Volcan de boue de Piparo (Trinité & Tobago) // Piparo mud volcano (Trinidad & Tobago)

Le Ministère de la Sécurité Nationale a averti la population que la zone du volcan de boue de Piparo est maintenant interdite d’accès aux véhicules et de piétons. Elle est considérée comme une zone de catastrophe naturelle.  Les habitants sont instamment priés de rester à l’écart de la zone car le volcan peut entrer en éruption à tout moment. La zone a été bouclée avec du ruban de sécurité. Les autorités locales ont également multiplié les patrouilles dans le secteur.
Les géologues ont effectué de nombreuses analyses  sur le site ainsi que des relevés à l’aide de drones pour établir une cartographie 3D du site. La population a également été consultée à propos du regain d’activité du volcan de boue. Une personne a indiqué que des fissures se sont formées sur la route principale de Piparo et que sa maison a été endommagée. Comme je l’ai écrit précédemment, une forte odeur de soufre a envahi la zone du volcan.
Source: Trinidad Daily Express.

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The Ministry of National Security has warned the population that the Piparo mud volcano is now closed to vehicular and pedestrian traffic. It is considered as a disaster zone. Residents are strongly asked to stay away from the area as the volcano could erupt at any time. The area has been cordoned off with caution tape. Local authorities have also increased patrols in the area.

Geologists have conducted numerous tests at the site as well as drone surveys to produce a 3D mapping of the area. Residents have also been consulted on the increased activity. One person reported cracks forming on the Piparo Main Road which also caused damage to her home. As I put it before, a strong sulphur odour has invaded the area.

Source: Trinidad Daily Express.

On trouve des volcans de boue dans plusieurs régions du monde, comme les Maccalube di Aragona en Sicile. (Photo : C. Grandpey)

Volcanisme et sécurité en Ethiopie

Il y a quelques jours, un visiteur de mon blog me demandait si le lac de lave de l’Erta Ale était remonté dans le cratère et quelles étaient les conditions de sécurité dans la région.

S’agissant de l’activité volcanique, l’agence Volcano Discovery indiquait le 19 août que de nouvelles coulées de lave étaient visibles sur les images satellitaires à 3 ou 4 km de la caldeira sommitale. De son côté, l’agence Aventure et Volcans fait état d’un « regain d’activité dans le pit crater sud de l’Erta Ale depuis quelques jours », là aussi au vu des images satellitaires. Il semble malgré tout que le lac de lave n’ait pas encore retrouvé sa splendeur passée

S’agissant de la sécurité, quand je ne dispose pas d’informations fiables, je renvoie les visiteurs potentiels de cette région aux recommandations des différents gouvernements.

Les autorités canadiennes indiquent qu’il faut « éviter tout voyage dans les régions suivantes en raison d’opérations militaires, de rébellions armées et d’actes de banditisme :

– à moins de 10 km de la frontière avec l’Érythrée;

– dans le désert Danakil (y compris Dallol);

– à proximité du volcan Erta Ale dans la région Afar;

– dans la région Somali. »

De son côté, le Ministère des Affaires Etrangères français est plus nuancé et consacre un paragraphe au « cas particulier du Dallol et de l’Erta Ale. »

