La pénurie de brise-glaces américains // The shortage of U.S. icebreakers

drapeau-francaisAvec le réchauffement climatique et la banquise qui se réduit comme peau de chagrin, les eaux navigables en Arctique deviennent plus en plus étendues, donc plus difficiles à contrôler. De plus en plus de navires seront nécessaires pour accomplir cette tâche en été, mais aussi en hiver quand les brise-glaces sont nécessaires pour se frayer un chemin à travers la glace de mer.
La présence permanente de la Garde côtière en Alaska correspond à l’esprit entreprenant et aventureux de cet Etat. Alors que l’Alaska célèbre le 226ème anniversaire de sa Garde côtière, il faut garder à l’esprit que cette dernière existe depuis le début de la Nouvelle Frontière. En 1867, lorsque les Etats-Unis ont acheté le territoire, c’est le garde-côte Lincoln qui a transporté la délégation américaine à Sitka pour la cérémonie de transfert de pouvoirs.
Malgré cela, le nombre de gros brise-glaces aux Etats-Unis est actuellement réduit à une seule unité, le Polar Star, qui vient d’avoir 40 ans. C’est le seul navire en service capable de fendre la glace pour assurer un accès permanent en Arctique ou en Antarctique.
Par comparaison, en 1977, la Garde côtière américaine avait sept brise-glaces polaires. Aujourd’hui, la Russie exploite 41 brise-glaces polaires, avec au moins 11 autres prévus ou en construction. Le pays a également lancé ce qui va devenir le plus grand brise-glace nucléaire au monde. La Chine, qui ne possède pas de côtes arctiques, vient d’annoncer qu’elle va commencer la construction d’un brise-glace polaire d’ici la fin de l’année.
Le besoin de brise-glaces se fait de plus en plus pressant avec le recul de la glace de mer qui rend l’Arctique plus accessible au trafic maritime. Le navire de croisière Crystal Serenity va entamer un voyage historique vers le Grand Nord et est en passe de devenir le plus grand navire de croisière à avoir emprunté le Passage du Nord-Ouest. Il est prévu que le navire effectue deux nouveaux voyages l’an prochain. Par ailleurs, les changements subis par l’environnement maritime ont attisé l’exploration des ressources dans des zones auparavant inaccessibles. Cette évolution suppose une amélioration de la sécurité et une meilleure prise de conscience du domaine maritime.
La Garde côtière américaine exécute des missions en Arctique depuis plus de 150 ans. Son rôle est d’assurer la sécurité et la bonne gestion des régions polaires. L’acquisition de nouveaux brise-glaces dignes de ce nom est primordiale pour la poursuite de cette mission.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisWith global warming and the dwindling icefield, open sea in the Artic is getting larger and larger, thus more difficult to control. More and more ships will be necessary to perform this task in summer, and in winter as well. In winter, icebreakers are necessary to move forward across the sea ice.

A Coast Guard presence in Alaska is a natural complement to the enterprising and adventurous spirit of Alaskans. As the State celebrates the Coast Guard’s 226th anniversary, one should bear in mind that the Coast Guard has been present in Alaska from its start.  In 1867, when the U.S. purchased the territory, it was the cutter Lincoln that carried the U.S. delegation to Sitka for the transfer-of-power ceremony.

However, the Coast Guard’s heavy icebreaker inventory is left to just one single operational vessel, the Polar Star which is 40 years old. It is the only ship in service with the power and icebreaking capability required for assured year-round access to both the Arctic and Antarctic regions.

For comparative measure, in 1977 the Coast Guard had seven polar icebreakers. Today, Russia operates 41 polar icebreakers, with at least 11 more planned or under construction. The country has also launched what will become the world’s largest nuclear icebreaker. China, a non-Arctic nation, just announced they will begin construction of a polar icebreaker by the end of the year.

The need for icebreakers is becoming more and more important as seasonally receding sea ice has made the Arctic increasingly accessible to shipping and traffic. The cruise ship Crystal Serenity is scheduled for a historic voyage to the high North, becoming the largest cruise ship ever to transit the Northwest Passage. Initial planning has begun for two more voyages next year. Additionally, the changing maritime environment is attracting resource exploration in areas previously inaccessible. These new trends means advancing safety and improved maritime domain awareness.

America’s Coast Guard has executed Arctic missions for more than 150 years. Its mission is to ensure the safety, security and stewardship of the polar regions. Acquiring new heavy icebreakers is paramount in continuing this mission.

Source : Alaska Dispatch News.

