Activité sismique inhabituelle dans le NO de l’Alaska // Unusual seismic activity in NW Alaska

drapeau francaisDepuis plusieurs semaines, un essaim sismique secoue le village de Noatak dans le NO de l’Alaska, sans que les scientifiques comprennent vraiment la cause du phénomène. Cela fait plus de 20 ans que les habitants n’ont pas ressenti de telles secousses.
Selon le Centre d’Information Sismique de l’Alaska, le séisme de magnitude 5,7 qui a frappé Noatak vers 4 heures le 16 juin au matin est le cinquième d’une série enregistrée depuis le mois d’avril. Des centaines de répliques, certaines de M 4 ou plus, ont également affecté la région. L’épicentre se situe à une vingtaine de kilomètres au nord de Noatak (500 habitants) et 40 km au sud de la mine de Red Dog.
L’activité sismique a commencé le 18 avril avec deux secousses de M 5,7 à 12 minutes d’intervalle. Trois autres événements quasiment identiques sont survenus le 3 mai, le 9 juin et le 16 juin, ainsi que 300 autres séismes de moindre intensité.
Ce type de l’activité sismique soutenue est très rare dans cette partie reculée de l’Alaska arctique. La dernière fois qu’un séisme important a frappé la région, c’était au début des années 1990. Il n’est pas fait état de blessures ou de gros dégâts, mais des fissures sont apparues dans le bureau du conseil de village.
Suite à cette activité sismique, les autorités locales ont fait appel aux sismologues de l’Université d’Alaska à Fairbanks (UAF). Les chercheurs ont installé un capteur sismique à Noatak et à Kotzebue où les secousses sont également ressenties. Il y a environ 400 capteurs sismiques à travers l’Alaska, mais peu au nord-ouest de l’Etat. Le sismo le plus proche de Noatak se trouve à la mine de Red Dog; le suivant est à 500 km.
Les nouveaux capteurs aideront les chercheurs à localiser les séismes avec précision La cause pourrait être une réactivation de failles. Il ne semble pas y avoir de lien entre les séismes et l’activité à Red Dog, une mine à ciel ouvert qui constitue l’un des plus grands producteurs de concentré de zinc de la planète.
Par ailleurs, il n’y a pas de volcans à proximité de Noatak. Les volcans les plus proches sont dans les îles Aléoutiennes et dans le Golfe d’Alaska.
Il ne semble pas non plus que la fonte du pergélisol soit responsable de l’activité sismique. En effet, le permafrost atteint seulement quelques centaines de mètres de profondeur alors que ces tremblements de terre se situent à plusieurs kilomètres.
Selon les scientifiques, l’essaim ne devrait pas durer trop longtemps à Noatak. Toutefois, comme cet événement est unique, il est impossible de l’affirmer avec certitude.

Source : Anchorage Daily News.

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drapeau anglaisA seismic swarm in recent weeks around the northwest Alaska village of Noatak is confounding scientists and unsettling residents who last felt a good shake more than 20 years ago.

A magnitude 5.7 earthquake that struck just after 4 a.m. on Monday marks the fifth quake of that size measured near the village since April, according to the Alaska Earthquake Information Center. Hundreds of aftershocks, some measuring M 4 or greater, have also affected the area.

The seismic activity is located about 20 km northeast of Noatak (pop.500) and 40km south of the Red Dog Mine.

The shaking started on April 18th with two M 5.7 quakes 12 minutes apart. Three more of the same magnitude came on May 3rd, June 9th and last Monday, along with over 300 smaller quakes.

This kind of sustained earthquake activity is highly unusual in this remote part of arctic Alaska. The last time a significant earthquake hit the area was the early 1990s.

There have been no reports of injuries or damage, but the shaking left cracks in the village council office.

Local concerns prompted the borough to invite the University of Alaska Fairbanks (UAF) earthquake researchers to the village. The researchers installed a seismic sensor in Noatak and in Kotzebue, where the quakes are also being felt. There are about 400 seismic sensors around Alaska but few in northwest Alaska. The closest to Noatak is at Red Dog Mine; the next is 500 km away.

The new sensors will help researchers pinpoint the exact locations for earthquakes. The cause might be some of those faults that are getting reactivated. There does not seem to be any connection between the earthquakes and mining activity at Red Dog, an open-pit surface mine that’s one of the largest zinc concentrate producers on the planet.

Besides, there are no volcanoes anywhere near Noatak. The closest volcanoes are in the Aleutian Islands and in the Gulf of Alaska.

It also doesn’t appear that thawing permafrost is a factor, either. Indeed, permafrost extends hundreds of metres and these earthquakes are several kilometres deep.

