Nouvel épisode éruptif sur l’Etna (Sicile) // New eruptive episode on Mt Etna (Sicily)

L’INGV indique qu’à partir de 7 heures du matin ce 15 avril 2025, une activité strombolienne au Cratère Sud-Est de l’Etna est observée sur les caméras de surveillance. L’amplitude du tremor volcanique a montré une hausse à partir de 02h00 UTC, avec la source au niveau du Cratère du Sud-Est, à une altitude d’environ 2 900 mètres au-dessus du niveau de la mer. L’activité éruptive s’accompagne d’un fort dégazage. Une coulée de lave a emprunté le col entre les deux cônes de la Sud-Est et avance sur le versant sud.

Le matin du 15 avril également, deux séismes ont été enregistrés dans la province de Catane, respectivement à 2h06 et à 7h21. Tous deux avaient une magnitude de M2,1, le premier avec un hypocentre à une profondeur de 1,4 km et l’épicentre à l’ouest de Zafferana Etnea ; le second à une profondeur de 1,7 km avec l’épicentre au nord-ouest de Fleri.

Source : INGV.

 

Image de l’éruption via la webcam L.A.V.E.

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INGV reports that, starting at 7:00 a.m. on April 15, 2025, Strombolian activity at Mount Etna’s Southeast Crater is observed on surveillance cameras. The amplitude of the volcanic tremor increased from 2:00 a.m. UTC, with the source at the Southeast Crater, at an altitude of approximately 2,900 meters above sea level. The eruptive activity is accompanied by significant degassing. A lava flow traveled through the pass between the two Southeast cones and advances down the southern slope.
Also on the morning of April 15, two earthquakes were recorded in the province of Catania, at 2:06 a.m. and 7:21 a.m. respectively. Both had a magnitude of M2.1, the first with a hypocenter at a depth of 1.4 km and the epicenter west of Zafferana Etnea; the second at a depth of 1.7 km, with the epicenter northwest of Fleri.
Source: INGV.

Dernières nouvelles d’Islande // Latest news from Iceland

Dans sa dernière mise à jour de ce soir, 2 avril 2025, le Met Office fournit des informations très intéressantes sur la situation sur la péninsule de Reykjanes. Il indique qu’aucune activité n’a été observée sur la fissure éruptive depuis le 1er avril dans l’après-midi, bien qu’une lueur soit encore visible dans la lave nouvellement émise. Les mesures montrent que le volume de lave émis le 1er avril était d’environ 0,4 million de mètres cubes. Ce champ de lave est le plus petit observé depuis le début de la série d’éruptions sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur en décembre 2023.
Malgré la petite taille du champ de lave, le dyke formé le 1er avril mesure près de 20 km de long ; c’est le plus long depuis le début de l’activité sismique en novembre 2023. Cela montre que la plus grande partie du magma qui a quitté la chambre magmatique sous Svartsengi – soit environ 90 % du volume accumulé depuis la précédente éruption de décembre 2024 – a servi à la formation du dyke, et que seule une petite partie a atteint la surface au nord de Grindavík.
Depuis le 1er avril au matin, un affaissement du sol de plus de 25 cm a été enregistré à la station GPS de Svartsengi. Les dernières mesures GPS, effectuées à 8 h le 2 avril, confirment que l’affaissement se poursuit, bien qu’il ait considérablement ralenti. La majeure partie du magma accumulé depuis la dernière éruption s’est déplacée de Svartsengi vers le dyke nouvellement formé.
En lien avec la formation de failles à Grindavík, des déplacements ont été mesurés à plusieurs stations GPS de la ville, avec des mouvements verticaux de plus de 10 cm et des déplacements horizontaux de 5 à 8 cm. Le déplacement total du sol à Grindavík depuis le 1er avril au matin atteint environ 50 cm, répartis sur plusieurs failles de la zone.
L’activité sismique se maintient à un niveau modéré, mais l’intensité des séismes a globalement diminué.
Compte tenu de l’évolution actuelle de la partie sud du dyke, marquée par l’absence d’activité éruptive et une faible sismicité, il est de plus en plus improbable que l’éruption se déclenche à nouveau. Concernant la partie nord-est du dyke, la probabilité d’une nouvelle activité éruptive est également considérée comme peu probable avec le temps, bien qu’elle ne puisse être exclue en raison de la microsismicité persistante dans la zone. Les mesures de déformation au cours des prochains jours fourniront une image plus claire sur la façon dont le magma continue de s’écouler de Svartsengi vers le dyke et sur l’évolution de l’accumulation de magma sous Svartsengi.