Cutter Lincoln

Le « Cutter Lincoln » au 19ème siècle…

PolarStar

…et le « Polar Star », seul gros brise-glace aux Etats Unis au début du 21ème siècle!.

(Crédit photo: U.S. Coast Guard)

Fonte de l’Arctique et trafic maritime // Arctic melting and sea traffic

drapeau-francaisComme je l’ai écrit dans des notes précédentes, le réchauffement climatique actuel fait fondre la glace de l’Arctique en découvrant de nouvelles ressources énergétiques et en ouvrant de nouvelles routes maritimes. Voici un exemple qui illustre cette situation.
Un brise-glace russe à propulsion nucléaire – le Vaygach – vient d’effectuer le trajet le plus rapide sur la Route Maritime du Nord qui longe la côte russe de l’Arctique, entre la mer de Barents à l’ouest et le détroit de Béring à l’est.
Avec un temps record de sept jours et demi, on remarquera que le brise-glace a effectué le voyage de 4000 km plus d’un mois après la date qui marque généralement la fin de la navigation dans l’Arctique. En effet, selon les statistiques, les trois dernières saisons de navigation ont pris fin à la mi-novembre.
La performance du Vaygach montre que la couche de glace est relativement mince dans l’Arctique. Lors d’un forum international de l’Arctique à Saint-Pétersbourg début décembre, un diplomate russe a déclaré que la Route Maritime du Nord pourrait bientôt être opérationnelle toute l’année.
Cependant, cela ne signifie pas forcément que l’on se dirige vers un boom du trafic maritime dans l’Arctique. Alors que la flotte impressionnante de brise-glace russes permet au pays d’offrir plus d’escortes et d’assistance le long de son littoral arctique, elle n’a pas vraiment attiré davantage de trafic international. Cela peut être dû à la récente chute des prix du pétrole, ce qui signifie que la route maritime la plus courte présente moins d’intérêt pour le trafic international. Par ailleurs, la situation en Ukraine en 2014 a nui aux relations commerciales russes sur la Route Maritime du Nord. Cependant, il est un type de trafic qui a connu une hausse: le trafic local avec des étapes le long de la Route Maritime du Nord proprement dite.
A l’avenir, il est prévu que la banquise continuera à s’amincir, de sorte que la glace sera plus aisément éloignée des côtes par le vent. Avec un peu de chance – et les vents adéquats – la Route Maritime du Nord sera de nouveau ouverte au commerce dès le mois de juin.
Source: Arctic Newswire.

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drapeau-anglaisAs I put it in previous posts, the current global warming is melting Arctic ice, uncovering new energy resources and opening new maritime routes. Here is an example that illustrates this point.
A Russian nuclear-powered icebreaker – the Vaygach – has just completed the fastest transit of the Northern Sea Route that runs along Russia’s Arctic coast from the Barents Sea in the west to the Bering Strait in the east.
Along with setting the speed record of seven and a half days, the icebreaker has also completed the trip of 4,000 km more than a month after the shipping season usually ends in the Arctic. Indeed, according to statistics, the last three shipping seasons wrapped up in mid-November.
The Vaygach’s successful transit is an indication that the ice is pretty thin in the Arctic. At an international Arctic forum in St. Petersburg in early December, a Russia diplomat said the Northern Sea Route could soon be operational year-round.
However, this might not be the sign of an Arctic boom. While Russia’s unmatched fleet of icebreakers allows it to offer more escorts and assistance along its Arctic coastline, it hasn’t exactly attracted more international traffic. This may be due to the recent plunge in oil prices, which means the shorter route is just less attractive to international traffic. Besides, the incidents in Ukraine in 2014 damaged the business climate for Russian collaboration in the Northern Sea Route. However, one type of traffic has been on the rise: destinational traffic, or transits with a destination along the Northern Sea Route itself.
In the future, it is predicted that as the ice gets thinner, it will be more easily blown by the winds, so it can more easily move away from the coast. With any luck – and the right winds – the Northern Sea Route will be back open for business in June.
Source: Arctic Newswire.

