Nouvelle éruption du Karymsky (Kamchatka / Russie)

drapeau-francaisLe Karymsky a connu un nouvel épisode explosif le 1er février 2016, avec un panache de cendre jusqu’à 3.000 mètres de hauteur. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange.
Source: KVERT.
L’événement a eu lieu moins de 48 heures après un séisme de M 7,3 dans la région, suivi d’une série d’au moins sept répliques. Plusieurs médias se demandent s’il pourrait y avoir un lien entre l’explosion et le séisme. C’est très difficile à dire car les éruptions explosives se produisent assez fréquemment sur le Karymsky. De plus, comme je l’ai écrit précédemment, le lien entre séismes et éruptions n’a jamais été vraiment établi.

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drapeau anglaisKarymsky volcano went through another explosive episode on February 1st 2016, with an ash plume up to 3,000 metres. The aviation colour code was raised to Orange.
Source: KVERT.
The event came less than 48 hours after an M 7.3 earthquake struck the region, followed by a series of at least seven aftershocks. Several news media wonder whether there might be a link between the explosion and the earthquake. This is very difficult to say as explosive eruptions occur quite frequently at Karymsky. Besides, as I put it previously, the link between earthqkes and eruptions has never been really proved.

Les leçons du séisme de dimanche à Anchorage // The lessons of Sunday’s earthquake in Anchorage

drapeau-francaisLes sismologues en poste à Anchorage ont remarqué que le séisme de M 7.1 enregistré dimanche matin a secoué les quartiers de la ville de manière très inégale. Cette observation a pu être faite grâce à un vaste réseau de sismographes installés dans toute la ville. Il a été conçu il y a près de 20 ans, installé il y a une décennie et vraiment testé pour la première fois dimanche dernier.
Les instruments montrent que certains quartiers d’Anchorage ont ressenti le séisme de dimanche aussi fortement qu’en 1964. Toutefois, le tremblement de terre de1964 a causé beaucoup plus de dégâts, avec des mouvements du sol beaucoup plus importants et une durée beaucoup plus longue. La secousse de 1964 a duré 4 minutes, un laps de temps suffisant pour liquéfier le sol dans certaines parties de la ville. En revanche, le séisme de dimanche matin a duré seulement 10 à 15 secondes.
Les sismologues savent depuis longtemps que la partie E d’Anchorage a des sols plus résistants et donc plus susceptibles de faire face à des séismes. Par contre, le secteur O de la ville repose sur une couche d’argile très sensible aux séismes et qui peut se liquéfier en cas de secousses très fortes.
Après le séisme de 1964, les ingénieurs et les géologues ont déconseillé la reconstruction de certaines zones de la ville où les sols argileux s’étaient effondrés au cours des glissements de terrain qui avaient emporté des bâtiments. Ils ont réussi à limiter le développement urbain dans des zones à risque de glissement de terrain où le gouvernement fédéral a financé un important projet de stabilisation. Mais les autorités locales n’ont pas toujours écouté les scientifiques et elles ont autorisé la reconstruction dans d’autres secteurs. Ainsi, dans le quartier de Turnagain, où des dizaines de maisons se sont effondrées dans des fractures, ou ont terminé leur course dans l’océan en 1964, de nouvelles maisons, des routes et des services publics ont été construits sur leurs ruines. Plusieurs sismologues ont déclaré qu’ils n’accepteraient pas de vivre dans ces maisons et qu’ils éviteraient de fréquenter certains bâtiments du centre-ville.
Dans les années 1990, il y a eu un projet visant à installer un réseau d’instruments à Anchorage afin de montrer comment le sol peut avoir un comportement différent selon les endroits. Il était prévu qu’un réseau de 40 sismographes fonctionnerait en continu dans les services d’incendie, dans le sous-sol, dans les zones élevées et dans les parcs, etc. Le financement et l’installation de ce réseau ont pris de nombreuses années. Il a fallu ensuite attendre l’événement sismique qui permettrait d’activer les capteurs de mouvements du sol et de fournir des données détaillées. Cet événement s’est produit dimanche !
L’information donnée par les capteurs permettra de valider les modèles que les ingénieurs utilisent pour concevoir des bâtiments dans un pays exposé aux séismes. Les données pourraient également permettre aux scientifiques de répartir les sols en différentes catégories à travers Anchorage en fonction de leur capacité à accélérer les secousses sismiques. Ces informations pourraient définir des normes de construction dans des zones étroitement définies.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisSeismologists in Anchorage noticed that Sunday morning’s M 7.1 earthquake shook the town neighbourhoods with vastly different force.
This observation could be made thanks to the best urban seismograph network in Alaska, conceived almost 20 years ago, installed a decade ago and receiving its definitive test Sunday.
The instruments show that Sunday some parts of Anchorage experienced a shaking probably as high as during the massive 1964 earthquake that transformed the region. But the 1964 did vastly more damage with massively greater motion and much longer duration. The rupture in 1964 lasted 4 minutes, long enough to liquefy ground in Anchorage. The latest quake lasted only 10 to 15 seconds.
Experts have long known that the east side of Anchorage generally has stiffer soils and bedrock that resist shaking. The west side of town rests on a layer of clay that shakes readily and can turn to liquid with enough shaking.
After the 1964 earthquake, engineers and geologists tried to prevent rebuilding of some areas of the city where clay soils collapsed into slides that took down buildings. The experts succeeded in limiting development on some of the slides where the federal government paid for a massive stabilization project. But the city overruled the experts to allow rebuilding in other areas. In Turnagain, where scores of houses fell into cracks or sank into the ocean, new houses, roads and utilities were built over their ruins. Earthquake experts declared they would not live in those homes and they avoid some buildings downtown.
In the 1990s, there was a project to set up a system of instruments in Anchorage that would show how the ground moves differently over our varied soils. A thick network of 40 seismographs would operate continuously in fire houses, underground in drill holes, in high rises and parks, and elsewhere. The network took many years to fund and build. Then came the long wait for the kind of large earthquake that could activate the strong-motion sensors and give detailed data.
That moment came Sunday.
The information will help validate models that engineers use to design buildings in earthquake country. With extensive study, the data could also allow scientists to designate soils in different areas around town according to how they accelerate seismic shaking. That information could determine building design standards in closely defined zones.
Source : Alaska Dispatch News.

