Quelques nouvelles d’Islande // News from Iceland

Selon l’Iceland Magazine, un essaim sismique intense est actuellement observé dans la réguin de l’Herðubreið, dans la partie nord-est de l’Islande. Près de 200 événements ont été détectés juste au sud de la montagne, à une profondeur relativement importante depuis le début de l’essaim qui a débuté un peu après 9h00 le 18 décembre 2018.
Outre l’activité dans la région de l’Herðubreið, un séisme de M 3,4 a été enregistré dans la caldeira centrale du Bárðarbunga. L’hypocentre était situé à seulement 800 mètres de profondeur dans la partie nord-est de la caldera. Un deuxième événement de M 3.6 a été détecté dans la même zone le 17 décembre.
Les géologues pensent que l’activité sismique sue le Bárðarbunga est provoquée par le remplissage de la chambre magmatique depuis l’éruption dans l’Holuhraun en 2014-2015, alors que la cause de l’activité sismique autour de l’Herðubreið n’est pas encore connue. Le Herðubreið est un volcan éteint, apparu suite à une éruption il y a 10 000 à 11 000 ans, vers la fin du dernier âge glaciaire. Il fait partie du système volcanique de l’Askja. La région est connue pour son activité sismique intense, avec des événements de fracturation.
Source: Iceland Magazine.

À côté de cette activité sismique, il est intéressant de noter que Reykjavik n’aura pas de Noël blanc cette année, et aucune chute de neige n’est prévue en Islande dans les prochains jours. La météo de la semaine écoulée a été digne de l’automne et la pluie est attendue le soir de Noël. Le peu de neige observé actuellement en Islande se situe dans le nord-est de l’île et à Akureyri, qui a récemment reçu un mètre de neige en 24 heures, mais les températures clémentes ont rapidement transformé la neige en eau. Comme le reste de l’Arctique, l’Islande ressent profondément les effets du réchauffement climatique.

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According to the Iceland Magazine, an intense earthquake swarm is currently observed in Mt. Herðubreið area in the NE part of Iceland. Nearly 200 events have been detected just south of the volcano at a significant depth since the swarm began shortly after 9:00 a.m. on December 18th, 2018.

Beside the seismic activity at Herðubreið, an M 3.4 quake was recorded in the central caldera of the Bárðarbunga system. The hypocentre was located at a depth of only 800 metres in the NE part of the caldera. A second M 3.6 event was detected in the same area on December 17th.

Geologists believe the seismic activity in Bárðarbunga is caused by the volcano refilling its magma chambers since the 2014-15 Holuhraun eruption, while it is not immediately clear what causes the Herðubreið activity. Mt. Herðubreið is an extinct volcano, formed in a single eruption 10,000-11,000 years ago, toward the end of the last Ice Age. It is located within the Askja volcano system. The area is known for high levels of seismic activity, including fissure rifting events.

Source : Iceland Magazine.

Beside this seismic activity, it is interesting to notice that Reykjavik will not have a white Christmas this year as no snowfall is predicted in Iceland in the next days. The weather for the past week has been autumn-like and rain is expected on Christmas Eve. The only slight bit of snow in Iceland at the moment is in North East Iceland and in Akureyri which recently received one metre of snow in 24 hours, but the mild temperatures rapidly turned the snow into water. Like the rest of the Arctic, Iceland is deeply feeling the effects of global warming.

Herðubreið et désert de l’Odadahraun (Photo: C. Grandpey)

Ambrym (Vanuatu)

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, le département Geo-Hazards du vanuatu a élevé le niveau d’alerte volcanique d’Ambrym à 3 le 15 décembre 2018. Une éruption se déroulait dans la caldera, près du cratère du Marum, avec coulées et fontaines de lave, ainsi que des émissions de cendre et de gaz.
L’éruption a provoqué une série de séismes d’une magnitude pouvant atteindre cinq sur l’échelle de Richter. Ils ont ouvert des fractures sur l’île et provoqué l’effondrement de certaines maisons, principalement dans la partie sud-est d’Ambrym. Les dégâts sont importants car les hypocentres des séismes étaient très peu profonds. Il convient de garder à l’esprit qu’un séisme superficiel, de magnitude modérée, est susceptible de causer davantage de dégâts importants qu’un événement plus intense avec un hypocentre très profond.

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As I put it in a previous post, the Geo-Hazards Department raised the volcanic alert level for Ambrym volcano to 3 on December 15th, 2018. An eruption was taking place in the caldera area near Marum crater with lava flows and fountains, as well as ash and gas emissions.