Northern Sea Route copie

Voies maritimes dans l’Arctique (Source: Arctic Council)

L’Arctique, région de tous les dangers // The Arctic, the place of all dangers

drapeau-francaisLors de la conférence GLACIER à Anchorage, le président Barack Obama a proposé d’accélérer l’acquisition et la construction de nouveaux brise-glaces destinés à la Garde côtière. Ces navires, qui sont opérationnels toute l’année dans les régions polaires, permettront de combler le retard entre les Etats-Unis et d’autres nations, en particulier la Russie, dans la course à l’Arctique, région du monde qui connaît de rapides changements suite au réchauffement climatique.
La proposition d’Obama est motivée par l’un des effets les plus profonds du changement climatique. En effet, le recul de la banquise arctique a créé de nouvelles opportunités pour le commerce maritime, le tourisme, la pêche et l’exploration des ressources minérales et, avec elles, une intensification du trafic maritime qui va entraîner de « nouvelles difficultés ». Obama a déclaré: «Les écosystèmes arctiques sont parmi les espaces vierges les moins étudiés dans le monde, ce qui signifie qu’une augmentation de l’activité commerciale entraînera des risques importants pour l’environnement. La croissance de l’activité humaine dans l’Arctique exigera la mise en place de moyens importants pour garantir l’ouverture des mers au commerce mondial et à la recherche scientifique, pour permettre les activités de sauvetage, et pour assurer la paix et la stabilité dans cette région. »
Obama va proposer un plan de construction de nouveaux brise-glaces et il demandera au Congrès de fournir des « ressources suffisantes » pour leur financement. En outre, le Président va demander à la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et la Garde côtière de cartographier la mer de Béring, la mer des Tchouktches et la mer de Beaufort qui viennent de se libérer des glaces. La NOAA installera dans un proche avenir de nouveaux équipements dans l’Arctique afin de surveiller les effets du changement climatique et d’améliorer la sécurité maritime, sans oublier des stations de surveillance de la montée du niveau de la mer et « le contrôle de l’épaisseur des glaces de mer par satellite. »
Certains analystes et responsables gouvernementaux affirment que les États-Unis sont à la traîne par rapport à d’autres pays pour faire face aux nouvelles réalités environnementales, économiques et géopolitiques de l’Arctique.
Source: Alaska Dispatch News.

En écoutant le discours de Barack Obama à Anchorage, on pourrait penser que ses propos ont pour seul but le bien-être de l’humanité. Cependant, je crains fort que tous les efforts déployés pour contrôler les mers arctiques ne soient pas uniquement destinés à la recherche scientifique et à la surveillance du changement climatique. Je suis sûr que les Etats-Unis, la Russie et la Chine auront d’autres motivations. Il y a trop de ressources énergétiques à exploiter sous le plancher océanique de l’Arctique et l’environnement ne tardera pas à passer après les intérêts économiques et financiers. De plus, il ne faudrait pas oublier que l’ « intensification de l’activité commerciale » générera forcément de la pollution dans les écosystèmes « les plus vierges » de la planète. Les « activités de sauvetage » mentionnées dans le discours du Président sous-entendent que des accidents comme les marées noires sont susceptibles de se produire.

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drapeau-anglaisAt the GLACIER conference in Anchorage, President Barack Obama proposed speeding the acquisition and building of new Coast Guard icebreakers that can operate year-round in the nation’s polar regions, part of an effort to close the gap between the United States and other nations, especially Russia, in a global competition to gain a foothold in the rapidly changing Arctic because of global warming.

Obama’s proposal touches on one of the most profound effects of climate change. The retreat of Arctic sea ice has created opportunities for shipping, tourism, mineral exploration and fishing – and with it, a rush of marine traffic that is bringing “new difficulties”. Obama said: “Arctic ecosystems are among the most pristine and understudied in the world, meaning increased commercial activity comes with significant risks to the environment. The growth of human activity in the Arctic region will require highly engaged stewardship to maintain the open seas necessary for global commerce and scientific research, allow for search and rescue activities, and provide for regional peace and stability.”

Obama will propose that planning begin on the construction of new icebreakers, asking Congress to provide “sufficient resources” to fund them. In addition, Obama will announce an initiative by the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) and the Coast Guard to map and chart the newly open Bering, Chukchi and Beaufort Seas. The agency will also install new equipment in the Arctic in the “near future” to monitor climate-change effects and enhance marine safety, including stations to monitor sea-level rise and “a sea-ice thickness satellite product.”

Some analysts and government officials say the United States is lagging other nations in preparing for the new environmental, economic and geopolitical realities in the Arctic.

Source: Alaska Dispatch News.

Listening to Obama in Anchorage, one might think that his proposals are directed to the welfare of humanity. However, I fear that all the efforts made to control Arctic seas will not only be for scientific research and the monitoring of climate change. I am sure that the U.S., Russia and China will have other motivations. There are too many energy resources to exploit under the sea floor and the environment will rapidly come after economic interests and big money.. Besides, one should not forget that the “increased commercial activity” will generate pollution in “the most pristine” ecosystems of the world. The “search and rescue activities” mentioned in his speech might well refer to accidents like oil spills.

Photo: C. Grandpey