Le séisme de dimanche en Alaska // The Sunday earthquake in Alaska

drapeau-francaisLa partie sud-ouest de l’Alaska a été secouée par un violent séisme de magnitude M 7.1 aux premières heures du dimanche 24 janvier 2016, avec la destruction de quatre maisons sur la péninsule de Kenai et un mouvement de panique dans toute la région. Le séisme s’est produit à 1h30 (heure locale) sur la rive ouest de Cook Inlet, à environ 105 km à l’ouest de Homer et à environ 260 km au sud-ouest d’Anchorage, à une profondeur de 120 km. Il a duré une trentaine de secondes et a été ressenti jusqu’à Juneau et Fairbanks.
Le séisme a fait tomber des articles des étagères dans plusieurs magasins et a secoué les bâtiments dans toute région. Il n’y a pas eu de blessés. Des pannes de courant ponctuelles ont été signalées.
La péninsule de Kenai a subi l’essentiel des dégâts. Plusieurs heures après le séisme, des équipes de pompiers étaient encore sur les lieux d’une fuite de gaz qui avait provoqué des explosions et déclenché plusieurs incendies dans la région de Lilac Lane. Le risque d’autres fuites de gaz a incité les autorités à évacuer les habitants le long de plusieurs routes de la région et à mettre en place un abri temporaire dans la structure de la Garde nationale.
Le séisme a ouvert une fissure importante dans la Kalifornsky Beach Road, près de Kasilof. La route est devenue une attraction pendant la journée de dimanche, avec de nombreux badauds venus prendre des photos des fissures dans la chaussée. La route a été partiellement fermée et réduite à une voie, avec condamnation des endroits où la chaussée s’était effondrée.
Une série de répliques a suivi le séisme, avec un événement de M 4,7 enregistré environ quatre heures après le séisme initial et ressenti à Anchorage. Le Service d’incendie d’Anchorage a enregistré de nombreux appels concernant des odeurs de gaz, des systèmes d’alarme qui se sont déclenchés, des conduites d’eau rompues, etc., mais la police n’a pas fait état de dégâts vraiment importants.
De nombreux habitants ont déclaré que c’était le plus fort séisme qu’ils avaient ressenti depuis des décennies en Alaska.
Source: Anchorage Dispatch News.
Les séismes sont fréquents en Alaska. Ils sont le résultat de la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque nord-américaine. Il convient de noter que le séisme s’est produit dans une zone non loin de volcans actifs comme l’Illiamna, le Redoubt et l’Augustine. Bien que le lien entre séismes et éruptions volcaniques n’ait jamais été clairement établi, il sera intéressant d’observer le comportement de ces volcans dans les prochaines semaines.
En cliquant sur ce lien, vous verrez une série de photos mise en ligne par l’Anchorage Dispatch News avec, en particulier, les fractures sur la Kalifornsky Beach Road :
http://www.adn.com/article/20160124/strong-earthquake-felt-throughout-southcentral-alaska

