La coulée de lave à Hawaii: Une foire volcanique ! // The lava flow in Hawaii: A volcanic mess !

drapeau-francaisLe Parc National des Volcans d’Hawaï indique que la coulée 61g attire des milliers de touristes ; certains ignorent les mises en garde des rangers et risquent leur vie en s’approchant trop près de la lave. De nombreuses photos et vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des gens en train de traverser la coulée en courant, d’y lancer des objets ou d’y enfoncer des bâtons.
Un homme en pantoufles a été vu en train de traverser la coulée avec un enfant de 2 ans dans les bras. Il a déclaré qu’il n’avait pas réalisé qu’il se dirigeait directement vers la coulée active. Ce sont des personnes à proximité qui lui ont fait signe de s’en éloigner. L’homme a également déclaré que, comme il n’y avait pas de corde de sécurité du côté opposé où la lave a traversé la route, il pensait que la partie active se  trouvait sur le côté Kona. [J’ai été confronté à une situation similaire lorsque je donnais un coup de main aux guides de l’Etna en 1998. J’avais demandé (en fait ‘ordonné’) à un jeune couple avec un bébé de quelques mois de s’éloigner des coulées de lave et des gaz nocifs dans le secteur. La confrontation a pris fin avec des insultes, mais le couple est finalement parti].
Le Parc National déplace les rangers autour de la coulée 61g en fonction de l’évolution de la situation et fait de la prévention. Les rangers passent aussi beaucoup de temps à déplacer quotidiennement les balises et les cordes de sécurité autour de la coulée en fonction de l’évolution de cette dernière. Malgré cela, il y a eu jusqu’à huit interventions des services médicaux d’urgence (EMS) par jour sur la zone active, selon les statistiques fournies par les services du Parc. Les rangers essayent de faire en sorte que les visiteurs soient en sécurité. Ils s’assurent qu’ils disposent d’un équipement approprié.

On peut atteindre la coulée 61g en empruntant la route de secours ou en traversant le champ de lave, mais aucun sentier n’a été tracé. Il faut marcher une quinzaine de kilomètres aller-retour en suivant la route qui est assez plate pour permettre d’utiliser un vélo avec une glacière maintenue sur le porte-bagages par des tendeurs.
Comme je l’ai écrit auparavant, les rangers conseillent d’emporter 3 ou 4 litres d’eau par personne et par jour. Ils recommandent également de prendre une lampe de poche ; en effet, les gens évaluent souvent mal le temps et la distance de marche et sont contraints de rentrer à pied dans l’obscurité. Les blessures observées par les rangers sont en grande partie liée à la chaleur, avec des insolations et autres coups de chaleur. Jusqu’à présent, les gardes ont verbalisé une seule personne, en l’occurrence un guide touristique qui n’était pas en règle. Ils ont également délivré un certain nombre d’avertissements, dont 40 le 29 juillet, journée où  1028 visiteurs ont été dénombrés. Ce même jour, ils ont secouru deux touristes imprudents. La plus forte fréquentation de juillet a été enregistrée le 30 avec 1220 personnes.
Un problème auquel sont confrontés les rangers est le jet d’objets divers – des balises de marquage de la zone, par exemple – dans la coulée de lave. Selon la croyance hawaïenne, la lave est le corps de la déesse Pele. Y jeter des objets est considéré comme une insulte et tout à fait illégal au vu de la loi hawaiienne..

Les rangers veillent à ce qu’aucun drone ne survole la zone. La loi américaine interdit d’utiliser un drone à l’intérieur d’un parc national et des contrevenants ont été arrêtés, comme récemment sur la terrasse du Jaggar Museum (voir ma note du 16 février 2016).

Le principal danger est lié à l’entrée de la lave dans l’océan. Comme l’a indiqué le HVO, la coulée a donné naissance à un « delta de lave » qui repose sur du sable et des matériaux laissés par les coulées précédentes. L’ensemble est instable et peut s’effondrer dans l’océan à tout moment. Dans ces circonstances, il y a un contact explosif entre la lave et l’eau de mer. Dans le passé, de telles exposions ont projeté des blocs d’un mètre de diamètre jusqu’à 300 mètres sur le rivage. L’un des effondrements du delta, en 1993, a entraîné la mort d’un photographe qui a été emporté par la mer, ainsi que la blessure de plusieurs personnes trop proches de la zone. Il y a risque de brûlures quand l’eau très chaude est projetée sur le rivage. A noter que les vapeurs acides ont tué deux personnes en 2000.
Source: West Hawaii Today.