Tout est calme en ce moment sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur (image webcam)

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In tonight’s latest update, the Met Office gives very interesting information about the situation on the Reykjanes Peninsula. It indicates that no activity has been observed at the eruptive fissure since April 1st in the afternoon, though glowing is still visible in the newly formed lava. Measurements show that the lava volume erupted on April 1st was about 0.4 million cubic meters. The lava field is the smallest one observed since the eruption sequence at Sundhnúkur crater row began in December 2023.

Despite the small lava field, the dike that formed on April 1st is nearly 20 km long, the longest since the onset of seismic unrest in November 2023. This suggests that the vast majority of magma that left the magma chamber beneath Svartsengi, about 90% of the volume accumulated since the previous eruption in December 2024, was used in forming the dike, and only a small portion reached the surface north of Grindavík.

Since April 1st in the morning, ground subsidence of more than 25 cm has been recorded at the GPS station in Svartsengi. The latest GPS measurements, from 8 a.m. on April 2nd, confirm that subsidence is ongoing, though it has slowed significantly. Most of the magma that had accumulated since the last eruption has now moved from Svartsengi into the newly formed dike.

In connection with faulting within Grindavík, displacements were measured at several GPS stations in the townwith vertical movements of over 10 cm and horizontal displacement of 5–8 cm. The total displacement within Grindavík since April 1st in the morning is up to about 50 cm, distributed over several faults in the area.

Seismic activity continues at a moderate level, but earthquake magnitudes have generally decreased .

Given the current development in the southern part of the dike, marked by the absence of eruptive activity and low seismicity, it is increasingly unlikely that the eruption will reinitiate. Regarding the northeastern part of the dike, the likelihood of a new eruptive opening is also considered lower with time, although it cannot be ruled out due to persistent microseismicity in the area.

Deformation measurements over the coming days will provide a clearer picture of whether magma continues to flow from Svartsengi into the dike and how magma accumulation beneath Svartsengi evolves.

Islande : la situation actuelle déjoue tous les pronostics // Iceland : The current situation defies all predictions

La situation actuelle en Islande intrigue les volcanologues locaux. Le scénario le plus probable évoqué avant le début de l’éruption était une éruption de grande ampleur avec un préavis très court, mais la réalité a été différente. Une fissure de 2 km de long s’est ouverte en début de matinée le 1er avril 2025 et a émis de petites fontaines de lave, mais l’activité a rapidement diminué pour finalement s’arrêter, sans qu’aucune autre lave ne soit visible le reste de la journée. Un scientifique islandais nous explique que l’événement était important malgré sa petite taille apparente. Il est comparable à l’événement le plus important survenu le 10 novembre 2023, au début de l’épisode éruptif. Un important volume de magma s’est alors écoulé, sans qu’aucune éruption n’ait lieu.
Le dyke formé le 1er avril 2025 est le deuxième plus long observé depuis le début de l’activité éruptive sur la péninsule de Reykjanes le 10 novembre 2023. Il s’étend sur 20 kilomètres d’un bout à l’autre et va beaucoup plus au nord que ce qui a été observé jusqu’à présent. Cependant, le dyke du 10 novembre 2023 était probablement cinq fois plus important.
Comme aucune autre émission de lave ne s’est produite pour le moment, il semble que la majeure partie du magma qui s’est déplacé soit restée sous terre, dans le dyke magmatique. Il se pourrait que ce magma finisse par se solidifier et continue à former la croûte terrestre en Islande. On aurait alors affaire à une éruption avortée, comme celle qui s’est produite dans la région du Krafla dans les années 1990. Cette hypothèse est confirmée par le fait que la sismicité actuelle est relativement profonde, avec des hypocentres à 4-6 km de profondeur, ce qui tend à indiquer que le magma ne remonte pas vers la surface.
Tous les volcanologues islandais s’accordent à dire qu’il est impossible de dire ce qui se passera dans les prochains jours. Il faudra attendre au moins deux à trois semaines avant de pouvoir se rendre compte s’il y aura une reprise du soulèvement du sol, qui n’a pas diminué pour le moment.