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drapeau anglaisSouthcentral Alaska was rocked by a strong and prolonged M 7.1 earthquake early Sunday January 24th 2016, destroying four homes on the Kenai Peninsula and causing panic throughout the region. The quake struck at 1:30 a.m (local time) on the west side of Cook Inlet, about 105 km west of Homer and about 260 km southwest of Anchorage, at a depth of 120 km. It was felt from Juneau to Fairbanks.
The quake knocked items off shelves and walls and shook buildings throughout the region. There were no immediate reports of injuries. Isolated power outages were reported throughout the region.
The Kenai Peninsula bore the brunt of the damage. Hours after the quake, Kenai Fire Department crews were still at the scene of a « gas leak/explosion » and several fires in the area of Lilac Lane. Concerns over continued gas escapement prompted officials to evacuate residents along several roads in the area and establish a shelter in the National Guard structure.
The quake opened a sizeable crack in the Kalifornsky Beach Road in the Kasilof area. The road became something of an attraction later Sunday as waves of people parked their cars and took photos of the massive cracks wrought in the pavement by the quake. The road was partly closed, reduced to one lane after blocking off the parts where the pavement collapsed.
A series of aftershocks followed the quake, including an M 4.7 event that struck about four hours after the initial quake and could be felt again in Anchorage. The Anchorage Fire Department reported it was « very busy with reports of gas odours, alarm systems sounding, broken water lines, etc. Anchorage police had no reports of major damage.
Facebook and Twitter users reported scattered power outages around the region from the quake, which continued for about 30 seconds.
Many residents said it was the strongest earthquake they’d felt in decades of living in Alaska.
Source: Anchorage Dispatch News.
Earthquakes are frequent in Alaska. They are the result of the subduction of the Pacific plate beneath the North-American plate. It should be noted that the earthquake struck in an area not far from active volcanoes like Mt Illiamna, Mt Redoubt and Augustine. Although the link between earthquakes and volcanic eruptions has never been clearly established, it will be interesting to observe the behaviour of these volcanoes in the coming weeks.
By clicking on this link, you will see a series of photos posted by the Anchorage Dispatch News; many of them show the fissures on the Kalifornsky Beach Road:
http://www.adn.com/article/20160124/strong-earthquake-felt-throughout-southcentral-alaska

 Iliamna-blog-2

Redoubt-blog-2

L’Illiamna et le Redoubt sont deux volcans près de l’épicentre du séisme

(Photos: C. Grandpey)

Japon : Un séisme artificiel pour mieux prévoir les éruptions // Japan : An artificial earthquake to better predict eruptions

drapeau francaisDes chercheurs de l’Université du Tohoku au Japon, ainsi que des responsables de l’Agence Météorologique Japonaise, ont déclenché artificiellement un séisme sur le Mont Zao (1841 m) qui se dresse à cheval sur les préfectures de Miyagi et Yamagata au nord du Japon. C’est un volcan actif dont la sismicité est en hausse depuis le puissant séisme de mars 2011.
Au cours d’une expédition sur le site la semaine dernière, l’équipe scientifique a fait exploser environ 200 kg de dynamite à l’intérieur d’un puits de 40 mètres de profondeur creusé sur le flanc de la montagne. Les chercheurs ont versé de l’eau à l’intérieur de l’orifice. Cette eau a ensuite été rejetée avec force par le blast provoqué par l’explosion.
Quelque 150 sismomètres positionnés sur le mont Zao ont mesuré les ondes produites par le séisme artificiel. Les ondes sismiques voyagent plus lentement au travers de l’eau, ce qui a permis aux scientifiques d’analyser des données au niveau des poches et voies d’eau chaude jusqu’à environ 2 km de profondeur. Ils ont déclaré qu’il est essentiel de trouver les emplacements d’eau chaude sur le volcan afin de prévoir où la prochaine explosion de vapeur aura probablement lieu.
Source: Tech Times.

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drapeau-anglaisResearchers from Japan’s Tohoku University, along with officials from the Japan Meteorological Agency, triggered an artificial earthquake on Mount Zao (1,841 m) which straddles Miyagi and Yamagata prefectures in northern Japan. It is an active volcano exhibiting more tremors since the powerful earthquake of March 2011.
Conducting a site survey last week, the team detonated about 200 kilograms of dynamite inside the 40-metre-deep hole dug on the side of the mountain. They poured water inside the hole, which was then spewed out with equal force from the simulated blast.
Around 150 seismometers positioned on Mount Zao measured the seismic waves produced from the artificial quake. Through water, seismic waves travel more slowly, enabling scientists to analyze data via hot water pools and pathways of up to around 2 kilometres underground. They said that it is key to find out the locations of hot water in order to predict where the next steam-blast explosion will likely take place.
Source: Tech Times.

Zao

Partie nord du Mont Zao  (Crédit photo: Wikipedia)