Le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) sous haute surveillance // Close monitoring of the Piton de la Fournaise

drapeau francaisEn lisant Le Monde du 14 juillet entre deux séquences de défilé à la télé, j’ai appris que des chercheurs dont Florent Brenguier (membre de l’équipe franco-japonaise  qui a déclaré le Mont Fuji dans un « état critique »*) ont mis en place sur le Piton de la Fournaise un nouveau réseau de surveillance sismique composé de trois ensembles carrés de 500 mètres de côté incluant 100 capteurs chacun. Ces capteurs agiront comme des « télescopes » tournés non pas vers le ciel, mais vers l’intérieur du volcan, en particulier le cratère Dolomieu, jusqu’à trois kilomètres de profondeur, juste au-dessus du niveau de la mer. Selon Florent Brenguier, « avec les techniques de surveillance classiques, basées sur l’analyse directe des ondes sismiques, cette partie du volcan est invisible parce que située sous, et non pas sur la principale source de sismicité. L’idée du projet VolcArray est d’utiliser un signal bien plus ténu, mais aussi bien plus profond, pour visualiser cette région du volcan. » Le Piton de la Fournaise a donc intérêt à bien se tenir !

L’installation des capteurs s’est faite avec une météo exécrable à la fin du mois de juin, ce qui n’a pas facilité le travail des scientifiques. Comme le fait remarquer l’auteur de l’article, c’est le revers de la médaille du contrôle à distance des volcans au 21ème siècle. Il faut tout de même aller sur le terrain comme le faisaient les regrettés Krafft dans les années 1980-90. Belle occasion de penser à eux.

* Voir ma note du 9 juillet dernier.

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drapeau anglaisWhile reading Le Monde on July 14th between two sequences of the military parade on TV, I learned that researchers along whom Florent Brenguier (member of the Franco-Japanese team who said Mount Fuji was in a « critical condition » *) have set up on the Piton de la Fournaise a new seismic monitoring network composed of three sets of 500 square metres including 100 sensors each. These sensors will act as « telescopes » directed not toward sky, but toward the inside of the volcano, especially the Dolomieu crater, as deep as three kilometres, just above the sea level. According to Florent Brenguier, « with traditional monitoring techniques based on the direct analysis of seismic waves, this part of the volcano is invisible because it is located underneath, not above the main source of seismicity. The idea of ​​the VolcArray project is to use a much smaller but also much deeper signal, to view this part of the volcano ». The Piton de la Fournaise had better well behave!
The installation of the new sensors was performed with a very poor weather at the end of June, which did not facilitate the scientists’work. As the author of the article puts it, this is the flip side of the remote control of volcanoes in the 21st century. You still need to go on the field as did the Kraffts in the years 1980-1990. This is an opportunity to think about them.
* See my note of July 9.

Piton-blog

Le Piton de la Fournaise vu depuis l’espace en janvier 2009  (Crédit photo:  NASA)

Nouvelles du Misti et du Sabancaya (Pérou) // News of Misti and Sabancaya (Peru)

drapeau francaisSelon le dernier rapport de l’Institut Géophysique, l’activité sismique du Misti est actuellement faible. Les événements sismiques – à raison de 20 événements en moyenne chaque jour – qui sont enregistrés sont principalement d’origine volcano-tectonique et associés à la rupture de roches à l’intérieur de l’édifice. Cependant, au cours des deux dernières semaines, l’activité sismique a légèrement augmenté en passant de 345 à 417 événements, mais leur énergie quotidienne reste faible.
Dans le même temps, l’activité du Sabancaya a légèrement augmenté au cours des dernières semaines (surtout depuis le 3 juin). Deux principaux foyers sismiques sont actuellement observés, à 16 km au NE du cratère et 10 km à l’E du cratère. Les émissions fumerolliennes ont légèrement augmenté. Aucune anomalie thermique importante n’a été détectée sur les images satellites.
Un grand merci à Jorge Andrés Concha Calle qui m’a fait parvenir ces informations.

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drapeau anglaisAccording to the Geophysical Institute’s latest report, seismic activity at Misti volcano is currently low. The seismic events – at an average rate of 20 per day – that are recorded are mainly volcano-tectonic, associated with the rupture of rocks inside the edifice. However, during the past two weeks, seismic activity has slightly increased  from 345 to 417 events but their daily energy remains low.

Meantime, activity at Sabancaya volcano has slightly increased during the past weeks (mostly since June 3rd). Two main seismic centres are currently observed, 16 km NE of the crater and 10 km E of the crater, respectively. Fumarolic emissions have slightly increased as well. No significant thermal anomaly has been detected on satellite images.

Many thanks to Jorge Andrés Concha Calle for sending me the information.

Misti-blog

Activité du Misti au cours des derniers mois.