The eruption has sparked a series of earthquakes of up to five on the Richter scale that have opened cracks around the island and caused some houses to collapse, mostly on the south east part of Ambrym. The reason for the damage is that the hypocentres of the quakes are very shallow. One should bear in mind that a shallow earthquake with a moderate magnitude is more likely to cause heavy damage than a more intense event with a very deep hypocentre.

Source: GeoHazards

La sismicité à Mayotte (Archipel des Comores) [suite] // Seismicity in Mayotte (Comoro Islands) [continued]

Dans une note publiée le 4 juillet 2018, j’indiquais que les habitants de Mayotte étaient très inquiets à cause d’une hausse de la sismicité sur leur île. Selon les scientifiques du BRGM qui avaient été envoyés sur place, les événements enregistrés dans l’essaim sismique étaient du même ordre de grandeur que ceux de 1981 et décembre 1985. Ils faisaient partie d’une sismicité connue et modérée dans le Canal du Mozambique. Selon ces mêmes scientifiques, en raison de la situation géographique des Comores, la sismicité à Mayotte pourrait avoir une double origine volcanique et tectonique qui traduirait d’une part la position géodynamique de l’archipel sur un point chaud actif et, d’autre part, sa position probable sur le front de la déformation du rift est-africain.

De nouvelles recherches ont été effectuées depuis juillet et différentes hypothèses quant à la cause de la sismicité ont été examinées. Outre les mesures sismiques utilisées pour suivre l’évolution de cet essaim, de nouvelles données ont été analysées en octobre et novembre 2018, notamment celles concernant la déformation de la surface de l’île. L’équipe du Laboratoire de géologie de l’Ecole Normale Supérieure de Paris a montré que la phase actuelle de l’essaim est représentée par une composante volcanique.
En parallèle, le 11 novembre 2018, un signal atypique à très basse fréquence a été détecté par les réseaux internationaux du monde entier. Le signal se répète sous forme d’onde toutes les 17 secondes environ et dure environ 20 minutes au total.
Ces observations confortent l’hypothèse d’une combinaison de composantes tectoniques et volcaniques. Cependant, cette hypothèse devra être confirmée par de nouvelles études scientifiques.
Depuis la mi-juillet, les stations GPS installées sur l’île de Mayotte ont enregistré son comportement et enregistré un glissement de plus de 61 mm à l’est et de 30 mm au sud. Ces mesures semblent montrer qu’une poche magmatique d’environ 1,4 km3 se fraye un chemin sous la surface près de Mayotte.
Au cours des derniers mois, des membres de la communauté scientifique se sont réunis pour comprendre le phénomène et apporter des réponses aux questions qu’il soulève. Il est envisagé de déployer de nouveaux instruments sur terre et en mer afin d’améliorer la détection et la localisation des séismes.

L’île de Mayotte se situe dans le Canal du Mozambique, entre la pointe nord de Madagascar et la côte orientale de l’Afrique. Elle se compose de deux volcans présentant des géochimies différentes et qui étaient actifs du pliocène à l’holocène.
Source: The Watchers.

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In a post released on July 4th, 2018, I indicated that the residents in Mayotte were getting very anxious because of increased seismicity on the island. According to BRGM experts who had been sent to Mayotte, the events in the seismic swarm were of the same order of magnitude as those of 1981 and December 1985. They were part of a known and moderate seismicity in the Mozambique Channel. These experts thought that, due to the geographic situation of the archipelago of Comoros, the seismicity in Mayotte might have a double volcanic and tectonic origin which translated both their geodynamic position on an active hot spot and their probable position at the front of the deformation of the East African rift.

More research has been done since July and different hypotheses as to the causes of the seismicity have been investigated. In addition to the seismic measurements used to track how this swarm is evolving, new data were analyzed in October and November 2018, especially those on deformation of the island’s surface. The team working at the Geology Laboratory of the Ecole Normale Supérieure in Paris has shown that the current phase in the swarm is accounted for by a volcanic component.

In parallel, on November 11th, 2018, an atypical very low frequency signal was detected by the international networks around the world. The signal repeated in a wave about every 17 seconds, lasting for about 20 minutes in total.

These observations back up the hypothesis of a combination of tectonic and volcanic effects. However, this hypothesis will need to be confirmed by future scientific studies.

Since mid-July, GPS stations on the island have tracked it sliding more than 61 mm to the east and 30 mm to the south. It seems these measurements show that a magma body that measures about 1.4 km3 is squishing its way through the subsurface near Mayotte.

In the last few months, the scientific community has joined forces to understand the phenomenon and provide answers to the questions it is raising. Possibilities are being investigated for the deployment of new instruments on land and at sea to improve earthquake detection and location.

Mayotte Island lies in the Mozambique Channel between the northern tip of Madagascar and the eastern coast of Africa. It consists of two volcanoes with diverse geochemistry that were active from the Pliocene to the Holocene.