Researchers are telling people in Noatak the swarm shouldn’t last too much longer, though since this event is unique it’s impossible to say for sure.

Anchorage Daily News.

Noatak-blog

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Un comportement déroutant…et une éruption! // A confusing behaviour…and an eruption!

drapeau francaisLe Piton de la Fournaise reste en vigilance volcanique et montre un comportement plutôt déroutant.. Après une pause de la sismicité annoncée dans le bulletin émis par l’Observatoire le 14 juin, une nouvelle crise sismique a été enregistrée le 17 juin entre 5 h 15 et 11 h 30 (heure locale). Au cours de cette même journée, 170 séismes volcano-tectoniques et plus de 380 effondrements ont été enregistrés. Toutefois, aucun autre signe d’activité n’a été détecté : aucune déformation associée et aucune émission significative de gaz. Les scientifiques pensent qu’il s’agit d’un tassement de la colonne de roche qui s’est effondrée en avril 2007 lors de l’ouverture du gouffre du Dolomieu. La question est de savoir pourquoi ce phénomène se produit à l’heure actuelle.

L’arrêté préfectoral reste d’actualité et demande aux randonneurs de rester sur les sentiers balisés.

Dernière minute :  Après l’augmentation de l’activité sismique constatée ces derniers jours, le Piton de la Fournaise est entré en éruption ce jour à 01h35 (heure locale). D’après les renseignements fournis par l’Observatoire Volcanologique, l’éruption a lieu sur le flanc Est-Sud-Est du cône central. Une coulée descend vers le sud-est, visible depuis le piton de Bert situé au bord de l’Enclos dans la partie haute du volcan

Le Préfet a mis en place le niveau d’alerte 2-2 du dispositif spécifique Orsec (organisation de la réponse de sécurité civile) Volcan.

En conséquence, l’accès à la partie haute de l’Enclos est fermé au public. L’accès  à l’Enclos Fouqué, que ce soit depuis le sentier du Pas de Bellecombe ou depuis tout autre sentier, ainsi que le poser d’hélicoptère dans la zone du volcan, sont interdits jusqu’à nouvel avis.

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drapeau anglaisThe alert level of the Piton de la Fournaise is still « Watch ». The volcano shows a rather confusing behaviour. After a pause in seismicity (see bulletin released by the Observatory on June 14th), a new seismic crisis was recorded on June 17th between 5 and 11 a.m. (local time). On that same day, 170 earthquakes and over 380 volcano-tectonic collapses were recorded. However, no other sign of activity was detected: no deformation and no significant gas emission. Scientists believe that these events correspond to a settling of the rock column which collapsed in April 2007 at the Dolomieu Crater. The question is to know why this happens today. The order of the prefect is still valid and advises hikers to stay on marked trails.

Last minute: After the seismic activity that was observed during the past days, the Piton de la Fournaise started erupting this morning at 01:35 (local time), probably  on the ESE flank of the central cone.

The alert level has been raised to 2. This means access to the Enclos Fouqué is closed to the public.

Reprise d’activité du Sabancaya (Pérou) // Sabancaya (Peru) is becoming active again

drapeau francaisD’après l’Institut Géophysique du Pérou, le Sabancaya montre des signes d’activité après une quinzaine d’années de repos. Alors que la sismicité quotidienne moyenne se situe autour de 30 événements volcano-tectoniques (VT) et 10 événements longue période (LP), on a enregistré une centaine d’événements VT le 3 juin et une centaine d’autres de 15 de ce mois. Il faut ajouter à cela 124 événements LP le 9 juin.

Les secousses se rapprochent du volcan et de son cratère. Toutefois, l’Institut fait remarquer que le processus éruptif est différent et plus long que pour l’Ubinas qui est entré en éruption il y a quelques semaines. Alors que sur l’Ubinas l’activité éruptive se produit en quelques jours, il se peut qu’elle se prolonge plusieurs mois sur le Sabancaya.

La dernière éruption du Sabancaya (décrite dans mon livre Killer Volcanoes) a eu lieu en mai 1990. Suite à cette éruption, des lahars ont entraîné la mort d’une vingtaine de personnes en 1991.

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drapeau anglaisAccording to the Instituto Geofisico del Peru, Sabancaya volcano is becoming active after 15 years of silence. The usual daily seismicity at the volcano includes 30 volcano-tectonic (VT) and 10 long period (LP) events. However, during the past 2 weeks, 93 VT events were recorded on June 3rd, 100 more on June 15th, together with 124 LP events on June 9th.