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drapeau-anglaisThe Hawaii Volcanoes National Park indicates that the 61g lava flow draws thousands of people, some of whom ignore the warnings and risk life and limb by getting too close to the lava. Numerous photos and videos have been posted on social media showing people running across the flow, throwing objects or poking sticks into it.

A man in slippers was seen carrying a 2-year-old toddler while walking across the flow. He said he had not seen that his path was about to take him directly into molten section until bystanders waved him to walk away. The man also said that because there was no rope where the lava crossed the road on the far side, he thought the active part was on the Kona side.  [I was confronted with a similar situation while working with the Mt Etna guides in 1998. I asked (actually ordered) a young couple with a very young baby to stay away from the active lava flows and the noxious gases in the area. The confrontation ended with insults but they finally went away].

The National Park has relocated the rangers around the active area and done its best to warn the public, but there have been as many as eight Emergency Medical Service (EMS) calls a day from the area, according to the statistics provided by the park service. The rangers have also been very busy making sure visitors will be safe. They try to talk to them before they hike to the lava flow to make sure they have appropriate equipment. They also spend a great deal of time moving signs around and building rope lines, only to have to move them all over again the next day.

One route to the lava is the emergency road, the other alternative is finding a path across the lava field, which has no trails. In all, the walk is about 15 km round trip, if the hiker follows the road which is level enough to enable people to ride bikes with coolers held on with bungie cords all the way to the flow.

As I put it before, the rangers recommend 3-4 litres of water a person per day. They also recommend taking a flashlight, as people often miscalculate how long the trip will take and find themselves walking back in the dark. Injuries have largely been related to the heat along the route, including heatstroke. So far rangers have issued one citation and that was for an illegal tour guide. They have also made a number of verbal warnings, including 40 on July 29th, with a crowd of 1,028 people. That same day they performed two visitor assists. It was the second busiest day of the month, as July 30th had 1,220 people.

An issue has been people throwing items into the flow. Under Native Hawaiian belief, lava is the body of the goddess Pele. Manipulating it or throwing materials into it is considered insulting. Some of those items include the signs marking out the unsafe area.

One ongoing concern is the use of drones. It is illegal to use a drone while inside a national park and people have been arrested, like recently on the terrace of the Jaggar Museumlm (see my note of 16 February 2016).

A massive danger comes from how the lava forms as it enters the ocean. As described the Hawaii Volcano Observatory, the flow creates a “lava delta.” But that rests upon sand and lava shards formed from the previous flow, which is unstable and prone to falling off. When it does so, it exposes hot rocks, molten lava and surface lava to seawater. The influx of seawater can then lead to a steam explosion. Historical explosions have thrown rocks one metre in size upwards of 300 metres inland. One of these collapses in 1993 led to a photographer being swept out to sea and the injury of multiple people too close to the area. Hot water can wash ashore and burn people, while the acidic steam killed two people in 2000.

Source: West Hawaii Today.

Coulee 61g

Touristes le long de la coulée 61g (Crédit phoro: USGS / HVO)

Des nouvelles inquiétantes pour l’Arctique // Worrying news for the Arctic

drapeau-francaisLa presse française ne n’est pas fait l’écho d’une information qui présente une réelle importance dans le cadre de la protection de l’Arctique et de son environnement.

A l’issue du dernier Sommet de l’Arctique qui réunissait le Président Obama et les dirigeants des pays nordiques, le Président finlandais Sauli Niinistö a déclaré qu’il n’organiserait pas de sommet de l’Arctique dans le cadre de sa présidence du Conseil de l’Arctique. Selon lui, la situation internationale ne le permet pas alors et un tel événement a besoin d’une situation mondiale plus pacifique.
Dans son allocution d’ouverture du Sommet, le 13 mai 2016, le président finlandais a fait référence à une situation sécuritaire de plus en plus tendue en Europe du Nord. «La période est trouble à bien des égards. Les menaces de sécurité abondent. La situation est devenue plus tendue, même dans la région de la mer Baltique et en Europe du Nord. Il est nécessaire de renforcer la sécurité et la stabilité, ce qui suppose un dialogue approprié avec la Russie pour renforcer la transparence et réduire les risques.»
Une déclaration commune à l’issue du sommet souligne que «les États-Unis et les pays nordiques s’inquiètent de la présence militaire grandissante de la Russie dans la région de la mer Baltique, son arrogance nucléaire, ses manœuvres militaires non déclarées, et les actions provocatrices des avions russes et des navires de guerre.»
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAt the end of the latest summit between President Obama and Nordic Leaders, Finland President Sauli Niinisto has decided to abandon plans for an Arctic summit as part of its chairmanship period. He said the international situation was not appropriate and that such an event would require a more peaceful global situation.