Source : The Watchers.

Contexte tectonique de la région (Source: BRGM

Sismicité à Mayotte et dans toute la région (Source: BRGM)

Nouvelles de La Soufrière (Guadeloupe) // News of La Soufrière (Guadeloupe)

Dans un bulletin émis le dimanche 18 novembre 2018, l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de la Guadeloupe indique qu’un essaim sismique avec 242 événements volcaniques a été enregistré dans la zone du volcan de La Soufrière entre le lundi 12 novembre (16h18, TU) et le dimanche 18 novembre 2018 (13h02, TU). De très faible magnitude (M<1), ils ont été localisés à 2,5 km sous le sommet du dôme de La Soufrière. Aucun séisme n’a été signalé par la population. Le niveau d’alerte reste Jaune – Vigilance.

L’Observatoire diffuse chaque mois un bulletin précisant la situation sur le volcan. Le dernier en date décrit l’activité au mois de septembre 2018. On peut lire que l’activité sismique a été caractérisée par des événements de magnitude inférieure à M 1. Ils se présentent parfois sous forme de petits essaims, comme celui enregistré la semaine dernière, et correspondent à la migration de fluides à l’intérieur de l’édifice volcanique.

S’agissant des déformations, elles concernent les fractures fumeroliennes, en particulier au sommet du dôme. Certaines ont tendance à s’ouvrir mais ce phénomène est parfois compensé par la fermeture d’autres fractures.

L’activité fumerolienne reste très élevée au Cratère Sud et se caractérise par d’importants dépôts de soufre solide, surtout depuis la fin du mois d’avril. La température de la fumerolle du Cratère Napoléon Nord est stable à 95°C ; son pH reste acide et son débit apparaît stable par rapport aux mois précédents.

Les émanations acides et le vent maintiennent le dépérissement de la végétation sur la partie Sud du sommet et sur les flancs Sud-Ouest et Ouest du volcan. La zone fumerolienne sommitale a continué d’évoluer ces dernières années avec l’apparition en juillet 2014 d’une nouvelle zone active diffuse au nord du Cratère Napoléon associée à la progression d’une anomalie thermique (supérieure à 50°C au sol). Une nouvelle fumerolle a été identifiée au début du mois de février 2016, à l’est du Cratère Napoléon (dans la zone d’interdiction d’accès au public). Sa température est d’environ 95°C. Autour de la bouche, qui s’est agrandie depuis mars 2018, on a retrouvé des signes de projections de boue à quelques mètres de distance.

Le débit du Gouffre 1956 est en nette augmentation depuis septembre 2015. Ces évolutions confirment que l’augmentation de l’activité du système hydrothermal depuis 1992 est devenue plus importante au cours de la dernière période.

Source : OVSG.

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In a report issued Sunday, November 18th, 2018, the Volcanological and Seismological Observatory of Guadeloupe indicates that a seismic swarm with 242 volcanic events was recorded in the La Soufrière volcano area between Monday, November 12th (16h18, GMT) and Sunday, November 18th, 2018 (1:02 pm, GMT). With a very low magnitude (M <1), they were located 2.5 km below the summit of the dome of La Soufrière. No earthquakes have been reported by the population. The alert level remains Yellow – Watch.
The Observatory publishes every month a bulletin describing the situation on the volcano. The most recent report describes activity in September 2018. One can read that the seismic activity was characterized by events of M<1. They are sometimes small swarms, like the one recorded last week, and correspond to the migration of fluids inside the volcanic edifice.
As for the deformations, they concern the fumarolic fractures, especially at the top of the dome. Some tend to open but this phenomenon is sometimes offset by the closing of other fractures.
Fumarolic activity remains very high in the South Crater and is characterized by large deposits of solid sulphur, especially since the end of April. The temperature of the fumarole at Crater Napoleon North is stable at 95°C; its pH remains acidic and its flow appears stable compared to previous months.
Acid fumes and wind cause the decline of vegetation on the southern part of the summit and on the southwestern and western flanks of the volcano. The upper fumarolic zone has continued to evolve in recent years with the appearance in July 2014 of a new diffuse active zone north of Crater Napoléon associated with the progression of a thermal anomaly (above 50°C on the ground). A new fumarole was identified in early February 2016, east of Crater Napoléon (in the no-go zone). Its temperature is about 95°C. Around the vent, which has grown since March 2018, there have been signs of mud ejections a few metres away.
The flow of the 1956 Gouffre has increased sharply since September 2015. These evolutions confirm that the increase in the activity of the hydrothermal system since 1992 has become more significant in the last period.
Source: OVSG.

Crédit photo: Wikipedia