Tremors are occurring closer and closer to the volcano and the crater. However, the process is taking longer than the one observed at Ubinas where everything happens in a matter of days. In the case of Sabancaya, this could go on for several months

In addition to seismic activity, Sabancaya has also emitted gas plumes. No thermal anomaly has been observed by IGP.

Sabancaya-blog

Vue du Sabancaya (1er plan) et du Mont Ampato (arrière-plan)  [Crédit photo:  Wikipedia).

Quelques frémissements sur le Mauna Loa, mais pas d’éruption en vue pour le moment // Some trembling on Mauna Loa, but no eruption in the short term

drapeau francaisBien qu’il n’y ait aucun signe d’éruption imminente, le HVO a observé une hausse de l’activité sismique sur les flancs et le sommet du Mauna Loa au cours des 13 derniers mois.
Quatre essaims ont été enregistrés depuis mars 2013. Chaque événement a débuté par des secousses au nord-ouest du sommet (Moku’āweoweo Crater), entre 4 et 15 km de profondeur ; ces secousses ont été suivies d’autres à faible profondeur au sommet, quelques jours à un mois plus tard. Elles avaient toutes des magnitudes inférieures à M2.2, sauf pour un événement de M3.5 le 9 mai 2014.
Les essaims récents ne se sont pas accompagnés d’une déformation de la surface du sol, facteur qui signifierait l’intrusion d’importantes quantités de magma à faible profondeur sous le Mauna Loa.
Il faut remarquer que le réseau de surveillance sismique du Mauna Loa a été considérablement amélioré depuis 1984. Les instruments sont maintenant en mesure de détecter et de localiser les très petits séismes, ce qui n’était pas le cas avec le matériel des années 1980. Il est probable que beaucoup de petites secousses observées actuellement n’auraient pas été détectées avant l’éruption de 1984.
Bien que la magnitude et le nombre de séismes observés au cours des 13 derniers mois aient été nettement plus faibles que dans les trois années qui ont précédé l’éruption de 1984, ils se sont produits dans les mêmes secteurs du volcan (voir cartes ci-dessous). L’essaim sismique de septembre-octobre 2013 a eu lieu sur le flanc nord-ouest, au même endroit que l’un des essaims qui se sont produits avant l’éruption de 1984. Le 9 mai 2014, un événement de M 3.5 s’est produit dans la même région de la Southwest Rift Zone que plusieurs événements d’une magnitude égale ou supérieure à M 3 avant l’éruption de 1984.
Un autre paramètre indique qu’une éruption est peu probable à court terme sur le Mauna Loa: Aucun changement significatif n’a été observé dans les émissions de SO2 et de CO2, ainsi que dans la température des fumerolles qui s’échappent du cratère Mokuaweoweo. En mai, ces températures atteignaient une moyenne de 75 à 76 ° C, supérieure toutefois aux 71,7 ° C relevés il y a plusieurs mois.

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drapeau anglaisWhile there are no signs of impending eruption, HVO has recorded an increased level of seismic activity on the flanks and summit of Mauna Loa over the past 13 months.

Four distinct earthquake swarms have occurred since March 2013. Each event began with earthquakes northwest of the summit (Moku‘āweoweo Crater) at 4 to 15 km deep, followed by shallow earthquakes at the summit from several days to one month later. These earthquakes have all been less than M2.2, except for an  M3.5 event on May 9th, 2014.

The recent swarms have not been associated with the deformation of the ground surface that would mean an intrusion of significant amounts of magma into shallow levels beneath Mauna Loa.

The seismic network that monitors Mauna Loa has been significantly improved since 1984. It is now better able to detect and locate smaller earthquakes than the previous equipment. It is likely that many of the small earthquakes that we currently observe would not have been detected by HVO’s seismic monitoring prior to the 1984 eruption.

Though the size and number of earthquakes observed over the past 13 months has been significantly smaller than those observed in the three years prior to the 1984 eruption, they have been occurring in the same general areas of the volcano (see maps below).

The swarm in September-October 2013 occurred on the northwest flank, the same location as one of the swarms that occurred prior to the 1984 eruption. The May 9, 2014, M 3.5 earthquake occurred in the same area of the upper Southwest Rift Zone as many M 3 or greater earthquakes prior to the 1984 eruption.

Another parameter indicates that an eruption is unlikely to occur in the short term on Mauna Loa: No significant changes in SO2, CO2 were recorded by the Mokuaweoweo gas and temperature monitors in May. Daily average fumarole temperature during the month declined from 76 to 75° C, still not back down though to the 71.7°C average of several months ago.

Mauna-Loa-séismes

Source:  USGS / HVO.

Mauna-Loa-blog

Moku’āweoweo Crater, un jour de février 1996, sous la neige…  (Photo:  C. Grandpey)