage et à les ramener vers les camps à l’aide de camions. Le gouvernement local a également insisté pour que les réfugiés retournent dans ces abris, afin de créer une atmosphère montrant qu’il y a des gens, beaucoup de gens, auxquels ont est venu en aide … Les élections sont proches et le gouvernement est loin d’être populaire. C’est une publicité gratuite pour ceux qui sont au pouvoir ici, et à Jakarta « .

 —————————————————

drapeau anglaisAs Indonesia deals with the aftermath of the two eruptions of Mt Sinabung and Mt Kelud , experts question whether the country is well-equipped to face the threats from all the volcanoes that dot the archipelago.

At least 24 people have been killed in the two eruptions. 17 people died when Mount Sinabung erupted and Mount Kelud killed 7 more. More than 130,000 people were displaced as a result of the two disasters.

Each Indonesian province has its own disaster management agency and but levels of preparedness vary. In East Java, where Mount Kelud is, the level of preparedness is good. Many lives were saved in the latest eruptions even though the area around the volcano is inhabited by hundreds of thousands of people.

In the case of Sinabung, most people were unfamiliar with the habits of the volcano which had been dormant for hundreds of years.

The National Disaster Mitigation Agency (BNPB) has worked with local agencies and NGOs on preparedness programs at community level. These include identifying threats, providing training to local officials and conducting simulations and drills, risk mapping and quantifying populations likely to be affected.

However, local governments only spend tiny portions of their budgets on disaster management, but things are improving.

The recent eruptions can be considered as small-scale events. The National Disaster Mitigation Agency wonders how the country would react if a major eruption like that of Krakatau in 1883 occurred today. Said one official: “The country’s biggest airport would be paralyzed. If the eruption were to last for months, the economy would shut down. Indonesia needs to boost scientific modelling, including simulations, to estimate casualties and human costs in the event of a major eruption such as Krakatau”.

Monitoring systems are adequate, with sensor equipment installed at volcanoes nationwide, but authorities needed to actually use this monitoring data in their risk and hazard assessment programs, including eruption scenarios, and in formulating reconstruction plans.

According to the BNPB, at least 197 people have been killed in disasters, including flooding, landslides, and volcanic eruptions nationwide since January 2014.

Source: The Jakarta Globe.

Most of my sources about what happens in Indonesia are the local or national newspapers. One needs to be careful when dealing with these articles as these media are often approving the government’s policy.

Here is a link to an article (in English) that gives a different view of the help provided to the populations after the eruption of Mt Kelud:

http://dissidentvoice.org/2014/02/kelud-volcano-tears-washing-ash-away/

Here are some excerpts, with the testimonies of some victims of the eruption :

“I got sick before Mount Kelud exploded. The eruption was enormous, and it was spectacular. Then, nothing happened for two nights; nothing in terms of rescue operations or some substantial help from the government or the military (TNI). Ash was everywhere, the roof and even the walls of my house got damaged. And still nothing, almost nothing from the government! There were no ambulances and no military trucks. Look around this village – there is nothing here.”

Here is another part of the text:

“Several mobile medical tents set up by the Indonesian military (TNI) right in front of the government complex in Wates (a town near the city of Kediri and some 20 kilometers from Sugihwaras), are clean and by local standards, well equipped. The only problem appears to be that they are empty. Not totally empty, of course. On the cots, there are several TNI medics and doctors, sleeping. Others are aimlessly chatting. Seeing my two professional cameras, some make a feeble attempt to get up, but that appears to be too taxing, and they soon fall back onto their backs, and cover their faces with berets.

The boots of the military medics are shining. It is obvious that they had not encountered any ash, sand, or dust, in the course of the day.

Behind the tents, dozens of heavy military trucks stand in absolute idleness. Hundreds of vehicles: trucks, motorbikes and rescue 4×4’s are scattered around the area.

Not far from those medical tents, a group of rescue workers hang around aimlessly. People are wearing yellow windbreakers. Gasmasks are firmly placed over their faces. It goes without saying that there is not much need for gasmasks here, as heavy rain washed away most of the ash and sand from this part of Kediri Regency, several hours ago.”

Further down in the article, about the Indonesian President’s visit to the camps:

“Almost all the refugees went home… to fix their roofs, and to feed their animals. But when SBY announced his arrival, the military began collecting them, bringing them back, using trucks. The local government also put pressure on the refugees to return back to these shelters, to create an atmosphere that people, many people, are being helped here…Elections are nearing and the government is far from popular. This is all free advertisement for those in power here, and in Jakarta.”