In his opening remarks at the U.S.-Nordic Summit on May 13th 2016, the Finnish President referred to an increasingly tense security situation in Northern Europe. « Times are turbulent in many respects. Security threats abound. The situation has become more tense even in the Baltic Sea region and Northern Europe. Strengthening security and stability there is called for, and this includes appropriate dialogue with Russia to enhance transparency and reduce risk. »

A joint statement from the summit underlines that « the United States and the Nordic countries are concerned by Russia’s growing military presence in the Baltic Sea region, its nuclear posturing, its undeclared exercises, and the provocative actions taken by Russian aircraft and naval vessels. »

Source: Alaska Dispatch News.

La folie japonaise // Japanese madness

drapeau francaisLe Japon redémarre son programme d’énergie nucléaire aujourd’hui, avec la mise en marche d’un réacteur situé à seulement 50 km du volcan Sakurajima. La centrale nucléaire de Sendai, sur l’île de Kyushu, sera donc la première à fournir de nouveau de l’énergie depuis l’arrêt de tous les réacteurs japonais après la crise de la centrale de Fukushima en 2011.
Le projet de redémarrage des réacteurs nucléaires a provoqué un vif émoi au Japon, mais le Premier Ministre japonais insiste sur le fait que l’énergie nucléaire est une source indispensable d’électricité pour le pays qui ne possède pas de réserves de pétrole ou de gaz naturel. L’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) a déclaré que Kyushu Electric Power, l’exploitant de la centrale, a mis en place de nouvelles règles strictes de sécurité.
Selon un sondage d’opinion, les écologistes et 57% des Japonais s’opposent à ce redémarrage car le Japon est exposé aux séismes et aux tsunamis. De plus, à proximité de la centrale de Sendai se dresse le volcan Sakurajima, qui est en éruption depuis 60 ans et qui émet presque continuellement des panaches de cendre fine. Sendai se trouve également à seulement 50 km de Kagoshima, une ville de 600 000 habitants.
Environ 400 personnes ont manifesté hier devant la centrale de Sendai. Selon un expert nucléaire de Greenpeace Allemagne, « le réacteur Sendai a passé avec succès l’examen réglementaire, mais beaucoup de questions de sécurité ont été laissées de côté. Kyushu Electric Power et la NRA ne sont pas parvenues à assurer la sécurité des réacteurs, ignorant délibérément le risque de séisme majeur. » Kyushu Electric Power affirme de son côté que les risques qu’une éruption volcanique affecte la centrale sont « infiniment faibles ».
Les écologistes regrettent que Kyushu Electric ait négligé l’effet d’importantes retombées de cendre sur les machines de la centrale et qu’aucun plan d’évacuation n’ait été prévu pour les personnes vivant à proximité.
Source: Médias internationaux.

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drapeau anglaisJapan is restarting its nuclear power program today by switching on a nuclear reactor situated only 50 km from Sakurajima volcano. The Sendai nuclear power plant, on the island of Kyushu, will be the first to be brought back to life since all of Japan’s reactors were shut down after the meltdown at the Fukushima plant in 2011.

The plan has caused public alarm but the Japanese Prime Minister insists that nuclear energy is an indispensable source of electricity in a country with no oil or natural gas reserves. The Nuclear Regulation Authority (NRA) has declared that Kyushu Electric Power, the plant’s operator, has put in place stringent new safety rules.

According to an opinion poll, environmentalists and 57% of the Japanese oppose the restart because of anxieties about earthquakes, tsunamis and the Sakurajima volcano, which has been erupting for the past 60 years and almost continuously spews fine ash. Sendai is also only 50 km from Kagoshima, a city of 600,000 people.

About 400 people demonstrated in front of the plant yesterday. According to a nuclear expert with Greenpeace Germany, “the Sendai reactor has passed regulatory review but there are many safety issues ignored. Kyushu Electric and the NRA have failed to ensure the safety of the reactors, including deliberately ignoring major earthquake risks.” Kyushu Electric argues that the chances of a volcanic eruption affecting the plant are vanishingly low.