Voici l’intégralité du texte validé le 31 août 2019 par le Ministère :
« Il est possible de visiter le Dallol et l’Erta Ale en respectant strictement les prescriptions des autorités locales : accompagnement obligatoire par des forces de sécurité locales ou des militaires en charge de la sécurisation des deux sites, visite dans le cadre d’un voyage organisé par des professionnels expérimentés.
Les voyageurs doivent aussi signaler leurs itinéraires aux autorités locales à Berhale et s’assurer que les agences de voyage qui les prennent en charge ont bien déposé leur feuille de route auprès du bureau du tourisme Afar.
Avant son départ, et au regard des conditions climatiques extrêmes, il est également recommandé de s’assurer auprès de son médecin traitant que son état de santé permet l’excursion. Elle est formellement déconseillée aux enfants de moins de 15 ans et aux personnes âgées ou cardiaques.
Même parmi les agences spécialisées dans les voyages « extrêmes », en France comme en Éthiopie, les services offerts sont de qualité inégale. En tout état de cause, il est déconseillé de recourir aux agences qui démarchent les touristes à l’aéroport de Makalé. Parmi les critères de référence qui peuvent servir de repères pour sélectionner les agences, il paraît impératif de retenir au moins les points suivants :
o déplacement avec au moins deux véhicules en bon état et emport de pièces mécaniques de rechange ;
o avoir à disposition un téléphone satellitaire, garantissant une liaison sûre avec la base de départ ou l’ambassade (la zone du Erta Ale ne bénéficie d’aucune couverture téléphonique à moins de 15 km) ;
o ressources suffisantes en vivres, en eau et en carburant ;
o emport d’un nécessaire médical approprié à la zone (cachets de sel, vitamines, anti-diarrhéiques…) ;
o un encadrement professionnel des touristes impliquant un temps de séjour sur le site limité à quelques heures et des itinéraires de visite sécurisés. »

Le lac de lave dans le cratère de l’Erta Ale il y a quelques années (Crédit photo: Wikipedia)

Stromboli : Renforcement des mesures de sécurité // Strengthening security measures

Dans ma dernière note concernant l’éruption du Stromboli le 28 août 2019, je mettais en garde contre le risque de tsunami en cas d’effondrement de la partie sous-marine de la Sciara del Fuoco, comme cela s’est déjà produit dans le passé, en particulier le 31 décembre 2002. Le président de l’INGV a fait aujourd’hui une déclaration dans ce sens : « Il existe également le danger d’un tsunami plus important que celui qui s’est produit hier et qui a généré vague de 20 centimètres suite à l’arrivée dans la mer des matériaux pyroclastiques produits par l’éruption. Dans le cas où une partie du flanc de la Sciara del Fuoco s’effondrerait ou dans laquelle se produirait une nouvelle éruption majeure, l’entrée de ces volumes de matériaux dans la mer pourrait entraîner le déclenchement d’un tsunami plus important. » En conséquence, la Protection Civile a décidé de faire passer d’un kilomètre à un mille marin (1852 mètres) l’interdiction de navigation sur l’étendue de mer située en face de la Sciara del Fuoco. A noter que l’interdiction d’un kilomètre ordonnée par l’autorité portuaire de Milazzo le 5 juillet dernier était déjà une extension ; en effet, depuis 2003, la navigation est interdite jusqu’à 400 mètres de la côte. Le maire de Lipari a également émis le 29 août 2019 une ordonnance d’interdiction visant les navires non réguliers (embarcations privées ou de mini croisières). Seuls les aliscaphes et les ferries réguliers peuvent accoster à Stromboli. Le maire a en outre prolongé l’ordonnance interdisant l’amarrage des bateaux-bus qui font transiter chaque jour 3 à 4 mille personnes entre la Sicile et la Calabre. Comme je l’écrivais précédemment, les excursions vers le sommet du volcan avec l’accompagnement de guides sont reportées sine die.

Source : La Sicilia.

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In my last note about the eruption of Stromboli volcano on August 28th, 2019, I sent a warning about the risk of tsunami in case of a collapse of the submarine part of Sciara del Fuoco, as this happened in the past, for instance on December 31st, 2002. Today, the INGV president made a statement that echoed my words: « There is also the danger of a larger tsunami than the one which occurred yesterday and which generated a 20-centimetre wave following the arrival in the sea of ​​the pyroclastic materials produced by the eruption. Should a part of the Sciara del Fuoco flank collapse or a new major eruption occur, the entry of these volumes of material into the sea could trigger a larger tsunami. »As a result, the Civil Protection has decided to extend from one kilometre to one nautical mile the ban on navigation on the expanse of sea in front of the Sciara del Fuoco. Note that the one-kilometre ban ordered by the port authority of Milazzo on July 5th was already an extension; indeed, since 2003, navigation has been prohibited up to 400 metres from the coast. The mayor of Lipari also issued a prohibition order on 29 August 2019 for non-scheduled vessels (private boats or mini-cruises). Only aliscaphs and regular ferries can dock at Stromboli. The mayor has also extended the ordinance prohibiting the mooring of the boats which transfer daily 3 to 4 thousand people between Sicily and Calabria. As I put it previously, trips to the summit of the volcano with the guides are postponed indefinitely.
Source: La Sicilia.