Saban-blog

Activité sismique du Sabancaya entre le 29 mai et le 15 juin 2014.

(Source: Instituto Geofisico)

Etude approfondie du Mont St Helens (Etats Unis) // In-depth study of Mount St Helens (United States)

drapeau francaisDans une note intitulée « Des explosifs autour du Mont St Helens! »(31 mai 2014), j’indiquais que cet été, en utilisant des techniques développées par l’industrie pétrolière, des chercheurs de plusieurs universités américaines vont faire sauter des charges explosives enfouies à 25 mètres de profondeur dans une vingtaine de puits forés autour du volcan. Ils enregistreront alors l’énergie sismique des explosions sur des milliers de sismomètres portables. L’objectif est de « mieux comprendre comment le magma se fraye un chemin jusqu’au cratère du Mont St. Helens à partir de la zone où les plaques tectoniques Juan de Fuca et nord-américaine entrent en collision et où se forme le magma, à quelque 100 kilomètres sous la surface de la Terre.

Tandis que le magma se fraye un chemin vers la surface, il est possible qu’il s’accumule dans une grande chambre à quelques kilomètres de profondeur. Le trajet entre la source et cette chambre magmatique est presque totalement inconnu et sera sujet principal de l’étude. Le projet, financé par la National Science Foundation, devrait se terminer à l’été 2016. Les scientifiques espèrent que leurs recherches permettront de mieux comprendre les éruptions et donc conduire à une meilleure prévention.
Le projet « Imaging Magma Under St. Helens » comporte trois volets distincts: une étude sismique des sources actives (sources contrôlées), une étude sismique des sources passives (sources naturelles) et une étude magnétotellurique utilisant les fluctuations du champ électromagnétique de la Terre pour produire des images des structures qui se cachent sous la surface.
Les chercheurs commenceront par étudier les sources passives et l’aspect magnétotellurique, tandis que l’étude des sources actives (mesure des ondes sismiques générées par des explosions souterraines) sera effectuée plus tard.
L’étude des sources passives consiste à enterrer des sismomètres sur 70 sites différents à travers une zone de 100 kilomètres de côté centrée sur le Mont St. Helens. Les sismomètres enregistreront les données à partir d’une variété d’événements sismiques, qu’il soit locaux ou éloignés. Les signatures sismiques permettront d’obtenir plus de détails sur les structures géologiques sous le St. Helens.
L’étude magnétotellurique se fera sur 150 sites répartis sur une zone de 200 km du nord au sud et de 180 km d’est en ouest incluant le Mont Rainier et le Mont Adams. La plupart des sites ne seront utilisées qu’une seule journée, avec des instruments enregistrant les signaux électriques et magnétiques destinés à produire des images des structures du sous-sol.

Source : Science Daily.

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drapeau anglaisIn a note entitled « Explosives around Mount St Helens ! » (May 31st 2014), I explained that this summer, using techniques developed by the oil industry, researchers from several U.S. universities are preparing to set off explosive charges buried in two dozen 25-metre-deep wells drilled around the mountain. They’ll record the seismic energy of the explosions on thousands of portable seismometers. The goal is “to see with greater clarity the details of how magma makes its way to Mount St. Helens’ crater from the area where the Juan de Fuca and North American tectonic plates collide and the magma is created, some 100 kilometres beneath the surface”. As magma works its way toward the surface, it is possible that it gathers in a large chamber a few kilometres beneath the surface. The path from great depth to this chamber is almost completely unknown and is a main subject of the study. The project, funded by the National Science Foundation, is expected to conclude in the summer of 2016.

Scientists hope the research will produce data that will lead to better understanding of eruptions, which in turn could lead to greater public safety.

The Imaging Magma Under St. Helens project involves three distinct components: active-source seismic monitoring, passive-source seismic monitoring and magnetotelluric monitoring, using fluctuations in Earth’s electromagnetic field to produce images of structures beneath the surface.

The researchers are beginning passive-source and magnetotelluric monitoring, while active-source monitoring (measuring seismic waves generated by underground detonations) will be conducted later.

Passive-source monitoring involves burying seismometers at 70 different sites throughout a 100-by-100-kilometre area centered on Mount St. Helens. The seismometers will record data from a variety of seismic events, whether local or distant. Patterns in the earthquake signatures will reveal in greater detail the geological structures beneath St. Helens.

Magnetotelluric monitoring will be done at 150 sites spread over an area running 200 km north to south and 180 km east to west, which includes both Mount Rainier and Mount Adams. Most of the sites will only be used for a day, with instruments recording electric and magnetic field signals that will produce images of subsurface structures.

Source : Science Daily.