Calme plat ce matin sur le potentiel site éruptif (image webcam)

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2 avril 2025 – 15 heures (heure locale) : La sismicité reste importante sur la péninsule de Reykjanes, mais elle a diminué par rapport à hier 1er avril. En conséquence, la Protection Civile a abaissé le niveau d’alerte pour la péninsule ; il est passé de Situation d’Urgence à Situation Dangereuse. Les séismes dans la région sont désormais moins intenses qu’hier, et leur fréquence diminue.
Les scientifiques n’excluent toutefois pas la possibilité d’une nouvelle éruption car le magma présent dans l’intrusion ne s’est pas solidifié. L’intrusion, longue d’environ 20 kilomètres, se situe à environ trois kilomètres de Reykjanesbraut. Elle ne s’est pas prolongée davantage depuis hier.
Source ; Protection Civile.

Vue de la sismicité le 1er avril 2025, avec progression du dyke vers le NE. (Source: Met Office)

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The current situation in Iceland puzzles local volcanologists. The most likely scenario discussed before the eruption began was a large eruption with a short lead-up. However, the reality was different. A 2 km long fissure opned in the early morning of April 1st, 2025, emitting small-sized lava fountains, but activity soon decreased and finally stopped, with no more lava to be seen the rest of the day. An Icelandic scientist says that the event was significant despite the eruption being apparently small. It was comparable to the largest event that occurred on 10 November 2023 when the eruption episode began. Then, the largest volume of magma flowed even though no eruption took place.

The magma dyke that formed on April 1st was the second longest to have emerged in the volcanic episode on the Reykjanes peninsula since the sequence began on 10 November 2023. It stretches a total of 20 kilometres from end to end and extends further north than has previously been seen. However, the one that formed on 10 November 2023 was likely five times larger.

As no other lava emission has occurred yet, it seems that most of the magma that moved has settled into the magma dyke. It might eventually solidify and continue forming the Icelandic crust. This hypothesis is confirmed by the facts that the earthquakes are relatiely deep, with hupocenters 4- 6 km deep, which tends to show that magma is not ascending toward the surface.

All Icelandic volcanologists agree to say that it is impossible to assess what will happen in the next days It will be necessary to wait at least two to three weeks before it is possible to determine whether uplift – which has not decreased for ther momenet – will begin again.

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Seismicity is still significant on the Reykjanes Peninsula but has decreased compared to what it was on April 1st . Accordingly, the Civil Defence has lowered the alert level for the peninsula from Emergency to Danger. Earthquakes in the region are now weaker than yesterday, and intervals between them are increasing.

Scientists are not yet ruling out the possibility of further eruptions, however, as the magma within the intrusion has not solidified. The intrusion is about 20 kilometres long and lies about three kilometres from Reykjanesbraut. It has not extended any further since yesterday.

Sourcer ; Civil Defence.

Champs Phlégréens (Italie) : nouvelle méthode de surveillance thermique depuis l’espace // Campi Flegrei (Italy) : new method of thermal monitoring from space

Une étude menée par des chercheurs de l’INGV propose l’utilisation des  données thermiques fournies par la Station spatiale internationale (ISS) pour alerter sur la sismicité dans les Champs Phlégréens.
Les Champs Phlégréens sont l’une des zones volcaniques les plus actives au monde et, ces dernières années, leur sismicité a considérablement augmenté. L’étude de l’INGV a été publiée dans la revue Remote Sensing Letters. Elle est intitulée « Un nouvel algorithme de surveillance thermique utilisant les séries temporelles ECOSTRESS : le cas des Champs Phlégréens, à Naples, en Italie ». L’étude décrit une méthode d’analyse des images thermiques prises par l’ISS capable de détecter les variations de température significatives précédant les séismes les plus intenses dans cette région.
La méthode utilise les données collectées par ECOSTRESS, un capteur du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA installé à bord de l’ISS. Cet outil estime la température de surface avec une haute résolution spatiale d’environ 70 m au cours de passages fréquents au-dessus de la même zone pendant environ trois jours.
Les scientifiques ont généré deux séries historiques de températures extraites d’images thermiques de deux zones de la Solfatare entre 2021 et 2024. La différence de température entre les deux zones a été analysée avec deux méthodes statistiques distinctes, permettant de comparer les anomalies détectées aux principaux événements sismiques enregistrés dans la zone.