Environmentalists complain that the company has paid insufficient attention to the effect of heavy ash fall on the plant’s machinery and that no evacuation plan has been devised for people living close to the plant.

Source : International news media.

Sakurajima-6-nov

Episode éruptif du Sakurajima en novembre 2014 (vue webcam)

Randonneur tué par un ours à Yellowstone // Bear kills hiker at Yellowstone

drapeau francaisUn randonneur a été tué et partiellement dévoré vendredi dernier par un ou plusieurs grizzlis, dans le Parc National de Yellowstone,  à proximité de l’Elephant Back Loop Trail , dans le secteur de Lake Village.

Bien que les causes de la mort ne soient pas encore clairement établies, les empreintes trouvées sur place semblent montrer qu’une femelle grizzly adulte et un ourson étaient présents et impliqués dans l’incident. L’homme était originaire du Montana et travaillait pour l’entreprise qui gère trois cliniques à l’intérieur du parc. L’Elephant Back Loop Trail a été fermée et les rangers ont installé des pièges à ours ; si les grizzlis qui ont attaqué l’homme sont capturés, ils seront euthanasiés.

Les responsables du Parc ont rappelé les consignes de sécurité de base : ne se déplacer que sur les chemins balisés, en groupe de trois personnes ou plus et emporter un spray répulsif susceptible de faire fuir les ours. Beaucoup de randonneurs ont trop tendance à considérer Yellowstone comme un parc d’attraction à l’intérieur duquel on peut facilement approcher les animaux. C’est archi faux. Au mois de juin, j’ai vu de nombreux randonneurs inconscients approcher des bisons qui s’apprêtaient à traverser une rivière. Personnellement, connaissant l’humeur imprévisible de ces animaux, je m’étais posté à distance respectable avec un puissant téléobjectif. De toute façon, toute approche serrée des animaux est illégale dans le Parc de Yellowstone.

De la même façon, les ours du parc n’ont rien à voir avec les nounours de notre enfance. Ce n’est pas la première fois qu’un randonneur se fait agresser et tuer par une mère. L’approche d’une ourse et d’un ourson représente la plus grande des menaces, avec danger de mort à la clé.

Plusieurs personnes ont été tuées par des ours à Yellowstone au cours des 20ème et 21ème siècles. Les statistiques montrent que de tels incidents ont été plus fréquents ces dernières années, probablement en raison du nombre de plus en plus élevé de visiteurs dans le Parc.
Des randonneurs ont été tués en 1916, Août 1942, Juin 1972, Juillet 1984, Octobre 1986, Juillet 2011 et Août 2011. La plupart des récentes attaques ont été lancées par des mères qui étaient avec leurs petits.

Source. Presse américaine.

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drapeau anglaisA hiker was killed and partially devoured last Friday by one or more grizzlies in Yellowstone National Park, near the Elephant Back Loop Trail in the Lake Village area.
Although the causes of death have not yet been clearly established, the prints found on site seem to show an adult female grizzly and cub were present and involved in the incident. The man was from Montana and worked for the company that manages three clinics in the Park. The Elephant Back Loop Trail was closed and rangers have set up bear traps. If the grizzly that attacked humans are caught, they will be euthanised.
Park officials recalled the basic safety instructions: move only on marked paths, in groups of three or more people and take a repellent spray that may scare away bears. Many hikers tend to see Yellowstone as a theme park inside which one can easily approach the animals. This is totally wrong. In June, I saw many stupid hikers approach the bison that were about to cross a river. As I know the unpredictable mood of these animals, I posted myself at a respectable distance with a powerful telephoto lens. Anyway, any close approach to animals is illegal in Yellowstone Park.
Similarly, the park’s bears have nothing to do with our childhood teddy. This is not the first time a hiker has been attacked and killed by a sow. The approach of a bear and a cub is a major threat, with danger of death.

Several persons have been killed by bears at Yellowstone in the 20th and 21st centuries. Statistics show that such incidents have been more frequent in recent years, probably because of the higher and higher number of visitors that come to the park.

Hikers were killed in 1916, August 1942, June 1972, July 1984, October 1986, July 2011 and August 2011. Most of the recent attacks were from sows that were with their cubs.

Source. American news media.

Ours-Yell

Photo: C. Grandpey

Puymoyen-03

Pour en savoir plus sur le monde des ours….