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(Photo:  C.  Grandpey)

Activité sismique inhabituelle dans le NO de l’Alaska // Unusual seismic activity in NW Alaska

drapeau francaisDepuis plusieurs semaines, un essaim sismique secoue le village de Noatak dans le NO de l’Alaska, sans que les scientifiques comprennent vraiment la cause du phénomène. Cela fait plus de 20 ans que les habitants n’ont pas ressenti de telles secousses.
Selon le Centre d’Information Sismique de l’Alaska, le séisme de magnitude 5,7 qui a frappé Noatak vers 4 heures le 16 juin au matin est le cinquième d’une série enregistrée depuis le mois d’avril. Des centaines de répliques, certaines de M 4 ou plus, ont également affecté la région. L’épicentre se situe à une vingtaine de kilomètres au nord de Noatak (500 habitants) et 40 km au sud de la mine de Red Dog.
L’activité sismique a commencé le 18 avril avec deux secousses de M 5,7 à 12 minutes d’intervalle. Trois autres événements quasiment identiques sont survenus le 3 mai, le 9 juin et le 16 juin, ainsi que 300 autres séismes de moindre intensité.
Ce type de l’activité sismique soutenue est très rare dans cette partie reculée de l’Alaska arctique. La dernière fois qu’un séisme important a frappé la région, c’était au début des années 1990. Il n’est pas fait état de blessures ou de gros dégâts, mais des fissures sont apparues dans le bureau du conseil de village.
Suite à cette activité sismique, les autorités locales ont fait appel aux sismologues de l’Université d’Alaska à Fairbanks (UAF). Les chercheurs ont installé un capteur sismique à Noatak et à Kotzebue où les secousses sont également ressenties. Il y a environ 400 capteurs sismiques à travers l’Alaska, mais peu au nord-ouest de l’Etat. Le sismo le plus proche de Noatak se trouve à la mine de Red Dog; le suivant est à 500 km.
Les nouveaux capteurs aideront les chercheurs à localiser les séismes avec précision La cause pourrait être une réactivation de failles. Il ne semble pas y avoir de lien entre les séismes et l’activité à Red Dog, une mine à ciel ouvert qui constitue l’un des plus grands producteurs de concentré de zinc de la planète.
Par ailleurs, il n’y a pas de volcans à proximité de Noatak. Les volcans les plus proches sont dans les îles Aléoutiennes et dans le Golfe d’Alaska.
Il ne semble pas non plus que la fonte du pergélisol soit responsable de l’activité sismique. En effet, le permafrost atteint seulement quelques centaines de mètres de profondeur alors que ces tremblements de terre se situent à plusieurs kilomètres.
Selon les scientifiques, l’essaim ne devrait pas durer trop longtemps à Noatak. Toutefois, comme cet événement est unique, il est impossible de l’affirmer avec certitude.

Source : Anchorage Daily News.

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drapeau anglaisA seismic swarm in recent weeks around the northwest Alaska village of Noatak is confounding scientists and unsettling residents who last felt a good shake more than 20 years ago.

A magnitude 5.7 earthquake that struck just after 4 a.m. on Monday marks the fifth quake of that size measured near the village since April, according to the Alaska Earthquake Information Center. Hundreds of aftershocks, some measuring M 4 or greater, have also affected the area.

The seismic activity is located about 20 km northeast of Noatak (pop.500) and 40km south of the Red Dog Mine.

The shaking started on April 18th with two M 5.7 quakes 12 minutes apart. Three more of the same magnitude came on May 3rd, June 9th and last Monday, along with over 300 smaller quakes.

This kind of sustained earthquake activity is highly unusual in this remote part of arctic Alaska. The last time a significant earthquake hit the area was the early 1990s.

There have been no reports of injuries or damage, but the shaking left cracks in the village council office.

Local concerns prompted the borough to invite the University of Alaska Fairbanks (UAF) earthquake researchers to the village. The researchers installed a seismic sensor in Noatak and in Kotzebue, where the quakes are also being felt. There are about 400 seismic sensors around Alaska but few in northwest Alaska. The closest to Noatak is at Red Dog Mine; the next is 500 km away.

The new sensors will help researchers pinpoint the exact locations for earthquakes. The cause might be some of those faults that are getting reactivated. There does not seem to be any connection between the earthquakes and mining activity at Red Dog, an open-pit surface mine that’s one of the largest zinc concentrate producers on the planet.

Besides, there are no volcanoes anywhere near Noatak. The closest volcanoes are in the Aleutian Islands and in the Gulf of Alaska.

It also doesn’t appear that thawing permafrost is a factor, either. Indeed, permafrost extends hundreds of metres and these earthquakes are several kilometres deep.

Researchers are telling people in Noatak the swarm shouldn’t last too much longer, though since this event is unique it’s impossible to say for sure.

Anchorage Daily News.

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