Vues de la Solfatara (Photos: C. Grandpey)

Un chercheur de l’INGV et co-auteur de l’étude a déclaré : « Nous avons détecté des variations de température anormales dans la Solfatare ayant précédé certains séismes de plus grande intensité, avec une anticipation allant de quelques jours à quelques semaines.» Par exemple, le 17 mai 2024, une augmentation de température de 5°C a précédé de trois jours un séisme de magnitude M4,4. S’agissant de l’événement de magnitude M4,2 du 27 septembre 2023, l’augmentation de température observée le 21 septembre a dépassé 7°C. La deuxième méthode statistique a également mis en évidence des anomalies de température pour ces deux événements apparus respectivement le 12 avril 2024 et le 6 septembre 2023. De plus, la valeur moyenne de l’écart de température a augmenté ces dernières années, en parallèle avec la hausse d’autres signaux déjà observés dans la région, tels que l’élévation du sol provoquée par le bradyséisme et les émissions de dioxyde de carbone.
Les anomalies de température mises en évidence par deux analyses statistiques différentes conforte les chercheurs dans l’idée qu’il existe un lien possible entre la fluctuation de la température de surface et l’activité sismique de la région.
L’étude complète peut être consultée en cliquant sur ce lien :
https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/2150704X.2025.2459213

À mon avis, cette étude est intéressante dans la mesure où la technique utilisée permettrait d’anticiper les séismesdans les Champs Phlégréens. Cependant, elle ne donne aucune indication sur la magnitude des séismes prévus et n’indique donc pas aux autorités compétentes si des mesures doivent être prises pour assurer la sécurité de la population.

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A study conducted by researchers at INGV suggests the use of thermal data from the International Space Station in seismic alerting of the Phlegraean area

The Campi Flegrei are one of the most active volcanic areas in the world and, in recent years, their seismicity has increased significantly. The INGV study was published in the magazine Remote Sensing Letters. It is entitled “A novel algorithm for thermal monitoring using ECOSTRESS time series : the case of Campi Flegrei, Naples, Italy”. It describes a method of analysis of thermal images taken by the International Space Station (ISS) capable of detecting significant temperature variations that precede the most intense earthquakes in the Phlegraean area.

The method uses the data collected by the tool ECOSTRESS, a NASA-Jet Propulsion Laboratory (JPL) sensor installed on the ISS, which estimates surface temperature with a high spatial resolution of about 70 m and frequent passes over the same area around three days.

Scientists have generated two historical temperature series extracted from thermal images of two areas of the Solfatara between 2021 and 2024. The temperature difference between the two areas was analyzed with two distinct statistical methods, allowing the detected anomalies to be compared with the main seismic events recorded in the area.

An INGV researcher and first author of the article said : « We have detected anomalous temperature variations in the Solfatara emission zone that preceded some earthquakes of greater intensity, with an advance ranging from a few days to a few weeks. » For example, on May 17, 2024, a temperature increase of 5°C anticipated an M4.4 earthquake by three days. For the M4.2 event on September 27, 2023, the temperature increase observed on September 21 exceeded 7°C. The second statistical method also highlighted temperature anomalies for these two events that appeared on April 12, 2024 and September 6, 2023, respectively. Furthermore, the average value of the temperature difference has increased in recent years, consistently with the increase in other signals already observed in the area, such as ground rise with bradyseism and carbon dioxide emissions.

The temperature anomalies highlighted through two different statistical analyses make researchers more confident about the possible link between the surface temperature fluctuation and the seismic activity of the area.

The whole study can be found by clicking on this link :

https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/2150704X.2025.2459213