Capture d’écran de la webcam Skyline dans la soirée du 29 août 2019

Le nouveau périmètre de sécurité de La Soufrière (Guadeloupe)

Comme je l’indiquais précédemment, le préfet de la Guadeloupe a pris un nouvel arrêté de délimitation du périmètre de sécurité au sommet de la Soufrière. Comme il fallait s’y attendre, l’accès est très sensiblement restreint.

Le nouvel arrêté fait suite aux recommandations de l’Observatoire qui a constaté au cours des derniers mois une augmentation de l’activité sismique et fumerollienne sur le volcan. Il n’y a pas de risque d’éruption à très court terme, mais la déformation du dôme due à des phénomènes hydrothermaux en profondeur provoque des événements à la surface. L’activité des fumerolles est plus importante sur une zone élargie avec l’apparition de nouveaux centres d’émission, avec risque de projections de boues brûlantes et acides. De plus, toujours selon l’Observatoire, les zones d’instabilité avec des risques d’effondrement augmentent ainsi que les risques d’émanations toxiques.

Après concertation avec la mairie de Saint-Claude, l’OVSG, le Parc national, Routes de Guadeloupe, la DEAL et les services de sécurité et de secours, un nouveau périmètre a été défini. Il s’étend sur le territoire des communes de Saint-Claude et de Capesterre-Belle-Eau. Il sera rapidement matérialisé par le Parc National de la Guadeloupe, par la pose de barrières et l’affichage de l’arrêté.

L’arrêté est censé concilier des exigences de sécurité et celles résultant de l’intérêt scientifique et touristique du volcan. Son élaboration a donné lieu à des échanges, notamment avec les accompagnateurs en moyenne montagne et le Parc national. Il ressort que l’accès au périmètre demeure possible pour tout agent public ou professionnel exerçant une mission d’intérêt général, à condition qu’il ait à franchir le périmètre dans le cadre de l’exercice de ses fonctions. Même chose  pour les accompagnateurs en moyenne montagne et leurs groupes, sous réserve du respect strict de plusieurs conditions.

Malgré ces nouvelles restrictions d’accès, le touriste lambda pourra tout de même accéder au point culminant du volcan. Ouf ! En fait, c’est tout le périmètre des gouffres (Dupuy et Tarissan en particulier), autrement dit la zone la plus susceptible d’engendrer des projections, qui est interdit.

S’agissant des accompagnateurs en moyenne montagne, ils devront  détenir le diplôme d’État d’alpinisme accompagnateur en moyenne montagne, option « moyenne montagne tropicale et équatoriale » à jour de l’obligation de recyclage. Ils devront disposer d’équipements individuels de protection respiratoire. Ils doivent être assurés pour l’ensemble du groupe et laisser visible un système d’identification visuelle (étiquette, badge…) identique pour chaque membre du groupe.

Source : France Antilles.

Reste à savoir comment réagiront lesdits accompagnateurs si une brutale éruption phréatique semblable à celle qui a surpris Tazieff ; Le Guern et Allègre en 1976 se produit au moment d’une visite de La Soufrière. Pas sûr que les équipements mentionnés ci-dessus soient d’une grande utilité dans le cas d’une douche de boue bien chaude…. ! J’avais formulé une remarque semblable à propos du Stromboli. Je ne suis pas certain que la présence d’un guide auprès d’un groupe d’une vingtaine de personnes ou plus empêche un mouvement de panique si une forte explosion envoie des matériaux incandescents sur la Cima ! Je suis conscient que mes remarques ne feront pas plaisir aux autorités (qui seront moins responsables en cas de pépin !), mais mon expérience du milieu volcanique me conduit à les formuler…

Vue du nouveau périmètre de sécurité